Léo coeur de nylon (52)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Il affirme qu’il croit savoir où se cache un personnage clé que la police recherche. Ses informations lancent une piste en Espagne. Ils attendent des informations, tout en écoutant Léo partir dans une nouvelle histoire, arrivée lors d’une tournée. Une histoire, où pour une fois, il a des doutes. Il remplace sa conquête par une autre et la suite de sa tournée en est complètement chamboulée. On lui parle d’une surprise pour le soir après le spectacle qui amène de nouvelles questions. Après les avoir résumées on revient aux souvenirs racontés par Léo.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Marly se mit aussi à sourire, il se demandait ce qui avait bien pu arriver à Léo. Avec lui tout était possible, mais il prit son temps pour narrer la suite. Une fois de plus, il savait ménager ses effets.

– Nous avions tout prévu, une invasion de sauterelles, la grêle, une soucoupe volante avec une invasion de Martiens. Mais non, ce fut un son inattendu qui retentit dans la campagne, le formidable beuglement d’une vache qui était à deux mètres derrière nous et que nous n’avions pas entendu venir. Une bonne vache avec ses yeux doux. On se savait pas très bien si elle approuvait ou réprouvait notre comportement, peut-être simplement curieuse ou considérant que nous avions pénétré dans un endroit privé. Je dois avouer que cela coupa un peu notre élan, imaginez que tout d’un coup elle se mette à nous charger et me plante un corne dans les fesses, j’aurais eu l’air fin annuler mon concert et d’en donner la raison.

– Tu aurais pu dire que c’était le fait d’un mari jaloux, suggéra Marly.

– Je crois bien que j’ai fait porter des cornes à quelques-uns, mais il est certain que je n’en ai jamais rencontré un avant de m’occuper de sa femme, ni même après d’ailleurs. Mais non, cette pauvre vache était bien paisible, elle resta quelques instants à nous contempler et se tira. Pour nous, c’était foutu, Paula pas trop rassurée manifesta l’intention de se tirer vers des lieux plus sûrs. Ce fut bien la dernière fois, que je comptai fleurette parmi les fleurs.

– J’imagine que depuis tu manges des steaks par pur esprit de vengeance, ironisa Seiler.

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– Pas tant que ça, mais il est certain que ce fut un coup vache pour le reste de notre belle promenade. Nous sommes retournés, nous avons bu un verre en attendant que le chauffeur de taxi vienne nous récupérer. Le reste de la tournée s’effectua normalement, l’après-concert se déroula plutôt entre quatre murs. Paule est même venue me tenir compagnie à Paris, mais elle devait retourner à ses occupations et nous nous somme perdus de vue. Yolande a repris sa place de réceptionniste, mais elle s’est fait virer plus tard, je n’ai jamais su pourquoi.

– Dis voir Léo, lança Marly, tu nous as beaucoup parlé de tes conquêtes au temps de ta célébrité, mais tu nous nous jamais dis comment tu avais débuté ta carrière de séducteur.

– C’est vrais que je n’ai pas découvert les charmes féminins et ma passion pour les bas comme ça d’un coup, il y a bien eu des prémices, la seule chose qui est différente, c’est que je n’ai pas vraiment des photos de cette époque, elles ne posaient pas comme modèle.

– Alors, raconte-nous un peu ça !

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– Comme vous le savez, je suis né à Paris en 1921, le 23 juillet pour être plus précis. Mon père s’appelait Raoul et ma mère Edith. Ils étaient de petits commerçants qui tenaient une petite mercerie du côté de Belleville’ qui n’existe plus aujourd’hui. Ils n’étaient pas riches, mais ce n’était pas non plus la misère. Je suis fils unique, je crois bien que c’était un peu une mesure d’économie, ils n’avaient pas trop l’envie et les sous pour en élever un deuxième. Mais ils m’aimaient bien, j’avais un peu tout ce que je demandais à condition que le prix en soit raisonnable.

– Ils sont toujours vivants ?

– Hélas non. Mon père est mort en 1938, il a attrapé une saloperie, un coup de froid comme disaient les toubibs, mais il est resté sur le carreau. Ma mère était du genre toujours malade, elle n’arrêtait pas de bouffer des médicaments, une vraie pharmacie ambulante. Elle a mal supporté les privations. En 1942, elle a eu une sorte d’attaque cérébrale, elle est restée paralysée pendant deux semaines et son cœur s’est arrêté. Bref, gamin un de mes plus fins plaisirs était de farfouiller dans le magasin, j’étais curieux de tout, je me faisais souvent engueuler, mais rien n’y faisait. Pour vous mettre au parfum, je ne cacherai pas qu’on y vendait aussi des bas. La clientèle était essentiellement au féminin, entre les napperons, le fil à coudre, les boutons de braguette, ces dames faisaient leurs emplettes et ne manquaient jamais de raconter leurs petites histoires. Caché dans un coin ou un autre, je les écoutais sans qu’elles ne s’aperçoivent de ma présence, même ma mère ne savait pas si j’étais dans l’appartement ou dans la boutique. J’en ai entendu quelques-unes pas piquées des vers. Tiens, je vais vous raconter l’histoire des jarretelles à madame Lecoultre. Et après ça vous comprendrez comment je me suis mis à aimer les bas.

A suivre

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