Charles Way, une vue de chien

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Charles Way, est un cinéaste complètement à part dans le monde de la coquinerie. Je suis sûr que son nom, probablement inconnu de vous à l’instant, deviendra vite une sujet de référence pour un style où il est aussi un pionner dans son genre. A l’heure ou tout le monde peut filmer n’importe quoi via une caméra ou un téléphone, y compris ce qui se cache là ou notre regard n’a en principe pas accès, par exemple sous la jupe d’une dame.
Prenons cette bonne vieille machine à remonter le temps et mettons le régulateur temporel quelque part après la seconde guerre mondiale. Le voyage dure un instant et nous voici une bonne poignée d’années en arrière dans une rue quelconque d’une ville, par exemple Paris. Quel spectacle! Toutes ces dames qui passent à côté de vous, leur jambes offrant à votre regard ces merveilleux bas nylons qui les protègent du froid ou servant de simple support décoratif. Des bas, vous êtes sûrs? Ben oui, nous sommes aux temps bénis ou celui-ci règne en maître, le collant mille fois maudit est méprisé par les canons de la mode. Alors gageons que vous ayez envie d’en voir plus,  dans un but purement scientifique, c’est évident, de jouer « l’upskirteur » afin de ramener à notre époque quelques images qui témoignent des jolis secrets de la mode vue d’en dessous. Vous avez bien sûr emporté avec vous votre téléphone portable muni de sa caméra avec objectif à turbo molufaction prismatique intégré. Et hop en avant l’aventure.

Charles Way n’a pas cette chance, il n’a pas de machine spatio-temporelle pour sauter dans le sablier du temps et venir acheter le dernier cri en matière de caméra amateur et de retourner, vite fait, bien fait, dans son passé contemporain. Mais il a une caméra, c’est déjà ça. En ces temps qui peuvent se comparer au moyen-âge du film, il s’agit surtout de film 16 mm. Plutôt que de filmer le défilé du 14 juillet ou l’arrivée de 24 heures du Mans, il s’essaye dans le film porno amateur, genre qui à l’époque n’a aucun débouché commercial. Cela reste privé, entre amateurs, et légalement punissable. Sa réputation ne dépassera jamais ce cercle fermé, tant et si bien que l’on ne sait pratiquement rien de lui, sinon qu’il est mort à la fin des années 70. Un amateur de porno qui a fait quelques films, l’histoire pourrait s’arrêter là, mais…

Il s’est essayé à ses petits films coquin amateurs, auxquels il a quand même ajouté une dimension supplémentaire, celle d’interviewer les protagonistes féminines. Il a aussi fait sa révolution. Sans doute du genre bricoleur, il invente une sorte d’appareil qui consiste en une caméra cachée dans un étui à violon (ou de saxophone, on a aucune certitude), qui par un jeu de miroirs permettent de filmer discrètement à ras des pâquerettes. Et que va-t-il faire avec cela, je pense que vous le devinez, filmer sous les jupes des dames. Il va arpenter les rues, les trottoirs, les escaliers, tout ce qui peut favoriser un bon angle de prise de vue selon ses critères. Il accumule ainsi des mètres et des mètres de pellicule montrant petites culottes, bas, jarretelles, le tout garanti pur vintage. Peut-être cherche-t-il son Eldorado, une femme qui n’aurait pas de culotte, ce qui pourrait constituer pour l’époque le sommet du dévergondage. N’en déplaise aux amateurs de bas et de jarretelles d’aujourd’hui, aux temps où toute jupe qui se soulevait permettait de les apercevoir, le sans culotte devait constituer une sorte de plus. Que voulez-vous, les gens ne sont jamais contents. Une partie du travail de Way est toutefois post mini jupe

A sa mort, n’ayant probablement pas de descendance, ou une famille pas très curieuse, tout son matériel filmé à fini chez un brocanteur. On finit par remettre la main dessus et une sorte de festival fut même organisé à Avignon en 1986. Par contre, je me souviens d’avoir vu dans l’émission « Sexy Folies » qui date de cette période, deux ou trois extraits qui viennent sans doute de ce qu’il avait filmé par dessous la jupe. Je m’étais d’ailleurs demandé quel était le « fou » qui avait commis cela. Un poète, affirma un des intervenants de l’émission. Après cette mise en lumière, le matériel a de nouveau disparu. La partie porno semble a nouveau avoir été perdue, mais l’autre partie a été récupérée chez un autre brocanteur. Cette fois-ci, elle devrait survivre, car 80 minutes de ces explorations indiscrètes sous jupe a été mise en DVD sous le titre, Vu par mon chien (titre que Way semble avoir donné son oeuvre). Trente ans de culottes.

Personnellement, je ne l’ai pas vu, mais je me réserve le droit de m’en commander un exemplaire. C’est un art que je ne pratique pas, sans empêcher quiconque de le faire. Mais vu l’époque où cela a été filmé, je crois que c’est autrement plus excitant que de voir ces greluches monter les marches de Festival de Cannes.

C’est disponible aux Editions Astarté, spécialisées dans le vintage érotique. Un coup de pub que je fais avec plaisir.

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