Léo coeur de nylon (36)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit.  Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Il affirme qu’il croit savoir où se cache un personnage clé que la police recherche. Ses informations lancent une piste en Espagne. Léo reprend le récit d’une fameuse soirée.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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– Je n’ai pas souvent eu l’occasion de participer à ce que l’on appelle des partouses, à vrai dire cette notion m’est complètement étrangère. Je ne l’ai jamais recherché, ni en pensées, ni en pratique. Je suis sans doute un pilier de la veille école, j’ai du mal à partager la femme qui occupe ma libido du moment. Dans notre fameuse boutique, je sentais un peu venir les choses, l’autre qui attachait les jarretelles de madame comme d’autres mettent des boules au sapin pour Noël, sa dame qui regardait, l’œil critique, son mari exécuter sa mission. L’autre Anglaise qui n’en perdait pas une bribe. Au cours de la journée, j’avais jeté mon dévolu sur Huguette et je pensais bien finir la soirée avec elle, elle me l’avait clairement laissé entendre.

Léo illumina sa face d’un sourire que l’on pouvait qualifier de coquin.

– Mais, voilà, avec les femmes rien n’est certain. Pendant que Harcourt tripotait les jarretelles de la miss, son amie vint soudain, je dirais, en renfort. La cavalerie en jupons arrivait en avance et se jetait dans la bataille. En fait, si elle se mit à côté d’Harcourt, sa main ne se promena pas sur les bas de sa copine, mais s’intéressa de plus près à ce qu’il y avait dans son pantalon. J’imagine que ce dernier devait être en forme et qu’elle n’avait pas besoin d’un missile à tête chercheuse pour le trouver. Je ne sais pas s’il jouait au con, mais cela ne sembla pas le perturber plus que ça, il continuait son travail à l’établi.

Marly sourit à l’expression de Léo. Il imaginait un bijoutier en train de tailler un diamant qui se trouverait sur le bouton de jarretelle de la dame.

– Un instant, j’ai eu peur de la réaction de sa femme. Elle allait peut-être ruer dans les brancards. Mais non, elle resta impassible sur le moment. Je me doutais bien que la famille Harcourt avait une certaine habitude de ce genre d’expérience, cela me confortait dans mes idées. Le jeu prenait des allures qui convenaient au deux. Moi, dans tout ça, je faisais tapisserie, bien que le spectacle me passionne énormément. J’ai regardé Huguette avec un soupir dans les yeux, c’est du moins comme cela qu’ils devaient s’exprimer. Elle comprit tout de suite ce que je voulais dire, elle vint vers moi et me roula une pelle, manière de me faire comprendre qu’elle me réservait quelques délices. Elle attrapa mes mains et les plaqua sur ses jambes, là où se trouvaient les jarretelles sous sa robe. Manifestement, elle comprenait tout l’intérêt que je portais à ces petites choses.

Seiler fit un signe de tête en regardant le paquet de cigarettes de Léo. Ce dernier comprit qu’il voulait en allumer une et lui fit signe de se servir. Léo continua :

– Je dirais que les règles du jeu prenaient forme, mais il restait encore deux personnes qui n’avaient pas trouvé de rôle, la femme à Harcourt et l’autre Anglaise qui était toujours en bas et porte-jarretelles. J’avais tort de me faire du souci, la miss Harcourt leva sa jupe et commença à se caresser le sexe tout en souriant à l’Anglaise. Elle prit cela comme une invitation et, si je puis dire, vint lui donner un coup de main. Coup de main qui ne resta pas sans réponse. Ainsi ces dames glorifièrent Lesbos à leur manière. Nous avons laissé tout ce petit monde et avons filé avec Huguette dans l’arrière-boutique, un coin visiblement plus tranquille.

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Léo marqua un temps d’arrêt. Isabelle en profita pour se manifester.

– Je n’ai jamais été attirée par les femmes, mais je dois admettre que les voir en action pourrait me plaire. Si j’avais été là, je crois que je me serais assise dans un coin, d’une part pour juger et apprécier la vue des dessous de ces dames, dans un but purement consultatif, en connaisseuse quoi. D’autre part, je ne me serais pas désintéressée du spectacle de ces deux dames ensemble.

– Je suis aussi un peu comme toi, approuva Marly. Il y a un côté sexy à voir deux lesbiennes en action. Mais je crois que je me transpose dans l’une d’elles, je reste une moitié à laquelle s’intéresse une femme, donc je change juste de corps, mais pas d’esprit.

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– Oui je vois ce que tu veux dire, argumenta Léo. Je serai un peu identique dans la démarche. Mais ce soir-là, je m’en foutais royalement, j’avais ce que je voulais, Huguette !

– Et comment cela a fini ? questionna Isabelle.

– J’ai fait mes petites affaires avec Huguette. Elle a commencé par me faire son striptease. J’ai découvert les seuls dessous que je n’avais pas vus de la soirée. Elle avait mis un ensemble magnifique, autre que celui qu’elle avait dans le train. Un ensemble d’un rose éclatant. Si le rose était assez courant dans la lingerie de l’époque, il était plus rarement employé pour les articles de luxe. Je souviens que ses bas crissaient quand elle frottait ses jambes, pour moi c’était mieux qu’un opéra. Ce fut un beau moment. Quand nous sommes sortis de notre petite niche, c’était presque le petit matin. Les autres somnolaient ou s’étaient carrément assoupis. Sans trop m’en occuper, je suis rentré à mon hôtel. Je n’ai jamais revu aucun des acteurs, sauf Huguette. Je l’ai revue plus tard dans la journée, elle a passé encore une nuit avec moi, à mon hôtel cette fois-ci. Je ne sais absolument pas ce qu’elle est devenue, peut-être a-t-elle encore son magasin, je n’en sais fichtre rien. La seule chose que je regrette, c’est que je n’avais pas mon appareil de photo, ah j’en aurais de belles photos. Un vrai reportage sur le vif !

– Merci Léo, fit Marly. Je propose que cette fois-ci nous allions nous coucher, il est tard.

– Tu as raison, on attend la suite de nos investigations. J’ai l’impression que ça va péter d’ici peu. Bonne nuit à tous !

A suivre

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2 réflexions sur “Léo coeur de nylon (36)

  1. Et bien dites donc Boss…Il devait faire drôlement chaud dans la boutique de lingerie.
    Ce récit est passionnant.
    Bravo Boss.

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