Léo coeur de nylon (37)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit.  Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Il affirme qu’il croit savoir où se cache un personnage clé que la police recherche. Ses informations lancent une piste en Espagne. Ils attendent des informations

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Les jours suivants virent une bousculade de la routine habituelle. Léo affichait son calme habituel, rien ne laissait transpercer le bouillonnement qui tenaillait son esprit. Pour quelques temps, il avait décidé que Marie-Thérèse assurerait le service à sa place. Il lui fallait le champ libre, il était devenu un peu comme un général dans son état-major, échafaudant des plans de bataille, face à un ennemi dont il ne connaissait pas encore le nombre et la tactique. Chaque jour était jour de briefing. Marly et Isabelle étaient de la partie. Même Seiler était venu s’ajouter à l’équipe comme membre à part entière.

Comme promis, il avait raconté aux flics son histoire de train et sa probable rencontre avec Singer. Tous les faits concordaient, sa ressemblance avec le type qui dirigeait l’orchestre sur la photo prise au cours de la fête chez le père d’Isabelle, le fait qu’il était musicien. Il avait bien insisté dans son témoignage, pour lui c’était la même personne. Il fallait chercher du côté de l’Espagne, c’est là qu’il situait le personnage.

Les flics avaient eu l’air intéressé, ils avaient promis de concentrer les recherches de ce côté-là. Mais il fallait mettre en branle la police espagnole, ce qui pouvait demander quelques démarches qui pouvaient demander du temps. La collaboration était possible, mais fastidieuse, vu qu’à priori c’était surtout l’intérêt de la France. L’Espagne n’avait probablement rien à lui reprocher, simple supposition, les faits prouvaient qu’il pouvait se déplacer librement.

Seiler ne leur avait pourtant pas tout dit. Il avait pris l’initiative de se renseigner à la mairie qui avait accueilli l’étape du Tour, pour savoir comment l’orchestre Gersin avait été choisi pour animer le bal. D’après l’employée, qui avait participé à l’organisation de la manifestation, c’était l’équipe organisatrice du Tour qui l’avait elle-même choisi. La mairie n’était intervenue en aucun cas dans ce choix. Elle s’était seulement occupée d’organiser le lieu du concert et l’intendance. Elle put quand même donner le nom d’une personne qui avait suivi la chose de près, un certain Guérin. Elle lui avait donné son téléphone, mais il n’avait pas encore réussi à le joindre. Malgré tout, c’était aussi une piste possible pour en savoir plus.

Marly, de son côté, n’était pas resté dans son coin. Il avait relancé son ami Perez, le militant communiste. Il était certain du résultat, fort de tous les contacts que ces gens pouvaient avoir, introduits qu’ils étaient dans bien de milieux. Il prédisait même que les renseignements arriveraient bien avant ceux de la police.

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On guettait les nouvelles, qui pour l’instant semblaient ne pas se presser d’arriver. Mais cela semblait parfois secondaire, il y avait toujours Léo qui régalait son auditoire. Un observateur extérieur les aurait traités de passionnés de la gaudriole. Cigarette après cigarette, Léo y allait avec ses histoires de bas nylons. Il semblait en avoir tellement dans sa collection que pour finir, l’auditoire se demandait s’il ne les inventait pas. Mais le rusé Léo avait des preuves indiscutables, son album photo. En quelque sorte, il présentait le modèle impliqué dans l’histoire, souvent en introduction du récit. Marly et Seiler se régalaient, à l’instar de Léo ils avaient le même gout prononcé pour le nylon, sous-entendu qu’il devait obligatoirement parader sur la jambe d’une dame. Pour eux, un bas sans jambe, c’était un peu comme si on aurait démonté la Tour Eiffel pour la réduire en bouts de ferraille.

Isabelle n’était pas en reste, mais elle s’intéressait plus à la psychologie des conquêtes de Léo. Elle pensait intérieurement que dans tel ou tel cas, elle aurait fait autrement, allant même jusqu’à traiter certaines de garces. Elle s’amusait aussi de penser que Léo était parfois un jouet dans les mains de telle ou telle. Elle savait bien qu’il s’en foutait complètement, un bas, une jarretelle, suffisaient à son bonheur. En fine mouche, elle avait quand même senti un trait de sa personne. De ses conquêtes faciles, celles d’un soir, il n’en avait gardé que des histoires à raconter. Mais celles qui avaient compté un peu plus, ou même beaucoup, il pouvait en garder des cicatrices profondes. La secrétaire du ministre, la belle Léa, il l’avait un peu dans le nez. Elle était partie vers d’autres horizons sans trop lui demander son avis, la cicatrice était bien là. Et que dire de Lucienne, pour qui il remuait ciel et terre en ce moment ?

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L’intuition féminine, Isabelle en avait à revendre, cela lui donnait une raison de plus pour épouser la cause de Léo. C’était aussi un peu son combat, un désir de vengeance l’avait envahie. Pour une moitié à Léo, qu’elle trouvait honorable dans sa démarche. Pour Lucienne qu’elle sentait en victime de gens peu scrupuleux, une mort pour pas grand-chose. Il lui fallait les histoires de Léo pour la détourner de ses pensées. Justement, il en avait une qu’il avait annoncée pétillante comme la secrétaire qui en fut la protagoniste. Il ne manquait plus que les roulements de tambour en introduction…

A suivre

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2 réflexions sur “Léo coeur de nylon (37)

  1. Récit toujours aussi passionnant, agrémenté de superbe nanas en bas nylon.
    De quoi passer un 1er Mai bien à l’abri de la pluie, à lire les aventures de ce sacré Léo.
    Merci Boss.

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