Léo coeur de nylon (67)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Après bien des rebondissements, ils semble que les choses se précisent. Il est décidé d’entrer en action. En attendant le flic raconte une enquête dans laquelle il est questions de bas nylons.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Laverne regarda Léo avec un sourire, s’il savait toute l’importance des petits détails, il aurait sans doute pris avec un peu plus de sérieux ce qu’il venait de dire. Mais lui était flic, c’est un métier, même un drôle de métier. Il n’y a pas de sacoche avec l’outillage nécessaire pour l’exercer, il ne suffit pas de sortir une clé de huit pour réparer les entorses à la loi.

– Je décidai donc d’attaquer cette histoire par le bout qui me semblait le plus offrir de résultats possibles, la femme du monsieur. Elle m’intriguait, comme on dit dans le métier, je ne la sentais pas. Pour cela je décidai de la filer, ou plutôt de la faire filer. Comme j’agissais officieusement, je ne pouvais pas la faire prendre en chasse par un collègue. Pour cela je sortis un atout que j’avais dans ma poche, Laurent.

Laverne réfléchit un moment, il but un coup et se lança :

– Laurent est un jeune que j’avais sorti d’une sacrée merde. Trempant dans une sale histoire, il devrait encore être en taule à l’heure actuelle. Mais je l’avais épargné, car j’estimais qu’il était un peu pour beurre dans ce qui lui était tombé dessus. C’est ma manière d’interpréter la justice, j’ai la conscience un peu élastique, vous l’avez deviné. S’il était tombé entre les mains des juges, il n’y coupait pas, mais j’ai arrangé le coup, il n’a jamais été inquiété.

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Marly ne dit rien mais n’en pensa pas moins. Lui aussi, il aimait bien ce flic un brin anarchiste. Avec plus de gens comme lui, le monde serait meilleur. Il remonta dans son passé, pendant la guerre. Il se souvenait trop bien que c’est la belle police française qui l’avait escorté vers le train qui l’emmena en déportation. Il était un terroriste pour elle, elle en fit un résistant quand le vent tourna. Il se souvient très bien d’un commissaire qui l’accusa de mille maux et qui continua tranquillement sa carrière après la guerre. De rage, il en serra les poings.

– Je n’ai pas fait tout cela absolument gratuitement, je lui ai suggéré qu’il pouvait me donner un petit coup de main de temps en temps. Rien de bien méchant, une petite filature ici et là. Je ne lui demande pas d’aller côtoyer des truands ou des gros poissons. Pour moi, il a l’avantage de se fondre dans la masse. Il a l’air de ce qu’il est, un jeune yéyé qui ne pense qu’à danser le twist. Je dois être honnête, il est d’une efficacité redoutable, il m’a rendu de grands services.

– Il a accepté facilement ? demanda Léo

– Il a bien senti qu’il me devait quelque chose. Et puis je crois que ça l’amusait assez, jouer les détectives, c’est un peu un rêve de gosse exaucé.

– A part ça, il fait quoi ?

– C’est un excellent bricoleur sur bagnoles, il donne un coup de main dans un garage et il possède un petit atelier chez ses parents dans la banlieue, il retape des modèles anciens. On le demande parfois sur les tournages de films pour l’entretien. Bref, il se démerde plutôt bien.

– Alors vous l’avez lancé sur la piste de la bonne femme ?

– En effet, je lui ai demandé de la suivre dans ses déplacements, chaque fois qu’elle sortait de chez elle.

– Cela ne doit pas être facile de faire le pied de grue pendant des heures ?

– C’est les risques du métier, mais ce n’est pas très fatigant. On planque souvent dans une bagnole en ayant en point de mire le lieu d’où doit partir la filature, à une bonne distance si c’est possible, afin de ne pas être repéré. Si la personne passe devant la bagnole, eh bien on lit le journal, comme dans les meilleurs films. Dans la plupart des cas, c’est à pied que se fait la filature. Dans une ville comme Paris, c’est assez rare que les personnes filées se déplacent avec leur bagnole, si c’est le cas, on suit ou on s’enfile dans un taxi quand c’est possible. Bien sûr, il arrive que l’on perdre la trace.

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Seiler se remémora  le temps où il assurait la protection de La Froidure. Cela faisait aussi partie de son travail, il scrutait les éventuels pisteurs qui auraient pu suivre son patron. Il aurait presque pu donner des leçons tellement il connaissait toutes les ficelles pour renifler une filature. Il savait très bien repérer ceux qui avaient l’air de rien, ce sont eux qui puent le plus.

Laurent m’apporta très vite des résultats, dès le premier jour de son entrée dans le jeu, le surlendemain de ma visite au couple. Il s’était mis en planque au petit matin. Le mati était sorti sur le coup de 7 heures, il allait probablement au boulot. Vers les 8 heures, sa femme est sortie et a pris le métro. Au grand étonnement de mon pisteur, elle s’est dirigée vers les bureaux de mon copain, celui qui m’avait demandé d’intervenir. Pour me jeter une fleur, je le considérais, non comme un suspect, mais d’entretenir quelques relations avec la femme. Evidemment, comme ils se connaissaient, il n’y avait à priori rien d’anormal. Ce qu’ils faisaient ensemble, mon enquêteur ne pouvait pas le savoir, il ne pouvait pas se déguiser en mouche pour entrer dans les bureaux. Mais en bon observateur, il repéra un détail significatif. En attendant qu’elle sorte des bureaux, il s’était installé dans un coin discret d’une terrasse de bistrot et sirota deux ou trois verres. Je lui accordais quelques petites indemnités quand il travaillait pour moi, selon les nécessités de son travail. Vers onze heures, elle sortit et passa devant lui. C’est alors qu’il remarqua un détail, je vous ai dit qu’il était bon dans son genre. Vous ne voyez pas quoi ? Pensez aux petits détails dont je vous parlais avant.

– Ils s’interrogèrent tous du regard. Au bout d’un moment Marly secoua la tête et prit la parole :

– Vous avez parlé du bas filé non ?

A suivre

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