Eclats de nylon et vieux papiers (4)

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Froissons les vieux papiers…

Plus la possibilité d’être informé s’est développée, plus les moyens de communications se sont développés, plus il a fallu trier parmi le flot d’informations. Aujourd’hui, cela va très vite, un événement qui se produit aux antipodes peut vous parvenir en moins de quelques minutes. Devant cette masse d’informations, un tri s’opère par des moyens plus ou moins mystérieux. Pourquoi un mec qui se met un pot de chambre sur la tête peut intéresser des millions d’internautes, alors qu’un naufrage qui fait 200 morts sera à peine commenté ou développé. La raison la plus évidente est que chacun peut trouver ce qui l’arrange ou pas dans la publication d’une information. L’attentat au Bataclan à Paris est un bel exemple, on en a fait un deuil national, même international, alors que les morts de la guerre ailleurs et bien plus nombreux, passent presque inaperçus. La montée d’un événement en épingle est souvent un écran de fumée qui aide à reléguer au second plan des choses dont on ne veut pas trop parler et n’arrangent pas tel ou tel courant d’opinion.

La presse de jadis, celle qui relayait l’information pure sans y adjoindre un commentaire d’opinion, était sûrement moins bien informée, mais plus impartiale. C’était le lot de ces petits journaux de province ou ceux des villes au tirage modeste par rapport aux plus populaires. Ils ont pratiquement tous disparus aujourd’hui. Ils constituent, quant on en retrouve les traces,  une mine d’informations pour retracer un événement local ignoré des grands journaux.

De manière générale, les catastrophes restent bien ancrées dans la mémoire populaire. Il y en a de temps en temps une qui passe à l’histoire, comme le naufrage du Titanic. Il est dans la nature humaine de préférer quelque chose d’exceptionnel, même négatif, à la routine quotidienne. Nous allons en voir deux, chacune à leur manière.

La première est un test de vitesse pourrait-on dire. L’événement, géographiquement lointain, nous donne une idée de la vitesse à laquelle pouvait se transmettre une information en 1883. Le 27 août l’île de Krakatoa située en Indonésie, explose suite à une éruption volcanique très violente. Cette explosion provoquera un tsunami qui se répandit loin à la ronde. Les victimes se chiffrent en milliers. Le climat mondial s’en trouvera perturbé pendant plusieurs mois, le volcan ayant envoyé des tonnes de cendres volcaniques dans l’atmosphère. 

Un journal bien de chez nous en parlera dans un bref article. Nous pouvons constater que l’événement qui s’est produit le 27 août est relayé par le journal le 30 août. Si nous prenons en compte le décalage horaire, le fait qu’un journal est bouclé à une certaine heure pour être imprimé et publié le lendemain, il a fallu environ deux jours pour que l’information lui parvienne. Ce qui n’est pas si mal pour un événement qui s’est produit à l’autre bout du monde.

L’article du 30 août 1883. Je rappelle que l’on peut cliquer les articles reproduits pour une meilleure lecture.

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En date du 30 décembre, les suites de l’explosion, les cendres qui font le tour de la Terre via l’atmosphère, sont commentées par un article.

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En parcourant la suite du journal, j’ai relevé deux publicités.

Pour ceux qui considèrent que le cancer est une maladie récente et moderne, on voit très bien que l’on tente déjà de la guérir.

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Publicité pour un restaurant, la choucroute est déjà au menu. En dessous, le samedi soir est consacré aux tripes. Ce plat jouit alors d’une énorme popularité, car il est accessible aux petites bourses. C’est pour certains une des rares occasions de manger de la viande. Selon les régions, le plat est apprêté de différentes manières, à la mode de Caën, à la milanaise, et comme je l’ai mangé dans certains endroits, avec une vinaigrette, de la mayonnaise, ou les deux. De loin la meilleure manière, car elle préserve le goût particulier à chaque sorte de tripes, la noire étant la plus délicieuse. De plus, j’ai mangé au Maroc, des tripes à la mode locale vraiment succulentes. 

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L’autre événement est plus proche de nous, pas tellement par le temps, mais par le lieu. Il s’agit de l’incendie du Bazar de la Charité à Paris, qui se produisit le 4 mai 1897. Les journaux de l’époque font mention de 200 morts, mais le chiffre le plus probable est d’environ 120 victimes. Si l’incendie eut un retentissement aussi grand, c’est que de très nombreuses personnalités issues de la noblesse et de la bourgeoisie se trouvèrent parmi les victimes. Imaginons qu’à cette époque de lutte sociale naissante, certains applaudirent discrètement et y virent un sorte de justice, divine ou pas. La victime la plus célèbre est la duchesse d’Alençon, la soeur de la fameuse Sissi, dont nous avons vu les destin tragique récemment.

Pourtant ce bazar part d’un bon principe. Il est mis sur pied par un financier, Henri Blount, et présidé par le baron Armand de Macrau. Son but est de venir en aide aux plus démunis en organisant des ventes de charité. Les ventes sont assurées et organisées par des dames qui appartiennent pour la plupart au gotha de l’époque. La première vente a lieu en 1885. Par la suite, elle changera plusieurs fois d’endroit et l’année du drame, elle est installée pour la première fois au 15-17 de la rue Jean Goujon, dans le 8e arrondissement. Tout en étant une vente de charité, elle se veut aussi une sorte de foire avec distractions et autres divertissements. Justement, cette année-là, pour quelques dizaines de centimes, on présente des projections avec le cinématographe. Peu de gens ont alors eu l’occasion de voir des imagines animées, Louis Lumière est le Speiberg de cette fin de siècle. C’est justement ce divertissement  qui sera la cause du drame.

Résumé des faits

Les lieux qui abritent la vente sont un véritable château de cartes. Pour donner le cachet d’une rue médiévale, on a installé des décors de théâtre dans un hangar en bois de 80 mètres de long sur 13 de large. Il ne comporte principalement qu’une porte d’entrée et sortie, alors que des centaines de personnes peuvent se tenir à l’intérieur, on estime le nombre à plus de mille au moment du départ de l’incendie  Aujourd’hui le service du feu dirait que le tout est hautement inflammable.

Le fameux appareil de cinématographe se trouve dans une salle arrière. Il fonctionne encore à l’éther. Ayant épuisé sa charge, il faut à nouveau le remplir. Une allumette malencontreusement frottée met les feu aux vapeurs qui sortent de l’appareil mal isolé. Au début le feu se limite au seul périmètre de l’appareil de projection. On remarque l’incident et on commence à  faire évacuer les lieux. Mais le feu va plus vite et c’est bientôt un gigantesque brasier qui trouve dans les matériaux un combustible de choix. En 15 minutes, tout est détruit.

Voici le premier compte rendu du journal local, le 6 mai 1897. On est pas encore très sûr du nombre de victimes

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Un jour plus tard, un correspondant local décrit ce qu’il a vu

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Un coin des lieux avant l’incendie

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Les photos des lieux en flammes sont assez rares, tout le monde n’avait pas un appareil de photo. Et tout s’est déroulé très vite

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Après le drame

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A défaut de photographies on a des dessinateurs

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La plus célèbre des victimes, la duchesse d’Alençon, soeur de Sissi. Elle eut, parait-il, un comportement héroïque, aidant d’abord les personnes de son entourage à sortir.

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Mais tout le monde n’est pas d’accord. Un article dans un journal qui défend la cause ouvrière.

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Et pour sourire

L’insecticide version 1926…

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Ambiguïté de la même année…

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Eclats de nylon et vieux papiers (3)

Eclats de nylon 


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Eclats de vieux papiers 

Même quand les médias n’étaient pas aussi développés qu’aujourd’hui, un événement pouvait prendre une dimension internationale. Le journaux étaient le principal accès à l’information, et à défaut d’écouter les infos à la radio, on écoutait les cris de vendeurs de journaux annonçant un événement retentissant. 

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Le 10 septembre 1898 a lieu à Genève un événement qui aura un retentissement planétaire, l’assassinat de l’impératrice d’Autriche, Élisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach, qui sera immortalisée plus tard sous le nom de Sissi. Elle est en théorie à la tête d’un empire suite à son mariage avec François Joseph 1er, un de ces mariages qui scelle ou renforce la puissance politique de la royauté. Elle est assez peu faite pour son rôle, autrement dit elle n’en a rien à cirer, et profite surtout de ses avantages pour voyager et montrer sa beauté un peu partout, car elle a la réputation d’être une très belle femme, ce que les photos ne démentent pas. C’est ainsi que bien plus tard, lors d’un voyage en Suisse, elle connut son destin tragique. 

Pour comprendre le contexte du meurtre, il faut se replonger dans le climat politique de cette fin du 19ème siècle. Les mouvements socialistes gagnent du terrain, la lutte des classes n’est pas un vain mot. Dans l’ombre. des mouvements anarchistes ne se contentent pas de cette lente avancée, ils veulent faire bouger les choses plus rapidement. Depuis près de 50 ans, ils détournent à leur avantage le progrès en marche. Un exemple facile à comprendre, le réseau ferroviaire couvre la plupart des pays d’Europe, permettant de sortir d’un isolement qui les condamne à des coups d’éclats isolés. Ils peuvent se regrouper en centre d’intérêts et frapper plus fort et il ne s’en privent pas. 

L’assassin, Luigi Lucheni, est un de ceux-là. Il est né à Paris d’une mère italienne qui l’abandonne et d’un père inconnu. Il est expulsé vers l’Italie ou il grandit dans les orphelinats et finit par servir dans l’armée. Il immigre en Suisse, à Lausanne, où il fréquente les milieux libertaires. Il semble avoir agi de sa propre initiative et avait pour but premier de tuer le prince d’Orléans qui séjournait à Evian, mais ne le trouvant pas, il choisit l’impératrice comme victime. Il fut condamné à la prison à vie, la peine de mort n’existant plus en Suisse. Il mourut pendu dans sa cellule en 1910. 

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Ce n’est pas l’assassin qui semble le plus triste sur cette photo!

Son geste est une grande bêtise, car sa victime bien qu’elle soit un symbole de la haute bourgeoisie, n’exerçait aucun pouvoir décisionnel ou politique. Son acte ne fit qu’attiser la haine sur les mouvements socialistes, les assimilant à des meurtriers et autres gens de corde.

Mais voyons comment la presse de l’époque traita l’événement à travers un journal local édité à Lausanne, le 12 et 12 septembre 1898. Le meurtre fut unanimement condamné par les capitales occidentales. Sourire de l’histoire, cela n’empêchera pas certains de se taper dessus 16 ans plus tard. Quant à Sissi, elle fit une belle carrière au cinéma sous les traits de Romy Schneider.

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Si on lit attentivement cet article, un ou deux points peuvent faire sourire. L’impératrice visiblement souffrante est montée à bord du bateau qui devait l’emmener. Avec une précision toute suisse, la bateau quitta le port sans qu’on s’occupe trop de l’état de la victime. Quand on découvrit qu’elle était gravement blessée, le bateau fit alors demi-tour et rentra au port. L’article fait aussi mention d’un homme avec un grande barbe dont on parle avec ironie dans un journal ouvrier et socialiste peu de temps après.

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Un article de Jean Jaures, un futur assassiné, assez visionnaire sur l’événement

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Une plaque posée à l’endroit où a eu lieu l’assasinat

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La vie reprend vite ses droits, un menu de restaurant 1 jour après le meurtre. On ne fait pas abstinence. Le restaurant n’est pas fermé pour cause de deuil. Pour se faire une idée du prix, un journal coûtait 5 centimes.

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Toujours à propos de bouffe, mais en pleine guerre 14-18 et avec humour. Un menu composé entre deux chutes d’obus. Chaque coin de ce papier est un petit chef d’oeuvre d’humour plus ou moins noir.

Regardez par exemple le soldat en haut à droite, ce qu’il fait, ce qu’il lit. (cliquer pour agrandir)

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Les petites annonces peuvent faire sourire, ou révéler comme dans cette annonce, que l’on peut choisir son métier en rapport avec son nom. 

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En 1889, une publicité fait allusion à la carie dentaire. C’est un des fléaux de cette fin du 19ème siècle. Il s’amplifie, comme par hasard, avec le développement du réseau des communications et de la bouffe industrielle. Bizarrement, cette publicité ne fait aucunement allusion à l’usage de la brosse à dents. Je vous raconte pas l’extraction des dents sans anesthésie.

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Des dessous pour un siècle (21)

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La mode est un éternel recommencement, cela peut très bien s’appliquer au bas nylon. Nous avons vu qu’il a presque disparu dans années 70, excepté quelques irréductibles et quelques vieilles dames qui conservèrent cette habitude, puis qu’il faut en parler de cette manière. Pour ces dernières, toute idée de lier cela à un quelconque désir de séduire et même de le lier à une idée de sexe est hors sujet. Elles font tout simplement cela comme un homme qui continuerait de se raser sans utiliser un appareil électrique. Je me souviens de ma tante qui pestait contre les magasins de sa petite ville qui ne proposaient pas ou peu de bas nylons à la clientèle.

Nous sommes encore entre deux mondes, toute jeune fille qui approchait de ses 20 ans en 1980, pouvait encore avoir vu sa mère porter des bas, même qu’elle le remarqua sans pour autant attacher une grande importance à la chose. Elle aurait pu tout aussi bien remarquer que son père avait laissé pousser ses cheveux. Depuis les années 50, la mode est incontestablement liée à la musique, c’est son meilleur support. Il y a la mode que les couturiers imaginent et celle plus visible qui se porte dans la vie de tous les jours. D’ailleurs je n’ai jamais bien su lequel des deux suivait l’autre. On peut se rappeler les fameuses chemises  à fleurs popularisées par Antoine dans ses « élucubrations ». Bien malin qui avait vu ce genre de chemise dans un magasin avant qu’il n’en parle dans sa chanson.

Au début des années 80, la mode musicale qui se pointe est ce qu’on appelle la new wave. Elle répond au mouvement punk qui s’essouffle. Beaucoup plus fouillée musicalement, on entre gentiment dans l’ère électronique en mélangeant les sons artificiels et en conservant les instruments traditionnels comme les guitares. On retrouve un peu la créativité des années 60 où chaque groupe a son style et un son qui lui est propre. Il y a Talking Heads ou des groupes qui explorent des musiques plus sombres et froides comme Joy Division.

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Une scène qui ne date pas des années 50, mais de bien plus tard, cela se remarque à certains détails. Voyez la dame qui porte des bas.

Plus étonnant, c’est le grand retour du rock and roll que l’on nomme désormais rockabilly, un terme pas si nouveau mais mis définitivement en évidence. Un groupe surclasse tous les autres, tant au niveau du succès que la maestria de ses membres, les Stray Cats. Ils revisitent avec un certain bonheur les classiques du rock et en créent de nouveaux. Toutefois, les puristes aiment sans doute cela, mais peuvent lui reprocher que l’on est pas tout à fait dans le son des premiers Presley ou Bill Haley. C’est normal, la technique a évolué on ne trouve plus beaucoup d’amplis à lampes, des circuits imprimés les ont remplacées. La stéréophonie est la règle et la vidéo devient un support de présentation.

25 021416 2Un album de 1976 qui préfigure le retour du rock and roll avec quelques groupes qui seront plus ou moins des têtes d’affiches quelques années plus tard. Remarquez que la fille porte des bas (voir le document en fin d’article) 
Revisiter les années 50 est un plaisir qui ne va pas sans faire rejaillir la mode de cette époque. Si la subtilité de la pureté du son des années 50 peut échapper à un adolescent qui ne l’a pas connu, il s’attardera plus volontiers sur les clichés qui vont avec cette musique. Banane pour les garçons et crinoline pour les filles. Certaines demoiselles vont soigner le détail et redécouvrent les bas. Au départ ce sont de simples bas tenus par un de ces porte-jarretelles acheté en grande surface, c’est toutefois un bon début. D’après mon expérience, je dirais que c’est le début et le renouveau du bas porté publiquement, autrement que dans un arrangement de chambre à coucher. Pour avoir pas mal fréquenté les concerts et festivals de ces années là, j’ai souvent eu l’occasion de voir des dames ou demoiselles porter des bas, et ce n’était pas des collants, croyez-en un expert. Pour mon plus grand plaisir, j’ai revu de véritables bas à coutures et à diminutions, un vrai paradis! Comme dans la vie de tous les jours, tout se croise et finit pas se rencontrer, cela donna quelques idées à celles qui n’avaient pas une admiration spéciale pour le rock and roll. Il est certain que depuis j’ai vu des dames porter des bas assez régulièrement et presque d’une manière allant crescendo.

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Les dessous des année 80 illustrent bien toutes les directions que peuvent prendre les styles de vie. La liberté est quasiment totale, on détourne d’une manière ou d’une autre les accessoires traditionnels.

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La fameuse culotte Sloggi en un croisement entre le Lycra et le coton, il acquiert la réputation de se laver à de hautes températures, ce qui a le pouvoir de tuer tous les microbes sans l’ombre d’un doute. C’est avant tout un argument publicitaire finement trouvé. Le slip masculin fait un pas vers l’appellation contrôlée. Désormais, il porte le nom du fabricant.

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Le caleçon devient aussi un accessoire féminin grâce à Coup de coeur. Même s’il rencontre un franc succès, on ne peut pas dire qui est criant de féminité.

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En 1984, c’est la consécration pour Chantal Thomas qui réinvente les dessous sexy, après les dessous chics de Birkin et Gainsbourg, en lui donnant une touche de modernité. Si l’on peut ne pas être toujours d’accord avec ce luxe qui ne va pas de pair avec les bourses peu garnies de billets, son grand mérite est d’avoir remis la guêpière au premier plan.

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La révolution la plus notable verra son avènement en 1986, c’est le retour du bas dans sa version Dim Up. D’une certaine manière, on refait en partie le geste immuable d’enfiler son bas, mais sans la conclusion finale, celui de l’attacher à la jarretelle. Il connaît un grand succès et se vend par millions. Pour les nostalgiques du sexy intégral, c’est un moindre mal, mais qui ne saura pas offrir tout le charme de la version complète. Il acquiert aussi une mauvaise réputation, celle de couper la circulation sanguine. C’est sans doute vrai quand on porte la taille S alors que les jambes sont XL, mais je pense que la plupart des femmes qui ont porté ces bas ont survécu. Peut-être plus ennuyeux, c’est le manque d’assurance dans la tenue du bas, qui rappelons-le est tenu par deux bandes de silicone, et peut connaître un certain relâchement après quelques usages. J’en ai vu une ou deux qui se payaient l’air malin lors de ce genre d’accident, surtout celles qui n’assumaient pas complètement l’art de porter des bas. Il est aussi conseillé avant l’utilisation des respecter un certains strict dans le choix de la taille. La présence d’un géomètre n’est pas expressément conseillée, mais peut avoir une certaine utilité. Dans la réalité, Dim n’a fait que de mettre en valeur un bas qui existait depuis trente ans, en lui assurant une méthode qui conjugue confort et une relative sécurité dans son maintien.

Nous verrons dans un prochain chapitre que ces années sont aussi le symbole du sexy qui s’assume, grâce à la publicité et à la télévision et nous explorerons les années suivantes.

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Un film qui date du début des années 80 est qui est en fait un documentaire. Un cinéaste, Curtis Clark, s’est intéressé à tous ces nostalgiques qui vivent encore la passion du rock and roll dans ses moindres détails, mais 25 ans après son explosion. C’est un film qu’il faut voir avant tout pour ses belles démonstrations de rock and roll sur scène, mais ce qui ne gâche pas le plaisir, c’est la caméra qui se promène au ras du sol et qui filme les bas et jarretelles des ces demoiselles qui dansent et les scènes sont assez nombreuses. On peut y voir Bill Haley quelques mois avant sa mort.

En voici un large extrait

 

Eclats de nylon et vieux papiers (2)

Nouvelle rubrique qui viendra s’intercaler de temps en temps entre les autres. Du nylon bien sûr, des photos un peu oubliées. Et aussi quelques articles puisés dans les journaux d’époque, c’est quelquefois très intéressant de voir ce qu’on disait d’un événement sur le moment avant que l’histoire s’en mêle et parfois rectifie le tir.

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Vieux papiers

Allons faire une deuxième excursion dans ces vieux papiers. Vous avez sans doute, même si vous avez moins de 100 ans, entendu parler de l’affaire Dreyfus. Bref résumé: un capitaine de l’armée française, Alfred Dreyfus, est accusé de trahison pour avoir vendu des secrets militaires aux Allemands. Reconnu coupable en 1894, il est condamné au bagne et déporté à Cayenne en 1895. Il y a deux choses qui jouent contre lui, il est juif et alsacien, ce qui pour certains peut constituer deux sortes de tares. Il a toujours clamé son innocence. L’affaire passionne les foules, ont se bat presque physiquement entre anti et pour. Pour certains, il apparaît que le procès est tout sauf impartial, mais le prouver est plus difficile. Il faudra l’intervention d’une célébrité de l’époque, Emile Zola, qui publiera un pamphlet mordant « J’accuse » en 1898, après que le vrai coupable, enfin découvert, soit acquitté. Il faudra encore attendre 1906, et de multiples rebondissements, pour que Dreyfus soit enfin réhabilité.

Avec le recul, cette affaire n’est pas à l’honneur d’un pays qui a créé la déclaration des droits de l’homme quelques cent ans plus tôt. Il est bien évident que la principale accusée est l’armée et ses membres parfois prêt à tout pour porter des galons sur une casquette. Cette affaire en est la parfaite illustration. Seule consolation, il y a aussi eu d’honnêtes officiers, sinon Dreyfus serait encore un traître.

Mais voyons quelques journaux de l’époque

Dans un journal local en 1894, on donne quelques précisions sur l’affaire qui vient d’éclater. A l’évidence, il ne s’agit pas d’une enquête propre au journal, mais du relais d’une information par agence de presse. Dreyfus apparaît comme un coupable sans circonstances atténuantes.

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Toujours en 1894, l’idée de l’Amérique est encore assez vague et surtout très lointaine. La preuve avec ce faire-part de décès paru le 11 décembre 1894 dans un journal local. La personne décédée est une suissesse exilée en Amérique âgée de 28 ans et habitant Oakland, près de San Francisco. L’Amérique n’est pas toujours le pays des miracles, du moins dans son cas. Par contre, on retrouve des traces de son décès dans un journal américain, qui donne comme date de son décès le 24 octobre. C’est dire le temps qu’il a fallu à cette nouvelle pour qu’elle arrive de l’autre côté de l’Atlantique. Pour rappel, il n’existait cette année-là qu’une liaison télégraphique à travers l’océan et un service postal qui devait prendre son temps. Par contre une photo d’Oakland datant de 1890, montre que la conquête de l’Ouest est terminée et que les rues ont déjà un air moderne.

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Pour terminer avec 1894, voyons un menu proposé par un restaurant pour le soir de Noël, eh oui les journaux paraissent le jour de Noël et on est encore loin de la semaine de 35 heures, c’est plutôt le double! On peut se rendre compte qu’il y a encore des saumons dans le Rhin et que la dinde est déjà un repas dédié à Noël. Ne nous y trompons pas, ce repas est plutôt destiné aux bourgeois avec la bourse bien garnie. Le saumon, la dinde aux truffes, le filet de boeuf, ne figurent pas au menu des ouvriers. Une mention spéciale au potage à la queue de boeuf qui est quelque chose d’absolument délicieux.

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Revenons à l’affaire avec un document exceptionnel. La manuscrit d’Emile Zola du fameux « J’accuse », sous forme de lettre ouverte au président de la République, Felix Faure. Figure ici la partie finale, celle qui sera publiée dans la presse de l’époque. On remarque la maestria de l’écrivain et l’orthographe quasi parfaite.  

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Un document tout aussi exceptionnel, la voix de Dreyfus citant une extrait de ses mémoires, enregistré en 1912.

Documents source Gallica. 

Eclats de nylon et vieux papiers

Nouvelle rubrique qui viendra s’intercaler de temps en temps entre les autres. Du nylon bien sûr, des photos un peu oubliées. Et aussi quelques articles puisés dans les journaux d’époque, c’est quelquefois très intéressant de voir ce qu’un disait d’un événement sur le moment avant que l’histoire s’en mêle et parfois rectifie le tir

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Vieux papiers

Article de 1938 où l’on apprend les suites de la mort de Pierrot le Bancal dont la cadavre fut retrouvé en forêt de Fontainebleau. Gangster notoire, spécialisé dans le cambriolage, il fut abattu par un membre de sa bande, Raymond Poujols. L’article révèle les méthodes de la bande dans laquelle une femme jouait un certain rôle.

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La fameux Landru lors de son procès

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Célèbre mais dont on ne connaît pas forcément le visage, l’aviateur Louis Blériot

 

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De l’humour d’époque

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Ca passe ou ça casse, article de 1909

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Léo coeur de nylon (79)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son statut de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Après bien des rebondissements, ils semble que les choses se précisent. Il est décidé d’entrer en action, avec les compétences d’un flic un peu particulier, Laverne. Le fameux jour où tout devrait s’éclaircir arrive enfin.

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Léo regarda une fois de plus Laverne, il ne comprenait pas toujours et surtout n’avait aucune intuition sur ce que ce flic allait pondre comme histoire pour éclairer sa lanterne. Mais il l’admirait silencieusement. Il ressassa pour lui-même la manière qu’il avait au temps de sa gloire pour savoir si une femme portait des bas, quand il avait un doute dans le clair-obscur des salles de concerts. Sa main un peu vagabonde se glissant furtivement sur la jambe des dames à travers la jupe ou la robe aux endroits stratégiques, là où il savait qu’une possible jarretelle tenait ces bas qu’il aimait tant. Il aurait pu en remontrer à Laverne sur le sujet, mais en rigolant intérieurement, il s’imagina que Laverne en serait arrivé à la même conclusion rien qu’en observant la dame à dix mètres. Il n’alla pas plus loin dans sa réflexion, car avec l’habitude il savait maintenant que Laverne allait reprendre son récit, après ces quelques secondes de suspension nécessaire afin de faire monter le suspense. Il ne voulait pas en perdre une miette.

– Vous vous imaginez, c’est normal, que lors d’un repas avec quelques amis, tout le monde mange la même chose. Je dirais que c’est selon et justement ce soir-là, il n’y avait pas unanimité sur le plat principal. La majorité avait opté pour des entrecôtes bordelaises.

– Ah ça, je suis certain qu’elle n’a pas mangé cela, interrompit Léo. Elle avait horreur de la cuisine au vin et de la moelle. Je me rappelle qu’une fois elle n’a pas voulu manger cela dans un restaurant où je l’avais emmenée après un concert.

– Vous avez raison, elle n’a pas mangé cela, je vois que l’avez bien connue pour vous rappeler cela. 

– D’autant plus que moi j’adore. Cela m’avait presque énervé, elle avait fait une telle moue quand elle a vu que j’avais choisi cela.

– Pour être précis, elle a mangé des escalopes avec une sauce aux champignons. Comme je vous l’ai dit, le repas avait lieu dans un coin discret d’un bistrot de Pigalle vers Blanche. Le restaurant était tenu par un certain Léon qui n’avait pas grandchose à voir avec le milieu, du moins il n’était pas en affaires avec eux, mais il savait qui il recevait et que ce n’était pas tous des anges descendus du ciel. On aimait assez bien sa manière d’être discret. En récompense, il avait une clientèle attitrée et régulière, qui n’en faisait non plus pas son quartier général. Pour autant que je sache, il n’a jamais rien eu affaire avec la police, il n’était pas surveillé d’une manière particulière et son bistrot était aussi fréquenté par bon nombre de touristes.

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Marly se rappelait vaguement de ce bistrot, il l’avait fréquenté une ou deux fois. Ce n’était pas tellement du bistrot dont il se souvenait, mais du patron et de son prénom, Léon. Il trouvait ce nom ridicule, à la limite de le faire éclater de rire. Avec un effort d’imagination, il pouvait vaguement revoir les lieux, mais il aurait été bien été en mal de dire combien il y avait de tables à l’intérieur et s’il y avait une arrière salle.

– Quand j’ai interrogé le patron du Lugano, il s’est rappelé de la conversation qu’il avait eue avec le fameux Pedro. La rumeur de l’empoisonnement avait déjà circulé. C’est là qu’il a raconté au patron que Lucienne avait mangé un autre plat que les autres, en l’occurrence les escalopes aux champignons. Mais il a dit cela comme ça, on savait plus ou moins qu’elle avait mangé des champignons et tout le monde a pensé que cela pouvait être la cause de sa mort. En relisant les faits récoltés par mes collègues de l’époque, ils ont aussi pensé à cela. On aurait pu mettre cela sur le compte d’un accident. Mais les champignons n’étaient pas en cause, cela est établi. Le médecin légiste qui a fait l’autopsie a suspecté un empoisonnement, ils ont l’habitude comme ça au premier coup d’œil d’aller dans une direction plutôt qu’une autre. Maintenant il me restait à savoir qui avait glissé le poison dans son plat et comment cela a été fait, là c’était plus difficile. Pedro n’avait rien raconté à ce sujet, il n’avait rien à raconter car pour lui c’était les champignons, c’est aussi la version officielle de ce que la police avait laissé filtrer de son enquête. C’est un truc, souvent on ne dit pas tout, parfois les gens se trahissent en donnant par accident des renseignements qu’ils ne sont pas censés connaître. Comme vous pouvez l’imaginer, il me fallait un témoin qui avait assisté au repas, je voulais avoir de plus amples renseignements sur son déroulement. Ma première idée fut de rechercher Pedro, encore un de ceux qui avait disparu de la circulation. Le patron du Lugano m’a mis sur une piste, il semblait avoir une passion singulière, il en avait quelquefois discuté avec lui. Il collectionnait les objets ayant trait à la seconde guerre mondiale, notamment tout ce qui avait un rapport avec l’armée. J’ai fait une enquête auprès de quelques antiquaires de la place spécialisés pour savoir s’ils n’avaient pas comme client un certain monsieur qui s’intéressait à ce genre d’objets. Je n’avais pas de photos, il n’a pas l’air d’être fiché, par contre il a un accent espagnol assez prononcé. J’ai fini par tomber sur un marchand qui avait connu quelqu’un qui avait un accent espagnol et qui s’intéressait aux objets militaires. Il m’a dit d’aller voir du côté des puces de Saint-Ouen chez un certain bonhomme spécialisé dans ce genre d’objets, il pouvait éventuellement me donner des renseignements. J’y suis allé, pas en me présentant comme flic, mais comme un amateur d’objets guerriers venant de l’Alsace. L’air de rien, je lui dis que j’avais perdu de vue un copain du nom de Pedro, si par hasard il ne le connaissait pas. Je dois avoir été assez convaincant avec mon imitation de l’accent alsacien, car il m’a filé un tuyau sans trop hésiter, le bonhomme travaillait quelquefois chez un antiquaire qui tenait une boutique dans un autre coin des puces. Par bonheur, il était présent quand je suis entré dans boutique.

Léo regarda Marly avec un sourire, il pencha les yeux sur le billet retourné où il avait écrit le nom du coupable, ou celui qu’il pensait être le coupable. Encore un peu de patience et on saurait enfin le fin mot de l’histoire.

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– Je me suis présenté à lui en ne cachant pas ma qualité de flic, tout en le rassurant que j’avais juste besoin d’un témoignage à propos d’une vieille affaire. Il a été d’accord et nous sommes allés boire un verre. Je tenais enfin un témoin direct de l’affaire. Je me suis tout d’abord intéressé à lui, à savoir ce qu’il faisait là lors du souper et quel était précisément son rôle dans la bande à Monti. Comme je le soupçonnais, il n’était pas vraiment de la bande, c’était comme qui dirait un client de passage. Ce qui m’y a fait penser, c’est son comportement avec le patron du Lugano, sans lui dire de grandes choses, il avait quand même lâché quelques propos qu’un vrai homme du milieu n’aurait jamais prononcés. Cela va vous étonner, mais il agissait pour le compte d’un agent immobilier espagnol qui vendait des maisons sur les côtes d’Espagne. Et justement Monti venait d’en acheter une, c’est ce qui justifiait sa présence lors du repas, un vrai repas d’affaire en somme. Pedro, Vergara de son vrai nom, était venu s’établir en France justement dans le but de rechercher des clients, il touchait d’intéressantes commissions pour chaque maison vendue. Pedro est un type plutôt sympathique, ouvert, du genre assez bavard. Il n’a pas eu de peine à me persuader qu’il était étranger au milieu, mais mon but n’était pas de lui coller un passé de truand.

– Il cherchait sa clientèle dans le milieu ? questionna Marly

– Oui et non, mais certains envisageaient l’Espagne comme une retraite paisible en cas de coup dur. Comme nous l’avons vu, la police de là-bas n’est pas très féroce avec les étrangers, surtout s’ils sont fortunés et ne se mêlent pas de politique antifranquiste. Evidemment ce qui m’intéressant le plus, c’est ce qui s’est passé lors du fameux soir. Vous vous souvenez, la conversation rapportée par le patron du Lugano, m’avait fait tiquer. c’est un événement particulier, anodin, qui avait tout pour passer inaperçu.

A suivre

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