Léo coeur de nylon (61)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Après bien des rebondissements, ils semble que les choses se précisent.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Léo marqua sa surprise, pour une nouvelle, c’était une nouvelle. Il pensa que les Espagnols à Marly étaient de bons détectives, bien qu’ils aient la police en horreur. Une fois de plus, les communistes étaient une bande d’illuminés dans son appréciation personnelle, mais si le renseignement était exact, il ne manquerait pas de lever son chapeau. Cette nouvelle, il l’avait attendue, espérée, mais maintenant, il était plus embarrassé qu’autre chose.

Il regarda Marly avec un air de suspicion.

– Le renseignement est sûr ?

– Ce ne fait pas de doute, il est bien localisé. Un camarade enquête sur le concert, car il semblerait que c’est un concert privé, enfin plutôt une animation musicale, mais on devrait avoir la réponse très vite.

– Et si cela se confirme ?

– Il me semble que ce sera plutôt aux flics de jouer. Ils pourront lui mettre la main dessus, c’est ce qu’ils désirent, non ?

– Encore faudra-t-il que l’information leur parvienne…

– Oh ça c’est déjà fait, Laverne est au courant, il va passer tout à l’heure.

– Bien on va l’attendre, tu restes aussi, tu veux manger un morceau ?

– C’est pas de refus, j’ai encore rien bouffé, il y a encore de la tripaille en cuisine ?

– Cela devrait pouvoir s’arranger. Marie-Thérèse apportez donc une assiette à mon ami Marly !

– Tu sais où est Seiler ?

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– Pas vraiment, mais j’ai son téléphone, tu as envie qu’il vienne ?

– Oui, d’abord c’est lui qui nous a mis sur la bonne piste côté espagnol. Ensuite, si jamais il faut mettre la main sur Singer, c’est le plus à même de l’identifier, il l’a vu récemment. Souviens-toi, c’est lui qui a fait le lien entre tes photos et la rencontre au bal près de Pau. Si l’orchestre annoncé vient, si Singer n’y figurait pas, on aurait l’air fin. Et puis, il doit sûrement avoir des faux papiers, pas si con le mec. Le nom de l’orchestre existe toujours, mais rien ne nous dit qu’il en fait encore partie, bien que je n’imagine pas trop que Singer-Gersin a abandonné son équipe et qu’ils exploitent encore son nom.

– Tu sais quand devrait arriver Laverne ?

– Il devrait passer vers trois heures, il avait un truc à terminer, mais je crois qu’il est impatient de venir nous dire bonjour.

– Dans ce cas, je vais téléphoner à Seiler, il devrait être à sa boutique, je vais lui demander de venir.

– Oui c’est ça, on verra bien ce qu’il dit.

Marly salua silencieusement l’arrivée de l’assiette de tripaille. Il regretta juste qu’elle ne fut pas préparée exactement comme il avait l’habitude de la manger. Une manière que sa copine avait ramenée de son séjour en Suisse. Là-bas, ils avaient l’habitude de servir avec une vinaigrette, une sauce verte, de la mayonnaise et de boire un petit blanc sec, mais les tripes à la mode de Caen c’était pas mal non plus. Il frémissait d’avance sur ce qu’il supposait la suite des événements.

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Il constata une fois de plus que la vie réserve des surprises au coin de la rue. Il ne pouvait s’empêcher de penser, quand il tournait à droite au coin de la rue, ce qu’il se passerait s’il tournait à gauche. Quand il était dans la résistance, il fut arrêté par un de ces coups de malchance qui sont le fruit du hasard. Son arrestation aurait sans doute eu lieu plus tard ou jamais, s’il n’avait pas plu ce jour-là.

En ce moment il était dans le même état d’esprit. Les talons de sa compagne avaient allumé la mèche de cette bombe à retardement. Pourquoi les porta-t-elle le fameux soir, alors qu’elle ne les mettait pas souvent ? Pourquoi avait-il fallu qu’ils se donnent rendez-vous chez Léo, justement la seule personne au monde qui pouvait savoir qu’ils avaient une histoire peu banale à raconter ?

Cela faisait beaucoup de points d’interrogation auxquels il fallait ajouter tous ceux n’avaient pas manqué de danser dans l’esprit de ces détectives improvisés.

– J’ai pu avoir Seiler au bout du fil, il arrive ventre à terre, affirma Léo en s’asseyant.

– Il sera certainement en retard, car Laverne est en avance sur l’horaire, le voici qui traverse la rue.

A suivre

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