Léo coeur de nylon (69)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son statut de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Après bien des rebondissements, ils semble que les choses se précisent. Il est décidé d’entrer en action. En attendant le flic raconte une enquête dans laquelle il est questions de bas nylons. Une histoire bien compliquée

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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– Il a fallu un fait anodin pour orienter mon enquête. Le bas filé qui avait changé de jambe. Avant cela, il n’y avait point de certitude. Chacun pouvait raconter son histoire et la faire passer pour la vérité, sa vérité. A partir du fait constaté, on pouvait imaginer que mon copain avait une liaison, cette fois je parle en l’affirmant, car c’était bien le cas. Il est le centre de l’action, le propagateur. Son intérêt n’est pas immédiatement visible, mais il est certain. Il est l’amant de la dame et cette situation ne lui convient pas, il voudrait plus. Il veut se débarrasser de son rival. Vite dit, mais pas très facile. De son côté le cocu n’est pas inactif, il est l’amant d’une autre dame qui habite dans une maison pas très loin de la sienne. Et ça sa femme ne le sait pas. Par contre ce qu’il se sait pas, c’est qu’il est atteint d’un mal incurable. Mais ça, sa femme le sait, car juste avant de fricoter avec mon copain elle était l’amant de son médecin. Il lui a discrètement fait part du fait sans mettre le mari au courant. Il voit probablement un avenir sans nuages avec sa belle. Vous me suivez ?

– Oui, à peu près, signala Léo. Tout le monde sait ce qu’il ne devrait pas savoir, tout en ne sachant pas ce qu’il devrait savoir.

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– Oui c’est à peu près ça. Dans cette histoire, il y a un fait très important que vous ne pouvez pas soupçonner. Le futur mort a une coquette assurance sur la vie, qui devrait laisser un assez joli magot à la veuve, mais ça son amant ne le sait pas. Elle est en tête de liste pour toucher la somme, mais cela peut se changer sur une simple modification. L’assuré n’en a pas parlé à sa maîtresse, elle ignore que cette assurance existe, il ignore de même qu’il est sérieusement malade. Vous suivez toujours ?

– Mmmhh, fit Marly, je commence d’y voir clair. C’est la loi du silence, mais le château de cartes n’est pas très solide. Je devine, mais il me manque encore un élément, le pourquoi du vol de lingerie.

– On y vient. Mon copain pousse l’autre à porter plainte pour ce vol. Son but est de mettre en évidence la conduite, l’infidélité du mari de sa maîtresse, en espérant qu’elle va mettre fin à leur histoire. Il sait par hasard qu’il a une liaison. En faisant ainsi, il jette un pavé dans la mare, mais c’est lui qui est éclaboussé, car elle ne quittera jamais son mari pour se retrouver sans le sou. Bien entendu, du moins tant qu’il est vivant, après on peut imaginer. Je vous vois très dubitatifs, pas vrai ?

– Y’a de quoi, argumenta Léo. Je ne vois pas en quoi votre copain tient entre ses dents le destin du mec qu’il fait cocu et ce que votre intervention vient faire, bien que je pense que s’il a fait appel à vos services, c’est qu’il avait une raison.

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– Le vol de la lingerie a été commis par le fils d’un des habitants de la maison, un jeune adolescent qui s’intéresse d’assez près à ce genre de choses. Le problème c’est qu’il a été surpris par le mari. Il aurait pu se contenter de l’engueuler, il l’a sans doute fait, mais ce n’est pas aussi simple que cela. Ce jeune homme est l’ami d’un autre jeune qui habite dans la même maison que sa maîtresse. Dans cette maison, c’est un peu le secret de polichinelle concernant sa liaison. Les deux jeunes en ont discuté entre eux et il a appris la chose. Il l’a menacé de tout dévoiler à sa femme s’il déposait une plainte. Donc il était un peu coincé, il ne tenait pas tellement à ce que sa femme l’apprenne. Je vous l’ai dit, ce mec est assez pâlot, un timide dans son genre. Vous y voyez plus clair maintenant ?

– Sans doute, approuva Marly. Mais comment votre copain a su toute cette histoire, puisque vous nous avez dit qu’il était au courant, qu’il pouvait révéler à sa maîtresse que son mari la trompait ?

– Par le plus grand des hasards, il a entendu la conversation entre les deux protagonistes. Il venait rapporter quelques bouquins qu’on lui avait prêtés. En passant dans le corridor, comme ça gueulait assez fort, il a reconnu la voix de son, disons rival, et il s’est approché croyant qu’il se faisait agresser. Evidemment il a surtout entendu ce que le jeune disait et après il s’est éclipsé discrètement. Il a rapporté les bouquins à une autre occasion. Il a bien vite pensé qu’il tenait un moyen de pression sur lui. C’est ainsi qu’il a mis l’accélérateur pour qu’une plainte soit déposée. Ce qui risquait de mettre en évidence les infidélités du mari si le jeune était attrapé. J’imagine même qu’il aurait discrètement mis la police sur la bonne piste. Mais voilà, on m’a seulement demandé d’agir à titre officieux en pensant que je ne trouverais rien. Tout le monde y avait intérêt.

Les visages de l’assistance exprimèrent leur étonnement, cette histoire était bien embrouillée, assez pour qu’elle mérite encore quelques éclaircissements. Ce fut Léo qui les demanda :

– Et comment avez-vous démêlé tout ça ?

– Ce n’est pas si simple que cela, il m’a encore fallu l’aide de mon indicateur Laurent. Après avoir découvert l’histoire du bas filé qui change de jambe, je lui avais demandé de rester en planque pour suivre la femme de mon copain. Pour ma part, fort de son renseignement je commençais à démêler le vrai du faux, mais il me fallait d’autres éclaircissements. J’avais la quasi-certitude de la liaison, mais les vols de lingerie restaient bien mystérieux. Alors que Laurent planquait, c’est le mari qui est sorti. Il s’est dirigé vers un homme qu’il semblait connaître, ils se sont serrés la main et sont entrés dans un bistrot voisin. Mon indicateur a pensé qu’il s’agissait d’un représentant ou quelque chose comme cela, vu qu’il avait une serviette à la main. Il a pensé qu’il pourrait y avoir quelque chose d’intéressant à apprendre. Il est aussi entré dans le bistrot et a pu s’assoir à la table à côté.

– Il a laissé tomber l’éventuelle filature de la femme ? questionna Marly.

– C’est la priorité que j’avais donnée, mais il était libre d’agir selon les évènements. Il apprit d’ailleurs des choses intéressantes, car il s’agissait d’un agent d’assurances, celui de la fameuse assurance. C’est ainsi que j’ai su qu’elle existait. La conversation, que Laurent entendait parfaitement, fut assez banale, il était surtout question d’augmenter le capital, ce qu’il accepta. Il ne faisait pas de doute que l’agent ne connaissait pas l’état de son client, sans cela il ne l’aurait pas proposé. Toutefois un point semble intéressant dans la discussion, le mari demanda ce qu’il était possible de faire dans le cas d’un changement de bénéficiaire et comment faire.

– Il pensait sans doute à sa belle, affirma Marly.

– C’est plus que probable. Mais le plus intéressant fut la conversation que mon indicateur eut avec l’agent.

A suivre

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