Des dessous pour un siècle (20)

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Les années 70 sont sans conteste un période de liberté où tout peut être dit et son contraire, c’est une ère de contestation qui s’étale plus dans les propos  que dans l’intention réelle d’améliorer un société qui n’est pas idéale. On peut critiquer son patron, et si celui-ci nous vire, il n’y qu’à traverser la rue pour se faire embaucher par le patron d’en face. C’est une image, mais c’est un peu ça.

C’est l’avènement de la femme libérée, tout le monde mâle l’admet du moins quand la femme est présente. Le femme, elle, se comporte comme telle. Il y a la vieille école, les couples qui se sont mariés dans les années 50 ou 60, dont la pensée est encore faite de traditions. La femme reste encore volontiers à la maison pour élever les enfants, c’est surtout que le salaire du mari suffit aux besoins de la famille. Si cette règle souffre quelques exceptions, la nouvelle école soit les enfants de la vieille, accède plus individuellement au monde du travail et des loisirs. Les filles apprennent de vrais métiers couronnés par un diplôme et deviennent plus indépendantes financièrement. C’est d’autant plus possible, car l’économie manque de bras.

Les dessous deviennent fonctionnels et à moins d’une révolution future, le resteront. Ils deviennent un produit de consommation comme un autre. Les slogans pour les vendre mettent plus en évidence le confort que le côté coquin qu’il peuvent avoir. Ils continuent cependant de subsister côte à côté sur les étalages, mais dans des proportions qui ne sont pas comparables.

Quelques traits de cette mode vu d’en dessous…

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La marque Huit se conjugue en duo, soutien-gorge et slip font la paire. C’est minimaliste, pas toujours très sexy, mais ça marche. C’est le type même de ce que l’on trouve en grande surface, quand soudain en achetant sa boîte de cassoulets, on se rappelle qu’il ne faut pas oublier de renouveler le tiroir de lingerie avec quelques pièces neuves. La seule concession coquine, là et ailleurs, c’est une certaine transparence qui laisse deviner ce qui nous attend quand on ne connaît pas.

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Playtex met à l’heure sa gaine 18 heures, une gaine minimaliste qui assure toutefois un maintien de l’abdomen et qui sert aussi à mettre les fesses en évidence. Elle est, c’est évident, sans jarretelles.

La mode devenant de plus en plus unisexe, presque aucune femme n’a de complexe à s’afficher en pantalon et par définition de mettre ses fesses bien en évidence.  Par contre, on essaye autant que possible de limer l’impression que l’on porte quelque chose sous le pantalon.

Une tendance du début des années 70, qu’on ne voit pas souvent mentionnée, c’est l’opposition du maxi-mini. Chez la gent féminine, la minijupe est très, très mini. Mais en hiver on porte dessus un maxi manteau qui brosse presque le trottoir. Je pense que les plus anciens se rappelleront de cela.

La mode des années 70, que l’on peut considérer comme assez terne, privilège le confort sous diverses variantes. La plupart du temps ce sont des variantes apportées à ce que l’on connaît déjà. Le soutien-gorge avec certains petits trucages permet de porter une robe décolletée dans le dos. Le pyjama avec quelques améliorations, devient une tenue d’intérieur. On peut recevoir ses invités en robe d’intérieur, robe qui rappelle un peu les fastes de la lingerie d’antan. Une des rares nouveautés reste la caraco, version moderne d’un vêtement du 18ème sicle. A ses côtés, le tee-shirt, pas vraiment une nouveauté non plus, devient une institution.

Et nos chers bas nylons que deviennent-ils?

C’est certain, le collant a définitivement conquis les jambes féminines. Il y a peut-être encore 1% des dames qui portent encore des bas et parmi elles 0,1% qui n’ont pas l’âge d’être la grand-mère d’un adolescent ou un jeune homme né dans les années 50-60. Je crois qu’en comparaison du 0,1% d’alors, il y a infiniment plus de femmes qui portent aujourd’hui des bas jarretières.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la disparition presque totale du bas a laissé une sorte de vide affectif dans l’esprit de l’homme, du moins l’occidental. Pourtant il ne disparaît pas complètement du paysage. Les prostituées en portent souvent, c’est une sorte de bonus offert au client. C’est un bien et un mal, on fait encore maintenant l’amalgame entre bas et prostitution, ce qui est complètement faux, une erreur historique. D’une certaine manière il revient, mais pas matériellement. Je n’en suis pas certain, mais je pense  que c’est quelque chose qui a un rapport avec une certaine forme de marketing, comme aujourd’hui on vous vends des chargeurs de rechange pour votre portable. Le cinéma en sera le principal promoteur. Les scènes ou madame ajuste sa jarretelle deviennent plus courantes, on les rajoute presque avec une certaine volonté plaisir. L’Italie s’en fera quasiment une spécialité. Un tas de petites comédies à deux balles troueront la nuit des salles avec profusion des bas et jarretelles de toutes les couleurs. La film « Malizia » avec Laura Antonelli, aurait-il eu autant de succès s’il n’avait pas étalé de nombreuses scènes en bas nylon? On peut en douter. François Truffaut offrira un cinéma d’une qualité bien supérieure, avec une certaine envie de nous faire profiter des dessous de ses vedettes, chose dont il ne se prive pas dans de nombreux cas. Paradoxalement dans « L’homme Qui Aimait Les Femmes », titre qui a un petit air prophétique, il n’y a pas vraiment de scènes ou le nylon s’étale complaisamment.

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Sans doute une des premières scènes de ce genre qui devint culte (Malizia 1973).

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Un des cinéastes italiens qui échappe à la ritournelle du cinéma érotique italien des années 70, Tinto Brass. Ici une scène de « Salon Kitty » (1975), avec helmut Berger, basé sur une histoire réelle.

La presse masculine, celle destinée à un grand public en dehors de toute notation pornographique, ne se prive pas d’étaler femmes en bas et porte-jarretelles. Le plus en vue fut sans doute Lui et dans une certaine mesure la version française de Playboy. A sa disparition, le fameux Paris-Hollywood laisse un vide, car à l’opposé des précédents, il y avait plus à voir qu’à lire. On put compenser en partie la perte par des revues un peu plus confidentielles comme Sexy-Humour, qui offraient passablement de filles en bas nylon à l’intérieur de leurs pages. Pour le reste, les revues coquines des boîtes de nuit peuvent constituer un palliatif de moindre importance.

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Le couple Gainsbourg-Birkin dans Lui en 1974

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Une des couvertures de « Sexy Humour »

Les années 70 resteront comme la période la plus fade depuis l’invention du bas qu’il soit en nylon ou pas, tout est fait pour favoriser le collant dans l’idée de l’éternel féminin. Je dois à nouveau faire appel à mes souvenirs pour quelques repaires dans le temps. Je l’ai dit ailleurs, ma dernière vision d’une jeune femme portant des bas, remonte à 1973. A part le fait que j’ai eu sous ma vue et pendant longtemps, une femme qui en portait sans que je m’en rende compte, j’ai commencé à revoir des porte-jarretelles dans une revue de vente par correspondance en 1974. En 1976, par hasard à la devanture d’un grand magasin sur un étalage, je m’aperçus qu’une dame d’une quarantaine d’années portait des bas, car une jarretelle était visible par transparence sous sa robe. Comme vous le voyez, les cas sont assez rares pendant cette période.

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Dix ans après sa presque disparition, la presse parle à nouveau de la jarretelle et prédit son retour. Le vent tourne même s’il ne souffle pas encore en tempête.

Les choses vont bouger avec l’apparition de la musique punk vers 76-77, qui va remettre les jarretelles dans la garde-robe féminine. Disons le tout de suite, s’il y a un esprit de provocation, il est plutôt lié à l’anarchie qu’à la provocation coquine. D’ailleurs les jarretelles ne se cachent pas tellement sous la robe, elles sont le plus souvent bien visibles ou très peu cachées. Ceci, plus le sevrage de quelques années et sans doute de quelques hommes qui demanderont avec insistance et persuasion à leur compagnes de porter des bas, le bas amorce les prémices dune renaissance.

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Le prototype de la punkette des années 70, eh oui elle porte des bas, ne s’en cache pas et ne les cache pas!

C’est à cette époque que l’on verra les premiers collants avec une couture apparente en trompe l’oeil. Comme quoi le bas à couture, le vrai, est une référence. Un collant qui veut faire croire que l’on porte de vrais bas, c’est une tromperie sur la marchandise, mais est-ce aussi une tromperie sur la rêverie?

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Un des bienfaits insoupçonnés de la musique punk et son résultat: la société récupère le « no future » de ces derniers et offre au bas une espérance pour le futur.

Nous verrons dans une prochaine partie comment le bas deviendra petit à petit un symbole de la vrai féminité. En attendant vous pouvez relire mon article Paris-Nylon 77, où je parle de quelques visions faîtes au cours de l’année 77 à Paris, en cliquant sur le lien ci-dessous

A suivre

 Paris – Nylon 77

Ils la connaissent mieux que moi (4)

Dans le cas des Beatles, certaines de leurs chansons bien qu’il s’agisse de reprises, ont passé à la postérité grâce à leur version. Pour pas mal de gens, c’est les Beatles et rien d’autre. Leurs premiers disques et albums alignent pourtant quelques unes de ces chansons qu’ils puisèrent ailleurs. En voici quelques unes, en zappant volontairement les originaux trop connus.

Une des chansons phares de leurs premier album, bien qu’il n’était pas prévu d’en faire un hit, devint quand même très populaire, tant et si bien qu’elle fut longtemps chantée lors des concerts. Il s’agit bien sûr de « Twist And Shout », dont ils se basèrent sur la version des Isley Brothers. Mais la version originale est le fait d’un autre groupe, les Top Notes. La chanson est composée par Phil Medley, plus tard un des Righteous Brothers, et Bert Berns, plus tard compositeur et fondateur du label Bang, ici sous le pseudo de Russell. Assez marrant, ce disque a été produit par le fameux  Phil Spector, sans grand succès.

Les Shirelles semblent avoir suscité de l’admiration de la part  des Beatles, car deux de leurs chansons figurent sur leur albums, « Boys », « Baby It’s You ». On peut jouer le jeu de savoir qu’elle est la meilleure interprétation, mais vocalement les Shirelles font ça merveilleusement bien.

Arthur Alexander a aussi suscité pas mal d’admiration de la part des artistes anglais de l’époque. On retrouve ses chansons chez pas mal de monde, Rolling Stones y compris. Les Beatles, eux, avaient choisi « Anna ».

Les Cookies, autre groupe vocal noir, a aussi le plaisir de voir un de leurs titres repris sur le premier album, ce qui n’est pas rien. 

Alors la suivante, je ne sais pas où ils ont été la chercher, mais le fait est qu’il l’ont trouvée. Aussi une superbe interprétation de ce groupe féminin noir de Chicago, les Donays.

Encore plus étrange, ils ont été repêcher le titre d’une comédie musicale « The Music Man », qui tient de l’opérette, mais leur version est bien différente.

En 1959, Little Richard enregistre un medley de deux chansons « Kansas City (titre différent de celui rendu célèbre par Wilbert Harrison)/Hey Hey Hey », un enregistrement relativement obscur à comparer au reste. C’est le titre idéal pour faire chauffer une salle en ayant pas trop l’air de cloner les autres. Les Beatles  l’emploient pour combler le manque d’originaux pour l’album « For Sale ». Il faut dire que la machine s’emballe et ils n’ont plus le temps d’aller cueillir des fleurs.

Le répertoire de Buddy Holly est un presque un puits sans fond pour aller y puiser une chanson ou l’autre. Comparé aux autres rockers de légende, son style est une merveille d’inventivité. Il est une inspiration majeure pour les groupes anglais. Je crois que l’on peut dire que peu de gens savent que c’est lui qu a créé « Words Of Love ».

Assez peu connu « Mr Moonlight » fut créé en 1962 par les bluesman Piano Red et enregistré sous le nom de Dr Feelgood. Cette chanson fut aussi au répertoire des Merseybeats deux ans plus tôt.

Les Beatles ont revisité trois fois le répertoire de Larry Williams, mais celle-ci, « Bad Boy », fut un peu plus difficile à écouter, car elle ne figurera dans la discographie anglaise qu’en 1966 sur la compilation « Oldies But Goldies » qui rassemble un peu ce qui n’avait pas encore fait l’objet d’une publication sur 33 tours pour les Anglais.

Voilà, j’ai à peu près fait le tour de ce que les Beatles puisèrent ailleurs, presque exclusivement dans le répertoire noir, et inclurent dans leur discographie officielle. Après l’album « For Sale », leurs enregistrements ne comporteront que des originaux, à l’exception d’un court extrait folk figurant sur « Let It Be ».

Plus frustrant sera les reprises,que les Beatles enregistrèrent pour la télévision, notamment la BBC, et elles furent nombreuses. Le fan qui aurait pu aimer l’une ou l’autre n’avait aucune possibilité de les écouter sur disque. Il fallut quelques dizaines d’années avant ce cela soit possible, ce qui favorisa leur publication sur des disques pirates. Cela pourra faire l’objet d’un futur article.

Léo coeur de nylon (78)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son statut de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Après bien des rebondissements, ils semble que les choses se précisent. Il est décidé d’entrer en action, avec les compétences d’un flic un peu particulier, Laverne. Le fameux jour où tout devrait s’éclaircir arrive enfin.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Il en avait dit des choses Laverne, c’est lui qui menait le bateau, il représentait la loi dans ce qu’elle pouvait avoir d’officiel, mais cela allait plus loin. Chacun pouvait s’imaginer combien de fois il avait fait tourner son manège personnel dans sa tête. Les pensées de chacun arrivaient à la même conclusion, si c’était lui qui avait mené l’enquête à l’époque, nul doute que le mystère serait éclairci depuis longtemps. Marly était sans doute le moins frivole de l’équipe, le plus apte à saisir la noirceur humaine. Il l’avait expérimenté dans sa vie, bien plus loin que ses désirs. Ce fut lui qui prit la parole.

– Monsieur Laverne, je vais noter le nom du coupable sur un billet que je retournerai sur la table. Ainsi personne ne saura maintenant à quelle conclusion je suis arrivé. Il se peut que je me trompe, il ne manque toutefois un point sur lequel je bute et vous allez sans doute m’éclairer sur lui très prochainement. C’est un peu comme si j’avais pris un billet de loterie, que je sais qu’il est gagnant, mais je ne sais pas encore ce que j’ai gagné. Je vous en prie continuez votre histoire, pendant que j’écris le nom.

– Je suis à peu près sûr que vous avez la bonne réponse, mais en effet il y a quelques points où j’avais besoin de Singer pour qu’il éclaire ma lanterne. Le premier est certainement juste un truc qui a rapport avec sa fuite, savoir pourquoi il se cachait. Le second nous concerne directement tous, nous qui sommes autour de cette table. Mais avant de faire la lumière sur cette histoire, je veux vous faire une petite dissertation sur une enquête de police.

Léo alluma sa cigarette d’un geste nerveux. C’était lui le plus concerné directement par cette affaire. Sa nervosité, c’était une sorte d’angoisse, il voulait bien en finir avec une bonne fois pour toutes avec ce coin de son passé qu’il avait oublié avec le temps, mais qui était revenu au galop dans sa vie présente. Il tendit son oreille en espérant qu’il n’allait pas devenir subitement sourd.

– Depuis pas mal de temps, le passé de chacun de vous a été mis à contribution pour que nous puissions cerner la vérité. Vous vous êtes certainement rendu compte  qu’une multitude de personnages, de faits, d’anecdotes, ont surgi du passé. Vous, bien plus que moi, car avant que l’enquête me soit confiée, vous avez sûrement parlé d’un tas de gens qui auraient pu, d’une manière ou d’une autre, jouer un rôle dans cette histoire. Notre ami Léo est le plus concerné par ce que je dis, c’est lui qui a relancé toute l’affaire. C’est souvent le cas dans une enquête, il y a un tas de trucs dont on parle, mais dans la réalité, seuls trois ou quatre permettent d’y voir clair, ou sont nécessaires pour faire jaillir la lumière. C’est comme une maison, elle est faite d’un tas de briques, mais seulement quelques-unes sont indispensables pour qu’elle ne s’écroule pas, le reste c’est de la décoration, ou pour empêcher le vent d’entrer dans votre salon. On est un peu comme des toubibs quand on écoute les témoignages. Il y en a un qui ne sent pas bien, il a très mal à la tête, il le souligne et ne parle que de cela, mais en réalité il a le foie malade. Un bon flic comme un bon toubib, doit parvenir à trier le vrai du faux. Il y a dix personnes témoins qui ont vu un piéton se faire écraser par une voiture, mais aucune n’a vu exactement la même chose. Pour un c’est le piéton qui s’est élancé sur la route, pour l’autre c’est la voiture qui roulait trop vite, pour un troisième c’est la faute au manque de visibilité à l’endroit de l’accident. Il y aussi celui qui n’a pas bien vu, mais qui croit que. C’est ce qui me passionne dans mon boulot, c’est pas tellement d’arrêter des coupables, mais de trouver quelles sont les pièces du puzzle qui nous feront deviner ce que l’image représente quand on ne la connait pas. Je conseille d’ailleurs de faire un puzzle sans savoir ce qu’il représente, c’est bien plus marrant. Je me souviens qu’à l’école pour les fêtes de Noël, notre pion nous proposait de faire un grand puzzle en commun. A chacun son tour, on essayait de mettre une pièce. Chaque élève qui réussissait d’en mettre une à la bonne place marquait un point.  Le premier qui avait trouvé ce qu’il représentait avait droit à un splendide cadeau et celui qui avait placé le plus de pièces justes avait aussi droit à un joli cadeau. Jamais les élèves n’étaient plus attentifs le reste de l’année.

– Je parie que c’est vous qui gagniez toujours, rigola Léo.

– Pour poser les pièces à la bomme place, je crois me souvenir que j’ai gagné trois années de suite. Par contre, j’étais moins bon pour trouver ce que représentait l’image. Une fois c’était Versailles, mais je n’ai pas pu trouver le nom de l’endroit. J’ai bien vu que c’était un truc historique, mais je n’y étais jamais allé. A part ça, je reprendrais bien un de ces petits cafés…

Léo appela Marie-Thérèse en levant sa tasse et en la tournant comme s’il brassait une sauce, c’était le signal convenu pour la tournée. Un truc à lui pour ne pas essuyer de refus de la part de l’un ou l’autre. Cela le vexait toujours un peu.

Laverne poursuivit son histoire.

– La peur de Singer, eh bien c’est assez simple. J’ai d’abord pensé, comme mon collègue de l’époque, que c’était lui l’assassin. Il avait toutes les connaissances sur la fameuse plante mortelle. Imprudemment,  il en avait parlé avec la fameuse dame Gaubert, Gloria pour les intimes. Tiens ça me fait penser que récemment dans un bistrot, un jeune a mis une pièce dans le jukebox, il a fait jouer un disque en anglais où il était question d’une certaine Gloria, le chanteur avait une voix rocailleuse qui allait très bien avec la nôtre de Gloria, je me demande s’il ne l’a pas rencontrée un jour.*  L’histoire de la plante mortelle a bien un rapport avec Singer, il a en quelque sorte refilé le tuyau. Mais j’ai acquis la certitude que quand la victime a été empoisonnée, Singer ne pouvait pas être présent, il était ailleurs, j’ai un témoignage qui l’affirme avec certitude, peu importe lequel, cela n’a qu’une importance relative. Donc ce n’est pas lui. Revenons au fameux repas, au cours duquel l’ancienne copine à Léo a avalé son bouillon d’onze heures. Etaient présents ce soir-là, Monti,  la victime Lucienne, Gloria, son mari, quelques intimes de Monti, dont le fameux Pedro. C’est par lui qu’est venu un éclairage intéressant quand j’ai retrouvé l’ancien tenancier du Lugano et qu’il me l’a raconté. Donc, le repas a été servi dans l’arrière salle d’un petit bistrot de Pigalle, où Monti avait quelques habitudes. Salle discrète, idéal pour parler de choses et d’autres, traiter certaines affaires entre spécialistes. Pourtant, ce soir-là, il semble que la réunion était simplement amicale, on fêtait quelque chose ou rien, on pourrait dire qu’il n’y avait rien d’officiel.

– Donc, c’est bien là, au cours de ce repas que Lucienne a été empoisonnée ? questionna Léo.

– Oui c’est certain. L’autopsie est formelle, l’ingestion du poison remonte à environ deux, maximum trois heures avant la mort. Quand Lucienne est partie avec Monti et qu’elle se plaignait de se sentir pas très bien, il s’était écoulé une heure depuis la fin du repas.

– Mais, demanda Marly, on sait pourquoi ils sont partis ?

– Le récit du fameux Pedro ne le dit pas, mais on peut supposer qu’ils partaient faire un petit séjour en amoureux. C’est souvent somme cela que les proxénètes mettent les filles sur le trottoir, après un joli petit voyage, au cours duquel ils présentent leurs pseudos soucis financiers et le moyen de l’aider à les résoudre. Le truc est classique.

– Donc Lucienne n’était pas encore une prostituée au sens professionnel du terme ?

– Non et c’est peut-être cela qui a fait que le crime n’a pas été résolu, l’enquête  a piétiné. Monti avait une vie publique et à ce moment-là, Lucienne n’en faisait pas partie, ils se voyaient discrètement. Une fois devenue une gagneuse elle aurait évidemment passé de l’autre côté, on les montre surtout pour faire savoir à qui elle appartient, du moins entre gens du milieu. Seuls, ceux de la bande à Monti et les époux Gaubert, avec qui il était en affaires, la connaissaient de près, le milieu la connaissait de loin, savait qu’elle existait.

 – Mais ce Pedro, il, était quand même assez bavard pour aller se confier à un patron de boîte, car c’est bien lui qui a raconté l’histoire ?

– Oui c’est lui, mais il n’a fait que répéter la rumeur en ajoutant certainement quelques précisions, dont une très importante, c’est lui qui a raconté le déroulement du souper à Hervé, tenancier du Lugano de son état.

– Ah cela a de l’importance ?

– C’est capital et heureusement qu’il s’est souvenu de cela, sinon je n’aurais sans doute pas la solution.

A suivre*

* Il fait allusion à la chanson « Gloria », interprétée par le groupe anglais Them

Les Beatles en streaming

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Enfin dirons-nous, on va pouvoir s’écouter les Beatles en streaming. Après des années de tergiversations, quelques puissantes mais agonisantes compagnies phonographiques, Universal dans le cas présent, ont décidé de jeter du lest. Elles ont enfin compris que le paysage musical avait changé

Je pense avoir largement payé mon dû au niveau des royalties dans le cas des Beatles. Entre les éditions courantes, les éditions exotiques, j’ai dépensé des montagnes de thunes pour ma petite collection. Bien sûr, je vais continuer à débourser, les écouter est réservé aux détenteurs d’un acompte premium. J’en ai un à quelque part, que je paye depuis pas mal de temps, alors écouter les Fab Four ne me coûtera rien de plus.

Les Beatles n’ont jamais été mon groupe favori, ils n’ont jamais enregistré le meilleur album de tous les temps, ils n’ont jamais surclassé les autres, si ce n’est au point de vue succès. J’ai tout au plus cédé au charme de quelques unes de leurs chansons. Je ne m’en porte que mieux musicalement. Plus qu’on ne le pense, ils étaient l’arbre qui cache la forêt. Les laisser un peu de côté, m’a permis de m’intéresser, de découvrir d’autres choses, tout aussi sinon plus intéressantes. Au lieu de les écouter en boucle, prendre un peu de temps pour aller voir ailleurs, chercher, trouver, comparer. A ce jeu-là, j’ai sans doute été gagnant sur toute la ligne.

Il reste malgré tout un point sur lequel je dois m’avouer vaincu et je reconnais ma défaite sans aucune aigreur. Jamais un duo de compositeurs-interprètes n’a aligné autant de chansons si charmeuses, si classe, si faciles à laisser entrer dans son oreille pour se fixer dans la mémoire. Si certains peuvent se targuer de quelques belles réussites, aucun ne peut prétendre à une place sur le trône à leurs côtés.

A l’heure où la popularité de certains artistes se mesure en vues sur YouTube et des ventes faramineuses avec des disques qui restent dans les bacs des magasins, les Beatles n’ont rien à craindre, ils sont déjà immortels…

3 coups de coeur

Et peut-être la plus belle des reprises 

Premiers nylons de l’année…

Encore meilleurs voeux à toutes et à tous!

En attendant que je digère mes bons petits plats… 

Une petite nouveauté pour ce début d’année, musicale celle-là. J’ai créé un autre blog où je vais essayer de vous tenir au courant des stars qui franchissent le grand pas. Bien qu’il s’appelle Les Carnets Noirs Du Rock, il n’est pas spécialement consacré à cette musique, mais aux musiciens, chanteurs, artistes en général. Il sera plus spécialement dédié à ceux qui disparaissent, mais qui ne font pas spécialement la une des journaux, même si parfois leur apport a été très grand.

carnets noir du rock

Vous pourrez trouver le lien dans la colonne de droite

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Miss Eva une étoile au firmamant

 

A-t-elle donné un instant de rêverie avec ses photos, c’est certain. Si elle les a donnés, c’est avec sa manière. La plus belle photo de charme n’est rien si le modèle aguicheur en est absent. L’instant capturé devient la brume qui enveloppe le paysage de la rêverie. Quand paraît cette jambe, si subtilement ombrée par ce voile de nylon, le moment se mue en charme. Le reste n’est que bonheur…

La revue Nylon-Zine ne s’y est pas trompé, elle a décidé d’accueillir dans ses pages ma resplendissante Ambassadrice, Miss Eva, coquinement vêtue par Secrets In Lace et Cervin. Que voilà un joli travail qui, ma foi, est une récompense bien méritée. Elle vient juste à point, comme un cadeau de Noël inattendu, que nous espérions quand même un peu!

Miss Eva, une étoile filante dans la nuit… mais éternelle!

Nous lui souhaitons de nous charmer encore…

Elle vous donne rendez-vous ici

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Au gai l’an n’oeuf!

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Ah la vache une nouvelle année!

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C’est tout frais!

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On va pas en faire tout un plat!

Les prédictions de Nostradaboss pour 2016

Risques d’embouteillages dans le ciel car les cons iront au paradis

Chute des ventes de Star Wars car la paix sera signée définitivement

Les Anglais vont continuer de rouler à gauche, les socialistes à droite

Les natifs des Poissons devront se méfier des automobilistes qui dépassent et se rabattent trop rapidement

Pour les narcissiques l’année se composera de 12 moi

Les chiens pour aveugles étant hors de prix, le gouvernement décidera probablement de les remplacer par des canes blanches

Au chapitre social, les journées de fous seront remplacées par des jours fêlés

Risques pour les femmes mariées en instance de divorce de devoir prendre leur mâle en patience

Toutes les femmes qui portaient des bas en 2015 continueront d’en porter en 2016, enfin j’espère

Le Boss va faire un blog sur les collants

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En espérant qu’il ne vous fasse pas un tour à sa manière!