Léo coeur de nylon (40)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit.  Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Il affirme qu’il croit savoir où se cache un personnage clé que la police recherche. Ses informations lancent une piste en Espagne. Ils attendent des informations, tout en écoutant Léo partir dans une nouvelle histoire

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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– Alors que nous étions en pleine campagne, nous sommes tombés sur un barrage de flics. En apparence, c’était le grand déballage des forces de police. Une à une les bagnoles étaient contrôlés. D’après ce que nous avons pu savoir, ils recherchaient un mec plutôt dangereux qui s’était évadé. Ils ne se contentaient pas d’observer les passagers, mais ils demandaient d’ouvrir le coffre. Je crois que Yolande avait une certaine aversion pour ces personnages. Je ne sais pas ce qu’ils lui avaient fait, mais elle décida de se foutre un peu leur gueule quand elle apprit la cause du contrôle. Il fallut ouvrir le coffre pour monter que le bonhomme ne s’y cachait pas. C’est là qu’elle fit sa petite démonstration.

Léo, s’arrêta un moment pour juger de son effet sur son petit auditoire. En souriant, il glissa une clope dans son bec, tout en essayant de faire démarrer son briquet qui semblait friser la panne sèche. Ce fut Seiler qui vint à son secours en lui tendant sa boîte d’allumettes. Il en craqua une et poursuivit.

– Une fois le coffre ouvert, quand les deux flics qui s’occupaient de nous eurent constaté qu’il ne cachait personne, avant de retourner s’assoir dans la voiture, elle réajusta sa jarretelle aussi peu discrètement que possible. Ils ne perdirent rien du spectacle, c’est tout juste s’ils n’ouvrirent pas la porte en se mettant au garde à vous. Une fois assise, tout en maintenant sa robe plutôt relevée, elle y alla de sa petite histoire, sortie tout droit de son imagination. Elle raconta qu’elle s’était arrêté pour faire un petit pipi dans un bois quelques kilomètres avant. En cherchant un coin tranquille, elle avait vu un homme qui s’était enfui à son approche. Elle souligna que cela n’avait sans doute aucun rapport, mais elle se devait de le dire.

– Vous vous étiez quand même arrêtés ? demanda Marly

– Il est vrai que nous nous étions arrêtés un peu avant, justement près d’un bois. Elle a simplement fumé une cigarette. Elle savait que la fumée me dérangeait. Eh oui, je ne fumais pas en ce temps-là. Les flics ont transmis l’information, l’ont remerciée, et nous avons pu partir la conscience du devoir bien rempli. Quant à moi, ils ne m’ont pas posé la moindre question, sans doute pas reconnu en tant que vedette et encore moins en prisonnier évadé. Ils avaient assez à faire pour se rincer l’œil.

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– J’ai aussi fait le coup, plus ou moins involontairement à un gendarme, ironisa Isabelle. Mon père tenait à ce que je passe mon permis de conduire, cela pouvait l’arranger dans ses déplacements et ma mère ne conduisait pas. Je l’ai donc passé, et mon père m’a offert une voiture pour mes vingt ans. Un coup, j’ai grillé un feu rouge sans trop m’en rendre compte. Coup de sifflet, le flic s’est pointé au milieu de la route en levant le bras. Nous avons commencé une charmante conversation :

– Et le feu rouge ?

– Un feu rouge, désolé je ne l’ai pas vu, vous êtes sûr qu’il était rouge ?

– Aussi rouge que la…

– Il s’est arrêté, mais j’ai tout de suite compris qu’il faisait allusion à ma culotte qu’il avait entrevue. Il est vrai que j’avais une jupe plutôt courte, qui de plus s’était passablement relevée en conduisant. Je portais évidemment des bas, il ne pouvait pas manquer de voir la lisière. J’ai joué au culot en disant qu’elle était rouge pour être assortie à mon porte-jarretelles.

– Il devait avoir le képi qui fumait le mec, rigola Seiler.

– Je pense que oui, il prenait son jeton, mais en attendant il ne parlait pas de mettre une contredanse.

– Je parie qu’il ne l’a pas mise, ajouta Léo

– En effet, après m’avoir demandé ou j’allais, je lui ai répondu que j’allais à la caserne apporter des dossiers à mon père, en précisant qu’il était général sans lui en dire plus. Il m’a laissé filer sans autre.

– Oui un porte-jarretelles, un culotte, présentés pas la fille d’un général, c’est un excellent truc pour faire sauter les contraventions. Malheureusement moi, pauvre Seiler, je n’ai pas autant d’atouts à faire valoir.

– Vous voyez Georges, ajouta Isabelle, c’est une raison de plus pour que votre amie porte des bas. En cas de coup dur, elle vous sauvera la mise si elle est assise à côté de vous.

– Mais j’y pense, j’y pense !

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– Dites-donc, interrompit Léo, je vous propose de casser une croûte, car il commence à faire faim, pas vous ?

Ils se concertèrent et durent admettre que Léo avait raison. Ce dernier sourit d’un air entendu :

– J’y avais pensé ce matin, j’ai pensé à vous, je vous ai préparé une gibelotte de lapin aux champignons, avec un coup de rouge, ça vous convient?

– Cela fera un changement, cela fait une heure que l’on ne parle que de poulets. Et puis Georges va se régaler, il ne connaît pas la cuisine à Léo.

– Ah, s’il cuisine comme il raconte ses histoires de bas, c’est sûr que je vais me régaler.

– Je vais demander à Marie-Thérèse de préparer la table. En attendant, je vais continuer mon histoire.

A suivre

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4 réflexions sur “Léo coeur de nylon (40)

  1. Il est évident que de porter des bas pour une femme peut rendre service quand la marée chaussée fait son contrôle…!
    Sacré Léo!
    Toujours quelques chose a raconter.
    vivement la suite.

  2. ah ! parfois je me fais arrêter, et je feins de ne pas comprendre pourquoi 😉 je sors de mon véhicule, je donne mes papiers… et je repars avec de grands sourires de la Maréchaussée 🙂 pourquoi ? les contrôles sont-ils tous justifiés ?

    je précise que je conduis avec prudence, en respectant les feux Rouges… et autres.

    On peut les remercier, pour leur travail pas toujours évident ! pas pour les PV ou radars… bon mercredi à tous 🙂

    • Mmmh… dans les contrôles, ils doivent pas toujours aussi bien tomber!

      Je crois que comme dans chaque profession, il y a des bons et des mauvais. Par contre je n’aime pas les flics qui font du zèle.

      La connaissant, je ne doute aucunement des qualités de conductrice de mon Ambassadrice

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