Léo coeur de nylon (68)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Après bien des rebondissements, ils semble que les choses se précisent. Il est décidé d’entrer en action. En attendant le flic raconte une enquête dans laquelle il est questions de bas nylons. Une histoire bien compliquée

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Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessus.

Laverne regarda Marly avec un sourire.

Oui, en effet j’ai parlé du bas filé. D’après ce que mon enquêteur m’a décrit, c’était la même paire de bas, apparemment il était filé au même endroit comme je l’ai dit, légèrement.  Ce qu’il a remarqué c’est que quand la dame est allée rejoindre mon copain, le bas filé était sur la jambe droite et quand elle est ressortie, il était sur la jambe gauche. Vous en déduisez quoi ?

Ce fut encore Marly qui répondit :

– A l’évidence, quand elle était à l’intérieur, elle a enlevé ses bas.

– Exact. Votre amie, elle enlève souvent ses bas quand elle va en visite, surtout chez un homme seul ?

– Je ne pense pas, par ailleurs je crois qu’elle ne va jamais chez un homme seul sans moi, mais on peut supposer que votre suspecte a fait autre chose que de prendre le café pendant la visite.

– C’est plus que probable. Cela donnait un éclairage nouveau à mon enquête, j’avais une presque certitude sur ce que je soupçonnais, ils étaient amants. Fort de cette certitude, je me demandais vraiment ce que je venais foutre là-dedans. N’oublions pas que c’est à la demande de l’amant que je m’étais manifesté, en principe pour un ou des vols de sous-vêtements. Il y avait quelque chose qui clochait.

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Bien sûr, Laverne connaissait le fin mot de l’histoire, pour ne pas dire le mot de la fin. Mais même en flic un peu marginal, il avait une passion pour son métier et il aimait bien en faire profiter les autres, il adorait titiller le sens de la logique de son auditoire. Il lançait cette sorte de jeu sous forme de devinettes. Ce n’était pas systématique, il fallait qu’il sente un certain intérêt de la part des auditeurs. Il ouvrit les feux.

– D’après vous, de quel côté j’ai orienté ma réflexion ?

Léo manifesta son intérêt pour ne pas être en reste. Il décida même de reporter l’allumage de la prochaine cigarette à plus tard.

– D’après moi, mais je dois être autant doué pour les enquêtes que pour la couture, il me semble qu’il y a un coup monté ?

– C’est assez bien vu, pas mal pour un non professionnel, rigola Laverne. Je résume la situation. Un mari, probablement cocu, est poussé à demander l’aide d’un détective à titre officieux par celui qui le fait probablement cocu. La femme affirme qu’on lui a volé de la lingerie au séchoir, probablement par un habitant de la maison. Le cocu rechigne à demander l’aide du détective, mais il le fait quand même. Ce dernier se rend à son domicile, sa femme est très distante avec l’enquêteur, elle semble tout aussi gênée par sa présence. Jusque-là c’est un peu le pot de goudron, on n’y voit goutte. Vous me suivez ?

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– Oui, acquiesça Seiler. Tout le monde semble ne pas vouloir votre présence et pourtant on vous a demandé d’intervenir. C’est à se taper le cul dans un seau !

– Vous mettez le doigt dessus. Affinez votre raisonnement…

– Le seul qui demande délibérément votre présence, le meneur, c’est votre copain. Les autres se seraient bien passés de votre intervention. Ils éprouvent une certaine gêne en votre présence.

– Continuez, continuez !

– Je dirais que pour que la police intervienne, il faut qu’il y ait un délit. Ici le délit est peu de chose, on a volé de la lingerie. Ce n’est pas bien grave, mais c’est quand même une chose qui n’est pas autorisée au sens de la loi, donc une présence policière n’est pas insolite, même officieuse. Je ne vois pas très bien, mais on veut mettre quelque chose en lumière, une chose que j’ignore. Cette chose prendra du sens en sortant de la bouche d’un flic, oh pardon, je voulais dire d’un policier.

Laverne rigola, il se foutait royalement du mot flic. Ce n’était pas injurieux pour lui. Juste un mot pas très long pour désigner sa profession.

– C’est bien citoyen Seiler, vous avez posé le problème correctement, reste à trouver la solution. Je vais vous aider en vous l’apportant sur un plateau.

Marly eut presque envie de pousser un aaah de satisfaction comme le font les enfants au cinéma quand les lumières s’éteignent pour laisser la place au film.
A suivre

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