Léo coeur de nylon (71)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son statut de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Après bien des rebondissements, ils semble que les choses se précisent. Il est décidé d’entrer en action. En attendant le flic raconte une enquête dans laquelle il est questions de bas nylons. Une histoire bien compliquée.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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– Comme je vous l’ai dit au début de mon histoire, c’est l’histoire du mec qui connait quelqu’un qui en connait un autre. En fait, il est devenu un copain par la force des choses. C’est l’ami  d’un de mes copains d’enfance avec qui j’ai gardé quelques relations. On s’est rencontrés par son intermédiaire une fois ou deux et on a bu un verre ensemble. Voilà comment il est devenu mon copain. Il  en a bien profité pour venir me taper avec son histoire de vol. Enfin, vous savez maintenant comment cela a fini et quel était son but premier, faire passer le mari de sa maîtresse pour un personnage un peu libertin, il en avait tout intérêt.

– Ce qui m’étonne le plus quand vous racontez votre histoire, souligna Marly, c’est que vous n’avez jamais mentionné un nom. C’est votre copain, la maitresse de, le fils du voisin, etc…

– Ah ben pardieu, je ne suis pas un flic pour rien. S’il m’arrive d’agir un peu à ma manière, je ne mets pas les personnes en pâture à l’opinion publique. Imaginez que si mon copain s’appelait Emile Durand, mais par hasard l’un d’entre vous pourrait le connaître. Vous voyez la scène d’ici, l’inspecteur Laverne a déconné une belle histoire sur toi. Le seul nom que j’ai cité c’est mon aide Laurent, cela n’engage à rien, il y en a des milliers et c’est plutôt un mec régulier.

Il s’arrêta un instant et regarda Léo.

– Vous-même mon cher Léo, avec vos albums de photos et toutes les conquêtes qui y figurent, vous avez matière à faire du scandale. Si vous publiez vos photos, il y en aurait certainement une ou deux qui pourraient ne pas trouver ça drôle.

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Léo regarda Laverne avec un sourire et acquiesça.

– Vous avez raison. Mais je crois que si vous m’en parlez, c’est que vous pensez bien que je ne le ferai jamais. Ce sont des souvenirs, des souvenirs que j’aime à me rappeler. Ils me parlent d’une autre vie, celle que j’avais avant. Ils n’appartiennent qu’à moi. Personne d’autre ne peut les ressentir de la même manière. Pour les autres, ce sont juste des photos érotiques, des porte-jarretelles, des bas nylons, c’est ce qu’ils verront en premier, peut-être s’attarderont-ils sur un visage, mais jamais ils ne sauront ce qui peut se cacher derrière. La seule chose qui pourrait me faire plaisir, c’est qu’elles auront sans doute aidé à éclaircir le meurtre de mon ancienne conquête.

– En effet si j’en ai parlé, c’est sans douter un seul instant que cela restera dans votre jardin secret. C’était  à titre d’exemple, pour dire que rien n’est tout à fait innocent dans ce que l’on fait. Un moment de folie peut vous transformer en criminel, le jour où il vous fallait rester au lit et que justement vous êtes levé de bonne heure. Mais j’en reviens à mon histoire. J’ai eu une sérieuse explication avec mon copain. Je lui ai raconté que j’avais découvert qu’il entretenait une relation avec qui vous savez. Il m’a eu l’air surpris, mais cela a semblé mettre un pavé dans sa mare. Je lui ai signifié que s’il voulait prendre le mari en faute, il ne fallait pas compter sur moi, qu’il se débrouille avec sa belle. Vous vous doutez bien que je ne lui ai soufflé mot sur l’état du mari, cela l’aurait rendu trop heureux, il allait enfin pouvoir profiter de la belle vie à plein temps. La seule que je lui ai dit au sujet du vol, c’est que je n’avais rien découvert, que je manquais de moyens en agissant officieusement pour pousser plus loin les investigations. Si on voulait plus d’éclaircissements, il fallait que la personne lésée dépose officiellement une plainte. Et je crois que vous avez compris qu’elle n’y tenait pas tellement.

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– Et justement ce mari qu’est-il devenu ?

– Eh bien je ne terminerai pas l’histoire par une oraison funèbre, il vit toujours malgré son mal incurable. J’ai aussi eu quelques doutes sur la réalité de sa maladie. Souvenez-vous que son médecin, qui fricotait alors avec sa femme, lui avait glissé à l’oreille qu’il n’en avait plus pour longtemps, sans en glisser un mot au principal intéressé. Je me demande s’il n’avait pas prévu de lui filer un bouillon d’onze heures pour avoir le champ libre avec sa dulcinée. C’est très plausible, il décide cela, il lui fait croire qu’il n’en a plus pour longtemps, elle le croit et agit comme tel. Elle quitte son toubib persuadé qu’elle va toucher le pactole, elle se remet en selle avec mon copain, mais garde son petit secret pour elle. Vous connaissez la suite de l’histoire. Mais je vais vous avouer encore une chose, j’ai quand même mené une petite enquête du côté de ce toubib. Il semble que le mari s’est soudain trouvé mieux quand sa femme a cessé de la fréquenter. Il n’avait alors plus tellement de raisons de vouloir éliminer le mari. Je ne sais pas par quel moyen, s’il a tenté de le faire, comment il avait décidé de l’envoyer au cimetière. On peut imaginer bien des possibilités. Sûrement un moyen par lequel il aurait pu constater le décès sans qu’on mette en doute sa bonne foi. Quand vous êtes mourant, on appelle en général le médecin de famille, surtout s’il s’occupe de vous depuis des années, ce qui avait l’air d’être le cas. Je n’avais aucune preuve de ce que j’avançais, quelques divagations de flic et puis comment pouvais-je le mettre à table ?

– Cela aurait été un crime passionnel alors ?

– En jugement aux Assises, cela aurait certainement été le cas, encore faut-il que le crime soit découvert et surtout qu’il ait été commis !

Marly sonda Laverne, quelque chose l’intriguait dans ses dires et la manière de le faire. Il y décelait une sorte de jouissance.

– Je ne sais pas mon cher Laverne, mais j’ai l’impression que quelque chose vous fait énormément plaisir dans tout cela.

Ce fut au tour de Laverne de s’intéresser à Marly. Il le regarda avec un sourire presque extasié.

– Monsieur Marly, vous auriez fait sans doute un bon flic. Si je vous ai raconté toute cette histoire, c’est un peu pour faire plaisir à notre ami Léo qui les adore. Mais ce n’est pas la seule raison, il y en a une autre. Je ne peux rien dire pour le moment, mais cela viendra. Il faut d’abord qu’un certain monsieur Seiler, ici présent se rende à Pau. C’est pour bientôt. Allez, j’offre encore une tournée et je file. Nous boirons à la santé de la chance qui devrait nous sourire. Bientôt, bientôt !

A suivre

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