Léo coeur de nylon (51)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Il affirme qu’il croit savoir où se cache un personnage clé que la police recherche. Ses informations lancent une piste en Espagne. Ils attendent des informations, tout en écoutant Léo partir dans une nouvelle histoire, arrivée lors d’une tournée. Une histoire, où pour une fois, il a des doutes. Il remplace sa conquête par une autre et la suite de sa tournée en est complètement chamboulée. On lui parle d’une surprise pour le soir après le spectacle qui amène de nouvelles questions. Après les avoir résumées on revient aux souvenirs racontés par Léo.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Que l’on trouve de la jarretelle au menu des histoires à Léo n’étonnait personne, on s’étonnait plutôt qu’il n’ait pas composé des spécialités avec des noms de pièces de lingerie en étant devenu un bistrotier et occasionnellement un cuisinier. On imagine le profit qu’il aurait pu tirer d’une sauce guêpière ou d’un dessert en voile de nylon. Il y avait peut-être pensé, mais jamais passé à l’acte. C’est à peine s’il aborda un peu en chansons les jambes des dames, mais jamais le mot nylon n’y fut chanté. Là on en est sûr, il y avait songé, mais on lui déconseilla de le faire, trop osé pour l’époque qu’ils disaient, alors qu’aujourd’hui les chanteurs font l’amour sur les ondes radiophoniques. Evidemment, ses confidences il les gardait pour ses proches, ceux qui étaient là ce soir, et quelques autres avec lesquels le sujet était abordé, souvent par eux-mêmes. Mais Léo ne s’en laissait pas compter, il connaissait le sujet par cœur, des paires de bas nylons, ses souvenirs en étaient remplis. L’avantage, c’est qu’ils prenaient moins de place dans sa mémoire, que s’il les avait tous rangés dans d’innombrables tiroirs. Même qu’une fois, dans un trait d’humour, il s’était posé la question de savoir si tous les fils de nylon qui avaient servi à les confectionner, n’auraient pas fait plusieurs fois le tour de notre bonne vieille planète. Le tour du monde en nylon, voilà un programme qui plaisait à Léo!

– Nous sommes rentrés au petit matin, reprit Léo. Par chance, j’avais en quelque sorte congé pour la journée, n’ayant pas de concert le soir. La prochaine date était Nantes, le lendemain. Nous ne partions qu’au matin, donc nous avions le temps. Paule était ravie de m’avoir à elle toute la journée. Nous avons flemmardé au lit, elle me proposa d’aller dans un restaurant qu’elle connaissait, en peu en dehors de la ville en direction d’Amboise. Pour ne pas avoir à subir la compagnie de Yolande et employer la bagnole de l’organisateur, nous sommes partis en taxi.

Assis côte à côte sur le siège arrière, j’eus soudain des démangeaisons de mains baladeuses. Ce furent les jarretelles de Paule qui subirent les assauts. Elle avait mis ce jour-là un porte-jarretelles blanc et des bas gris qui me plaisaient beaucoup, en fait une des paires que j’avais acheté pour elle dans la petite boutique en arrivant à Tours. Je prenais les intérêts en quelque sorte. Ils étaient par ailleurs d’un touché très agréable, je regrette qu’on ne trouve plus aujourd’hui, sinon avec peine, des bas semblables.

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– Cela n’échappa à l’œil du chauffeur, qui n’en avait que plus de peine à se concentrer sur son valant. J’avais un peu peur qu’il perde les pédales, surtout celle du frein, alors je me suis un peu calmé. Il choisit quand même de nous faire son petit commentaire :

– Oh vous savez, continuez, faut pas vous gêner pour moi!

Je crois que le bougre aimait ça, cela le changeait des vieilles rombières ou des austères personnages qu’il transportait habituellement, sa petite récréation quoi !

– Vous savez, renchérit-il, j’ai quelquefois des couples qui s’amusent bien à l’arrière. Même qu’une fois un très célèbre sportif a presque baisé sa compagne à l’arrière de mon véhicule.

– Je n’ai pas ajouté qu’il avait failli ajouter un chanteur à sa liste. Mais comme il n’avait pas l’air de m’avoir reconnu, je n’ai pas insisté et je me suis calmé. Je lui ai demandé de nous poser au restaurant et de venir nous rechercher en fin d’après-midi à 18 heures.

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C’était l’heure de la cigarette, Léo pesta car le paquet était vide, il dut se lever pour aller en chercher un dans sa réserve personnelle, un tiroir derrière le comptoir. Il crut bon de ramener une bouteille de champagne avec lui. Malgré les protestations polies de ses amis, il demanda à Seiler de faire sauter le bouchon.

– Nous avons fait un excellent repas et après nous sommes allés nous balader dans les environs. La région était parsemée de petits bois et de bosquets. J’avais une petite idée derrière la tête, conter fleurette à Paule en pleine nature. Je crois qu’elle n’était pas dupe, elle en demandait même tout autant. Pas besoin de se gêner il n’y avait personne, c’était pas encore la saison des champignons. Nous nous sommes allongés dans un petit coin isolé.

Visiblement cela mettait Léo de bonne humeur, il étouffa un rire.

– Je ne sais pas si cela vous est déjà arrivé de baiser en pleine nature, c’est certainement plus romantique que dans un hôtel de passes, mais cela manque parfois d’un peu de confort. L’herbe qui vous pique le cul et les mouches qui le confondent avec une piste d’atterrissage, c’est les risques. Mais le plus fort, ce que nous n’avions pas prévu, se manifesta pendant l’action.

A suivre

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