Léo coeur de nylon (65)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Après bien des rebondissements, ils semble que les choses se précisent.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Laverne esquissa un sourire, il était plutôt content d’abandonner son rôle de flic et de se mêler à la conversation en étant persuadé que son auditoire ne maquerait pas d’être intéressé par son histoire. Il entama son récit :

– Vous savez quand on exerce un métier comme le mien tout le monde a un service à vous demander. On est un peu comme des prestidigitateurs ayant un peu de renommée, quand un ami veut organiser une soirée avec une petite attraction après le repas, il fait volontiers appel à vos services pour un coup de main. En étant de la police, c’est un peu la même chose, on ne veut pas enclencher toute la machinerie, alors on demande conseil ou un peu d’aide.

Léo regarda Laverne d’un air approbateur en se manifestant par un hochement de tête, il lui était arrivé de demander de petits services à quelques policiers en service, afin d’éviter quelques menues déconvenues, comme celle d’un mari jaloux.

– C’est l’ami d’un ami qui m’avait demandé si je pouvais faire quelque chose pour un cas qui le tourmentait. L’histoire était en fait très simple, la femme de cet ami se plaignait que sa lingerie disparaissait du séchoir dans la maison où ils habitaient. Il m’avoua que cela lui posait problème d’aller porter plainte au commissariat, il en avait presque honte, il voulait que cette histoire ne s’ébruite pas. En fin de compte son histoire posait plus de problèmes à moi qu’à lui. Il ne nous est pas interdit de donner quelques conseils, mais on ne peut pas être de la police officielle et tenir une agence privée à côté.

– Je suis entièrement d’accord avec cela, affirma Marly. Ce serait la porte ouverte à tous les abus, d’ici à ce qu’ils se fassent payer en retour. Déjà que la police n’a pas toujours bonne réputation, cela ne ferait qu’empirer la chose.

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– Laverne regarda Marly avec un sourire, il savait qu’il avait officieusement raison, c’était un vaste débat qui n’avait pas sa place ici, mais il savait que tous ses collègues n’étaient pas tous aussi scrupuleux.

– Je lui demandai des explications sur son cas, alors il éclaira ma lanterne. Sa femme avait plusieurs fois constaté que la lingerie qu’elle mettait à sécher dans la buanderie disparaissait. Une fois c’était des bas, une fois une culotte, on lui avait même volé un porte-jarretelles. Ce n’était pas régulier, seulement de temps en temps. Il ne se passait rien pendant un mois et cela recommençait pour se clamer à nouveau.

Léo se marra, il n’avait jamais rien volé de semblable, ni autre chose d’ailleurs, Dans son cas, il se rappelait que c’était plutôt le contraire, il avait couru après une dame pour lui rapporter la paire de bas qu’elle avait oubliés. Il garda sa réflexion pour lui, il se raccrocha au récit de Laverne.

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– Des histoires comme ça, j’en avais déjà entendues, il est arrivé quelquefois que l’on vienne se plaindre au commissariat pour un vol du même genre. Evidemment on ne va pas mobiliser l’armée pour autant. On envoie un inspecteur faire une petite enquête, histoire de montrer qu’on est là. Le plus souvent, il n’y a pas de suites, l’affaire est classée comme on dit. C’est un peu pour cela que j’ai décidé de lui venir en aide discrètement, du moins je le lui dit ainsi. Par contre, je ne lui ai pas dit que c’était aussi un peu parce qu’il m’intriguait. Une chose que vous ne savez certainement pas, nous autres les flics, on a vite l’habitude de classer les gens. C’est pas comme à la télé, certains suspects ou témoins croient être de bons acteurs, mais en vérité ils sont très mauvais, ils n’ont pas appris un rôle écrit sur un scénario.

Seiler suivait le récit avec intérêt, il tiqua néanmoins sur ce dernier passage. Il connaissait bien les rôles de composition, il en avait la nausée. Combien de fois il les avait interprétés dans le milieu, sourire à une crapule alors qu’on avait envie de lui cracher à la figure. Son rôle d’acteur avait fait partie de son contrat de lieutenant d’une grosse pointure de la pègre. Il l’avait joué avec le plus de conviction possible, il avait été un acteur au sens théâtral du terme, il avait joué un scénario sans se glisser avec facilité dans son personnage. Il était toutefois curieux  de savoir pourquoi Laverne avait donné cette précision. Il attendait la suite du récit en se demandant ce que des bas nylons avaient de commun avec les rôle de composition.

A suivre

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