Léo coeur de nylon (75)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son statut de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Après bien des rebondissements, ils semble que les choses se précisent. Il est décidé d’entrer en action, avec les compétences d’un flic un peu particulier, Laverne. Le fameux jour où tout devrait s’éclaircir arrive enfin.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Evidemment tout le monde connaissait « Le troisième homme », même Léo se rappelait l’avoir vu au cinéma, plus encore, la musique l’avait marqué. C’est une de ces musiques qui se grave dans votre mémoire sans en connaître ni le titre, ni l’interprète. Il scrutait attentivement le visage de Laverne, décidément il le surprendrait toujours. Maintenant, il faisait presque partie de ses amis, du moins il pouvait sereinement en envisager la possibilité. Tout à l’heure, à son arrivée, suite à ses premières paroles, il croyait que tout était foutu, que le mystère risquait bien de rester mystère. Si Laverne pouvait devenir un ami, Léo devinait qu’il le connaissait encore mal. Il percevait quelques lueurs,  principalement le caractère joueur du policier. Il l’affirmait, non pas sur une table de jeu, mais bien dans sa manière de se servir de l’esprit des autres pour mieux affirmer le sien. C’était le genre de type qui choisissait d’abord la mauvaise nouvelle, pour rendre la bonne encore meilleure. Léo le sentait, il allait se passer quelque chose.

– J’ai besoin de Singer, comme je vous l’ai dit, pas pour lui coller un meurtre sur le dos vous le savez maintenant, mais pour qu’il me précise un pont, un seul. Léo, à part être un excellent musicien, connaissiez-vous d’autres passions ou intérêts à Singer ?

Léo réfléchit, pour lui Singer c’était un musicien, même un très bon. Cela dit, ils n’avaient pas toujours discuté de musique, plutôt de tout et de rien. En réfléchissant bien, il trouva quand même quelque chose, pas tellement pour en avoir discuté avec lui, mais juste parce qu’il le savait. Il se lança :

– Il me semble qu’il avait un certain intérêt pour le jardinage et la botanique. Je crois que son père était un prof de sciences naturelles, il m’avait parlé de lui une ou deux fois.

– Et savez-vous, s’il avait hérité de cette passion ?

– Hérité, je n’en sais rien. Ce que je sais, c’est que son père était décédé un peu avant qu’il me rencontre. Je me souviens qu’il avait vendu une sorte de collection de plantes, un herbier je crois que ça s’appelle, à un naturaliste pour une somme dérisoire, pour un musée ou un truc comme ça. L’appât du gain n’était certainement le but, mais histoire de faire de la place. Si je connais cette histoire, c’est que le bonhomme est venu un soir après le concert et a dit qu’il voulait voir Singer, qu’il avait rendez-vous avec lui. Effectivement, Singer a parlé avec lui, un moment et je l’ai vu remettre une sorte de classeur épais d’au moins une vingtaine de centimètres.

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– Je vois que votre mémoire est excellente, c’est bien ainsi que cela s’est passé. J’ai retrouvé ce bonhomme. J’ai appris par lui que le père de Seiler était un passionné de plantes, sans être un savant il était érudit dans le domaine, il avait amassé  une sorte de collection de plantes rares ou spéciales. Il a racheté la collection du père Seiler pour l’intérêt particulier qu’elle représentait. Son but était très simple, il voulait l’exposer dans le lycée où lui-même enseignait. Il connaissait le père par la force des choses, ils étaient du même métier et s’étaient rencontrés quelquefois. Quand il a appris sa mort, il a repensé à cette collection et a contacté le fils, qui l’avait effectivement conservée. Il faut que je vous précise un point, la mère de Seiler est morte avant son mari, et Seiler était fils unique. Il était le légataire universel. Avant de vous en dire plus, je crève de faim, on pourrait manger quelque chose si vous avez aussi la dent ?

Le temps avait passé et il est vrai que l’idée de manger quelque chose n’était pas si mauvaise. Même que Léo avait pris ses précautions, il avait envisagé qu’il y aurait du monde pour le dîner.

– J’ai prévu le coup, ce matin j’ai concocté une sauce financière pour des vol-au-vent, avec frites et salade, cela vous irait ?

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L’accueil fut très enthousiaste, Laverne parce qu’il aurait même mangé des épinards, chose qu’il détestait. Marly et Isabelle raffolaient de tout ce qui pouvait ressembler à un vol-au-vent. Pour Léo, c’est bien la gourmandise qui avait dicté son choix. Il l’avait fait passer avant le reste, tout en sachant qu’au moins deux des personnes présentes ne feraient pas la grimace. Il appela Marie-Thérèse pour qu’elle dise à sa femme de descende préparer le repas. Elle était au courant et savait ce qu’elle avait à faire. En attendant, Marly proposa l’apéritif sous la forme  d’un coup de blanc. Il savait que Laverne en buvait avec un plaisir non dissimulé, et puis il se disait que plus il boirait plus il serait disert sur la suite des résultats de son enquête.  Quand Marie-Thérèse revint, il lui signifia la commande en la priant d’amener quelques cacahouètes salées, une sorte de drogue pour lui.

On trinqua une nouvelle fois en attendant le repas. Personne ne manifesta d’impatience envers Laverne et ses secrets. On imaginait que le bonhomme n’allait pas en rester là et que les confidences ne sauraient tarder. Isabelle, toujours fine mouche, pensa que son silence était voulu. Elle le surprit plusieurs fois en train de regarder en direction du téléphone, comme si ce dernier allait se mettre à sonner sous l’emprise de son regard. Elle pensa, sans en être certaine, qu’il attendait des précisions de son correspondant. A son avis, il était plus que probable qu’il ne voulait pas se lancer dans de nouvelles révélations sans avoir la confirmation de quelque chose. Jusqu’ici, il avait parlé de choses dont il était sûr. Il avait certainement plus ou moins dénoué toute l’intrigue. C’est un peu comme quand on marche avec un lacet dénoué à ses chaussures, on peut marcher, mais on risque aussi de se casser la gueule. Le coup de téléphone qu’il semblait attendre pouvait être  le coup de main qui lui permettrait de rattacher son lacet et marcher d’un pied sûr en direction de la vérité.

Le repas arriva. La sauce était délicieuse, une petite merveille. Si Léo n’était plus capable de pousser la chansonnette, il savait très bien ouvrir la bouche pour y enfourner de bonnes choses.  Même es banales frites prenaient chez lui l’allure d’un festin. Il savait très bien acheter les pommes de terre qui convenaient le mieux à les rendre parfaites et employer l’huile qui convenait à ce genre de préparation. Il ne faisait pas mystère de sa méthode, il n’employait que de l’huile parfaitement fraîche, c’était aussi simple que cela. Laverne qui n’avait jamais vraiment goûté la cuisine à Léo, ne put que lâcher quelques compliments. Il travailla d’un couteau et d’une fourchette allègres, un peu comme s’il chassait des mouches importunes venues essayer de lui voler un peu de son repas. Quand son assiette fut presque vide, il regarda l’assistance et lança :

– A propos de plantes, cela ne vous fait pas penser à quelque chose ?

A suivre

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Des dessous pour un siècle (17)

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Avec ce nouveau chapitre nous abordons le période où le bas va être mis à mal presque uniquement par l’apparition d’un vêtement qui n’avait jusqu’alors pas droit de cité, mais que l’on pouvait trouver sous des formes apparentées dans les peuplades sauvages ou exotiques, la minijupe.

Je peux d’autant parler de cette époque en connaissance de cause puisque je l’ai vécue. Si ces souvenirs ne sont plus de première fraîcheur, ils sont par contre encore très présents dans ma mémoire. Je les partage avec des millions d’autres garçons et filles qui ont aujourd’hui à peu près mon âge. Je vais y revenir quelques instants.

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Les règles du jeu étaient simples. Les filles portaient des bas tout en étant pour la plupart très conscientes de leur potentiel à fixer les regards et leur pouvoir de séduction. C’était pour elles, et cela arrive en tête, pratiquement une promotion sociale que je pourrais appeler la majorité sentimentale. Avant on était juste une petite fille insignifiante, maintenant on savait qu’il fallait compter avec elle. Les garçons tombaient volontiers dans le piège et nul doute que s’ils avaient à choisir une petite amie entre deux filles, celle qui portait des bas avait un avantage certain. Les collants existaient déjà depuis bien longtemps. Dans la réalité, ils étaient plutôt opaques et n’avaient pas la finesse du nylon. Certains étaient même en laine et plutôt destinées aux fillettes. Depuis quelques années on tentait de les imposer à la clientèle féminine dans une version plus légère, transparente, telle qu’elle existe maintenant. Mais comme on dit, la mayonnaise ne prenait pas, le bas avait les faveurs de ces dames et demoiselles, mais…

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En 1964, un journal montre une pub pour les collants, l’araignée tisse sa toile!

Je retourne dans ma classe d’école en 1965 puiser dans les souvenirs.

Nous étions un peu plus d’une vingtaine dans cette classe villageoise, à peu près en deux moitiés égales. Parmi les filles, cinq ou six portaient déjà des bas au moins occasionnellement. Socialement, les enfants d’agriculteurs étaient assez nombreux, sans être majoritaires. C’est justement parmi eux que l’on trouvait les plus défavorisés socialement, ceux qui avaient la vie la moins riante. Dans ma classe, les filles appartenant à ce milieu ne portaient pas de bas. C’était bien celles d’un milieu plus aisé qui arboraient cette parure, selon la permission plus ou moins précoce de maman. En général, vers 12 ou 13 ans, elle arrivait sous la forme de l’achat d’un porte-jarretelles ou plus souvent d’une gaine. Cela peut sembler bizarre maintenant, mais c’était comme ça, imaginez maintenant une fille de 12 ans avec porte-jarretelles et bas, impensable! Je l’ai déjà dit et écrit des dizaines de fois, mais je le redis, porter des bas était une chose plutôt conventionnelle, presque banale. Cela ne l’empêchait pas d’avoir des admirateurs masculins, mais surtout muets. C’est le vide laissé par son absence qui le portera aux nues de l’érotisme.

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Dans ma classe et ma catégorie d’âge, j’étais certainement un des plus délurés. Les copains de classe me cassaient un peu les bonbons, je les trouvaient ringards. Quand ils s’éclataient à comparer le dernier tube de Claude François avec celui d’Adamo, moi je flashais sur les Yardbirds, les Pretty Things, les Who, tout le devenir d’une belle évolution musicale. Cela m’a rendu service, car pour essayer de comprendre quelque chose dans les titres et les paroles des chansons, je me suis mis à l’anglais avec une vieille méthode trouvée dans les livres de mon père. En plus, j’avais un peu la chance de pratiquer l’italien avec ma mère. Cela m’était bien utile quand j’allais en Italie en colonie de vacances pour converser avec ces charmantes petites italiennes de la colonie voisine. C’est là que j’ai entendu ma première déclaration d’amour ou quelque chose comme ça. Elle s’appelait Miranda et me dit avec un sourire: « mi piaci! », de quoi m’emmener dans les étoiles. Si mes camarades lisaient Bob Morane, que j’ai toujours cordialement détesté, j’étais plutôt attiré par l’histoire tout court, les histoires de fantômes, les histoires de soucoupes volantes. J’avais aussi dépassé depuis longtemps la petite guéguerre qui était de mise avec les filles, style les filles c’est bête ou ça parle trop. Je n’ai pas changé d’un clou depuis. J’aime que les filles m’étonnent d’une manière ou d’une autre, pas seulement en portant des bas. Je savais alors qu’elles le sentaient bien, elle m’accordaient volontiers leurs confidences et nous avons quelquefois parlé de bas sans pour autant aller très loin. C’est assez typique et j’en rigole encore aujourd’hui, mais elles me parlaient, sûrement à titre comparatif, des dessous de leur mère. Madame Dupont aurait été bien étonnée, si je lui avais dit que je savais qu’elle portait des dessous noirs. J’étais aussi un peu combinard. Ma petite copine de l’époque une certaine Yvette, était la seconde d’une famille de trois. Sa soeur ainée portait des bas, elle non. J’avais pris son coeur libre, comme il peu l’être à 12 ans, pour mieux pouvoir approcher l’autre dans une version personnelle du loup dans la bergerie. Je me suis ramassé un flop, car Yvette a remarqué que je draguais sa frangine et m’a planté là, ignorant tout de la cause des mes profonds sentiments. Elle était pourtant plus jolie, mais que voulez-vous, on est accro au nylon ou pas.

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Ces souvenirs, je les ai déjà racontés, plus en détails ailleurs dans mon blog, mais il fallait que je fasse ce petit résumé pour rappeler et planter le décor d’une époque qui voyait la fin du règne du bas nylon qui n’aura duré que 25 ans et des poussières.

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La révolution vestimentaire en marche n’arrivait que par échos dans mon village sans remettre immédiatement tout en question. Il est vrai que les campagnes ne sont pas les villes, elles sont ouvertes aux nouvelles idées avec un décalage dans le temps. Il faudra encore quelques lunes avant de voir une minijupe nous laisser entrevoir la face cachée d’une autre lune celle-ci beaucoup plus terrestre. La mode vestimentaire ne m’intéressait pas beaucoup, la musique attirait bien plus mon attention. Je ne me suis pas douté un seul instant que l’apparition de la minijupe allait mettre le bas au rancart. Il faut bien se mettre à l’esprit qu’en 1965 la longueur de la minijupe n’était pas encore aussi courte qu’elle le sera un an ou deux plus tard. Elle s’arrêtaient pour la plupart 10 à 15 cm au dessus du genou. On pouvait encore porter des bas sans trop jouer les allumeuses. Seules le filles d’un âge un peu plus avancé pouvaient s’afficher avec ce vêtement, pas les fille de ma classe, donc je pouvais imaginer qu’il en serait ainsi éternellement.

Nous verrons dans un chapitre suivant l’avènement de cette minijupe et de son impact sur les bas.

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Les Yardbirds en 1965 le groupe des années 60 qui m’a le plus marqué. En les écoutant à cette époque, je ne m’imaginais pas que j’allais plus tard les connaître personnellement. Un rêve d’adolescent devenu réalité. La photo illustre assez bien l’habillement des garçons en 1965, qui plus est des vedettes.

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Carnaby Street en 1965, la rue qui va devenir le centre de la mode

A suivre

Oldies but goldies… Paris-Hollywood surtout et autres coquineries

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Je vous parle d’un temps que les moins de 60 ans ne peuvent pas connaître ou si peu…

Il en va à peu près ainsi des paroles de cette chanson très connue. En ce temps-là, la littérature coquine n’existait que cachée sous les comptoirs des kiosques et se vendait sous le regard parfois réprobateur du client qui était juste à côté de vous. Depuis que l’écriture existe, il s’est toujours trouvé quelques narrateurs pour parler des beautés de la nature, plus spécialement quand elles se déplacent sur deux jambes. Dans l’Antiquité, on célébrait l’érotisme avec une certaine ferveur, parfois même avec une certaine liberté qui peut faire grincer les puritains d’aujourd’hui. L’apparition de l’imprimerie a permis d’immortaliser sur la durée quelques récits et de les rendre disponibles pour tous les intéressés. L’avènement de la photographie a ajouté un plus à la dimension visuelle, on peut illustrer le corps ou toute autre situation à caractère sexuel de manière précise sans avoir recours aux moyens artistiques en vigueur jusque-là, dessin, peinture, sculpture. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’homme ne s’est pas privé d’en faire un bon ou mauvais usage. Je serais curieux de savoir au bout de combien de prises de vues, la première photo érotique est née. Sûrement très peu de temps après la propagation de l’appareil photographique.

Pendant des décennies, la photographie érotique a circulé dans les marchés parallèles. Dans certains pays, proposer ce genre de marchandise pouvait entraîner un séjour en prison, il fallait donc faire gaffe, mais cela n’a jamais arrêté l’offre et la demande. Dans les années 50, l’apparition de revues régulières a provoqué une sorte de révolution dans les moeurs. On pouvait, selon certaines règles à respecter, publier des magazines avec une certaine liberté de suggestion qui n’allaientt pas au-delà  d’une femme nue ou en tenue légère. Le plus célèbre restera Playboy, qui n’était de loin pas le plus dévergondé. Le lecteur avait droit a quelques photos suggestives, mais l’essentiel tournait en des articles plus ciblés sur la vie quotidienne de l’homme moderne, icône et argument commercial de la revue. Il pouvait cligner de l’oeil sur des corps dévêtus, mais il devait aussi tout savoir sur le dernière bagnole à la mode ou l’art de passer ses vacances sous le ciel bleu. Parallèlement, une foison de revues nettement plus osées fleurira un peu partout.

Encore fallait-il une fois les revues existantes, se les procurer. C’était là tout l’art du jeu entre le timide et celui qui osait. Il y avait ce qui était exposé et ce qui ne l’était pas, nécessitant un dialogue avec le vendeur. Selon les pays et lois en vigueur et ceci jusqu’à la fin des années 60 principalement, elles étaient interdites d’exposition dans les kiosques et librairies. Il y avait toujours une certaine guerre de retard, quand ce qui était légalement toléré et parfois admis à l’affichage, la plupart des revues un rien friponnes, la demande allait vers des choses plus épicées, on se dirigeait vers la pornographie. Le jeu continuera  jusqu’à l’apparition des sex shops qui deviendront une banalité en France depuis le milieu des années 70, légalisant livres, accessoires, cinéma.

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Un film de 1960 illustre bien la situation de l’amateur de revues coquines. Dans le puissant thriller de Michael Powell, « Peeping Town (Le Voyeur) », une scène fait allusion à la quête d’un amateur de photos érotiques. Un vieux monsieur lubrique, interprété par le toujours excellent Miles Malleson, pénètre dans un shop:

 – Le Times s’il vous plait!

– Voilà, autre chose?

Le client hésite et poursuit:

– Un ami m’a dit que cous aviez des photos…

– Quel genre de photos?

Euh…

Le vendeur sort alors un classeur avec des photos osées de dessous le comptoir et le tend au client en lui montrant celle de dessus:

– Cette sorte de photos?

Le client acquiesce, s’empare fébrilement du classeur et le feuillette exprimant sa satisfaction avec de l’étonnement et des mimiques de satisfaction. Il le parcourt en entier et demande:

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 – C’est combien la photo?

– Cinq shillings!

 – Et combien pour le tout?

– Cinq livres, monsieur

Le client a l’air de trouver le prix un peu excessif.

– Pour vous, je vous fais quatre livres-dix avec le Times et le Telegraph… 

Le client est d’accord et le vendeur emballe le classeur dans une enveloppe où il est écrit: « livres éducatifs ». 

– Si vous me donnez votre adresse, je peux vous mettre dans ma liste de clients?

– Non, non, je reviendrai, embarrassés du client qui part avec son emballage sous le bras. Le vendeur l’appelle:

– Hep monsieur!

– Oui?

 – Vous oubliez vos journaux!

 – Mes journaux?

 – Oui, le Times et le Telegraph

Une fois le client sorti commentaire du vendeur:

 – Aujourd’hui il ne va pas faire des mots croisés!

Dans le domaine des revues coquines, la France s’y mettra assez tard, bien que celle qui deviendra la plus légendaire commencera d’une toute autre manière. En 1947, Cinéma Paris-Hollywood débutera sa carrière comme un magazine qui se voulait un concurrent du déjà établi, Ciné Revue. On y parlait de cinéma et de stars sans toutefois les montrer de manière délurée. Ostensiblement, il bascula dans un érotisme plus aguicheur, il devint le royaume du bas et du porte-jarretelles, du presque nu, du nu. Au fil des ans, il passera du sépia à la couleur, du sage au moins sage. Pendant 25 ans, sous différent noms, mais dans lequel Paris-Hollywood figure toujours comme générique, elle tirera jusqu’à 80000 exemplaires en publication bimensuelle. Comparativement aux photos actuelles que l’on peut voir un peu partout, elles offrent une tension érotique bien différente, sans doute inégalable. Il y a des choses qui se situent dans l’air du temps, un moment qui fut et qu’il ne sera jamais plus possible de recréer exactement. Seule l’expérience et le vécu permettent de saisir cette subtilité. Heureusement, comme je le disais au début de l’article, les témoins d’un temps peuvent traverser les époques pour étaler la magnificence de celle d’ou ils viennent. Je crois que Paris-Hollywood se situe parfaitement dans cette lignée.

Serge Koolenn, ancien guitariste du groupe Il Etait Une fois, décédé récemment, avait consacré une pochette d’album et un titre à la revue en 1981

Le logo de l’album était assez coquin. Le disque fut censuré sur les antennes nationales, le radios libres n’existaient juste pas. 

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Un de mes éternels complices et fin connaisseur en bas nylon, merci à lui, a réactivé un site qui témoigne de cette époque. Peut-être un jour il prendra une forme plus définitive, mais ce qui s’y trouve déjà a de quoi nous faire baver des ronds de chapeau, ou plutôt des ronds de bouton de jarretelle!

Pour y aller il suffit de clique sur la photo ci-dessous

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