Léo coeur de nylon (73)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son statut de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Après bien des rebondissements, ils semble que les choses se précisent. Il est décidé d’entrer en action. Le fameux jour où tout devrait s’éclaircir arrive enfin.

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Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

Oui c’était bien Laverne qui traversait la rue en direction du bistrot. Il poussa la porte et chercha l’équipe à Léo du regard. Un sourire illumina son regard quand il vit qu’ils étaient là. En passant devant le comptoir, il commanda un blanc sec et vint s’assoir à la table. Il se doutait bien qu’il était attendu, mais il pensait bien que les paroles seraient plus importantes que la présence de sa personne. Il adressa un regard à chacun, attendit que le verre de blanc soit posé devant lui, en but une brève gorgée et se mit à parler :

– On peut dire que l’opération a réussi. Voici en gros ce que mon contact m’a raconté. Seiler a formellement reconnu  Singer. Mes collègues de Pau l’ont abordé en lui demandait de décliner son identité. Il s’est présenté sous un autre nom, ce que confirmaient les papiers qu’il a présentés à leur demande.  Les deux hommes qui l’accompagnaient, ses collègues musiciens, ont soutenu ses dires. Ils ont prié le trio de les suivre au poste comme on dit. Ils ont bien sûr protesté qu’ils avaient un engagement le soir même.

– C’était à prévoir, avança Léo.

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– Evidemment, c’est que j’aurais aussi dit. Mais l’argumentation des collègues fut de poser le problème comme une simple vérification d’identité, ce qui ne leur prendrait que quelques minutes, en charge de les conduire à l’endroit qu’ils désiraient après coup.

– J’aurais pas fait mieux, ironisa Marly.

– Une fois au poste, la première constatation de mes collègues fut que les papiers étaient authentiques, du moins au niveau administratif. Ce qui ne veut pas dire qu’ils certifient que le nom qui figure dessus est bien celui de la personne qui les détient. Là, c’est la routine policière qui doit entrer en jeu. On lui mit sous le nez une photo d’un concert prise quand notre ami Léo donnait un de ses concerts. Seiler était bien visible et il ne pouvait nier que cela la ressemblance était frappante. Deux personnes qui se ressemblent, qui exercent le même métier, et que son nom d’artiste actuel Gersin est proche parent de Singer, cela fait beaucoup de coïncidences.

– J’imagine que le personnage devait commencer à se sentir mal à l’aise, affirma Léo.

 

– Dans ces cas-là, on argumente en lui disant que nous pouvons gagner du temps s’il avoue tout, ou alors en perdre tout en lui affirmant avec certitude que nous finirons bien par savoir ce que nous voulons savoir. Il a bien sûr affirmé qu’il n’avait rien à cacher que la police se trompait, qu’il était un paisible citoyen qui vivait en Espagne et tutti quanti. Pour contrôler ses dires, on pouvait faire venir Léo, il saurait bien dire s’il est l’homme qu’il prétend ou son ancien chef d’orchestre, c’était dans le domaine du possible.

– Alors il a craqué ?

– Pour finir, il a reconnu qu’il était bien Singer et qu’il vivait en Espagne pour s’éloigner du milieu et des mauvaises fréquentations. Ce qu’il ne savait pas, à la limite qu’il pouvait deviner, c’est la cause de notre interpellation. Il pensait peut-être que c’était seulement à cause de l’usurpation d’identité, mais on n’envoie pas au bagne pour ça.

– Et ensuite, questionna Léo, qu’a-t-il dit ?

– Pour l’instant, je n’en sais pas plus, ils sont en train de le cuisiner, cela peut durer un moment, cela dépend de la coriacité du personnage. La seule chose de sûre, c’est que Singer est bien Singer et personne d’autre. Mais je crois que nous tenons le bon bout, il finira par cracher le morceau. Je suis venu vous informer des premiers balbutiements de l’interrogatoire, car il y aura une enquête approfondie c’est certain. Cette affaire était un peu tombée dans les oubliettes, mais suite à ce que vous savez, la police a une occasion faire la lumière et de redorer un peu son blason. En attendant je propose une tournée.

– Ah non c’est la mienne, balança Léo. Le vent souffle du bon côté avec vous mon cher Laverne.

– Léo du Hurlevent ! ironisa Marly

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Depuis l’arrivée de l’inspecteur, Isabelle n’avait pas prononcé un mot. Néanmoins, elle n’en avait pas perdu une miette. Elle pensait que tout cela était un peu sa faute, sans se sentir coupable pour un rond. Si elle n’avait eu cette coquetterie de porter ces talons après les avoir trouvés, rien de tout cela ne serait arrivé. Pire encore, que son homme soit le copain de celui qui les avait achetés. Et que ce dernier se soit attardé sur ses jambes rien parce qu’il avait remarqué qu’elle portait des bas à coutures et qu’il aimait ça. Elle pensait aux derniers dénouements de toute cette histoire, le fameux Singer salaud ou innocent, elle ne savait pas encore très bien, elle imaginait ce qui était en train de se passer à des centaines de kilomètres. Elle avait quand même une question qui lui brulait les lèvres, elle s’en ouvrit à Laverne :

– A la place de vos collègues comment l’interrogeriez-vous ?

– Je ne suis pas à la place de mes collègues, mais j’ai ma méthode et c’est dans doute celle que j’utiliserais. J’aime bien pratiquer le faux pour savoir le vrai, je vais vous donner un bref exemple avec la complicité de Léo. D’accord Léo ?

– Oui, oui, je veux bien si vous me promettez que je ne finirai pas en prison, on sait jamais avec vous.

– Aucun risque, c’est un interrogatoire fictif, comme si je vous soupçonnais de quelque chose, mais répondez par la stricte vérité. Mardi passé, vous avez fait une bonne recette malgré la pluie qui tombait à flots?

– Mais il ne pleuvait pas mardi !

– Avec ça je sais de manière assez sûre que vous étiez probablement mardi dans votre bistrot, au pire à Paris, car il faisait plutôt beau ici alors qu’il faisait un temps très médiocre presque partout ailleurs. Selon les situations et les cas on peut moduler, mais il faut avoir un minimum de présomptions, un fil rouge. Dans le cas évoqué avec Léo, supposons qu’une personne l’accuse d’avoir commis un braquage à Lille. Je suis à peu près sûr qu’il accuse Léo pour une raison que j’ignore, mais qu’il n’était pas là au moment du braquage le fameux mardi. Dans les cas où deux personnes sont suspectes, c’est assez facile, car pour que cela tienne la route il faut absolument qu’elles racontent exactement la même chose et on les interroge séparément bien évidemment.  Avec une histoire inventée, il y aura fatalement des divergences, mais…

Marie-Thérèse vint à la table.

–  Monsieur Laverne, on vous demande au téléphone…

– Ah c’est mon contact de Pau, je lui ai demandé de m’appeler ici s’il y avait du nouveau.

A suivre

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