Léo coeur de nylon (39)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit.  Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Il affirme qu’il croit savoir où se cache un personnage clé que la police recherche. Ses informations lancent une piste en Espagne. Ils attendent des informations, tout en écoutant Léo partir dans une nouvelle histoire

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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L’auditoire était suspendu aux lèvres de Léo, Dieu seul, et lui, savaient ce que Léo avait fagoté ce jour-là. En sa présence, tout était possible en matière de femmes qui portent des bas nylons. Ils savaient qu’ils n’allaient pas tarder à connaître le fin mot de l’histoire. En bon tacticien, Léo aimait bien faire patienter son auditoire. C’était une résurgence de son ancienne vie de vedette, les shows ne commençaient que rarement à l’heure pile. Chez certaines stars, cela frôle le mépris du public, mais un léger décalage était de bon ton pour faire monter l’impatience dans la salle. Les plus fins tacticiens savent trouver le juste milieu, la limite à ne pas dépasser. Les œillades furtives en soulevant un coin du rideau de la scène, les ondes perceptibles par eux seuls, sont autant de points qui méritent toute l’attention. Tout cela, Léo se le rappelait, le pratiquait en maître. Maintenant, le plus souvent sans vraiment s’en rendre compte, quand on attendait quelque chose de lui, il le pratiquait encore. C’était la cigarette à allumer, le regard qui scrutait ses auditeurs. Tout cela n’avait pas grande importance, il n’était plus qu’un bistrotier de quartier, mais la magie opérait toujours  présente quand il était question de ses talents de conteur.

– Le fameux jour, nous nous sommes retrouvés pour le départ de notre voyage. Rien ne pressait, nous avions largement le temps. Au pire, nous devions être à Orléans dans la soirée. Le concert était prévu pour le lendemain, mais je devais retrouver les musiciens locaux qui me serviraient d’accompagnateurs, ils me suivraient pour les reste de la tournée. Nous avions rendez-vous le lendemain en début d’après-midi pour mettre les détails au point. Avant toute chose, j’ai décidé d’aller boire un café avec Yolande, histoire de faire un peu sa connaissance. Quand j’y repense, c’était vraiment une nana canon. Elle avait un charme fou. La brune dans toute sa splendeur. Des petits yeux malins, un sourire presque perpétuel. Vous vous en doutez, ses jambes m’intéressaient au plus haut point. De ce côté-là, dix sur dix ! Elle ne m’avait pas fait l’injure de venir en pantalons. Elle portait une robe plutôt ample, mais ce qui dépassait en dessous, me permettait d’admirer la couture de ses bas dans les tons chaire foncé. Pendant notre discussion, quand elle remuait les jambes, j’entendais le crissement de ses bas. C’était pour moi comme un chant céleste.

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– Je suis d’accord, interrompit Marly. C’est le genre de concert auquel j’aime bien assister.

– De même pour moi, renchérit Seiler, c’est mieux que les Beatles !

– Les Beatles, saviez qu’il existe des bas à leur effigie? ajouta Marlène.*

– Dans ce cas, je veux bien faire la connaissance de quelques folles de ces quatre chevelus, sourit Seiler.

– Tu sais, compléta Léo, les modes changent vite. Je crois que cela semble déjà ringard pour pas mal d’entre eux maintenant. Ils veulent des gens qui cassent leurs guitares et qui fument des calumets. Si on avait fait cela à mon époque, on m’aurait interdit de concert partout et probablement je serais présentement dans un asile. Enfin, pour moi c’est du vent même s’il est dans le vent, comme y disent.

Marly se fendit la pipe

– Je crois que ce qui te gêne surtout, c’est que les filles d’aujourd’hui portent des collants !

– Je ne crois quand même pas que j’aurais chanté du rock and roll pour qu’elles portent des bas.

– Pourtant, Leo le rockeur de nylon, ça sonne bien !

– Va te faire voir, j’aime autant les collants que le rock. Yolande, pendant que nous buvions noter café, m’avait avoué un penchant pour cette musique. Elle avait séjourné en Angleterre où toute la jeunesse semblait s’y mettre. Chez nous, on était encore à écouter André Claveau ou éventuellement moi, loin des musiques bruyantes. Pour finir, nous sommes partis sur les routes dans notre belle voiture.

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Léo alluma sa énième cigarette, marquant un temps de pause pour permettre à la bagnole d’atteindre sa vitesse de croisière.

– Je n’ai jamais eu trop confiance dans la manière de conduire des femmes, mais j’ai tout de suite été rassuré, elle conduisait comme un chef. Elle avait bien évidemment enlevé ses talons pour conduire. Je voyais son vernis à ongles à travers la transparence de ses bas. Je suivais le manège de ses pieds appuyant sur les pédales selon les besoins. J’étais fasciné par la couture des bas je suivais jusqu’à leur disparition sous la robe. Attentive au trafic, elle ne disait pas grand-chose. Je n’avais pas besoin de paroles, noyé dans le spectacle de ses jambes, de ses bas brillants, des petits crissements qui accompagnaient de leur douce musique ce voyage aux confins du paradis. Je revois ces scènes enveloppées dans un brouillard tiède qui m’envahit encore aujourd’hui. Un événement inattendu me tira de mes songes.

A suivre

* authentique

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4 réflexions sur “Léo coeur de nylon (39)

  1. En effet, la conduite sans soulier est risquée. Ce brave Léo s’en moque et profite du point de vue.
    Quelle chance il a…!

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