L’école en nylon

Comme promis, j’alimente cette nouvelle rubrique avec le nouveau témoignage de Jean qui retourne dans son enfance, plus précisément à l’école, pour nous faire part de ses émois à la vue de ses premières jambes en nylon, pas les siennes, mais celles qu’il contemplaient. Témoignage de qualité, il se replonge avec précision dans ses souvenirs. Je ferai à la fin de son récit part de mes impressions, car visiblement nous sommes issus de la même « école ». Merci à lui!

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Quand tout cela a-t-il vraiment commencé ? Je ne saurais vraiment le dire, car je me souviens que j’étais troublé par Mme F, ma première maitresse ( !) du primaire, mais aucun épisode précis ne ressurgit . Comme l’ont reconnu depuis longtemps les psys en tout genres, la curiosité sexuelle chez le petit garçon est en fait très vive vers les 6 ou 7 ans, puis elle diminue ensuite pour revenir à la pré adolescence, et c’est bien de cette première période que nous parlons. Dans mon souvenir, Mme F était pourtant plutôt âgée, comme le trahissait sa voix, elle avait tout d’une maman, mais elle avait aussi pour elle la douceur, la gentillesse. Peut-être était-ce le mouvement de ses robes, qu’elle portait assez amples, sa façon de se déplacer, de virevolter, qui me faisait sentir, ou plutôt pressentir la féminité, car je n’avais pas la moindre idée de ce que c’était, sauf que cela représentait l’interdit, puisque ma mère, par exemple, se cachait pour se déshabiller. Je pensais donc à Mme F le soir dans mon lit, en l’imaginant nue, et cette pensée déclenchait chez moi une érection, et je me souviens très bien par contre m’être bien demandé pourquoi ! Car bien évidemment, je n’avais pas la moindre idée de ce qu’était la fonction reproductrice, et quand un copain plus âgé me l’expliqua un ou deux ans plus tard, je crus franchement à une plaisanterie, car le fait que j’étais un enfant sans père (un enfant « naturel », comme on disait à l’époque) prouvait bien qu’un couple n’était nullement indispensable à la procréation…
Le véritable choc, ce n’est que l’année suivante que je le connus avec Mme D, une grande femme rousse bien bâtie et bien en chair, à qui sa carrure donnait une autorité certaine. Loin d’être aussi douce que Mme F, elle était assez sévère et notamment avec moi, car il se trouva que cette année la fut la plus mauvaise (et la seule vraie mauvaise) de ma carrière scolaire. Alors, elle m’envoyait au piquet, ou en retenue, où je devais « faire des lignes », en écrivant 250 fois « je ne dois pas parler en classe » ! C’est donc une année où je ne fus pas très heureux, mais venons en au fait…

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Un jour comme un autre, nous faisions je crois, un devoir en classe, et Mme D passait dans les rangs pour voir le travail de chacun. A un moment donné, elle se trouva juste à côté de moi, penchée sur le cahier de mon voisin de la travée d’à côté, et il se trouva que par hasard – je dis bien par hasard cette fois là – car maintes fois par la suite je n’ai pas pu me retenir de provoquer ce hasard, ma gomme tomba par terre. Je me baissai pour la ramasser, et relevant la tête, je me trouvai exactement sous sa jupe. Combien de temps cet instant dura-t-il ? Une fraction de seconde, ou une éternité ? Je ne saurais le dire, mais mon cœur bondit dans ma poitrine, une onde de chaleur m’envahit, une incroyable vague de plaisir et de honte mélangée, dont une fois encore, je ne comprenais pas l’origine. Elle portait une gaine bien sûr, avec des jarretelles, qui tendaient ses bas et faisaient déborder sa chair abondante, marquée d’une infinité de délicieux petits cratères de cellulite. Et de ce magnifique fessier emprisonné par la jupe, émanait comme d’un inaccessible au-delà, une chaleur puissante. Cela fut si court que personne, ni elle, ni mes petits camarades ne me remarqua, mais ce fut un de ces rares instants qui comptent vraiment dans la vie d’un homme. Une révélation qui dans l’instant bien sûr, m’échappait, mais qui après une éclipse de quelques années, reviendrait souvent en boucle dans mon esprit.

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Mais d’abord, comme je l’ai dit, ce souvenir s’estompa pour quelques années, ces années où chez les garçons, la sexualité apparaît certes encore un peu comme honteuse, mais surtout ridicule. Ces années où l’on aime se dépenser dans les parties de foot ou les bagarres, où l’on méprise un peu les filles, ces étrangères avec leurs cordes à sauter et leurs rubans dans les cheveux. Vous avez noté que, malgré les pressions en tout genre et les sornettes que l’on entend de toutes parts aujourd’hui sur la théorie du genre, je parle au présent, car c’est bien la nature qui est à l’œuvre à cet instant, et non pas je ne sais quelle construction culturelle. Cette nature donc, nous accorde à nous autres petits mâles, un répit, certes de courte durée, mais un répit quand même avant que ne revienne l’esclavage du désir, répit qui nous donne aussi, et c’est heureux, un certain sentiment de notre supériorité. On n’est pas des gonzesses!
Un épisode caractéristique de cette période fut une fois – je pouvais avoir une dizaine d’années – où, remontant le large escalier qui menait à notre cinquième étage, je me retrouvai sous un angle idéal pour contempler le fessier d’une jeune voisine en jupe plissée qui, sur le palier au dessus, se penchait en s’exclamant vers un petit enfant qui lui était présenté par une autre. C’était le temps béni où les jeunes filles se mettaient au porte-jarretelles dès l’âge de 15-16 ans, et le spectacle encore une fois était de nature tout à fait troublante. Pourtant, loin d’être fasciné comme à l’épisode que j’ai conté plus haut, je me contentai de détourner la tête, en me disant que regarder sous les jupes, au fond, c’était pour des types un peu dégeulasses, et pas pour moi.

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Mais entre-temps, je raconterai encore une anecdote mi-troublante, mi-émouvante. C’est celui de Mme W, ma troisième maîtresse.. Mme W était une dame de petit format, mais qui soignait tout particulièrement ses tenues et sa féminité, ceci sans doute pour compenser cela. Et de sus c’était une grande patriote, qui aimait exalter en nous les valeurs de la république, qui justement était au programme d’histoire cette année là. C’est dire qu’après les ennuyeuses séances d’arithmétique et de français, nous attendions tous avec impatience cette unique heure de la semaine consacrée à l’histoire. A cette occasion, et sans doute pour mieux nous faire partager ses nobles émotions, Mme W venait s’asseoir au milieu de nous pour faire son cours. Elle s’asseyait sur une table, en posant les pieds sur une chaise, et bien sûr nous restions nous sur nos sièges. En s’enflammant en nous racontant les exploits de Kellermann ou de Hoche, elle oubliait ainsi de se surveiller et de maintenir serrées les cuisses, qu’elle avait fort courtes, ce qui nous permettait de profiter (je ne dirai pas encore  jouir) du spectacle, en même temps faut-il le dire, que de boire ses paroles.

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Ainsi, à la récréation suivante, en pouffant de manière un peu gênée, alors que nous formions un petit cercle, l’un de nous – je me souviens même que c’était le premier de la classe – nous prit à témoin que « l’on voyait les bas de la maîtresse ». Mais pour ma part, je renchéris en disant que « l’on voyait même sa culotte », et les autres approuvèrent bruyamment ! 
Eh bien oui, au-delà de nos différences, du petit dur au plus timide d’entre nous, nous étions en fait tous à l’affût, tous de gentils petits vicieux chez qui ces inventions diaboliques qu’étaient les bas et les jarretelles déclenchaient un trouble encore inexpliqué, une gêne certes, mais si délicieuse. L’exaltation à la fois de la Patrie et de le Féminité : deux mots inséparables pour lesquels depuis toujours, les braves vont jusqu’à donner leur vie. Une époque bénie décidément, mais nous n’en n’avions pas conscience. Faudra t-il aujourd’hui, soixante dix ans après le Général, fonder le nouveau RPF ?

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Comme promis, j’y vais de quelques commentaires à titre de comparaison de nos expériences respectives.
Sans aucun rapport avec le bas nylon, il est vrai que nous n’avions souvent pas la moindre idée sur la réalité de notre présence au milieu d’une famille. A la limite on aurait pu nous faire croise que l’on nous avait achetés dans une supermarché. Je me souviens que dans la BD de Binet, « L’institution », qui retrace son enfance, il nous en parle. A un copain qui lui expliquait comment il avait été conçu, il s’exclame: « Ah non c’est trop dégueulasse! ».
Je crois que Jean rejoint un point essentiel de la découverte du fétichisme lié au bas, c’est l’objet et non sa présentation qui requiert toute notre attention. A l’école, j’étais plus attiré par celles qui portaient des bas au détriment de la beauté. Brigitte Bardot en chaussettes ou Alice Sapritch en bas, le choix était vite fait. Plus tard, du moins chez moi, les choses évolueront un peu. Mais je peux quand même dire aujourd’hui que je n’ai pas fait une révolution sur ce principe.
Il est aussi vrai que certains souvenirs, toujours en rapport avec le sujet, nous marquent pour la vie et ils reviennent épisodiquement dans nos souvenirs. Vous aurez certainement remarqué que dans mes illustrations je suis assez vintage, je préfère les anciennes photos. Dans mon esprit, ce sont elles qui s’approchent  le plus de ces images enfouies quelque part, gage d’authenticité. 
L’âge de mettre un porte-jarretelles à cette époque? Sans doute un peu plus curieux que Jean ou ayant eu plus de chance, je dirais que j’ai vu certaines de mes copines d’école en porter un dès l’age de 12 ans, du moins porter des bas.
A propos de Mme W et de son inconsciente impudeur, soulignons encore une fois que montrer accidentellement une lisière de bas, n’était pas un geste dont on rougissait facilement, du moins chez la majorité des femmes. Il n’y avait pas de « secret », on savait pertinemment que toute jambe couverte de nylon était le fait de bas. Maintenant c’est différent, porter des bas est une chose qu’on peut avoir envie de ne pas divulguer ou montrer. On fait une choix entre bas ou collant. Deviner quel est ce choix est sans la seule chose qui me fait trouver une « charme » au collant, spécialement quand une dame porte des bas à la place. Evidemment, comme Jean nous l’avoue, on voyait aussi sa culotte. Peut-être n’était-ce pas aussi accidentel que cela?
Jean fait aussi allusion au patriotisme de Mme W. Il est très vrai que c’était souvent mis en exergue par les enseignants qui croyaient fermement au pouvoir de l’éducation, ils avaient par ailleurs parfaitement raison. Nous-mêmes en tant qu’élèves, nous avions aussi une certaine idée du patriotisme, une impression pas toujours très fondée d’appartenir à quelque chose qui avait une certaine noblesse de fait. Au moins nous avions des repères, chose qui manque cruellement aujourd’hui.
Le mouvement auquel il fait allusion, le RPF, Rassemblement du peuple français (1947-1955), fut le seul mouvement politique fondé par Charles de Gaulle, mouvement centriste et d’opposition de la IVe République. Petit éclairage de l’historien.

6 réflexions sur “L’école en nylon

  1. Votre site est merveilleux,il me rappelle ma maitresse en classe,elle aussi portait une gaine et des bas nylons.longue vie a la gaine

  2. A la lecture de cette page quel merveille de se remettre dans la situation ou beaucoup d’écolier moi le premier… tombaient fou amoureux de son professeurs. J’ai encore en mémoire ma prof de géo qui n’était autre que la femme du directeur, cette belle femme était toujours en jupe serré et courte laissant deviner les jarretelles….nous dévoilant par mégarde un revers de bas qui avait beaucoup d’effet sur les garçons .C’étais l’ année 1961 …….ou les femmes même un peu rondes étaient belles mais surtout pleine de sensualité. J’en profite pour féliciter toutes ces jolies femmes qui posent ou ont posé sur les photos que vous nous faite si gentiment partager.

    • Merci Suplin,

      Ah oui quelque chose que les anciens comme vous et moi peuvent se rappeler avec un certain émoi.
      Quand j’y pense c’est quand même mieux que d’avoir son nez collé sur un IPhone, comme la plupart des écoliers aujourd’hui. Je suis sûr que cette prof de géo vous a aidé à parcourir toutes les latitudes avec un certain plaisir.
      Merci à tous

  3. Oui elle a hanté mes jours et mes nuits plus d’une fois….la sensualité est de beaucoup supérieur au sexe qui n’est que l’aboutissement de l’excitation que peuvent nous apporter la gente féminine. J’en profite pour remercier et féliciter ces magnifiques créatures qui fleurissent sur votre site.

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