M l’éternel retour

Sans doute ce nom vous rappellera-t-il le titre d’un film. De fil en nylon, « M » et son photographe se sont fait fidèles contributeurs sur le blog en nous rendant visite régulièrement.

A ce titre, je pense qu’il est juste de leur décerner une symbolique récompense qu’ils pourront afficher fièrement dans leur salon.

Merci à ce couple de défendre la cause du bas nylon par leur sympathiques contributions

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Léo coeur de nylon (41)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit.  Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Il affirme qu’il croit savoir où se cache un personnage clé que la police recherche. Ses informations lancent une piste en Espagne. Ils attendent des informations, tout en écoutant Léo partir dans une nouvelle histoire

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Léo signifia à Marie –Thérèse de se préparer à servir le repas. Elle semblait avoir attendu le signal de Léo, car la table fut dressée en un tournemain. Léo lui fit toutefois un signe pour lui signifier de ne pas s’emballer, il avait encore quelques mots en réserve pour son auditoire.

– Après l’arrêt imprévu du contrôle de police, nous sommes repartis pour Orléans. Grâce à cet incident, j’avais déjà un peu découvert ce qui se cachait sous la robe, toujours ma vieille curiosité. Son porte-jarretelles était blanc, une couleur qui m’a toujours fait frissonner, bien que cette couleur soit assez courante à l’époque. Le rose saumon était la norme, surtout pour les gaines. C’était plus un accessoire de dames mûres, celles qui avaient délaissé le corset de leur jeunesse. Le noir faisait plutôt partie de la panoplie des séductrices, celles qui savaient jouer de leur image auprès des hommes. Maintenant le noir est devenu une chose plus banale, il n’est plus tellement associé à la notion de deuil, on disait alors que l’on portait le deuil et ce n’était pas seulement valable pour les bas, le reste aussi. Quant au blanc, c’est bizarre et personnel, mais je l’ai toujours considéré comme la couleur de la propreté, elle ne pardonne pas, la moindre tache se voit. Mais je ne sais pas ce qu’en pense Isabelle, sur ces goûts et ces couleurs ?

– Personnellement, et surtout à la demande de Marly, pratiquement toute ma lingerie intime est noire, c’est ce qu’il préfère. Mais j’ai également des couleurs plus gaies, rouge, bleu clair, et bien sûr blanc. Je varie un peu selon les humeurs, mais quand j’étais adolescente, ma mère me forçait presque à porter du blanc. Quand elle m’a acheté mon premier porte-jarretelles, j’avais insisté pour qu’elle ne force pas à porter une gaine. Elle a été d’accord, mais a mis le véto de la couleur, c’était donnant-donnant. Je m’en fichais, j’avais ce que je voulais. Je pouvais me vanter devant mes copines d’école, surtout celles qui ne portaient pas encore de bas et qui enrageaient de savoir que c’était mon cas.

– Je me souviens aussi du cas de ma sœur, déclara Seiler. Quand elle a mis des bas pour la première fois, avec la permission de maman, elle s’est pavanée devant moi l’air de rien. J’avais cru qu’elle l’avait fait avant, car je l’avais vue avec des bas une première fois. Mais j’ai su après, suite à une engueulade de la mère, qu’elle lui avait piqué des bas, les avait enfilés et tenus avec des épingles de sûreté. Elle avait carrément foutu en l’air une paire de bas avec ce système. Alors quand elle est venue vers moi avec son attirail au complet, j’ai fait semblant de ne rien voir, ça l’a bien fait enrager !*

Léo revit un instant en pensées la sœur de Seiler. Evidemment, il n’avait jamais eu vent de cette histoire, malgré la fin tragique qu’elle avait eue, il ne put s’empêcher de sourire à ce caprice qu’il jugeait si féminin. C’était tout bénéfice pour lui, il se demandait parfois s’il n’aurait pas tourné sa veste si cela était devenu une parure masculine. Heureusement, il n’en était rien. Honnêtement il hésitait entre savoir ce qu’il aimait le plus, les femmes ou les bas. Les deux certainement, quel dilemme s’il eut fallu choisir entre un ou l’autre.

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– Eh Léo, tu rêves ?

– Oui si on veut, l’histoire de Georges a déclenché une petite réflexion que je me fais souvent, à savoir si je préfère les femmes ou les bas.

Marly regarda Léo d’un air scrutateur, mais son regard semblait sans trop d’étonnement, comme si cette question, il se l’était déjà posée. Il laissa le bénéfice de l’affirmation à Léo, ne voulant pas intervenir sur le sujet, surtout en présence de sa compagne. Il plongea dans ses souvenirs, ceux du temps où il avait vécu l’enfer de la déportation. S’il en était revenu, c’est un peu grâce à une femme, celle dont il était amoureux quand il était résistant. Un vrai résistant, pas un opportuniste comme tant d’autres. Son image l’avait suivie, là-bas sous le ciel de Dachau. Pendant des mois, ce fut la seule femme qu’il vit, et encore ce n’était qu’en rêves. Des hommes, encore des hommes, des potes, des salauds, toute la panoplie humaine dans ce qu’elle a de plus grand, de plus abject. Cette femme qui l’avait fait tenir ce qu’il faut pour en revenir, il ne l’avait jamais revue. Elle ne l’attendait pas sur le quai de cette gare, qui ramenaient ces trains bondés de squelettes décharnés, mais encore vivants. Elle aussi était partie dans un de ces voyages vers l’Est, synonyme de tragédie dans cette foutue guerre. Elle est sans doute une poignée de cendres parmi d’autres poignées de cendres, quelque part plus loin que les confins de l’horizon. Marly ne savait pas, Marly ne savait plus.

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Il regarda à nouveau Léo, lui en voulant presque de cette futile interrogation, une femme ou une paire de bas, quelle absurdité! Il se calma en se disant que Léo avait aussi vécu son enfer, plus futile que le sien, mais un enfer quand même. Et puis, c’était un ami, un de ceux qui ne faisait pas de manières, qui ne faisait plus de manières. Un peu comme lui, il avait un avant et un après, et seul l’après comptait. Il n’alla pas plus loin dans sa réflexion, Léo claqua des doigts en éteignant sa cigarette.

– Allons à table, le lapin ne nous en a pas posé. Je vous raconterai l’orage pendant la bouffe.

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Léo coeur de nylon (40)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit.  Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Il affirme qu’il croit savoir où se cache un personnage clé que la police recherche. Ses informations lancent une piste en Espagne. Ils attendent des informations, tout en écoutant Léo partir dans une nouvelle histoire

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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– Alors que nous étions en pleine campagne, nous sommes tombés sur un barrage de flics. En apparence, c’était le grand déballage des forces de police. Une à une les bagnoles étaient contrôlés. D’après ce que nous avons pu savoir, ils recherchaient un mec plutôt dangereux qui s’était évadé. Ils ne se contentaient pas d’observer les passagers, mais ils demandaient d’ouvrir le coffre. Je crois que Yolande avait une certaine aversion pour ces personnages. Je ne sais pas ce qu’ils lui avaient fait, mais elle décida de se foutre un peu leur gueule quand elle apprit la cause du contrôle. Il fallut ouvrir le coffre pour monter que le bonhomme ne s’y cachait pas. C’est là qu’elle fit sa petite démonstration.

Léo, s’arrêta un moment pour juger de son effet sur son petit auditoire. En souriant, il glissa une clope dans son bec, tout en essayant de faire démarrer son briquet qui semblait friser la panne sèche. Ce fut Seiler qui vint à son secours en lui tendant sa boîte d’allumettes. Il en craqua une et poursuivit.

– Une fois le coffre ouvert, quand les deux flics qui s’occupaient de nous eurent constaté qu’il ne cachait personne, avant de retourner s’assoir dans la voiture, elle réajusta sa jarretelle aussi peu discrètement que possible. Ils ne perdirent rien du spectacle, c’est tout juste s’ils n’ouvrirent pas la porte en se mettant au garde à vous. Une fois assise, tout en maintenant sa robe plutôt relevée, elle y alla de sa petite histoire, sortie tout droit de son imagination. Elle raconta qu’elle s’était arrêté pour faire un petit pipi dans un bois quelques kilomètres avant. En cherchant un coin tranquille, elle avait vu un homme qui s’était enfui à son approche. Elle souligna que cela n’avait sans doute aucun rapport, mais elle se devait de le dire.

– Vous vous étiez quand même arrêtés ? demanda Marly

– Il est vrai que nous nous étions arrêtés un peu avant, justement près d’un bois. Elle a simplement fumé une cigarette. Elle savait que la fumée me dérangeait. Eh oui, je ne fumais pas en ce temps-là. Les flics ont transmis l’information, l’ont remerciée, et nous avons pu partir la conscience du devoir bien rempli. Quant à moi, ils ne m’ont pas posé la moindre question, sans doute pas reconnu en tant que vedette et encore moins en prisonnier évadé. Ils avaient assez à faire pour se rincer l’œil.

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– J’ai aussi fait le coup, plus ou moins involontairement à un gendarme, ironisa Isabelle. Mon père tenait à ce que je passe mon permis de conduire, cela pouvait l’arranger dans ses déplacements et ma mère ne conduisait pas. Je l’ai donc passé, et mon père m’a offert une voiture pour mes vingt ans. Un coup, j’ai grillé un feu rouge sans trop m’en rendre compte. Coup de sifflet, le flic s’est pointé au milieu de la route en levant le bras. Nous avons commencé une charmante conversation :

– Et le feu rouge ?

– Un feu rouge, désolé je ne l’ai pas vu, vous êtes sûr qu’il était rouge ?

– Aussi rouge que la…

– Il s’est arrêté, mais j’ai tout de suite compris qu’il faisait allusion à ma culotte qu’il avait entrevue. Il est vrai que j’avais une jupe plutôt courte, qui de plus s’était passablement relevée en conduisant. Je portais évidemment des bas, il ne pouvait pas manquer de voir la lisière. J’ai joué au culot en disant qu’elle était rouge pour être assortie à mon porte-jarretelles.

– Il devait avoir le képi qui fumait le mec, rigola Seiler.

– Je pense que oui, il prenait son jeton, mais en attendant il ne parlait pas de mettre une contredanse.

– Je parie qu’il ne l’a pas mise, ajouta Léo

– En effet, après m’avoir demandé ou j’allais, je lui ai répondu que j’allais à la caserne apporter des dossiers à mon père, en précisant qu’il était général sans lui en dire plus. Il m’a laissé filer sans autre.

– Oui un porte-jarretelles, un culotte, présentés pas la fille d’un général, c’est un excellent truc pour faire sauter les contraventions. Malheureusement moi, pauvre Seiler, je n’ai pas autant d’atouts à faire valoir.

– Vous voyez Georges, ajouta Isabelle, c’est une raison de plus pour que votre amie porte des bas. En cas de coup dur, elle vous sauvera la mise si elle est assise à côté de vous.

– Mais j’y pense, j’y pense !

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– Dites-donc, interrompit Léo, je vous propose de casser une croûte, car il commence à faire faim, pas vous ?

Ils se concertèrent et durent admettre que Léo avait raison. Ce dernier sourit d’un air entendu :

– J’y avais pensé ce matin, j’ai pensé à vous, je vous ai préparé une gibelotte de lapin aux champignons, avec un coup de rouge, ça vous convient?

– Cela fera un changement, cela fait une heure que l’on ne parle que de poulets. Et puis Georges va se régaler, il ne connaît pas la cuisine à Léo.

– Ah, s’il cuisine comme il raconte ses histoires de bas, c’est sûr que je vais me régaler.

– Je vais demander à Marie-Thérèse de préparer la table. En attendant, je vais continuer mon histoire.

A suivre

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