Léo coeur de nylon (56)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Il affirme qu’il croit savoir où se cache un personnage clé que la police recherche. Ses informations lancent une piste en Espagne. Ils attendent des informations, tout en écoutant Léo partir dans une nouvelle histoire, arrivée lors d’une tournée. Une histoire, où pour une fois, il a des doutes. Il remplace sa conquête par une autre et la suite de sa tournée en est complètement chamboulée. On lui parle d’une surprise pour le soir après le spectacle qui amène de nouvelles questions. Après les avoir résumées on revient aux souvenirs racontés par Léo, il entame ses souvenirs d’enfance où une certaine madame Lecoultre joue un grand rôle.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

28 101014-5

– Dis-donc Léo, c’est pas pour dire mais je crève de soif, je verrai bien encore un coup de champ, je le prends à mon compte.

– Mon ami Seiler, tu parles peu mais bien. Il est vrai que je parle beaucoup plus, c’est moi qui ai sans doute le gosier le plus sec, mais m’écouter doit aussi donner soif. Et puis c’est un peu la fête ce soir, on est entre amis, on devrait arriver à quelque chose.

– J’espère bien, ajouta Marly. J’ai une sacrée confiance en mes potes communistes outre-pyrénées.  Ce sont parfois des mecs avec un peu des idées bizarres, ils vendraient leur âme pour  finir en enfer. Je dois admettre qu’ils sont fidèles en amitié. Sans eux, je ne serais sans doute pas revenu de là-bas. Des mecs qui arrivent à te donner un bout de pain quand ils pèsent 35 kilos et qu’ils crèvent la dalle, chapeau !

– Tu sais, glissa Seiler, la politique je m’en fous. Ce que j’aime bien chez les cocos, c’est que j’en ai jamais rencontrés dans le milieu. Je crois qu’ils sont plus propres que les autres, ils luttent pour un monde meilleur, du moins c’est ce que leurs utopies laissent croire. Je crois aussi que les vrais résistants, ceux des premières heures se trouvent dans leurs rangs.

– Papa l’était aussi, ajouta Isabelle, mais lui il s’est taillé en Angleterre. A ses yeux, la révolution ne peut que se faire dans l’ordre. Je sais, c’est des idées de conservateurs, mais il ne manquait pas de courage, il a participé au débarquement en commandant une unité.

28 101014-4

Léo était un peu agacé par la tournure que prenait la conversation. Il est vrai que lui n’avait aucun acte de bravoure à son actif. La guerre, il l’avait faite en chantant, pas vraiment des hymnes pour la résistance. Il avait même chanté devant l’occupant, en dehors de toute considération entre le bien et le mal. Il avait juste chanté devant un public, il se foutait éperdument de savoir s’ils avaient un uniforme, étaient des cons ou des braves types. Du moment qu’ils pouvaient avoir eu un peu de rêve en l’écoutant, cela lui suffisait. Il était intimement persuadé que s’il n’avait pas mis son grain de sel dans tout ce bordel, c’était non par lâcheté, mais par dégoût. Il trouva, après avoir demandé une autre bouteille, la conclusion qui s’imposait :

– A chacun sa guerre, avant qu’elle débute, j’avais d’autres soucis. J’avais mon pucelage à fourguer et la dame Lecoultre me semblait une acheteuse intéressante. J’étais prêt à lui octroyer un rabais ou des traites mensuelles. J’avais cette idée dans la tête sans trop penser que j’étais encore bien jeune pour jouer à certains jeux. Un ou deux copains d’école m’avaient dit qu’ils l’avaient déjà fait, je crois qu’ils se vantaient un peu, je n’étais pas sûr, mais je voulais me hisser à leur hauteur. Bon, j’avais déjà payé un acompte au bénéfice de mon slip, je me sentais tout merdeux, mais à cet âge-là c’est comme les fusils automatiques, il y a toujours une cartouche dans le canon, prêt à faire feu !

– L’image est belle, rigola Marly. Tu aurais fait un sacré soldat avec le zizi au clair, partant à l’assaut de la forteresse ennemie.

28 101014-3

– J’étais au pied de la forteresse, j’attendais que le pont-levis se baisse, mais il devait y avoir les chaines un peu rouillées car rien ne bougeait. La belle me regardait avec son sourire enjoliveur, mais je devinais quand même un trouble  en elle. Pour finir, je me suis avancé, mon visage en face du sien, les yeux dans les yeux. Elle a sorti le bout de sa langue et m’a dit :

– Tu sais ce que l’on fait avec ça ?

– Ben oui, on parle !

– Mais encore ?

– On peut rouler des galoches !

– Ah tu sais ça ?

– Ben ouais !

– Il y a encore d’autres usages…

A suivre

28 101014-2

28 101014-1

4 réflexions sur “Léo coeur de nylon (56)

  1. La lecture des aventures de ce Léo et le regard que j’ai pour ces délicieuses « pépées » de son époque, me ravie chaque fois un peu plus.
    Excellent pour attaquer une semaine de « chagrin ».
    Merci Boss.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s