Léo coeur de nylon (58)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Il affirme qu’il croit savoir où se cache un personnage clé que la police recherche. Ses informations lancent une piste en Espagne. Ils attendent des informations, tout en écoutant Léo partir dans une nouvelle histoire, arrivée lors d’une tournée. Une histoire, où pour une fois, il a des doutes. Il remplace sa conquête par une autre et la suite de sa tournée en est complètement chamboulée. On lui parle d’une surprise pour le soir après le spectacle qui amène de nouvelles questions. Après les avoir résumées on revient aux souvenirs racontés par Léo, il entame ses souvenirs d’enfance où une certaine madame Lecoultre joue un grand rôle.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Une vengeance, voilà qui pourrait paraître un grand mot dans une situation où un même pas adolescent a ses premiers émois avec une femme bien réelle, mais qui pourrait être sa mère. Tout ce qui lui arrivait, il ne l’avait pas vraiment cherché. Contempler et toucher les bas, les culottes, les porte-jarretelles qui s’offraient à son regard sur le sèche-linge, cela lui avait paru suffisant pour le combler. Mais il avait fallu qu’elle l’observe et le prenne en flagrant délit. Tout s’était enchaîné, tantôt menaçante, tantôt charmeuse, il était devenu la victime ne sachant trop que faire. La vantardise des copains dans la cour de l’école lui semblait maintenant une belle blague, un instant il avait cru pouvoir entrer dans le jeu de la dame, mais il ignorait encore trop de choses à part promener sa main sur ses bas et voir un bout du culotte. A son moment d’intensif plaisir, sa première éjaculation devant une dame en chair et os, avait succédé une vive angoisse. Soudain il aurait voulu être à mille lieues de cet appartement qui ressemblait trop à une toile d’araignée dans laquelle il était pris. Léo pouvait bien en rigoler maintenant, il le fit pour lui-même tout en poursuivant son récit.

– La dame baissa la culotte et attrapa mon sexe.

– Tu vas voir, me dit-elle, tout ce qu’on peut faire avec une bouche.

Au moment où elle avait fini de dire cela, un monsieur entra dans la chambre, c’était son mari que je connaissais pour l’avoir vu avec elle. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il fut assez surpris du spectacle. Sa femme à genoux devant un jeune garçon avec la culotte sur les souliers. Il me regarda d’un air triste, s’approcha de sa femme et lui tourna une paire de baffe magistrale. Il la fixa dans les yeux et lui fit un discours de circonstance.

– Tu y tiens à tes petits jeunes, tu vas finir par me foutre dans la merde avec tes histoires. La fois d’avant tu m’avais dit que c’était un accident, qu’il t’avait dragué et tout le reste. Et celui-ci, il t’a aussi dragué, j’imagine, il a tout à fait l’âge pour. Encore l’autre, il pouvait passer pour un jeune en chaleur, mais si tu as pris un billet pour les ballets bleus, je vais te le faire bouffer !

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– J’ai compris que la belle était une amatrice de jeune chair et qu’elle n’en était pas à son coup d’essai. J’ai songé que mon histoire aurait pu tourner au vinaigre. Imaginez, la femme du pion qui se tape ses élèves, il y a de quoi se faire virer de son boulot avec un petit scandale à la clé. Pour ma part, ce mari qui m’avait fait peur, auquel elle me menaçait de conter mes incartades, me sembla tout à coup un pantin dont les ficelles étaient dans mes mains. A vrai dire, il me faisait pitié. Je ne comprenais à peu près rien au monde des adultes, mais je savais que la balle était dans mon camp.

– Et qu’a fait son mari ? questionna Marly

– Il m’a pris à part et il m’a demandé si j’avais été choqué par ce qui s’était passé. Je lui ai répondu que non. Je lui ai quand même raconté ce qui s’était passé, surtout ma petite exploration dans les affaires de madame. Il m’a écouté en hochant la tête dans un signe d’approbation.

– En fait, il était bien plus emmerdé que toi ?

– Oui on peut dire ainsi. Il m’a demandé si j’en avais tiré un certain plaisir, ce que je n’ai pas nié, faut être honnête. Il avait quand même sa petite idée derrière la tête, car il m’a demandé si j’avais l’intention d’en parler à mes parents. Il m’a expliqué que si cela était, il risquait d’y avoir des problèmes, surtout si cela se savait dans l’école où il enseignait.

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– Et puis il pouvait y avoir des suites judiciaires, sa femme risquait de finir en taule.

– Je crois que oui. Alors je lui ai dit que je fermerais ma gueule, à condition qu’il en fasse de même et que sa femme se tienne à carreau. Il m’a remercié et m’a dit que je devenais un homme. Pour ma part, je n’allais pas devenir un maître chanteur. J’avais ma petite vengeance, je pouvais la regarder d’un autre œil, celui d’un homme, celui qui sait !

– Et tu les as revus par la suite ?

– Sa femme, comme par hasard n’est plus venue au magasin. Lui, je l’ai rencontré une ou deux fois dans la rue. Il m’a même emmené boire une menthe à l’eau une ou deux fois. Nous n’avons jamais reparlé de l’histoire, mais il aimait bien me poser des questions sur ce que je devenais, je faisais, ce que j’aimais. C’était plutôt un type sympa.

– Et sa femme, tu l’as  jamais revue ?

– De loin, mais attendez ce n’est pas tout à fait fini.

A suivre

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