Des dessous pour un siècle (16)

22 092515 7Le tournant des années 60 est presque un virage vers une libération de la société. Un vent de folie souffle plus ou moins fort dans toutes les couches de la société. Le plus significatif est l’avènement de nouvelles manières de vivre et c’est là qu’il souffle le plus fort. Par rapport à aujourd’hui, les salaires peuvent paraître modestes, mais la part que l’on peut consacrer aux loisirs est certainement plus large, le coût de la vie est raisonnable et surtout on n’est pas taxé par le moindre geste que l’on accomplit. La bête noire dans un budget familial est la voiture, mais elle n’est pas encore une nécessité aux yeux de tous, bien des familles s’en passent et ne s’en portent pas plus mal. La télévision, elle, devient l’instrument indispensable dans chaque foyer, alors on se la paye, souvent à crédit, mais elle entre pratiquement dans chaque foyer. On la consomme avec un certain plaisir car les programmes ne sont pas encore très nombreux et commencent en début de soirée seulement. 

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Les jeunes abordent la vie d’un oeil serein. Pour les oreilles, il y a Salut les Copains qui va devenir le rendez-vous des amateurs de musique que les parents qualifieront de moderne quand ils sont gentils. Mine de rien, ce phénomène sera très rassembleur, on devient des copains malgré toutes les petites mesquineries de la vie de tous les jours. Les idoles sont des bannières sous lesquelles on se rassemble, on choisit chacun la sienne, celle qui nous fera le plus rêver. Les disques se vendent à la tonne, ils tournent sur le Teppaz ou sortent tout droit d’un jukebox moyennant une petite pièce.

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La mode suit le mouvement, on s’habille comme les idoles, c’est l’empreinte des jeunes qui décide du choix des couturiers qui nous offrent le prêt-à-porter dans le style de l’air du temps. Toutefois, les idoles ne vont pas encore imposer les dessous qui restent une affaire que l’on peut qualifier de privée.

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Marilyn Monroe n’est pas le bon exemple en matière de dessous, car le plus souvent elle n’en portait pas. C’était sa manière de prôner son idée de liberté. On rêve d’imiter sa silhouette ou sa coupe de cheveux, mais les filles sont beaucoup plus fières de montrer qu’elles portent leurs premiers bas ou encore leur premier soutien-gorge. Les bas, s’ils sont encore portés par chacune, n’ont que peu de temps à vivre. Le porte-jarretelles reste la règle pour les plus délurées, la gaine pour la plupart des autres. On abandonne peu à peu les choses plus sophistiquées, comme le serre-taille, la guêpière, le corset, une petite élite se les réserve. Ceux qui l’ont vécu ne me traiteront pas de menteur, on assiste à une certaine dégradation dans la manufacture de ces produits. Les jarretelles sont le plus souvent en plastique, on ne peut pas toujours régler la longueur des élastiques, la partie qui ceint la taille ressemble de plus en plus a un cinquième élastique. supportant le reste. Le choix des tissus est souvent médiocre. Cela se résume à une expression que j’ai entendue « juste ce qu’il faut pour tenir les bas ».

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Les bas suivent aussi l’évolution, ils sont dans l’immense majorité sans couture, mais on a conservé l’empiècement du talon. La teinte conventionnelle est le ton chair, on réserve le noir pour le deuil, on lui trouve soudain un côté un peu trop sexy, ce qui ne s’est jamais démenti depuis. La matière subira encore quelques évolutions après le Lycra, le Dorlastan est est une. Ce sont souvent des inventions et appellations opportunes, bien que le principe reste le même, le bas peut s’étirer dans toute sa longueur. On les résume souvent sous le nom de bas mousse. Comme pour les dessous plus nobles, le bas à couture est encore populaire dans les milieux aisés. C’est une manière d’affirmer que l’on a les moyens, car il est nettement plus cher que le sans couture et nettement plus délicat, mais quand on ne compte pas…

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Durant ce feu d’artifice final, on note quand même quelques tendances bien dans le ton de l’époque qui se veut plus libérale. La publicité y contribue largement. On commence à présenter les sous-vêtements d’une manière plus coquine. Le croquis souvent présent dans les journaux est remplacé de plus en plus par la photographie. On ne montre plus forcément le visage du mannequin, on cadre sur l’objet. Pour une marque de bas, un gros plan sur les jambes est estimé suffisant. La fameuse Barbie devient une légende et accapare tous les styles, il y a même un porte-jarretelles qui lui est attribué. 

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Un ton au-dessus dans l’affirmation de la liberté, Scandale crée sa fameuse affiche en trou de serrure qui ravira tous les voyeurs qui font les cours théoriques avant de passer à la pratique, nous sommes en 1963. L’année suivante posera un dernier pont entre le bas et le collant, le panty. Destiné à satisfaire celles qui trouvent que l’air frais est gênant entre la lisière du bas et la culotte, il est dans un premier temps un gaine à manches pourvu de jarretelles et moulant. Ce succès, si succès il y a, sera éphémère, malgré un version sans jarretelles. Il est une sorte d’ancêtre de la culotte cycliste, l’abomination absolue en matière de féminité, pourtant adopté par nombre de femmes.

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Mais voici la minijupe et le collant, cauchemar qui succède à la fin d’un rêve de millions d’hommes.

Quelques dates

1960 – La pilule est en vente, une révolution.

1962 – Les Beatles enregistrent « Love Me Do », le premier pas d’une autre révolution dont personne ne se doute. Elle est morte à 36 ans, Marilyn Monroe.

1963 – Un grande voix dans un petit corps et un deuil national, la mort d’ Edith Piaf. Intronisation d’un mannequin tout en minceur, Twiggy. 

1964 – On sacque une présentatrice pour avoir montré ses genoux, tandis que les bikinis envahissent définitivement les plages.

A suivre

 

Léo coeur de nylon (73)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son statut de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Après bien des rebondissements, ils semble que les choses se précisent. Il est décidé d’entrer en action. Le fameux jour où tout devrait s’éclaircir arrive enfin.

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Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

Oui c’était bien Laverne qui traversait la rue en direction du bistrot. Il poussa la porte et chercha l’équipe à Léo du regard. Un sourire illumina son regard quand il vit qu’ils étaient là. En passant devant le comptoir, il commanda un blanc sec et vint s’assoir à la table. Il se doutait bien qu’il était attendu, mais il pensait bien que les paroles seraient plus importantes que la présence de sa personne. Il adressa un regard à chacun, attendit que le verre de blanc soit posé devant lui, en but une brève gorgée et se mit à parler :

– On peut dire que l’opération a réussi. Voici en gros ce que mon contact m’a raconté. Seiler a formellement reconnu  Singer. Mes collègues de Pau l’ont abordé en lui demandait de décliner son identité. Il s’est présenté sous un autre nom, ce que confirmaient les papiers qu’il a présentés à leur demande.  Les deux hommes qui l’accompagnaient, ses collègues musiciens, ont soutenu ses dires. Ils ont prié le trio de les suivre au poste comme on dit. Ils ont bien sûr protesté qu’ils avaient un engagement le soir même.

– C’était à prévoir, avança Léo.

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– Evidemment, c’est que j’aurais aussi dit. Mais l’argumentation des collègues fut de poser le problème comme une simple vérification d’identité, ce qui ne leur prendrait que quelques minutes, en charge de les conduire à l’endroit qu’ils désiraient après coup.

– J’aurais pas fait mieux, ironisa Marly.

– Une fois au poste, la première constatation de mes collègues fut que les papiers étaient authentiques, du moins au niveau administratif. Ce qui ne veut pas dire qu’ils certifient que le nom qui figure dessus est bien celui de la personne qui les détient. Là, c’est la routine policière qui doit entrer en jeu. On lui mit sous le nez une photo d’un concert prise quand notre ami Léo donnait un de ses concerts. Seiler était bien visible et il ne pouvait nier que cela la ressemblance était frappante. Deux personnes qui se ressemblent, qui exercent le même métier, et que son nom d’artiste actuel Gersin est proche parent de Singer, cela fait beaucoup de coïncidences.

– J’imagine que le personnage devait commencer à se sentir mal à l’aise, affirma Léo.

 

– Dans ces cas-là, on argumente en lui disant que nous pouvons gagner du temps s’il avoue tout, ou alors en perdre tout en lui affirmant avec certitude que nous finirons bien par savoir ce que nous voulons savoir. Il a bien sûr affirmé qu’il n’avait rien à cacher que la police se trompait, qu’il était un paisible citoyen qui vivait en Espagne et tutti quanti. Pour contrôler ses dires, on pouvait faire venir Léo, il saurait bien dire s’il est l’homme qu’il prétend ou son ancien chef d’orchestre, c’était dans le domaine du possible.

– Alors il a craqué ?

– Pour finir, il a reconnu qu’il était bien Singer et qu’il vivait en Espagne pour s’éloigner du milieu et des mauvaises fréquentations. Ce qu’il ne savait pas, à la limite qu’il pouvait deviner, c’est la cause de notre interpellation. Il pensait peut-être que c’était seulement à cause de l’usurpation d’identité, mais on n’envoie pas au bagne pour ça.

– Et ensuite, questionna Léo, qu’a-t-il dit ?

– Pour l’instant, je n’en sais pas plus, ils sont en train de le cuisiner, cela peut durer un moment, cela dépend de la coriacité du personnage. La seule chose de sûre, c’est que Singer est bien Singer et personne d’autre. Mais je crois que nous tenons le bon bout, il finira par cracher le morceau. Je suis venu vous informer des premiers balbutiements de l’interrogatoire, car il y aura une enquête approfondie c’est certain. Cette affaire était un peu tombée dans les oubliettes, mais suite à ce que vous savez, la police a une occasion faire la lumière et de redorer un peu son blason. En attendant je propose une tournée.

– Ah non c’est la mienne, balança Léo. Le vent souffle du bon côté avec vous mon cher Laverne.

– Léo du Hurlevent ! ironisa Marly

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Depuis l’arrivée de l’inspecteur, Isabelle n’avait pas prononcé un mot. Néanmoins, elle n’en avait pas perdu une miette. Elle pensait que tout cela était un peu sa faute, sans se sentir coupable pour un rond. Si elle n’avait eu cette coquetterie de porter ces talons après les avoir trouvés, rien de tout cela ne serait arrivé. Pire encore, que son homme soit le copain de celui qui les avait achetés. Et que ce dernier se soit attardé sur ses jambes rien parce qu’il avait remarqué qu’elle portait des bas à coutures et qu’il aimait ça. Elle pensait aux derniers dénouements de toute cette histoire, le fameux Singer salaud ou innocent, elle ne savait pas encore très bien, elle imaginait ce qui était en train de se passer à des centaines de kilomètres. Elle avait quand même une question qui lui brulait les lèvres, elle s’en ouvrit à Laverne :

– A la place de vos collègues comment l’interrogeriez-vous ?

– Je ne suis pas à la place de mes collègues, mais j’ai ma méthode et c’est dans doute celle que j’utiliserais. J’aime bien pratiquer le faux pour savoir le vrai, je vais vous donner un bref exemple avec la complicité de Léo. D’accord Léo ?

– Oui, oui, je veux bien si vous me promettez que je ne finirai pas en prison, on sait jamais avec vous.

– Aucun risque, c’est un interrogatoire fictif, comme si je vous soupçonnais de quelque chose, mais répondez par la stricte vérité. Mardi passé, vous avez fait une bonne recette malgré la pluie qui tombait à flots?

– Mais il ne pleuvait pas mardi !

– Avec ça je sais de manière assez sûre que vous étiez probablement mardi dans votre bistrot, au pire à Paris, car il faisait plutôt beau ici alors qu’il faisait un temps très médiocre presque partout ailleurs. Selon les situations et les cas on peut moduler, mais il faut avoir un minimum de présomptions, un fil rouge. Dans le cas évoqué avec Léo, supposons qu’une personne l’accuse d’avoir commis un braquage à Lille. Je suis à peu près sûr qu’il accuse Léo pour une raison que j’ignore, mais qu’il n’était pas là au moment du braquage le fameux mardi. Dans les cas où deux personnes sont suspectes, c’est assez facile, car pour que cela tienne la route il faut absolument qu’elles racontent exactement la même chose et on les interroge séparément bien évidemment.  Avec une histoire inventée, il y aura fatalement des divergences, mais…

Marie-Thérèse vint à la table.

–  Monsieur Laverne, on vous demande au téléphone…

– Ah c’est mon contact de Pau, je lui ai demandé de m’appeler ici s’il y avait du nouveau.

A suivre

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1000 fois sur le métier à tisser le nylon tu remettras ton ouvrage

24 092015 5Ce post est un peu particulier car il est le millième sur ce blog. Mille articles, dont à peu près les 4/5 sont dédiés à ce fameux bas nylon sous toutes ses formes, le reste étant bien sûr consacré à la musique. Je me demande où j’ai été chercher tout ça, car c’est sans doute un des seuls blogs qui est plus basé sur le texte que sur la photo, bien qu’elles ne manquent pas. Je crois, et je le croirai toujours, que le défense du bas nylon passe avant tout par les mots, plus que par un million de photos que tout le monde admire, mais qui ne vont pas au-delà de la simple contemplation. Je ne sais pas combien de dames se sont mises à porter des bas suite à une visite sur mon blog, je sais pourtant qu’il y en a eu, deux, trois, dix, vingt, je ne sais pas. Chaque conversion est pour moi un sorte de victoire et même si je ne les croiserai jamais, d’autres en profiteront certainement. Un point que je tiens à préciser, pour moi le bas nylon est avant tout lié à un sens du glamour et de l’esthétique, plus que quelque chose de purement attirant sexuellement. Le nylon et ses dérivés ne m’intéressent que quand ils prennent la forme d’un bas.

La meilleure preuve à mon argumentation, c’est de lire tous les articles, oui je sais ça risque d’être long, que j’ai consacrés à ce sujet. Je n’y traite jamais les femmes en objet et je n’aime pas trop celles qui souscrivent à cet argument. Je préfère de loin celles qui portent des bas rien que pour leur plaisir, même si elles sont conscientes du pouvoir qu’ils peuvent exercer sur le mâle. C’est un libre choix qu’il faut respecter en étant bien conscient que dans la plupart des cas ce n’est pas pour nous, illustre passant, qu’elles le font. Si je peux être attiré par une femme qui porte des bas, s’il n’y a pas les chandelles, le clair de lune, une musique douce, le plaisir en sera certainement diminué. Il ne restera que le côté purement « artistique » de la chose, mais cela reste encore énorme, donc ne vous privez pas, Mesdames, de me faire admirer vos bas et jarretelles. Je vais bien sûr me balader sur les blogs des autres, et j’y laisse quelquefois un commentaire. J’essaye toujours de le faire d’une manière qui laisse entrevoir un effort de ma part pour remercier l’auteur, j’emploie alors volontiers l’humour. Je ne manque jamais de lire les commentaires posés par les visiteurs, dont certains me consternent par leurs lieux communs, c’est beau, c’est sexy, vous êtes charmante. Heureusement que je lis ces commentaires, car j’aurais risqué de mourir idiot, je n’avais pas remarqué. Ceci dit, cela fera certainement plaisir à l’auteur du blog, mais je crois savoir qu’il y en a qui se sentent un peu lésés par rapport à l’effort fourni.

Voilà, je me suis permis ce petit interlude pour vous dire que le bateau continue de voguer sur sa mer en nylon et que la fête continue.

A bientôt

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