Léo coeur de nylon (49)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Il affirme qu’il croit savoir où se cache un personnage clé que la police recherche. Ses informations lancent une piste en Espagne. Ils attendent des informations, tout en écoutant Léo partir dans une nouvelle histoire, arrivée lors d’une tournée. Une histoire, où pour une fois, il a des doutes. Il remplace sa conquête par une autre et la suite de sa tournée en est complètement chamboulée. On lui parle d’une surprise pour le soir après le spectacle.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Léo savoura ses paroles avec un exquis sourire.

– Il y avait cinq filles d’une exceptionnelle beauté et habillées très classe. Je n’avais pas de peine à croire que c’était des modèles. La copine de Paule semblait avoir bien choisi ses collaboratrices. Encore une fois je me demandais en quoi consistait la surprise, mais j’avais ma petite idée, juste une petite idée. Quoi qu’il en soit, c’était à moi de travailler, j’étais venu ici pour donner un récital, ce qui se passerait ensuite, n’était pas dans mon contrat. Le concert se déroula très bien, une bonne salle, très réceptive. Bien sûr, je ne pouvais m’empêcher de jeter de temps en temps une œillade du côté des fameuses places. Ces demoiselles étaient tout sourire, elles ne semblaient pas être là par obligation, mais avaient l’air d’apprécier mon chant. Ce ne serait que plus facile pour la suite de la soirée. A la fin du spectacle, j’ai quand même fait ma petite séance d’autographes, sans trop allonger. A la fin Paule m’a présentée son amie, elle s’appelait Elisabeth comme la reine d’Angleterre et j’ai eu l’impression que c’en était effectivement une, mais dans un tout autre domaine. Les fameuses filles n’étaient pas là, mais on me rassura, on les retrouverait plus tard.

Léo trouva qu’il était temps de se rincer le gosier, il proposa le champagne. Décidément il allait en roue libre, car depuis le temps le vin n’avait pas manqué dans les verres. Tout le monde approuva, Isabelle à demi-mots, car elle se sentait bien lancée. Elle se jura de boire seulement une goutte sur deux. Une fois tout le monde d’accord Léo repartit dans son histoire.

– On se déplaça en voiture vers un quartier périphérique de Tours, c’est là qu’Elisabeth avait ce qui lui servait de bureaux. Une sorte de grand appartement aménagé de manière à répondre aux exigences de la profession. Elisabeth présenta son mari, qui nous attendait. Elle nous expliqua qu’il lui servait aussi de photographe quand l’occasion s’en présentait. Je n’eus pas de peine à rompre la glace avec lui, on était en quelque sorte des collègues. Il était d’un niveau supérieur au mien, un vrai professionnel, pas un amateur éclairé comme moi. On a papoté un bon moment sur le sujet, il m’a même filé quelques conseils. En fait, comme un con, je ne vous l’ai pas encore dit, mais j’avais oublié mon appareil dans la chambre à l’hôtel, l’émotion sans doute.

– Tu fais encore de la photo maintenant ? demanda Seiler.

– J’ai presque complètement abandonné, j’ai toujours mon matériel, mais les modèles qui veulent poser pour moi se font beaucoup plus rares. Il m’arrive encore de faire quelques photos quand on fait un voyage, pas de filles seulement de paysages, mais encore là, je ne voyage pas beaucoup.

Léo stoppa un moment, car le champagne venait d’arriver. Il fit sauter le bouchon, remplit les verres et on trinqua.

– On s’installa autour d’une table, moi, Paule et nos hôtes. Un service de traiteur débarqua pour remplir nos assiettes. Elisabeth et son mari ne se sont pas foutus de nous, c’était des plats dans le style grand restaurant. Je me souviens particulièrement d’une mousse de canard avec une confiture de figues, j’en ai encore le goût dans la bouche, du grand art. Cela ne m’étonna pas de leur part, car ils semblaient être à l’aise financièrement, les affaires devaient bien marcher.

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– Tu sais ce qu’ils sont devenus ? questionna Marly.

– A ma connaissance, ils sont toujours en activité, c’est même à l’heure actuelle une des plus grandes agences de mannequins sur Paris, mais ils font dans la minijupe maintenant.

-Tu ne les a jamais revus ?

– Après cette fameuse soirée, non, tu sais je ne tiens pas à les revoir. A la fin du repas, Elisabeth m’annonça la couleur. Paule avait parlé de mes goûts en matière de lingerie. Justement, elle était en train de mettre au point un défilé de lingerie, qu’elle devait organiser dans un grand hôtel à Paris. En mon honneur, elle allait faire une sorte de répétition de ce défilé. Tous ses modèles n’étaient pas là, certains habitaient sur Paris et ne seraient présents que le jour dit. Cependant, elle avait organisé quelque chose avec ce qu’elle avait sous la main. Il fallait patienter un peu entre certaines exhibitions, de quoi donner aux modèles le temps de se changer.

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– Aussi vrai que je m’appelle Seiler, je te connais depuis peu, mais tu as toujours flairé les bons coups. Un défilé de lingerie pour toi tout seul, y’a qu’à toi que ça peut arriver un truc comme ça !

-Ah si tu avais été à ma place, tu en aurais pris plein les mirettes. J’en ai vu des porte-jarretelles, des gaines, des guêpières, des bas de toutes les teintes, avec des coutures, sans coutures. L’un des sommets fut une tenue pour femme soi-disant en deuil. Tout en noir avec une guêpière, des bas à coutures et des talons splendides. C’est sûr qu’elle n’allait pas rester veuve longtemps. Ces demoiselles marquaient un temps d’arrêt juste devant ma personne assise dans un fauteuil, juste à hauteur des yeux, leur popotin à quelques centimètres. J’avais le baromètre en butée sur cyclone !

– Dommage que tu n’avais pas ton appareil de photo, se rappela Marly.

– Eh bien, le mari d’Elisabeth s’affirma comme l’homme de la situation. Il me fit un résumé photographique du défilé, qu’il m’envoya, en me priant de garder cela à titre personnel. Il ne pouvait m’autoriser à les publier, comment l’aurais-je fait, seuls ses clients disposaient des droits. Je compris parfaitement ses raisons et je lui jurai de ne jamais lui mettre les bâtons dans les roues. D’ailleurs ces photos je les ai toujours, je vais aller les chercher.
A suivre

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