Fantaisies du samedi

Comme je l’avais dit pas de rubriques habituelles pendant ces fêtes, ce n’est pas pour autant que je vais vous priver de ma présence, j’ai bien l’intention de vous enquiquiner jusqu’à la fin de l’année, il faudra vous y faire!

Une petite citation

A Noël, on pense à se remplir la panse malgré la dépense 

Ah pour une fois que j’ai de la chance…

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Humeur

Le grand Jooooohnny a sorti un nouvel album, le presque 50 ème il paraît, je sais pas je les ai pas comptés. J’ai écouté, c’est pas mal foutu du tout. Le titre principal et de l’album me plaît bien, un pop rock qu’aurait pu sortir d’un de ZZ Top. Nous avons dix ans de différence, autrement dit, quand il a commencé à enregistrer jeune, je l’étais encore plus mais pas trop pour l’ignorer. Tiens au fait, si on croit la rumeur, il a enregistré son premier disque exactement le jour de mes 7 ans, cela crée des liens. Que je le veille ou non, ma vie a été cadencée au fil de son actualité, ses nouveau disques, sa vie privée. On se souvient de son mariage, de ses mariages, des ses coups de folie et je crois qu’on peut le dire, de son extrême respect pour ses fans.

Pour moi, il est toujours depuis 50 ans une chanson, « Le Pénitencier », la chanson qui figure parmi celles que j’ai écoutées des dizaines de milliers de fois toutes versions confondues. Pour le reste et les autres, je crois qu’il faut admettre une fois pour toutes qu’il est le monument de toute la musique francophone toutes époques confondues. Je sais certains vont râler, mais Johnny on aime ou on aime pas. Mais je me base sur un fait, citez-moi une autre star qui se produit sur scène depuis si longtemps, avec une telle intensité, dans des shows aussi musicaux que visuels, cherchez pas y’en a pas. Mes respects Mr Hallyday…

Comment vient-on chez moi?

Vous avez tous utilisé un moteur de recherche, le truc c’est de mettre le mot indispensable pour arriver là où vous voulez. En tapant tournevis, vous avez peu de chances d’arriver sur un site qui vend des cravates. Les voies de la Toile étant encore plus impénétrables que celles de machin là-haut, il n’est pas impossible qu’en tapant un à peu près, vous arriviez à peu près là ou vous vouliez aller. Trève de bavardages, voici un fleuron  des frappes qui ont amené quelques visiteurs sur mon blog. Vous remarquerez quand même que quelques recherches ne correspondant pas vraiment à l’esprit du blog. C’est là qu’est le mystère.

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Ceci dit, la semaine passée j’ai fait le meilleur second résultat de toute mon histoire de blogueur avec 1928 visites, merci beaucoup!

Humour

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Je ne sais pas si vous l’avez attrapé dans le presse, mais voici une belle histoire 23 122514-3

Je ne vois pas pourquoi on lui a fait un contrôle d’alcoolémie, mauvaise conduite en état d’ébriété? C’est une histoire qui finit en queue de poissonnier!

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Quand des dames en bas et porte-jarretelles se crêpent le chignon pour de vrai ou de faux, cela donne ceci…

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Les fantaisies du samedi

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Joyeux Noël

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Pendant une semaine, le blog sera sous l’entière fantaisie nylonesque du Boss, il s’y passera toujours quelque chose, pas de rubriques habituelles, mais de l’improvisation! 

Alors à bientôt, demain dans un sans doute très probable pour ne pas dire très certainement certain, à moins que les certitudes ne se transforment en probabilités qui risquent d’aboutir avec de fortes chances de se concrétiser!

Et encore…

Joyeux Noël

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Histoire drôle, enfin je crois

Un homme arrive à la porte du paradis

– Désolé. mais nous ne pouvons pas vous accueillir ici  tout de suite, vous devez faire un séjour au purgatoire, mais si cela peut vous consoler vous y retrouverez votre femme.

Tout heureux il entre dans le purgatoire et retrouve effectivement sa femme.

– Chérie, j’ai envie de faire l’amour, depuis le temps.

– Viens dans ma chambre tout de suite.

Elle l’emmène et le mari entreprend un savant troussage de jupons.

– Comment tu portes des collants?

– Ben oui mon vieux, faudra t’y faire, ici tu es au purgatoire!

Miss Eva, une pin-up en rouge baiser

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Il y a des tâches que l’on n’aime pas confier aux autres et des plaisirs que l’on partage volontiers, vous présenter Miss Eva en est la plus parfaite illustration. Plaisir égoïste, plaisir épicurien, les deux me permettent de mettre en musique verbale les notes et les lettres sur une partition en fil de nylon aux reflets d’or. Elle se recommande de Bettie Page, je devrais dire s’inspire, ce qui nous permet d’espérer que les canons de la pin-up tonneront encore de belle manière sur la Toile. 

Miss Eva, c’est la passion qui éclate en bulles joyeuses et soyeuses dans une flûte de champagne. Dans l’une on voit ses jambes couvertes de ce nylon que nous adorons tant. Dans l’autre, elle approche ses lèvres pulpeuses du bord de cette fragile enveloppe pour poser un baiser rouge qui la fait éclater. Une fois disparue, remplacée par la suivante qui monte vers les rêves, une jarretelle se promène à la lisière d’un bas avant de s’évanouir à son tour. En voici une série qui font tac, tac, tac, avant de s’effacer, ce sont les talons qui accompagnent  les violons crissants du nylon. Une autre musique illumine le décor, un air d’opéra sans doute, italien de préférence, à moins que ce ne soit un rockabilly, car elle aime les deux. De la Tosca à Rock This Town, vogue la pin-up aux bas nylon dansant sur un bouchon se baladant parmi les reflets d’une mer jaillie d’une bouteille aux bulles pétillantes.

Son art ne s’arrête pas là, son clavier crépite sous ses doigts qui apportent la bonne nouvelle, son blog s’envole vers un ciel sans nuages. Il vous offre la frénésie d’un vintage tantôt authentique, tantôt revisité, il ne manque pas une pièce au puzzle pour que sa passion s’exprime avec une élégance qui confine à la perfection.

Pour s’en persuader il suffit d’aller lui rendre visite…

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Miss Eva a très aimablement et je dirais avec un certain enthousiasme, accepté de répondre à ce questionnaire pour la situer dans son univers de nylon.

Dans quelle tranche d’âge vous situez-vous?

– Quadra

Etes-vous mariée ou vivez-vous en couple?

– En couple

Quel effet cela vous fait-il de répondre à un questionnaire axé uniquement sur le bas nylon?

– Très plaisant 

Avez-vous commencé par porter des collants, pendant combien de temps?

– Oui , j’ai commencé enfant à porter des collants,  puis à l’adolescence je me suis mise à porter des bas ayant déjà un goût prononcé pour le vintage et la mode rétro

 Quand vous étiez adolescente quelqu’un de votre entourage portait-il des bas?

– Non , même parmi mes copines j’étais souvent la seule de mémoire

Si oui, comment considériez-vous les bas à ce moment-là?

– Comme un accessoire retro et sexy

Quand vous avez porté des bas pour la première fois, quelqu’un vous a-t-il influencé?

–  Non

 Qu’est-ce qui vous a décidé de franchir le pas?

– J’étais admirative des pinups de cette époque, de leur féminité
Et puis il y avait pas loin de chez moi une boutique dépôt vente de vêtements retro tenue par une mamie et à chaque fois que je rentrais du lycée je passais faire un tour et de temps en temps.

 Portez-vous exclusivement des bas maintenant?

Oui

 Considérez-vous que le bas a un fort potentiel érotique?

 – Oui mais pas essentiellement, je dirai plutôt qu’il a un pouvoir de séduction mais surtout de glamour et d’ultra féminité ! Mais ceci doit faire partie d’un ensemble harmonieux, lingerie,  jupe moulante longue, chemisier cintré, talons hauts, maquillage sophistiqué, coiffure  et manucure impeccables

 Quel style bas affectionnez-vous le plus, genre, matière, teinte?

 – Les bas coutures Fully Fashion sans aucun doute, couleur noir, chair, marron  ou bi colore (chair couture noire) les  Gerbe Carnation, les Cervin Swing time ou Libération 45 pour ne citer que les principaux.

– Par contre une chose de dingue,  j’ai testé que très récemment des bas vintage d’époque 50s et je dois dire que le nylon de cette époque est addictif, tellement soyeux et brillant et d’une solidité incroyable !

Note du Boss: voilà une affirmation qui me va droit au coeur. Les anciens connaissent la différence entre le passé et le présent. Une jeune dame qui se met à porter des bas aujourd’hui constatera l’effet qu’il peut produire maintenant, je parle uniquement de la sensation générale, certainement pas désagréable bien au contraire. Avec des vrais bas vintage d’époque, le toucher est complètement différent, ici je parle de ce que je peux éprouver. Miss Eva qui ressent cela, disons de l’intérieur, a aussi fait cette constatation, il y a une différence. Cela peut s’expliquer par le fait que la matière première aujourd’hui, n’est plus tout à fait identique à celle d’alors. Même si on emploie une technique de fabrication tout à fait identique, tissage à l’ancienne, le résultat final est un peu différent. Les amateurs de BD connaissent bien le phénomène, une BD éditée dans les années 50, n’a pas le même aspect que la même rééditée aujourd’hui, le papier, l’encre, la machine, ne permettent plus à 100% de reproduire l’original  qui avait un aspect visuel bien plus « élégant ». Il ne faut pas s’étonner que certains payent des centaines d’euros pour une édition ancienne bien conservée. Ce sont des amateurs d’art. C’est pourquoi je suis un grand défenseur du nylon vintage, au minimum quand c’est visuellement semblable, un bas à couture avec diminutions par exemple.

  Un genre que vous n’aimez pas éventuellement?

– Je n’aime pas trop les bas up qui compressent les cuisses mais j’en ai testé quelques uns avec une belle jarretière qui m’ont  beaucoup plu  comme les Cervin ou Chantal Thomass !

 Combien de paires en possédez-vous?

–  J’en avais toujours une vingtaine dans mes tiroirs jusqu’ à récemment et puis j’ai eu la chance lors d’un vide grenier de trouver un lot assez conséquent de modèles vintage donc j’en ai un certain nombre maintenant, je ne les ai pas compté mais sans nul doute plus d’une cinquantaine ! ! !

 Quand vous portez des bas, avec quel sous-vêtement les portez-vous le plus souvent?

 – Porte-jarretelles ou gaine porte jarretelles absolument !

 Que possédez-vous comme pièces de lingerie en rapport avec le fait de porter des bas?

–  Gaines, gainettes ou girdlettes, porte-jarretelles montant

 Considérez-vous le fait d’accorder votre lingerie en style et couleurs comme indispensable?

– Absolument ! ! !

 Quatre ou six jarretelles ou plus?

 – Six voire 10

 A quelle fréquence faites-vous des achats lingerie?

 – Plusieurs fois par mois

 Avez-vous des copines, des amies, qui sont égalent adeptes du bas?

–  Oui

 Que l’on devine que vous portiez des bas, bosses sur une jupe, lisière visible, cela vous gêne-t-il?

–  Je porte des jupes crayons très longues mais assez moulantes, pour les experts ça peut être visible mais cela ne me gêne pas du tout

 Parfois, selon les circonstances, vous êtes-vous amusée à faire savoir que vous portiez des bas?

–  Non pas spécialement, comme je vous le disais c’est pour moi « normal » par contre que ce soit vu par un croisement de jambes ou un réajustement de jarretelles cela peut être amusant oui !

Hésiteriez-vous à réajuster une jarretelle devant une connaissance?

– Non

 Si un homme vous complimente parce que vous portez des bas, comment réagissez-vous?

 – Si ça reste poli cela est toujours agréable

 Quel conseil donneriez-vous à une femme qui ne veut absolument pas porter de bas?

– Essayer plusieurs marques et surtout bien choisir sa taille car bien souvent un mauvais  jugement (bas qui tirent ou qui plissent) peut dégoûter certaines réticentes.

 Y a-t-il une question, des questions, que vous auriez aimé que l’on vous pose et qui ne l’ont pas été ?

– Un désir, oui : tester des bas de soie vintage ou d’aujourd’hui , la sensation doit être trop douce !

Je remercie chaleureusement Miss Eva pour sa contribution à mon blog et je vous conseille, mais est-ce bien nécessaire, d’aller lui rendre un petite visite dans son univers de charme.

Et maintenant rendez-vous chez Miss Eva… Rouge Baiser… absolument!  

Un petit clic pour une grande claque!

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Quand les bas perdirent la guerre

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Je pense qu’il est difficile pour une personne de moins de 50 ans de se faire une idée exacte de la transition entre le bas et le collant. La plupart n’ignorent pas que le collant n’a pas toujours existé, du moins en tant que sous-vêtement courant dans la garde robe des dames et demoiselles. Pendant des siècles le bas régna en maître quasiment sans partage, tant sur les jambes masculines que féminines. Il disparut des jambes masculines avec la disparition de la noblesse, celle de la cour des rois. Aussi loin que remontent nos connaissances de l’histoire ancienne, la chaussette ou quelque chose qui lui ressemble,  semble avoir été présente dans bien des civilisations. Le terme de chaussette, chaussure, est un dérivé de l’évolution du langage francophone parti de chausses qui concernait l’habillement du pied et de la jambe  Elle avait une fonction uniquement protectrice, principalement contre le froid. Selon les cultures, elle peut prendre des aspects divers. Par exemple, certains paysans des Andes avaient l’habitude d’enfiler des boyaux d’animaux en guise de chaussettes. Ce n’est sans doute pas le dernier cri de l’élégance, mais cela avait l’avantage d’utiliser à fond les ressources fournies par la nature, alliant efficacité et solidité, et permettre de substantielles économies, ces paysans n’étaient de loin pas tous millionnaires. Le bas est devenu une chasse gardée féminine au fil du temps.

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Le collant est une invention beaucoup plus récente historiquement. Il n’est pas une création spontanée, mais la succession d’une évolution sur un bon siècle. Il est un dérivé du caleçon masculin tel qu’il est porté depuis le cours du XIXème siècle. Il abandonne toutes les fantaisies qui ornaient aussi le bas masculin, dentelles, décorations, il devient sobre et de teinte unie. Il est destiné avant tout aux sportifs, permettant une certaine aisance de mouvement alliée à une tenue décente. Plus tard, il sera accaparé par les danseurs pour les mêmes raisons. A partir des année 40, on peut voir des femmes l’arborer sur des affiches de cinéma. Sa matière pendant longtemps reste la soie, le coton, la laine, rarement le nylon après son invention. La raison en est simple, le nylon se prête assez mal à sa confection, rappelons qu’il n’est pas extensible et c’est une matière encore assez rare juste après la guerre, la confection d’un collant demande beaucoup plus de matière première. Ce n’est qu’avec l’invention du nylon extensible dans les années 50 que l’on peut envisager la fabrication du collant. Il lui faudra encore une grosse dizaine d’années avant de conquérir les foules, lui-même aidé par une révolution vestimentaire, la minijupe.

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Son invention n’en est pas vraiment une, c’est plutôt une remise au goût du jour de vêtements plus anciens. N’allez pas croire que la minijupe apparut à la cour des rois de France. Pensons à Astérix et rappelons-nous comment étaient habillés les Romains qui se font casser la gueule. Cela ressemble assez fortement à une minijupe, dépourvue du côté sexy que l’on peut y trouver aujourd’hui, quoiqu’il ne faut pas présumer de ce que pouvaient penser les gens de l’époque. Les Grecs portaient aussi des vêtements assez semblables, on peut considérer cela comme une mode du côté de la Méditérranée. Remarquons aussi qu’une fois de plus, c’est aussi un truc plutôt masculin. Plus près de nous, Joséphine Baker qui n’observait pas de régime, mais se le mettait autour de la taille sous forme de bananes, créa aussi une sorte de minijupe. Les joueuses de tennis arborent aussi des jupes courtes. L’apparition de la minijupe version moderne date de 1962, c’est la styliste Mary Quant qui ne l’invente pas, mais la met au goût du jour. Nul doute que quelques unes de ces demoiselles sont tentées de l’essayer. En été quand il fait chaud, pas de problèmes. La demoiselle, une fois l’hiver venu, se trouva fort dépourvue. On voyait la lisière de ses bas et même ses jarretelles. Voilà la raison qui fit que  le collant commença à les intéresser, un intérêt qui ne laissa pas les fabricants indifférents. Timide jusqu’en 1965, cette année sera vraiment la charnière de l’envol du collant vers sa consécration définitive.

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Puisque que j’ai vécu cette époque à un âge assez avancé pour m’en rendre vraiment compte, je vais me faire historien pour vous en citer quelques souvenirs qui témoignent de cette transition, de cette guerre qui porta un coup presque fatal à notre bas bien aimé.

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Nous sommes donc en 1965, le Boss fréquente l’école de son petit village. Ce petit coquin s’intéresse déjà à ce qui se passe sous les jupes des filles, à vrai dire, cela fait déjà quelques années qu’il en connaît les grandes lignes, qu’il se paye des jetons comme on dit. Gare à la fille qui par malheur laisse entrevoir une lisière de bas et un bout de jarretelle, il note et photographie chaque scène dans sa mémoire avec la précision d’un Nikon. Plus tard, beaucoup plus tard, il ne le sait pas encore, il créera un blog dans lequel il racontera pas mal de ses observations pour, il espère, la plus grande joie de ses visiteurs.

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Première pub pour un collant, tout à la fin 1964.

En cette fameuse année, je ne me doute de rien, je suis la mode surtout musicale. Mon premier électrophone me permet d’écouter et d’acheter mes premiers disques. Je me prends de passion pour un groupe qui va devenir légendaire, les Yardbirds. Dans ma classe, il y a bien sûr des filles. Elles portent toutes des bas, du moins celles qui sont en âge de le faire. Le collant n’a pas encore franchi les frontières du village. Une sorte de permis de porter des bas leur est accordé vers l’âge de 12 ans. Le phénomène est conjugué parfois avec le nombre de soeurs. Quand elles se suivent de près, l’aînée devra attendre que la cadette soit en âge de le faire, pensez-donc les crises de jalousie. Il est vrai que porter des bas est alors un acte de promotion sociale incontournable. On est pas encore une dame, mais alors plus du tout une petite fille. On pourrait penser la même chose de maintenant, mais je crois que la différence est grande. Les filles portent toutes plus ou moins des collants en étant petites, en laine, en coton. Quand elles mettent de véritables collants, seule la matière change et encore. A l’époque c’était complètement différent, on passait de la chaussette montante ou de ce que l’on appelait bas-culotte (un collant élémentaire souvent tricoté par maman), au cérémonial de l’enfilage du bas. Enfiler un porte-jarretelles, un gaine, attacher les bas, éventuellement vérifier si la couture est droite avec un bas couture pas si rare que cela, j’ai vu de mes jeunes copines en porter. Quel différence entre le fait d’enfiler un simple collant. C’est aussi une des raisons qui feront que par la suite, les femmes trouveront le collant pratique. Mais avant 1965, porter des bas est visible, tout un chacun peut s’en rendre compte et imaginer la profonde fierté arborée par ces demoiselles, le prince charmant est déjà en train de seller son cheval.

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Dans ma classe, il y a potentiellement une dizaine de filles qui peuvent porter des bas, mais elles ne le font pas toutes en même temps. Le plus souvent, c’est des pantalons et pendant l’été les bas disparaissent pratiquement, rangés dans les tiroirs. J’ai déjà passablement rencontré ailleurs sur mon blog, les observations qui me sont restées en mémoire, c’est à dire pratiquement toutes. Il y en avait au moins cinq qui portaient régulièrement des bas, c’est dire si elles m’intéressaient particulièrement, ce sont elles dont je peux encore citer les prénoms et ma foi au cours de ma vie, je les ai toutes revues à différentes occasions, une est malheureusement décédée d’un cancer. Pour autant que je le sache, elles portent plutôt des gaines, excepté une, ma voisine dont j’ai vu le porte-jarretelles sur un séchoir. 

Il me faut bien sûr élargir mon champ d’observation, car si je restais concentré sur mon village je n’aurais que peu de choses à raconter, il ne faisait de loin pas l’inspiration des grands couturiers. J’ai quitté cette école en 1966, pour aller dans une classe supérieure et un collège où il y avait plusieurs centaines d’élèves. La  minijupe n’a fait que quelques timides apparitions dans les lieux que j’ai fréquentés, on peut presque les compter sur les doigts de la main. Les parents avaient encore bien des réticences à laisser leur fille porter ce genre de chose. Ce n’est qu’à partir de 1967, que les apparitions furent plus nombreuses, tant dans la rue que les écoles. Toutefois cela restait encore bien sage au niveau de la longueur, disons que c’était plutôt raccourci, on était pas à Paris. 

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Si je reprends une vue générale, tous âges confondus, du changement bas pour collant, je peux souligner avec certitude les faits suivants…

Le collant fut d’abord adopté par celles qui se mirent à porter des minijupes, c’est à dire les adolescentes, à partir de 1965.

Les dames d’un âge plus avancé  firent la transition beaucoup plus lentement, d’abord on peut dire avec une certaine réticence, tout en gardant une bonne longueur de jupe.

Les dames d’un âge certain, au-delà de 60 ans, ne le firent pratiquement pas et continuèrent à porter des bas.

Les demoiselles  d’alors qui sont les dames d’aujourd’hui et qui ont à peu près mon âge, qui tronquèrent bas pour collants entre 1965 -1970, 71, peuvent se représenter sur une courbe de Gauss ou courbe en cloche.

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Après cette précision toute scientifique, encore un point, la dernière fois que j’ai aperçu une jeune demoiselle qui portait des bas, c’était en 1971. Je pense que c’est un fait assez rare à l’époque, bien que je n’avais pas des yeux qui pouvaient voir à travers les tissus. Je le regrette encore aujourd’hui!

Bien sûr, le bas n’a jamais complètement perdu la guerre, mais il a perdu une sacrée bataille. Heureusement depuis quelques années son renouveau est certain. 

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Des dessous pour un siècle (2)

Un siècle d’histoire en dessous – Voir le chapitre 1

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Le soir du 31 décembre 1899, on se prépare à faire la fête, il y a même quelques éclairs et coups de tonnerre qui s’invitent dans le ciel de Paris. Si on prend la peine de lire la presse locale, on constatera que la plupart des journaux font l’impasse sur le changement de siècle, c’est à peine si on le souligne. Il est vrai que l’époque est plutôt tristounette. On parle encore de choléra, l’antisémitisme fortement exacerbé par l’affaire Dreyfus est toujours présent. Monsieur Loubet est président de la République et il prépare l’exposition universelle qui s’ouvrira à Paris au mois d’avril. Le gouvernement est bien entendu à droite, mais les tensions sociales et la gauche sont de plus en plus présentes dans le quotidien. Le plus souvent, on demande juste de quoi vivre décemment et surtout du travail.

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 Paris 1900 lors de l’expo

La bourgeoisie est la seule vraiment concernée par les apparats de la fête et ne s’en prive pas. L’observateur présent ce soir-là remarquera les dames toujours cintrées dans leurs corsets, la taille de guêpe est de rigueur. Pourtant, de plus en plus de mouvements féministes revendiquent des corps libérés de ce carcan. Entre les pour et les contre, une véritable petite guerre se fait à coups de slogans. Pour les contre dans une version modérée, on tente d’apporter quelques modifications que l’on pourrait qualifier de techniques. Un corset mis au point par une doctoresse, Mme Gaches-Sarraute se voit gratifié du non de « corset de santé » baptisé vulgairement le « sens ventre ». C’est au niveau des baleines et de la compression qu’elles exercent que se situe le changement, le tout agrémenté d’un laçage au ventre. La silhouette de la femme apparaît très serrée au ventre s’élargissant en dessus et dessous. Il s’approche du « tightlacing » que l’on connaît aujourd’hui. Le lobbying existe déjà, les fabricants de corsets, surtout les puissants, défendent leur profession. A part le fait de donner une silhouette de rêve à celles qui le désirent, le résultat est peut-être encore pire. Il est presque encore plus impossible de s’asseoir, de se baisser ou simplement de rire. Il n’est pas rare que les femmes s’évanouissent. Il n’empêchera pas le fait de connaître un succès quasi mondial et retentissant. 

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Les contre sont plus réalistes, appuyés par des médecins qui se veulent éclairés, ils mettent en doute les effets bénéfiques que les pour mettent en avant pour le défendre. Et la guerre continue…

La santé, voilà un maître-mot de l’époque. Il est vrai que c’est une préoccupation majeure. On meurt encore de maladies infantiles, on en reste parfois infirme. La salubrité des lieux d’habitation est souvent en option. La médecine, bien plus évoluée qu’au moyen-âge ne guérit toutefois pas tout. Le sous-vêtement n’échappe pas aux tentatives de clarifier la situation de l’homme face à la santé.

Ci-dessous. On profite de la guerre déclarée au corset pour une analyse qui n’est en fait de compte que de la publicité.

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Les évolutions techniques du corset font encore peur à certaines.

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Si le corset est montré du doigt, on cherche aussi d’autres moyens d’apporter une amélioration au bien-être. La laine est mise en avant. Selon certains, elle est une réponse très satisfaisante aux problèmes liés à la transpiration et autres sécrétions corporelles, sources de maladies à ce que l’on croit. Elle est aussi un rempart contre le froid, autre source de maladie, on meurt facilement d’une pneumonie.

La femme, quand elle ne parte pas un corset, ne se promène pas nue pour autant. Le déshabillé est de rigueur. En mousseline ou en soie, il n’est pas vraiment considéré comme indécent s’il n’est pas franchement transparent. Les dames du monde, les comédiennes peuvent recevoir dans leur loge ainsi accoutrées. On peut quand même considérer que c’est une faveur d’apercevoir quelqu’un dans cette tenue, cela fait partie des avantages quand on est introduit dans le beau monde. Par contre, dans le beaucoup plus indécent figurent la lisière d’un bas avec jarretière ou jarretelle apparente. Cette jarretelle qui commence à se faire plus présente a connu aussi ses déboires de jeunesse. Ferréol Dedieu qui en est le créateur présumé à très certainement fait sans le vouloir un plagiat. Les historiens  qui sondent les fonds de la petite histoire affirment que sous Louis XIV, il existait un système semblable pour tenir le bas. Il serait simplement tombé en désuétude pour des raisons inconnues.

S’il a fallu un bon quart de siècle pour que la jarretelle soit prise en considération, la raison en est plus connue. Il pensait certainement soulager la femme du corset, c’est pour cela qu’il mit ses jarretelles sur une simple ceinture, un ancêtre du porte-jarretelles d’aujourd’hui. La femme fut réticente  plus par son manque d’attrait, sobre, sans dentelles ou broderies, que par le système lui-même. La femme d’alors qui avait l’habitude de se couvrir le corps presque entièrement en sous-vêtements trouva certainement cela minimaliste, mais les mœurs évolueront, lentement il est vrai.

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Les premières jarretelles n’ont pas la finesse de celles que l’on verra plus tard. C’est rappelons-le, un objet qui se veut plus usuel que sexy. Elle est fixée sur de gros élastiques qui auraient très bien pu servir de fronde pour lancer des boulets de canon.

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Dans toute évolution de la mode, ce sont souvent des initiatives isolées qui font qu’elle tend vers un changement. La disparition totale du corset, moins une poignée de nostalgiques n’y échappe pas. En voici quelques prémices…

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La championne du monde de natation, Annette Kellermann adopte un costume de bain semblable à celui des hommes. Enorme scandale, elle est carrément arrêtée par la police.

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Annette Kellermann 1887-1975, de descendance anglo-française naît en Australie. Atteinte de polio, son médecin lui conseille la natation. Elle deviendra championne de natation et tentera aussi, sans succès, la traversée de la Manche. Elle milite pour les droits de la femme et notamment le port du maillot de bain une pièce. On la verra aussi au cinéma muet dans des rôles de nageuse.  C’est une pionnière de la danse synchronisée et une végétarienne convaincue.

Un corset sans baleine voit le jour, il faut oser le porter ce qui n’est pas encore gagné.

Premier spectacle de nu aux Folies-Pigalle, on s’y presse.

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Dans les écoles, on tente d’interdire le corset aux élèves. On devra y renoncer, car les jeunes filles ont des robes prévues pour être portées avec.

Les premiers tailleurs font leur apparition, on ose porter des robes qui ne balaient juste pas les trottoirs, toutefois on est encore très, très, loin de la minijupe.

Une certaine transparence attire le regard des hommes sur les blouses avec devant en V, laissant apparaître le début de la poitrine.

Apparition dans certains pays germanophones d’une tenue noire très austère pour les femmes, ceci toutefois sans corset.

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La célèbre Isadora Duncan danse les pieds nus, 62 ans avant l’icône anglaise des sixties Sandie Shaw.

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Le « cake walk » une danse dérivée de la musique noire permet aux femmes qui le dansent de s’afficher avec des décolletés prometteurs, les robes sont simplement retenues aux épaules par un mince bout de tissu ou de ruban.

Compléments extraits journaux et sources diverses

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Léo coeur de nylon (60)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Il affirme qu’il croit savoir où se cache un personnage clé que la police recherche. Ses informations lancent une piste en Espagne. Ils attendent des informations, tout en écoutant Léo partir dans une nouvelle histoire, arrivée lors d’une tournée. Une histoire, où pour une fois, il a des doutes. Il remplace sa conquête par une autre et la suite de sa tournée en est complètement chamboulée. On lui parle d’une surprise pour le soir après le spectacle qui amène de nouvelles questions. Après les avoir résumées on revient aux souvenirs racontés par Léo, il entame ses souvenirs d’enfance où une certaine madame Lecoultre joue un grand rôle.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Léo aurait bien voulu mentir à ce moment-là. Il se devait à la vérité, il savait comment avait fini madame Lecoultre.

– Il ne l’a jamais revue, elle est morte en déportation à Ravensbrück. Il ne l’a appris qu’après la libération des camps. Un jour il a reçu une lettre de la Croix Rouge, l’informant de venir se présenter  dans les bureaux installés à l’hôtel Lutetia. Il s’y rendit un peu étonné, il ignorait le rôle qu’elle jouait dans le rapatriement des déportés. On le mit en rapport avec une personne qui officiait dans le centre avec un titre d’aide administrative. Elle s’occupait justement de celles qui avaient séjourné à Ravensbrück. Ayant elle-même vécu quelques mois dans le camp, elle n’était pas trop mal en point ayant eu la chance d’obtenir un poste d’infirmière au Revier, car elle parlait parfaitement l’allemand. Le Revier était ce qui tenait lieu d’hôpital dans les camps, un endroit sinistre sans réels soins, soit on guérissait, soit on crevait, les miracles tenaient lieu de médicaments.

– C’est tout à fait ce que tu dis, confirma Marly. Celui de Dachau était tout aussi sinistre, mieux ne valait ne pas y entrer si on avait une chance de s’en sortir autrement. Il y avait encore des illusionnés qui croyaient qu’on allait les envoyer dans un vrai hôpital. Combien se sont fait piéger par la propagande. Avec les communistes on savait à quoi s’en tenir, on se démerdait  avec les moyens du bord, on aurait plutôt cassé la gueule à celui qui avait l’intention d’y aller.

– L’infirmière en question a assisté aux derniers instants de la femme à Lecoultre. Elle a promis qu’elle avertirait son mari si jamais elle en réchappait, elle avait noté mentalement son adresse qui était toujours valable quand elle est revenue.

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– Et ton pote comment il s’en est sorti ?

– Eh bien, il a pu reprendre du service dans l’enseignement après la guerre, je crois que la France lui devait bien cela. C’est ainsi que quelques années plus tard, m’ayant reconnu sur une affiche, après s’être renseigné, il est venu me trouver à un de mes concerts. Encore un que je n’ai jamais revu après cette soirée, j’ai perdu sa trace. Quoi qu’il en soit, je garde de lui un souvenir attendri et parfois je repense à sa femme, peut-être a-t-elle eu une pensée pour moi au moment d’aller de l’autre côté ?

– Désolé de terminer sur une notre triste, mais je crois que l’on ferait mieux d’aller se coucher, il n’y a plus de clients et ta serveuse bâille à se décrocher la mâchoire. Elle a déjà dix fois compté la caisse !

– Tu as raison Marly, je suis crevé et je vois notre ami Seiler qui en a aussi assez. Bonne nuit et on attend les nouvelles !

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Les nouvelles, voilà ce que Léo guettait avec une certaine impatience. L’équipe se retrouvait quand même tous les soirs derrière une table, Seiler avait gagné ses galons d’ami dévoué à la même cause. Il n’était pas le dernier à rigoler des blagues des autres et à offrir une tournée. Même si ces retrouvailles tournaient autour d’une sordide histoire de meurtre, la tristesse n’était pas la règle. Il y avait les histoires à Léo, les anecdotes à Seiler sur son passage dans le milieu en tant qu’observateur, les commentaires de Marly, et ceux toujours pertinents d’Isabelle. Que pouvait-on faire de plus en attendant, des prières ?

Il se passa une semaine sans rien de particulier. La police ne se manifestait pas, on ne savait pas si elle étudiait sérieusement la piste espagnole, Léo doutait qu’ils aient tenté quelque chose. Seiler était sûr que non, Marly très sceptique. La plus déterminée restait Isabelle, elle avait même envisagé de relancer son père. Il avait encore quelques relations dans les ministères, un général de carrière, ça ne rentrait pas dans l’anonymat d’un claquement de doigts.

Sur le coup de midi, dix jours après la longue soirée, Marly entra en trombe dans le bistrot, commanda un blanc en passant devant le comptoir, un blanc volant comme il disait, et vint s’assoir à la table de Léo qui était en train de casser la croûte, une assiette de tripaille devant lui. A la mine de Marly, il devina qu’il y avait du nouveau.

– Tu as lu dans le journal que Singer donnait un concert à l’Olympia ?

– C’est presque ça !

– Dis-moi tout !

– Mes potes communistes ont fait du bon boulot, il ont localisé Singer dans un bled près de Saragosse appelé Quinto.

– Connais pas, mais c’est déjà ça !

– Le plus merveilleux, c’est qu’ils croient savoir qu’il vient donner un concert la semaine prochaine en France, à Pau !

A suivre

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