Léo coeur de nylon (66)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Après bien des rebondissements, ils semble que les choses se précisent.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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– A priori le mari venait vers moi à la demande de sa femme et sur les conseils d’une de mes connaissances. A son air gêné, je me doutais bien que cela lui pesait d’entreprendre cette démarche. Je pouvais comprendre que cela ne l’enchantait guère de la faire, se faire voler des dessous c’était quand même mettre un peu de sa vie intime au regard des autres. A la limite, je crois qu’il aurait été soulagé si on lui avait volé sa bagnole. Je lui conseillai quand même d’aller déposer une plainte officielle, mais il n’y tenait pas, il me demanda d’agir avec discrétion. Je lui dis quand même que cela me posait certains problèmes et que je ne pouvais faire cela qu’à mes moments de loisirs, en dehors d’une démarche pendant les heures de missions commandées. Il était nécessaire que j’aille poser quelques questions à sa femme, sinon je ne pourrais rien faire.

– Je vois le bonhomme, rigola Léo. Un de ces mecs qui fait ce que bobonne lui demande, mais oui bobonne, bien sûr bobonne !

– C’est une des impressions qu’il m’a laissées lors de notre première rencontre. Néanmoins, il accepta que j’aille interroger sa femme, ce que je fis un jour de congé. Nous avons convenu pour un samedi et il pourrait être là, chose à laquelle je tenais particulièrement. Je me réjouissais de les voir l’un en face de l’autre.

Léo jaugea Laverne en mettant le feu à une nouvelle cigarette. Décidément ce flic lui plaisait, il avait quelque chose que les autres n’avaient pas, il n’aurait su dire quoi exactement, son air un peu vagabond, un certain sens de la justice, un mec franc du collier. Il pouvait devenir client de son bistrot, il serait bien servi, il ferait tout pour que cela arrive.

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– Je suis au rendez-vous le jour dit. Comme je l’avais imaginé, sa femme était plutôt du genre guindé, c’est juste si elle me remercia de m’être déplacé. Elle m’affirma que c’était une idée à son mari d’être venu me trouver, ce dont je doutais fort. Décidément, cette affaire prenait des allures bizarres. J’avais presque envie de lui rembourser le prix des dessous qu’on lui avait volés et me tirer. Mais bon, je lui posai les questions habituelles que l’on peut poser pour un vol semblable, ce genre d’objets n’ont pas de plaques d’immatriculation. Je ne peux pas soulever les jupes des dames dans la rue pour voir si par hasard je ne trouverais pas les objets volés, pour autant qu’il s’agisse d’une voleuse. Elle m’affirma qu’elle ne soupçonnait personne en particulier, mais qu’elle était presque sûre que c’était la même personne. Il y avait huit appartements dans la maison, selon toute vraisemblance c’était quelqu’un qui habitait les lieux. Tout le monde avait librement accès à la buanderie.

– Et alors, pas moyen de poser une serrure, il n’y avait pas de pipelette ?

– C’est bien ce que je lui demandé. La maison avait été vendue par appartement, donc chacun était propriétaire, de plus il n’y avait pas de concierge. Une société de nettoyages assurait l’entretien des locaux communs, buanderie comprise.

– Moi, je penserais aux nettoyeurs, sans doute vous aussi ?

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Laverne sourit à la question de Marly, c’est bien évidemment la première chose à laquelle penserait un détective amateur. Même lui en tant que professionnel n’avait pas pensé autrement. Mais en bon flic, il se méfiait toujours des choses trop évidentes. Il savait que le monde était bien plus complexe que cela. Il le voyait tous les jours. Il y a des petits malins qui jouent justement sur ces apparences pour ruser avec la police.

– C’est ce que leur ai dit. Toutefois, la femme m’affirma que quand les vols eurent lieu, ce n’était pas les jours où ils venaient. Pendant que je posais les questions, le mari ne pipa mot. Il avait son air habituel, timide, réservé. Je me demandais comment mon copain avait un mec pareil dans ses relations, ce n’était pas vraiment son style de fréquentations. M’est avis que c’était plutôt la nana qui l’intéressait.

– Cherchez la femme, rigola Léo.

– Je ne savais pas par quel bout solutionner cette histoire. Je réfléchissais comment faire bien sans pour autant m’engager professionnellement. Tout en faisant ma petite gymnastique mentale, mon regard se promena sur les jambes de la dame. Je remarquai qu’un de ses bas était légèrement filé vers le talon. Je notai le détail, tout en pensant que ce n’était pas cela qui allait faire avancer les choses. Et pourtant c’était un indice, je ne le savais pas, mais il allait m’aider à y voir clair, et même très clair. Comme quoi quand on mène une enquête, même à titre officieux, il faut tout observer.

– Et c’est ainsi que l’affaire du porte-jarretelles volé mena le coupable sur la paille humide des cachots, ironisa Léo, tout en étant impatient de connaître la suite.

A suivre

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