A la recherche du nylon perdu et de son fétiche

Fétichisme et nylon, ça vous tente?22 011514-7

Les gens d’un certain âge, ceux qui ont vécu au minimum leur enfance dans les années 50 ou 60 sont parfois hantés par de drôles de souvenirs. Le bas nylon peut faire partie de ces souvenirs. Je suis même à peu près sûr qu’il en fait partie. Sans trop avoir l’air d’y toucher, je me souviens de commentaires à peine téléphonés de mes camarades d’enfance. Bien qu’ils aient eu un regard innocent, on sentait qu’ils avaient remarqué cette chose, si simple et banale pour l’époque, les filles, les dames portaient des bas. On dit souvent qu’il suffit d’interdire quelque chose pour que tout le monde soit intéressé et curieux d’y goûter. C’est assurément très vrai quand cette chose prend le goût d’une aventure un peu personnelle, quelque chose qui n’est pas faisable par tout le monde selon les circonstances.  Rouler en excès de vitesse est une chose très banale, tout le monde peut le faire, le goût de l’interdit a peu de saveur, excepté peut-être un très gros excès de vitesse. Par contre, regarder discrètement sous la jupe d’une fille en 1963. là c’était un interdit savoureux.

22 011514-6a

Le fétichisme peut prendre bien des visages, c’est un goût avant tout personnel, l’aboutissement de la concrétisation d’un plaisir purement sensuel. Il y a encore 50 ans, certains psychologues qui roulaient encore en chars à boeufs quand d’autres allaient déjà sur la Lune en fusées, classifiaient les fétichistes comme des impuissants. Pour eux, il était exclu qu’on arrive à l’extase sans la présence de ce fétiche, ne serait-ce qu’en pensée. Si dans certains cas c’est sans doute vrai, pour moi le fétiche n’est qu’un détonateur qui donne l’envie d’aller plus loin quand on sait que c’est possible. Je précise bien quand c’est possible. Voir une femme porter des bas nylons ne me donne pas forcément l’envie de coucher avec elle. Je vais regarder cela en connaisseur et en éprouver un certain plaisir, je dirais artistique. Par contre, si j’ai rendez-vous avec une amoureuse et qu’elle porte des bas pour me faire plaisir ou pour le sien propre, la donne sera complètement changée. La mèche est allumée, en attendant que ça pète, il faudra un sacré coup de vent pour l’éteindre.

22 011514-5a

Ma première relation sexuelle pour de vrai, j’avais 15 ans, ne fut absolument pas axée sur le bas nylon, elle n’en portait d’ailleurs pas. Même pendant toute la durée de cette entrée dans le monde des grands, je n’ai pas un seul instant pensé à un bas nylon. J’en garde un souvenir plaisant et diffus, surtout les aiguilles de sapin qui nous piquaient les fesses, mais ça c’est une autre histoire. Pendant plus de la quinzaine d’années qui suivirent, il ne fut jamais question de bas entre moi et mes copines, bien que dans un cas une en portait, mais nous ne sommes pas allés au-delà de quelques roulements de pelle. Je suis un fétichiste, je l’avoue sans aucune peine, mais pas de l’espèce décrite par ces psychologues de pacotille imprégnés de morale religieuse. Si j’en suis un , j’ai mis bien longtemps avant de considérer la chose sous un angle « scientifique ».

22 011514-4a

Je suis persuadé qu’on ne devient pas un fétichiste du bas nylon aujourd’hui comme en 1960. A cette époque, le bas habillait toutes les jambes. On savait qu’il y avait une partie visible accessible à tous et une autre invisible, réservée à l’intimité ou au coup de hasard qui nous en révélait la vision. C’est là l’interdit dont je parlais plus haut. Voir une lisière, une jarretelle, avait ce goût et on pouvait avoir l’impression d’avoir transgressé cet interdit, même si le spectacle nous était révélé par un banal incident. Il y avait une frontière mentale qui nous donnait ce goût pour le fétichisme.

22 011514-8a

Une femme qui porte des bas aujourd’hui est un choix personnel, pas une obligation, du moins j’ose l’espérer. De cette chose normale il y a 50 ans, il ne reste pas grand chose sinon des beaux souvenirs dans la mémoire de certains. Le bas, lui, est resté en continuant son voyage à travers les regrets plus ou moins avoués de ceux qui l’ont apprécié au moment de sa présence presque banale. De ce fait, la donne a complètement changé, la relation entre l’homme et la femme qui porte des bas se joue dans un registre complètement différent.

22 011514-3a

Entre ancien et nouveau fétichiste, la frontière se situe au niveau de l’âge. Les hommes nés avant 1960, avec une proportion de plus en plus forte quand on remonte dans le temps, font partie de l’ancienne école. Il n’y a pas savant calcul là-dedans, il suit le déclin du bas nylon en rapport avec l’âge que pouvait avoir un enfant qui commence à comprendre certaines choses. Après cette date, le bonhomme aura de fortes chances de découvrir et de s’adonner à un fétichisme du bas nylon par une découverte autre que celle de quelqu’un de son entourage qui porte des bas. Le cinéma, les revues de plus en plus nombreuses au fil du temps, les clips vidéos sont autant d’hameçons sur lesquels il a pu mordre. Evidemment, il ne va pas forcément devenir un de ces fétichistes là, mais il faut bien admettre que le bas nylon fait partie des très fortes demandes masculines, peu importe les raisons. Quoiqu’il en soit, l’approche va être différente. Les anciens seront plus portés vers une certaine tradition qui reproduira les souvenirs anciens avec une silhouette de la femme qui correspond. Il verra plus facilement la femme du début des années 60 ou avant comme modèle. Il préférera les bas à coutures, les talons, à tout le reste. Les plus jeunes ont moins de repères, on pourrait dire qu’ils se sont formés sur le tas, prenant le bas comme il vient. Ils n’ont pas suivi toute l’évolution, l’âge d’or, la presque disparition, le retour d’abord timide, puis un certain renouveau. Pour lui, un porte-jarretelles et des bas de grande surface suffisent dans la plupart des cas à alimenter son fétichisme. Les vétérans du bas nylon comprendront mieux ce que je veux dire.

22 011514-2a

Pour les femmes c’est un peu différent en admettant qu’elles ne portent pas des bas par fétichisme. L’essentiel du parcours est le même à la différence qu’elles sont les actrices. Une dame de 60 ans qui porte des bas ne le fait pas de la même manière qu’une de 20 ans. Pour la première, cela peut sembler une continuation ou une répétition. Elle a dans un coin de sa mémoire les gestes, les petites astuces, qui font que la main est sûre quand elle enfile ses bas. Pour la seconde, c’est une découverte et un apprentissage. Des questions évidentes pour les unes, comme la culotte en dessus ou dessous du porte-jarretelles, ne le sont pas pour les autres.

22 011514-1a

Le fétichisme est une chose qui se promène dans l’air du temps, il fait appel au présent ou au passé. Il attend l’avenir pour faire sa mutation- Peut-être dans 100 ans, le fétichisme du bas nylon aura complètement ou presque disparu. Qui sait par quoi il sera remplacé? Un accessoire porté par les extraterrestres venues nous rendre visite dans leur soucoupe volante?

Il bien évident que cet article reflète ma vision du fétichisme, elle ne saurait être celle de tout le monde. Toutefois, c’est un tendance qui est ressortie sur les nombreuses discussion que j’ai eues sur le sujet

 

 

10 réflexions sur “A la recherche du nylon perdu et de son fétiche

  1. Comme votre analyse est fine Boss!…fine comme un voile de bas nylon.
    Comme elle est juste aussi,…juste comme les mots que vous écrivez pour le dire.
    Cette analyse est finalement attendrissante puisqu’ à l’époque
    ( bénite)…notre époque, bas nylon et…sexualité n’avaient rien à voir pour nous, jeune ados boutonneux.
    Un seul mot me dérange finalement.
    C’est celui du bon Dr Freud qui nous a classé dans la cohorte des fétichistes.
    Alors pour être tranquille…je préfère évoquer la Passion avec un grand P.
    J’ai remarqué que si je dis aux personnes de mon entourage:
    J’ai une passion! Tout le monde me montre de l’intérêt et attend que je dévoile celle ci…
    Si par contre je leur dis, je suis fétichiste, une bonne partie de mon entourage aura ce recul imperceptible et l’oeil qui froncera d’interrogation et de méfiance…
    Comme j’aime parler de bas nylon…et de ma passion pour le nylon des bas, je choisi mes mots.
    Encore merci Boss de cet excellent moment passé en votre « écriture ».
    Daniel

    • Merci Daniel,

      Pour ma part, mon analyse c’est tout ce que je pense. Remarquez mon fétichisme, je n’en fais pas étalage, mais je ne cherche pas non plus à la cacher. Vous non plus d’ailleurs, vous savez et je le sais aussi que dans une discussion commune nous pouvons en parler, nous l’avons d’ailleurs déjà fait. Nous partageons un tas de points communs. La prochaine fois nous en reparlerons et ce sera encore un beau partage!

  2. Vos mots sont justes car celui qui collectionne de façon intégriste des timbres, des boites de camembert, des calandres de bagnoles (ou autre obsession envahissante et parfois très étrange) reste un passionné.

    Autant un bel amateur de bas devient un fétichiste. Et pourtant … seule l’imagination frustrée ou fertile de préjugés peut partir dans ce jugement car on peut aimer les bas, on peut aimer faire l’amour avec une dame portant des bas, mais on peut aimer simplement cette dame, qui elle apprécie de porter des bas. Les subtilités sont les nôtres, notre plaisir esthétique est le premier, et celui charnel reste notre vie privé.

    Allez ouste les psys !!!

    • Merci Gentleman,

      Je dirais que nous sommes presque deux jumeaux dans notre vision du bas nylon. Pour nous il est évident que nous aimons le bas nylon et que nous l’assumons. On en a rempli assez de pages pour le dire. Et ceux qui nous connaissent savent bien que nous sommes absolument fréquentables.

      Comme vous dites, ouste les psys!!!

  3. Bonjour,

    Mon entourage proche, ne cherche même plus à comprendre ma « passion » des bas nylon, mais l’accepte naturellement, mes amis
    m’ achètent souvent des bas nylon vintage ou pas, aux 4 coins de France :). Je suis une drôle de collectionneuse.

    Je ne rougis pas, d’enfiler des bas nylon au quotidien, bien au contraire, j’y prends un certain plaisir, bien féminin. et j’assume ma si « petite différence », par rapport aux jambes encollantées.

    Je me sens bien dans mes souliers à talons. Et je tiens à encourager toutes les Dames du Net, et les autres, qui comme moi, soulève ou pas, l’ourlet de leurs robes, et vous font découvrir quelques grammes de féminité qui font toute la différence.

    • Coucou Miss,

      Ben nous on cherche pas à comprendre, on se contente d’admirer et nous savons que nous frappons à la bonne porte!

      Oui il faut encourager toutes ces Dames de porter des bas et encore des bas.

      Quelques gramme de féminité que je rembourse par des kilos d’admiration!

  4. L’amour de la féminité tout simplement, le bas nylon étant à mes yeux une pièce maîtresse de la tenue d’une femme… et oui, le changement d’époque n’a rien changé à mes yeux ! Bisous Boss !

  5. En effet, Boss, vous faites bien de souligner cette différence entre nous, les plus anciens, et les jeunots de moins de soixante ans; car pour nous, le bas est inséparable de nos premiers émois sexuels, quand bien même les vraies relations sexuelles n’ont pu se réaliser pour certains que beaucoup plus tard, la lisière du bas était la frontière qui nous séparait de la condition de l’homme, du vrai, au moins est-ce ainsi que nous l’imaginions… Et chez tout un chacun, ce sont ces premiers émois, par leur violence et leur mystère, qui marquent à jamais, qui nous amènent sans cesse à évoquer en nous mêmes – et exceptionnellement avec d’autres – le paradis perdu. Robes, talons, parfums, bijoux.. Au sommet de cette pyramide d’accessoires qui contibuaient à construire notre admiration angoissée de la féminité trônait le bas, indépassable merveille ! Que peuvent réllement comprendre à cela ceux qui n’ont pas eu la chance de vivre leur puberté à cette époque, qui n’ont pas acquis le réflexe d’épier, d’espérer à tout instant un croisement de jambes, une montée d’escalier, ou l’ouverture d’une portière de voiture, de celles surtout qui s’ouvraient vers l’avant (la bonne vieille Deuche, je parle des anciennes versions…). Mais où étaient donc les principaux lieux de notre veille incessante ? La maison restait bien sûr un lieu tabou, et quelque peu démystifié, mais à part la rue, c’est bien l’école, le collège ou le lycée où nous passions le plus clair de notre vie.. Alors, pourquoi ne pas ouvrir une rubrique « nos maîtresses d’école », chacun y aurait sans doute beaucoup à raconter… Voilà, ce n’est qu’une suggestion ! JB

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s