Léo coeur de nylon (47)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Il affirme qu’il croit savoir où se cache un personnage clé que la police recherche. Ses informations lancent une piste en Espagne. Ils attendent des informations, tout en écoutant Léo partir dans une nouvelle histoire, arrivée lors d’une tournée. Une histoire, où pour une fois, il a des doutes. Il remplace sa conquête par une autre et la suite de sa tournée en est complètement chamboulée.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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– Je vous l’ai dit, Paule avait le sens de la pose. Il y a rarement eu une femme avec qui j’ai eu envie de faire des photos tout la durée d’une nuit. Ce fut presque le cas, j’ai usé toute la pellicule que j’avais à disposition. Il nous fallait, enfin surtout moi, dormir car j’avais un concert de prévu le soir suivant. Je devais me produire à Tours, il n’y avait pas urgence, mais il fallait quand même être sur place bien avant. Heureusement, mes musiciens étaient rôdés, et c’était leur boulot plus que le mien de faire les réglages. Je n’avais en principe qu’à me pointer pour l’heure du concert. Il vous reste encore à savoir que Paule était venue par hasard au concert d’Orléan. Travaillant dans de presse féminine, elle avait fait un déplacement professionnel pour un article sur un défilé qui aurait lieu plus tard. On lui avait donné un billet pour le concert, une personne qui avait réservé, mais qui avait un empêchement de dernière minute. C’était en quelque sorte un signe de remerciement pour son travail, elle allait leur faire de la pub.

– Elle avait un nom connu ? demanda Seiler

– Pas vraiment, c’était plus une chroniqueuse qu’une référence dans le domaine. Un de ces noms que les lectrices connaissaient sans doute, mais elle ne faisait pas la pluie et le beau temps dans ce domaine. Elle connaissait du beau monde, comme nous allons le voir par la suite. Pour cela, il a fallu que j’aille à Tours.

Léo alluma une nouvelle cigarette, la énième de la soirée. Seiler l’accompagna et lui offrit du feu avec un de ces briquets à essence muni d’une mèche qui aurait pu servir à remorquer une automobile.

– Paule qui n’avait pas prévu de passer par Tours, eut une idée. Elle avait une amie qui y habitait, elle allait profiter pour lui dire bonjour. Je me renseignai sur cette amie, elle me dit qu’elle avait une petite agence de mannequins qui marchait plutôt bien, il lui arrivait de monter à Paris pour des défilés avec son équipe. Elle avait eu l’occasion de collaborer quelquefois avec elle. Elles étaient devenues des amies par la force des choses.

Un éclair malicieux s’alluma dans l’œil de Léo, on sentait qu’il allait se passer quelque chose du côté de Tours.

– Elle me demanda si elle pouvait l’inviter au concert, du moins si elle arrivait à la joindre. Elle ne savait pas si elle était présente ou en déplacement. Je lui donnai le feu vert, tout en lui disant qu’elle pouvait aussi amener quelques-unes de ses filles, on se débrouillerait pour trouver des places pour tout le monde, en principe le carnet de places à ma disposition était encore intact.

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– Ah tu avais des places à disposition ? s’étonna Seiler.

– Oui, nous avions toujours une dizaine de places, cela dépendait un peu de la grandeur de la salle et de sa disposition, qui nous étaient réservées pour des invités à titre personnel. Au pire des cas, nous avions le droit de faire entrer une dizaine de personnes gratuitement, c’était d’autant plus facile si la salle n’était pas remplie. Dans le cas contraire, on les remettait en vente avant le spectacle en cas de grosse affluence, du moins s’il nous en restait.

– Tu avais quand même l’habitude de jouer devant des salles pleines, non ?

– Je dirais que c’était plutôt le cas en province qu’à Paris. Il y a des villes où j’ai fait très peu de concerts, même pas du tout. Tu sais, je n’étais quand même pas une vedette qui tournait sans arrêt, je n’avais pas un potentiel de fans comme Tino Rossi ou André Claveau. On dosait les tournées selon ce potentiel. Il aurait été idiot de donner un concert par semaine à Tours, par exemple. Ce n’était pas moi qui prenais les risques mais les organisateurs. Chanter devant dix ou mille personnes, mon cachet était le même, quoi qu’il arrive.

– Sans être trop curieux, tu gagnais bien ta vie ?

– Je pouvais gagner en une soirée ce que je gagne en trois mois avec mon bistrot, je n’avais pas de problèmes financiers. Je n’en ai pas aujourd’hui, mais la marge est beaucoup plus serrée. Je travaille aussi plus dur maintenant.

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– Tu regrettes ce temps-là ?

– Oui et non. Tu sais, dans le monde du vedettariat tout est très superficiel. Des vais amis, on a pas tellement. S’ils s’intéressent à toi, c’est surtout parce que tu vas leur permettre de gagner de l’argent. Tu es un peu comme un boxeur, on mise sur toi si tu as le potentiel de casser la gueule à ton futur adversaire. La meilleure preuve que je peux apporter, après mon accident, ils se sont tous détournés de moi. Aucun n’est venu boire un verre dans mon bistrot.

– Je pense, fit Marly, que tu as surtout gagné un tas de belles histoires à raconter. Et cela personne ne peut te l’enlever.

– Tu as raison. Ces souvenirs me faut autant plaisir que l’argent que j’ai pu gagner autrefois. L’argent ça se dépense, les souvenirs ne sont pas monnayables, peut-être un jour si je raconte mes souvenirs. Mais qui payerait pour ça ?

Un silence suivit les constatations douces et amères de Léo. Il en profita pour enchaîner la suite de son récit.

– Paule partit donc faire son téléphone, elle y passa un sacré moment. Quand elle revint, elle était toute souriante:

– Mon amie viendra ce soir avec cinq de ses modèles. Après le concert, on est invités à dîner chez elle. Il y aura une belle surprise pour toi. Un bon conseil, il te faudra trouver de la pellicule pour ton appareil !

A suivre

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