Léo coeur de nylon (74)


Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son statut de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Après bien des rebondissements, ils semble que les choses se précisent. Il est décidé d’entrer en action. Le fameux jour où tout devrait s’éclaircir arrive enfin.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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La tablée suivit du regard Laverne qui se dirigeait vers le téléphone. Comme ce dernier se trouvait à l’autre bout du comptoir, il était difficile d’entendre la conversation perdue au milieu du brouhaha de la clientèle qui était peu nombreuse mais bruyante. A défaut d’entendre, on pouvait regarder les mimiques du flic, l’oreille collée au récepteur. Son visage restait pourtant du genre impassible. De temps en temps, il ponctuait d’un hochement de tête ce que son interlocuteur débitait à l’autre bout du fil, qu’il interrompait parfois par une question. La discussion dura bien cinq minutes, c’était d’autant interminable pour les intéressés qui attendaient, guettant le moindre signe positif ou négatif à la question que tout le monde se posait, Singer avait-il craché le morceau ?

Finalement, Laverne raccrocha et revint s’assoir à la table.

– Il joue au coriace le bonhomme. Vous vous en doutez, mes collègues l’ont questionné sur les fameuses chaussures, comment étaient-elles arrivées aux pieds de sa copine le jour de la fête du général. Il a dit qu’il n’en avait pas la moindre idée, qu’elle les avait sûrement achetées d’occasion et qu’il n’en savait pas plus.

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Isabelle prit la parole :

– Si je me souviens bien, il avait dit à sa copine de fermer sa gueule, que les chaussures valaient une place en enfer ?

– C’est exact, ils lui ont rappelé ce qu’il avait dit à sa copine, mais il ne se rappelait plus d’avoir dit cela.

– Cela va être difficile de lui en faire dire plus, affirma Léo, un rien déçu.

– Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas flic pour rien. Je n’ai pas perdu mon temps, vous savez. Pour moi la clé de l’énigme se trouve ici, à Paris ou dans les environs. C’est bien ici que le meurtre a été commis. Singer est un lien qui nous relie à lui, c’est bien pour cela que nous l’avons intercepté à Pau. Plus encore, sa copine de l’époque est bien celle qui portait les chaussures lors de la fameuse soirée pour la promotion du général, le père d’Isabelle. Vos témoignages et ceux recueillis ailleurs sont affirmatifs, il s’agit bien de Geneviève Lacour, plus connue sous le nom de Maude dans les milieux de la prostitution. Que Singer sache quelque chose, c’est évident. Sa remarque à Geneviève lors de la fête et son allusion à une place en enfer, montre qu’il sait quelque chose. D’après Léo, il n’a pas la carrure d’un meurtrier, mais ne semble pas pour autant avoir fréquenté tous les saints du paradis. Je me suis posé la question, à savoir quel pouvait être son lien avec le meurtre, et comment sa copine pouvait être au courant de la chose. La trace de Geneviève se perd après son séjour à l’hôpital suite à sa chute dans la piscine. Comment Singer a-t-il vécu cela et que s’est-il passé après l’accident ?

Léo regarda Laverne, une lueur intéressée dans le regard.

– Je devine que vous avec découvert du nouveau ?

– Comme je vous l’ai dit, c’est à Paris que se trouve la clé de l’énigme. J’ai fouillé dans le passé autour de Maude et de son souteneur, Monti. Si j’ai tenu tellement à ce que l’on retrouve Singer, c’est que j’ai besoin de lui pour éclairer ma lanterne sur un ou deux points, pas tellement pour lui coller un meurtre sur la peau, je peux déjà vous le dire, il est totalement innocent sur ce point.

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– Mais encore ? questionna Marly

– Léo, quand vous avez appris la mort de Lucienne, c’était par la bouche d’un tenancier d’une boîte à Pigalle, le Lugano ?

– Exact, je l’ai su avant que les journaux en parlent par sa bouche.

– Je suis parti sur la piste de ce tenancier, Hervé comme vous l’appeliez, comment pouvait-il connaître le meurtre de Lucienne avant tout le monde ?

– A l’époque, je ne me suis pas posé la question, cela pouvait être la rumeur, vous savez les nouvelles circulent vite dans le milieu.

– En effet, mais c’est toujours intéressant d’avoir une version des faits autre que celle que peut raconter un journal ou l’autre. Eh bien, j’ai fini par le retrouver, il est toujours à Paris et il tient toujours un bistrot, mais c’est un simple bistrot de quartier vers la porte de Saint-Ouen.

– Ah, interrompit Léo, il est toujours en vie et il va bien ?

– Même qu’il se rappelle très bien de vous et qu’il m’a semblé étonné que vous soyez aussi devenu un bistrotier. A part ça, il va bien, il vit tranquillement, il est marié avec une ancienne pute et ils ont l’air heureux. Il a bien éclairé ma lanterne. Il se souvient très bien comment il a été mis au courant de la mort de Lucienne, c’est un gars du milieu, un certain Pedro qui lui en a parlé. Il faisait partie de la bande à Monti, le souteneur qui s’est fait buter un peu après la mort de Lucienne, vous vous souvenez ?

– Oui nous en avons parlé.

– Eh bien, et c’est là que cela devient intéressant, il le savait par la bouche de Monti, car quand Lucienne est morte, elle était dans sa voiture. En effet, quand Monti est parti avec Lucienne, elle ne se sentait pas très bien. Monti a mis cela sur le compte de l’ivresse car ils avaient passablement bu lors de la soirée. Mais pendant le voyage, elle s’est sentie de plus en plus mal et a fini par passer l’arme à gauche.

– Ce que je n’ai jamais su, affirma Léo, c’est de quoi exactement elle est morte, empoisonnée d’accord, mais avec quoi ?

– Vous connaissez une plante qui s’appelle Gueule de loup ?

– Je crois que je connais, répondit Isabelle, c’est une fleur de couleur violette qui passe pour être toxique.

– C’est plus que cela, c’est un véritable poison, l’une des plantes, sinon la plante la plus toxique que l’on peut trouver dans nos régions. Quelques grammes suffisent à un homme pour passer à trépas. A l’autopsie on en a trouvé des traces, elle est plus que probablement morte de cela.

Marly qui jusque-là écoutait en silence se manifesta.

– Si je me souviens bien, on l’a retrouvé dans une forêt, c’est donc Monti qui s’en est débarrassée ?

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– Oui, toujours d’après Pedro, il a choisi cette solution, la plus pratique pour lui. Personne ne les avait vus partir, ils avaient fait une fête en petit comité, sans témoins. Tous des gens du milieu n’allaient pas vendre la mèche. Il est probable que Monti voulait la mettre au travail pour son compte, mais ce n’était pas encore officiel, si l’on peut dire ainsi. Il ne laisserait pas trop de soupçons derrière lui, et puis s’il avait besoin de témoins, il pouvait compter sur sa bande, ils affirmeraient tous qu’il n’avait pas quitté l’endroit de toute la soirée.

– Pourquoi, pendant qu’on y est ne l’a-t-il pas tuée ?

– Je suis sûr que non, mais pour en être absolument certain, j’ai besoin de Singer, qu’il parle à propos de quelque chose et je tiens la solution.

– Vous êtes sûr ?

– Vous connaissez le film « Le troisième homme », eh bien je vais faire un remake à ma manière !

A suivre

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