Léo coeur de nylon (48)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Il affirme qu’il croit savoir où se cache un personnage clé que la police recherche. Ses informations lancent une piste en Espagne. Ils attendent des informations, tout en écoutant Léo partir dans une nouvelle histoire, arrivée lors d’une tournée. Une histoire, où pour une fois, il a des doutes. Il remplace sa conquête par une autre et la suite de sa tournée en est complètement chamboulée. On lui parle d’une surprise pour le soir après le spectacle.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Léo plaça un nouveau moment de silence. Il voulait une fois de plus, laisser travailler l’imagination de son auditoire. Ce dernier pouvait imaginer la suite, il se doutait bien que la surprise promise ne serait pas une veillée de prières à l’église. Léo avait tous les atouts du parfait conteur. Jamais pressé de débiter les mots qui menaient au dénouement de l’intrigue, il savait s’arrêter au bon moment, juste de quoi faire mousser l’auditeur avide de connaître la suite. Il pouvait d’autant plus s’amuser à le faire patienter, qu’il n’avait pas de texte à apprendre par cœur. Son canevas c’était ce qu’il avait vécu, sa mémoire avait enregistré chaque détail, tel un film qu’il projetait sur l’écran de son cinéma intime. Il laissait volontairement de côté les images dont il ne voulait pas, celles qu’il estimait de peu d’intérêt, pas assez piquantes pour lui faire regretter le temps présent. Il repartit dans son histoire.

– Paule ne voulut pas m’en dire plus. Nous sommes partis pour Tours. Yolande se contentait de conduire sans trop tirer la gueule. Elle fit même un ou deux efforts de conversation, des banalités sans doute, mais je prenais cela comme du pain béni. Elle laissa entendra que sa conquête du soir précédent allait la rejoindre à Tours en fin d’après-midi. Il est vrai qu’une fois la voiture menée à bon port, elle était libre de faire ce qui lui plaisait. J’avais même imaginé qu’elle allait me planter là, mais vis-à-vis de la maison de disques, cela aurait pu lui valoir quelques emmerdes. Elle s’était proposée spontanément, il n’était pas prévu que je devais la payer en nature. De temps en temps, Paule me regardait avec un de ses petits sourires remplis de sous-entendus, comme seules les femmes savent le faire.

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– Tu vois Isabelle, tu n’es pas la seule, je dirais même que tu es une championne dans le genre, affirma Marly.

– Je sais, tu me l’as dit souvent. Tu sais très bien lire sur mon visage quand je te réserve une surprise. Il n’y a pas si longtemps, tu as deviné que j’avais acheté un nouveau porte-jarretelles. Je dirais même que tu l’as d’abord découvert avec les mains, avant de le voir avec tes yeux.

– Je voulais surtout voir si c’était pas des collants, des fois que tu aurais eu envie de me faire enrager. Avec les femmes, on sait jamais, ça c’est aussi quelque chose que j’ai appris.

Isabelle se tourna vers Marly en faisant le geste de lui flanquer une chiquenaude. Marly eut un sourire ravi en mettant son bras pour parer le coup. Il se doutait bien qu’elle n’en ferait rien, mais comme son affirmation comportait pour lui un brin de vérité, il appuyait par le geste le sens de ses paroles.

– Pendant le voyage, je ne pus m’empêcher de faire valser les jarretelles de Paule, ce qui ne semblait pas lui déplaire, sauf quand un de ses bas a filé par ma faute. Là, elle est m’a regardé un peu de travers, car elle n’en avait pas dans sa pharmacie de secours. Je promis de lui en acheter une douzaine dès que possible. Arrivés à Tours, nous sommes allés directement à la salle de concert. Nous avons fait une brève séance de chauffe pour voir si tout était en ordre avec la sonorisation, ce qui était le cas. Nous avions encore trois bonnes heures avant le début du spectacle. Nous avons profité pour aller repérer nos chambres d’hôtel. Moi, il fallait que je me procure des films.

Léo sourit d’un air entendu.

– Il y avait une petite boutique près de l’hôtel qui semblait vendre de tout. J’y suis entré et j’ai trouvé des pellicules et aussi des bas pour Paule. Je lui avais demandé sa taille pour être sûr de mon coup, bien que mon œil ne m’avait pas trompé sur l’estimation que j’avais faite de sa taille de bas. L’œil du maître en quelque sorte. J’ai pris toutes les paires disponibles dans sa taille. La vendeuse me regarda d’un drôle d’air. Elle devait penser que j’avais un harem ou que je les mangeais. Heureusement, elle semblait ne pas m’avoir reconnu, des fois qu’elle téléphone à un journal à sensation pour communiquer l’information.

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– Le chanteur de charme achète des bas pour ses nombreuses admiratrices, ironisa Marly.

– De retour à la chambre d’hôtel, ravie et me félicitant pour mon choix, elle en a vite enfilé une paire. Après avoir grignoté quelque chose, Paule m’avait conseillé de ne pas manger et garder mon appétit pour la surprise. Nous sommes retournés à la salle de concert, car l’heure approchait. Ce qui attisait ma curiosité, c’était cette fameuse surprise. J’avais réservé six places, donc il y aurait six personnes. J’ai donné les places à Paule, qu’elle s’arrange pour les remettre à son amie à l’entrée de la salle, afin qu’elle puisse la faire entrer avec sa suite. Je me suis renseigné pour savoir où étaient les places. En écartant le rideau de la scène avant le spectacle, j’ai repéré les places. Ah mes amis, quel vision de rêve !

A suivre

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