Léo coeur de nylon (58)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Il affirme qu’il croit savoir où se cache un personnage clé que la police recherche. Ses informations lancent une piste en Espagne. Ils attendent des informations, tout en écoutant Léo partir dans une nouvelle histoire, arrivée lors d’une tournée. Une histoire, où pour une fois, il a des doutes. Il remplace sa conquête par une autre et la suite de sa tournée en est complètement chamboulée. On lui parle d’une surprise pour le soir après le spectacle qui amène de nouvelles questions. Après les avoir résumées on revient aux souvenirs racontés par Léo, il entame ses souvenirs d’enfance où une certaine madame Lecoultre joue un grand rôle.

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Une vengeance, voilà qui pourrait paraître un grand mot dans une situation où un même pas adolescent a ses premiers émois avec une femme bien réelle, mais qui pourrait être sa mère. Tout ce qui lui arrivait, il ne l’avait pas vraiment cherché. Contempler et toucher les bas, les culottes, les porte-jarretelles qui s’offraient à son regard sur le sèche-linge, cela lui avait paru suffisant pour le combler. Mais il avait fallu qu’elle l’observe et le prenne en flagrant délit. Tout s’était enchaîné, tantôt menaçante, tantôt charmeuse, il était devenu la victime ne sachant trop que faire. La vantardise des copains dans la cour de l’école lui semblait maintenant une belle blague, un instant il avait cru pouvoir entrer dans le jeu de la dame, mais il ignorait encore trop de choses à part promener sa main sur ses bas et voir un bout du culotte. A son moment d’intensif plaisir, sa première éjaculation devant une dame en chair et os, avait succédé une vive angoisse. Soudain il aurait voulu être à mille lieues de cet appartement qui ressemblait trop à une toile d’araignée dans laquelle il était pris. Léo pouvait bien en rigoler maintenant, il le fit pour lui-même tout en poursuivant son récit.

– La dame baissa la culotte et attrapa mon sexe.

– Tu vas voir, me dit-elle, tout ce qu’on peut faire avec une bouche.

Au moment où elle avait fini de dire cela, un monsieur entra dans la chambre, c’était son mari que je connaissais pour l’avoir vu avec elle. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il fut assez surpris du spectacle. Sa femme à genoux devant un jeune garçon avec la culotte sur les souliers. Il me regarda d’un air triste, s’approcha de sa femme et lui tourna une paire de baffe magistrale. Il la fixa dans les yeux et lui fit un discours de circonstance.

– Tu y tiens à tes petits jeunes, tu vas finir par me foutre dans la merde avec tes histoires. La fois d’avant tu m’avais dit que c’était un accident, qu’il t’avait dragué et tout le reste. Et celui-ci, il t’a aussi dragué, j’imagine, il a tout à fait l’âge pour. Encore l’autre, il pouvait passer pour un jeune en chaleur, mais si tu as pris un billet pour les ballets bleus, je vais te le faire bouffer !

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– J’ai compris que la belle était une amatrice de jeune chair et qu’elle n’en était pas à son coup d’essai. J’ai songé que mon histoire aurait pu tourner au vinaigre. Imaginez, la femme du pion qui se tape ses élèves, il y a de quoi se faire virer de son boulot avec un petit scandale à la clé. Pour ma part, ce mari qui m’avait fait peur, auquel elle me menaçait de conter mes incartades, me sembla tout à coup un pantin dont les ficelles étaient dans mes mains. A vrai dire, il me faisait pitié. Je ne comprenais à peu près rien au monde des adultes, mais je savais que la balle était dans mon camp.

– Et qu’a fait son mari ? questionna Marly

– Il m’a pris à part et il m’a demandé si j’avais été choqué par ce qui s’était passé. Je lui ai répondu que non. Je lui ai quand même raconté ce qui s’était passé, surtout ma petite exploration dans les affaires de madame. Il m’a écouté en hochant la tête dans un signe d’approbation.

– En fait, il était bien plus emmerdé que toi ?

– Oui on peut dire ainsi. Il m’a demandé si j’en avais tiré un certain plaisir, ce que je n’ai pas nié, faut être honnête. Il avait quand même sa petite idée derrière la tête, car il m’a demandé si j’avais l’intention d’en parler à mes parents. Il m’a expliqué que si cela était, il risquait d’y avoir des problèmes, surtout si cela se savait dans l’école où il enseignait.

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– Et puis il pouvait y avoir des suites judiciaires, sa femme risquait de finir en taule.

– Je crois que oui. Alors je lui ai dit que je fermerais ma gueule, à condition qu’il en fasse de même et que sa femme se tienne à carreau. Il m’a remercié et m’a dit que je devenais un homme. Pour ma part, je n’allais pas devenir un maître chanteur. J’avais ma petite vengeance, je pouvais la regarder d’un autre œil, celui d’un homme, celui qui sait !

– Et tu les as revus par la suite ?

– Sa femme, comme par hasard n’est plus venue au magasin. Lui, je l’ai rencontré une ou deux fois dans la rue. Il m’a même emmené boire une menthe à l’eau une ou deux fois. Nous n’avons jamais reparlé de l’histoire, mais il aimait bien me poser des questions sur ce que je devenais, je faisais, ce que j’aimais. C’était plutôt un type sympa.

– Et sa femme, tu l’as  jamais revue ?

– De loin, mais attendez ce n’est pas tout à fait fini.

A suivre

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Jack Bruce, un tiers de crème basse

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La presse s’en est emparée, Jack Bruce, bassiste et chanteur des légendaires Cream, est mort à l’âge de 71 ans. Actualité calme ou hommage incontournable? Je n’en sais rien. Pour moi c’est différent, l’hommage est bien présent dans mon esprit. Je crois qu’on ne peut pas vraiment parler de la guerre si on ne l’a pas vécue. Un guerre très pacifique, à coups d’amplis et de guitares, sous un tonnerre de batterie. Cette guerre je l’ai vécue, enrôlé comme soldat qui dansait au pas, le tourne-disque en bandoulière, j’ai cru mourir de plaisir. Libéré deux ans plus tard, décoré de la médaille de la bonne écoute, j’étais mûr pour célébrer toutes le commémorations à coups de rééditions et de pièces rares et un petit autographe enfoui dans ma collections de plaisirs… 

Que ne disparaissent jamais cette étrange infusion, cette chambre blanche, je me sens libre au soleil de ton amour d’enfourcher ces roues de feu comme le conta ce brave Ulysse à Disraeli le dérailleur qui nageait dans la crème fraîche. C’est écrit sur mon badge, goodbye.

Jack, toi tu comprendras qu’un peu de ta folie, la tienne et celle de tes compagnons de route, Eric Clapton, Ginger Baker, est en moi. Oui parfois on revient fou de la guerre sur la gamme et la chose la plus merveilleuse, c’est qu’on en guérit jamais!

Léo coeur de nylon (57)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Il affirme qu’il croit savoir où se cache un personnage clé que la police recherche. Ses informations lancent une piste en Espagne. Ils attendent des informations, tout en écoutant Léo partir dans une nouvelle histoire, arrivée lors d’une tournée. Une histoire, où pour une fois, il a des doutes. Il remplace sa conquête par une autre et la suite de sa tournée en est complètement chamboulée. On lui parle d’une surprise pour le soir après le spectacle qui amène de nouvelles questions. Après les avoir résumées on revient aux souvenirs racontés par Léo, il entame ses souvenirs d’enfance où une certaine madame Lecoultre joue un grand rôle.

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Cette fois-ci ce fut Isabelle qui se mêla à la conversation.  Jusqu’ici, elle avait plutôt écouté sans trop manifester une approbation ou son contraire. Son visage était figé dans une ébauche de sourire. Léo la regardait de temps en temps. C’était avec elle qu’il avait le plus de doute sur la pertinence de ses propos. Il la connaissait seulement depuis quelques jours. Il se foutait de ce que pouvait penser Marly, avec son passé de déporté, il lui en fallait sans doute plus. Avec Seiler, c’était encore mieux, son rôle de lieutenant dans le milieu devait l’avoir blindé au-delà de toutes considérations pudiques ou philosophiques. Non, c’était bien Isabelle qui pouvait lui poser lui poser un problème. Les histoires de femmes en bas nylon qui exposaient leurs jarretelles à la vue de tous, elle connaissait cela par cœur, on pouvait même la considérer comme pratiquante si cela avait été une religion. Léo pour une fois s’était laissé embarquer à raconter des souvenirs un peu plus précis, il le regretta presque. Sa grande expérience des femmes le confortait dans quelques certitudes qui lui étaient personnelles. Il avait constaté que les plus extrémistes, les furies du plumard, étaient souvent celles qui n’avaient pas l’air d’y toucher dans le vie de tous les jours. Quand elle manifesta l’intention de parler, Léo en eut presque un soupir de soulagement, il allait savoir dans quelle catégorie la classer.

– Monsieur Léo, commença-t-elle…

Léo saisit la balle au bond, il joua son atout.

– On pourrait se dire tu, non ?

– Si tu veux, mais à la manière que j’ai apprise en Suisse.

– Ah il y a une manière suisse de se dire tu, tu y as séjourné ?

– J’y ai séjourné car mon père a été un moment attaché militaire à Berne, il avait profité de m’emmener avec lui, il pouvait emmener femme et enfants. Là-bas, ils ont une manière particulière de passer au tu, ils appellent ça faire schmolitz.

– Faire quoi ?

– Faire s-c-h-m-o-l-i-t-z !

– Cela consiste en quoi ?

– Eh bien, un verre de vin à la main, très souvent du blanc, l’un à côté de l’autre en croisant les  coudes de la main tenant le verre, ils le vident cul sec. Cela s’accompagne en général d’une bise si les personnes sont de sexe opposé.

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– Du blanc, et cela marche aussi avec le champagne ?

– Tu sais, les Suisses ne sont pas spécialement des buveurs de flotte, toutes les occasions sont bonnes pour ouvrir une bouteille. Dans ce cas précis, tout ce qui ne ressemble pas à de l’alcool  est strictement interdit. Le champagne est donc autorisé.

– Alors dans ce cas, allons-y !

Léo remplit les flûtes, ils se levèrent et s’approchèrent l’un de l’autre. Isabelle guida la manœuvre sous l’œil amusé de Léo. A l’unisson, le champagne disparut dans les gosiers, suivi de la bise que Léo ne manqua pas de coller sur la joue d’Isabelle, respectant ainsi la tradition.

Seiler en profita pour demander à Isabelle de faire la même chose avec lui. Il se dit en rigolant intérieurement qu’il avait offert la bouteille et que c’était le moyen d’en profiter. Il trouvait cette coutume charmante, plus appropriée avec une dame, une sorte de demande en mariage grammaticale. Dans le milieu le tutoiement était de rigueur, s’il n’y voyait rien à redire avec les hommes, cela l’avait parfois gêné avec les dames. Et puis il se sentait proche d’Isabelle, elle avait et allait apporter de la lumière dans une des énigmes de sa vie, pourquoi et comment était morte sa demi-soeur.

Le bistrot était presque désert, diable l’heure avançait, la poignée des habitués encore présente regarda le manège d’un air intrigué. Décidément depuis quelques temps, tout semblait chamboulé en ces lieux. Léo n’était presque plus derrière son comptoir, il ne cessait de parler avec Marly, ce dernier ne se tenait plus dans son coin, son éternel livre ouvert posé sur la table. Et puis il y avait Isabelle, que chaque client ne manquait pas de scruter, l’œil admiratif ou lubrique selon les cas. C’était quand même sur les jambes qu’ils s’attardaient le plus, des femmes qui portent des bas à couture, il n’y en avait plus tellement. En fin connaisseurs, ils savaient bien que les jolis secrets qui se cachaient sous ses robes étaient de ceux qui ne pouvaient que leur rappeler de bons souvenirs.  La mode, cette foutue mode, capable de meilleur comme du pire était passée par là.

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– Dis donc Isabelle, tu voulais me dire quelques chose tout à l’heure, sourit Léo.

– Je voulais te dire que ta madame Lecoultre était une belle petite dévergondée, profiter ainsi d’un innocent jeune homme. Et sa langue, elle t’a montré tout ce que l’on pouvait faire avec ?

– C’est là que j’ai eu ma vengeance. Avec un truc presque impensable au vu de l’âge que j’avais.

A suivre

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Léo coeur de nylon (56)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Il affirme qu’il croit savoir où se cache un personnage clé que la police recherche. Ses informations lancent une piste en Espagne. Ils attendent des informations, tout en écoutant Léo partir dans une nouvelle histoire, arrivée lors d’une tournée. Une histoire, où pour une fois, il a des doutes. Il remplace sa conquête par une autre et la suite de sa tournée en est complètement chamboulée. On lui parle d’une surprise pour le soir après le spectacle qui amène de nouvelles questions. Après les avoir résumées on revient aux souvenirs racontés par Léo, il entame ses souvenirs d’enfance où une certaine madame Lecoultre joue un grand rôle.

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– Dis-donc Léo, c’est pas pour dire mais je crève de soif, je verrai bien encore un coup de champ, je le prends à mon compte.

– Mon ami Seiler, tu parles peu mais bien. Il est vrai que je parle beaucoup plus, c’est moi qui ai sans doute le gosier le plus sec, mais m’écouter doit aussi donner soif. Et puis c’est un peu la fête ce soir, on est entre amis, on devrait arriver à quelque chose.

– J’espère bien, ajouta Marly. J’ai une sacrée confiance en mes potes communistes outre-pyrénées.  Ce sont parfois des mecs avec un peu des idées bizarres, ils vendraient leur âme pour  finir en enfer. Je dois admettre qu’ils sont fidèles en amitié. Sans eux, je ne serais sans doute pas revenu de là-bas. Des mecs qui arrivent à te donner un bout de pain quand ils pèsent 35 kilos et qu’ils crèvent la dalle, chapeau !

– Tu sais, glissa Seiler, la politique je m’en fous. Ce que j’aime bien chez les cocos, c’est que j’en ai jamais rencontrés dans le milieu. Je crois qu’ils sont plus propres que les autres, ils luttent pour un monde meilleur, du moins c’est ce que leurs utopies laissent croire. Je crois aussi que les vrais résistants, ceux des premières heures se trouvent dans leurs rangs.

– Papa l’était aussi, ajouta Isabelle, mais lui il s’est taillé en Angleterre. A ses yeux, la révolution ne peut que se faire dans l’ordre. Je sais, c’est des idées de conservateurs, mais il ne manquait pas de courage, il a participé au débarquement en commandant une unité.

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Léo était un peu agacé par la tournure que prenait la conversation. Il est vrai que lui n’avait aucun acte de bravoure à son actif. La guerre, il l’avait faite en chantant, pas vraiment des hymnes pour la résistance. Il avait même chanté devant l’occupant, en dehors de toute considération entre le bien et le mal. Il avait juste chanté devant un public, il se foutait éperdument de savoir s’ils avaient un uniforme, étaient des cons ou des braves types. Du moment qu’ils pouvaient avoir eu un peu de rêve en l’écoutant, cela lui suffisait. Il était intimement persuadé que s’il n’avait pas mis son grain de sel dans tout ce bordel, c’était non par lâcheté, mais par dégoût. Il trouva, après avoir demandé une autre bouteille, la conclusion qui s’imposait :

– A chacun sa guerre, avant qu’elle débute, j’avais d’autres soucis. J’avais mon pucelage à fourguer et la dame Lecoultre me semblait une acheteuse intéressante. J’étais prêt à lui octroyer un rabais ou des traites mensuelles. J’avais cette idée dans la tête sans trop penser que j’étais encore bien jeune pour jouer à certains jeux. Un ou deux copains d’école m’avaient dit qu’ils l’avaient déjà fait, je crois qu’ils se vantaient un peu, je n’étais pas sûr, mais je voulais me hisser à leur hauteur. Bon, j’avais déjà payé un acompte au bénéfice de mon slip, je me sentais tout merdeux, mais à cet âge-là c’est comme les fusils automatiques, il y a toujours une cartouche dans le canon, prêt à faire feu !

– L’image est belle, rigola Marly. Tu aurais fait un sacré soldat avec le zizi au clair, partant à l’assaut de la forteresse ennemie.

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– J’étais au pied de la forteresse, j’attendais que le pont-levis se baisse, mais il devait y avoir les chaines un peu rouillées car rien ne bougeait. La belle me regardait avec son sourire enjoliveur, mais je devinais quand même un trouble  en elle. Pour finir, je me suis avancé, mon visage en face du sien, les yeux dans les yeux. Elle a sorti le bout de sa langue et m’a dit :

– Tu sais ce que l’on fait avec ça ?

– Ben oui, on parle !

– Mais encore ?

– On peut rouler des galoches !

– Ah tu sais ça ?

– Ben ouais !

– Il y a encore d’autres usages…

A suivre

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Léo coeur de nylon (55)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Il affirme qu’il croit savoir où se cache un personnage clé que la police recherche. Ses informations lancent une piste en Espagne. Ils attendent des informations, tout en écoutant Léo partir dans une nouvelle histoire, arrivée lors d’une tournée. Une histoire, où pour une fois, il a des doutes. Il remplace sa conquête par une autre et la suite de sa tournée en est complètement chamboulée. On lui parle d’une surprise pour le soir après le spectacle qui amène de nouvelles questions. Après les avoir résumées on revient aux souvenirs racontés par Léo, il entame ses souvenirs d’enfance où une certaine madame Lecoultre joue un grand rôle.

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L’équipe se demanda quel supplice avait réservé madame Lecoultre à son jeune Léo. Un supplice, sans doute  pas, car ce cher Léo n’aurait jamais abordé le sujet. Tous savaient que parfois les expériences involontaires de la jeunesse se transforment en fierté quand les adultes les racontent.

– Planté devant elle, j’attendais l’averse, je ne savais pas si elle serait glaciale ou bienfaisante. Au fond de moi-même, je n’avais qu’un désir, me blottir dans ses bras. Je voulais découvrir quel effet cela pouvait faire d’avoir une femme tout près de soi. Je n’avais jamais connu cela à part ma mère quand j’étais petit. Elle me tendit son bras et m’attira à elle en me regardant droit dans les yeux d’un air plutôt sévère.

Léo fit revivre la scène avec une chose qu’il n’avait jamais auparavant, celle d’imiter une voix de femme, un art qu’il réussissait étonnamment bien.

– Tu sais, c’est pas beau de mettre tes pattes toutes sales sur la lingerie des dames quand elle vient d’être lavée. Tu aimes toucher les bas ? Alors touche les miens !

– J’hésitais, alors elle me prit la main et la posa sur sa jambe. Le contact avec son bas me parut une sensation merveilleuse. J’avais une ou deux fois touché un bas, mais jamais quand il était tendu sur une jambe de femme. La sensation était complètement différente, j’avais aussi la chaleur de son corps qui me parvenait au travers de sa jambe. J’en étais presque étonné, j’avais imaginé bien des choses mais pas celle-là. Une autre chose m’étonna, son parfum. Je ne sais pas ce qu’elle mettait pour sentir bon, mais je crois que si cela avait été de l’alccool, j’aurais ramassé ma première cuite !

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– Et tu as passé la soirée avec ta main sur son bas, ironisa Marly.

– Eh bien non ! Il est clair que j’avais les mains bien moins baladeuses que par la suite. Ce fut elle qui annonça la suite du programme. Elle remonta un peu sa robe en découvrant juste la lisière de ses bas. Elle me prit encore la main et la posa plus haut. Cette fois ma timidité s’envola, je me mis à lui caresser la jambe, bordel quel extase!  Petit à petit, elle écarta les jambes. J’avais une vue imprenable sur sa culotte noire. Je voyais aussi ses jarretelles, d’un blanc qui me semblait éclatant. Je m’enhardis à mettre mes mais dessus et à les pétrir comme si je voulais en faire sortir du jus.

Léo avait le visage presque congestionné. Même la dernière cigarette ne semblait pas parvenir à ramener un semblant de calme dans ses pensées. Marly le remarqua.

– Tu ne vas pas nous faire un court jus, on dirait que t’as les doigts dans la prise ?

– A propos de jus, sur le coup, c’est le mien qui est sorti, j’ai arrosé sec dans mon slip. Elle s’est bien doutée de ce qui était arrivé. Elle m’a regardé avec un sourire moqueur et a ajouté :

– Ah le petit malpropre, il a sali sa culotte, quel petit cochon, ça t’apprendra à jouer avec les dames à des jeux vilains !

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– Des jeux vilains, interrompit Marly, elle pousse le bouchon un peu loin !

– C’était aussi mon avis. Mais, j’ai su après ce moment-là que cela faisait partie de son petit jeu, elle voulait m’humilier. Et vois Isabelle, vous en pensez quoi?

– La première fois que je me suis fait briser les scellés de dame nature, j’avais joué un peu le même jeu, mais avec un officier de l’état-major de mon père, l’étage à mort comme il disait. Un de ces jeunes lieutenants, auquel j’avais envie d’allumer pour ne jamais l’éteindre. C’est moi qui me suis fait avoir, il a pu mener son histoire jusqu’au bout, les pantalons sur les chaussures. En fait, j’ai toujours détesté les militaires, même si papa en était un. Il a bien été le seul militaire pour qui j’avais de l’amour, un amour filial, mais amour quand même. Après, mon aventure, j’étais presque folle de rage. Evidemment il a continué à me tourner autour, mais je lui ai fait comprendre que papa était général et lui sous-lieutenant.

– Ma pauvre Isabelle, crime et châtiment immédiat. L’envers de moi, on m’avait allumé et j’étais la victime. Mais attendez, j’ai pu me venger sous une forme inattendue.

A suivre

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