Eclats de nylon et vieux papiers (9)

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Les vieux papiers ou comment les journaux et autres nous donnent une vision de ce que furent la vie et l’actualité en d’autres temps.

1882 – On retrouve les origines du terme pornographie. D’après l’article elle est en constante progression. Il serait intéressant de savoir ce qui était considéré alors comme de la pornographie. La moindre apparition de cheville devait déjà constituer la base de ce genre d’effraction

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Un peu plus de 20 ans après, on sait un peu mieux ce qui tombe sous le coup de la pornographie. C’est la France qui taxe la Suisse de pays de luxure. Il semblerait à n’en pas douter selon l’article, que des histoires écrites par des écrivains de renom comme Zola, sont publiées avec des illustrations tendancieuses. On y parle aussi de Paul Deschanel, pas encore président, mais déjà écrivain assez prolifique et Académicien, pour son « Portraits de Femme ». Il y a une part de vérité dans le fait que la Suisse est prise comme cible. En ce début de siècle, c’est un pays qui a réussi sa révolution, sans qu’elle aie jamais eu lieu. Contrairement à la France qui possède alors une administration tatillonne, intrusive, la Suisse fait confiance à ses citoyens pour l’essentiel de ses devoirs et droits qu’il connaît et respecte dans la majorité des cas. La libre entreprise en est un ses grands principes, uniquement régie par les limites des lois, et encore faut-il qu’elles ne gênent pas son voisin fouineur en étant trop visibles. Bien des infractions ne se poursuivent que sur dépôt de plainte. Dans ce contexte, il est assez facile de comprendre que la publication d’ouvrages licencieux peut se faire avec une certaine facilité moyennant une certaine discrétion. On peut imaginer que certains ne se sont pas privés de donner un coup de pouce à ce genre de commerce.

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Revenons à Paul Deschanel, cette fois président. Il a écrit involontairement une des plus savoureuses histoires arrivées à un président en exercice. C’est la fameuse histoire de la chute du train qui nous est narrée dans l’article suivant. Le 23 mai 1920, il tombe d’un train en marche et erre en pyjama dans la campagne. Les suites de l’affaire l’amèneront à démissionner quelques mois plus tard, tant ses adversaires s’acharnent à mettre en cause sa santé mentale. Toutefois, il semblerait qu’il n’était pas au mieux de sa forme quand l’incident s’est produit. Il mourut en avril 1922, toujours député. 

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Caricature parue dans l’Humanité le 25 mai 1920

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Parmi les présidents de la République qui s’illustrèrent d’une manière particulière, il y a bien entendu Félix Faure. La rumeur veut qu’il soit mort dans les bras de sa maîtresse, Marguerite Steinheil. Il est le seul président décédé dans son cabinet présidentiel, c’est à dire sur son lieu de « travail ». Elu en 1895, c’est un président qui n’a pas que des amis. C’est sous son règne que l’affaire Dreyfus devient une véritable affaire nationale qui divise la France en deux. Il est lui-même un adversaire de Dreyfus. Sa politique ne brille pas particulièrement, moins que son goût du faste qui le fait surnommer « Président Soleil ».  Le 16 février 1899, alors qu’il s’adonne avec sa maîtresse dans ce qui s’appelait le salon bleu, à des ébats qui n’ont rien avoir avec la marche de la France, il est victime d’une attaque et meurt peu de temps après. Bien qu’étouffée, l’histoire devient bientôt le secret de Polichinelle. Ce n’est pas sans déplaire à une certaine parie de l’opinion publique à l’esprit bien gaulois. Par contre ses adversaires et autres rieurs en profitent pour lui trouver quelques épitaphes devenues célèbres.

Georges Clemenceau, qui ne l’aimait pas, dit de lui: quand il est entré dans le néant, il a dû se sentir chez lui!

D’autres moins connus ou anonymes trouvèrent quelques formules bien senties et parfois osées.

– Il est plus connu par sa mort que par son vivant

– Il voulait être César mais ne fut que Pompée, allusion à la fellation que lui prodiguait sa maîtresse au moment de sa défaillance.

Sa maîtresse fut surnommée « la pompe funèbre »

Et cette histoire attribuée au prêtre venu lui fourguer les derniers sacrements:

– Le président a-t-il toujours sa connaissance?

– Non, elle est partie par la porte de service!

Quant à la fameuse Marguerite Steinheil, une bourgeoise issu du meilleur monde et femme du peintre Adolphe Steiheil, elle acquit une flatteuse réputation et devint la maîtresse de plusieurs autres célébrités dont Aristide Briand. Elle fut impliquée en 1908 dans une affaire criminelle retentissante, au cours de laquelle son mari fut étranglé, sa mère victime d’une crise cardiaque. Elle-même fut découverte ligotée sur un lit. De forts soupçons pesèrent sur elle, elle changea plusieurs fois son témoignage, accusant tantôt un, tantôt l’autre, parmi son entourage. Elle avoua puis se rétracta. Elle fut acquittée, sur un tissu de mensonges comme l’affirma le président du procès, et l’histoire jamais vraiment éclaircie. Des rumeurs circulèrent, l’accusant d’avoir empoisonné Félix Faure, en connexion avec l’affaire Dreyfus. Mais là encore, le mystère demeure.

Elle émigra en Angleterre, épousa un Lord, et mourut en 1954 à 85 ans.

La victime et sa « connaissance »

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Article repris plus tard qui fait quelques allusions à la mort de Faure, quelques jours après son décès.

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Bon vivant, bon mangeur, un des menus qui attendait le président à Fougères

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Tiens à propos de Fougères, j’y suis passé il y a quelques temps, j’y ai vu ceci

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En 1925, un petit malin avait déjà trouvé que la Tour Eiffel ferait un très bon panneau d’affichage

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En 1909, il n’y avait pas que des prêtres pédophiles…

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Eclats de nylon et vieux papiers (8)

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Les vieux papiers ou comment les journaux et autres nous donnent une vision de ce que furent la vie et l’actualité en d’autres temps.

1912, nous sommes à deux ans du début de la première guerre mondiale. La situation n’est pas géniale, mais rien ne laisse présager que l’on s’achemine vers un conflit général. Ce sont plutôt des querelles internes propres à certaines régions qui alimentent l’actualité, on revendique l’autonomie de telle ou telle contrée, contrées souvent englobées dans des empires où elles perdent leur identité. Les mouvements anarchistes sèment le trouble dans la quiétude des villes et compagnes. Eux ne revendiquent souvent rien de plus qu’une vision plus fraternelle de la société, une meilleure distribution des richesses ou plus simplement une vie plus facile.

Il y a pourtant une chose qui peut intéresser tout le monde: le progrès. C’est aussi une manière de se simplifier la vie et d’obtenir un mieux. Les prouesses techniques aiment bien montrer le bout de leur nez. On se fait fort d’en parler. En 1912, une de ces prouesses est la mise en service du Titanic. Sans être un événement mondial, on le présente comme le nouveau géant des mers tout en lui prêtant toutes les qualités, la plus fameuse d’entre elles, il est insubmersible. Après avoir quitté Queenstown en Irlande le 11 avril 1912, il fait route vers l’Amérique avec plus de 2000 personnes à son bord, si l’on compte le personnel qui comprend presque 900 personnes. Le reste de l’histoire est célèbre, le 14 avril vers 23h40, il heurte un iceberg et finira par couler complètement en 2 heures et 40 minutes.

C’est surtout à partir de ce moment-là qu’il entrera dans l’histoire et n’en sortira plus. Il faudra une journée pour que la presse s’empare de l’événement et commence d’en parler dans l’édition du 16 avril. Pourtant comme nous le verrons, l’information passe assez mal dans le sens qu’elle est peu précise et contradictoire. Une seule chose est sûre, le Titanic a des problèmes.

Il faut se remettre en mémoire que le Titanic est un bateau certes, mais aussi une gigantesque entreprise commerciale, des enjeux colossaux font partie du voyage. A bord, il y a des richesses sous diverses formes et des personnes qui représentent des empires comme le célèbre Astor des hôtels Waldorf-Astoria. Une certaine panique, une fois la nouvelle connue, peut s’emparer des milieux directement concernés. On s’accroche à la moindre hypothèse, bonne ou mauvaise, on guette la moindre information vérifiable et sûre.

En 1912, l’information est loin d’être unifiée. Ce n’est pas encore le cas aujourd’hui, mais les moyens d’alors reposent sur diverses agences de presse qui n’emploient pas toutes les mêmes sources. Dans un journal que j’ai choisi, vous pourrez constater par vous-même la diversité de ces sources qui sont loin de dire la même chose. Prenez en compte que toutes ces informations sont issues du même numéro et non une compilation de divers journaux ou numéros. C’est assez pathétique. La plupart des photos sont cliquables pour une meilleure vision.

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Quelques jours ont passés, on sait maintenant ce qu’il est advenu du bateau et l’on compte surtout les victimes. On reproche pas mal de choses à la compagnie qui avait armé le navire. Son directeur, Joseph Bruce Ismay, est l’objet de toutes les critiques et il lui est surtout reproché d’être parmi les survivants. Il est vrai que sa conduite, son arrogance, lui valent le surnom de Brute Ismay. Un commentaire publié le 23 avril, souligne son comportement. Il sera par la suite absous par la justice, on peut très bien y voir de la complaisance, mais condamné par l’opinion publique. Encore aujourd’hui, il est considéré comme le principal coupable, plus particulièrement pour avoir ordonné de maintenir une vitesse excessive malgré la présence d’icebergs. 

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Cette photo est entrée dans la légende comme étant celle de l’iceberg que le Titanic heurta. Des traces de peinture rouges en bas à droite furent considérées comme une preuve suffisante.

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Un journal illustré du 28 avril 1912

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En toile de fond, alors que le Titanic fait toujours la une, un autre feuilleton se déroule, celui du fameux Bonnot et de sa bande, qui périra 14 jours après le naufrage suite à l’assaut de la maison où il s’est planqué, jour de la parution de l’article ci-dessus. Pourtant le journal y fait une allusion détournée, car on sait que l’étau se resserre sur Bonnot. On parle du salaire des fonctionnaires de police, un salaire bien modeste, il est vrai. En comparaison, vous trouverez en dessous une publicité pour un phonographe et le prix qu’il faut payer pour en posséder un en 1912. 

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1908 – Une de ces histoires pathétiques qui peuvent faire partie des nouvelles diffusées par un journal. D’obscurs personnages qui sont rentrés dans les dédales de l’oubli.

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1908 – Une certaine idée de la mode

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1928 – Un aperçu des articles de lingerie en vogue dans un magasin.

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Eclats de nylon et vieux papiers (7)

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Les vieux papiers ou comment les journaux et autres nous donnent une vision de ce que furent la vie et l’actualité en d’autres temps.

La presse depuis sa création est avant tout destinée a fournir une information qui concerne directement les gens, les événements politiques étant les principaux ayant une importance directe dans leur vie quotidienne. Elle est aussi, et c’est moins visible, un organe qui peut façonner la pensée et les avis. Tout dépend de la manière dont on veut que l’information parvienne au lecteur en cherchant la meilleure façon pour qu’elle rencontre un écho favorable. C’est le but principal de la presse d’opinion, souvent rattachée à un courant de pensée de gauche ou de droite. On peut distinguer deux grands courants, la presse nationale et la presse locale, la première étant plus fortement ancrée dans un courant politique, car touchant plus de monde. La puissance d’un journal peut être énorme et faire basculer complètement la vie politique d’un pays. On se souvient de l’affaire du Watergate, liée au journal Washington Post, qui obligea un président américain, Richard Nixon, à démissionner. C’est une belle illustration.

La plupart des journaux ne vont pas aussi loin et se contentent de fournir l’information de manière succincte. Un des problèmes récurrent qu’elle peut rencontrer, c’est le remplissage des pages, car l’actualité se moque bien de lui fournir un nombre exact de lignes qui correspond à ses pages. Selon les jours, on ajoute ou on coupe l’information pour trouver une balance au remplissage. Quand il y a un manque, on fait passer une information que l’on a été chercher ailleurs et qui ne concerne pas directement le territoire couvert par le journal, tout en présentant un semblant d’intérêt pour la curiosité du lecteur. Si vous lisez les journaux et êtes un peu attentifs, vous aurez remarqué la présence de ces informations. Un hold up à Sydney peut trouver un écho dans un grand journal parisien un jour d’actualité calme, alors que lors des événements du 11 septembre il n’en aurait été aucunement fait mention.

Pour susciter un peu d’intérêt de la part des lecteurs, ces articles doivent titiller sa curiosité. Il lira plus volontiers à la découverte d’un fait divers inhabituel comme la découverte d’un trésor ou un phénomène un peu surnaturel. Les événements climatiques comme les orages, les inondations, les cataclysmes, les chutes de neige extraordinaires en font partie. Voici puisés dans divers journaux, des informations que l’on peut classer comme curiosités, traitant d’un fait qui a eu lieu à des kilomètres de là, que le lecteur aurait tout aussi bien pu ignorer.

10 juillet 1875

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15 septembre 1882

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24 juillet 1886

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1889  – Une chose qui attire la curiosité en 1989, la construction de la Tour Eiffel. La photographie dans les quotidiens est encore rarissime, on en parle que par le texte ou de très rares suppléments qui couvrent un événement avec plus d’images. Par contre, le style carte postale est assez courant. Ici cette fameuse tour pas encore tout à fait achevée.

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Encore la Tour,

28 février 1889 – On peut voir dans l’événement que représente l’édification de la Tour Eiffel, un des premiers événements tendance, comme on dit aujourd’hui. Certes, la mode a toujours existé, mais elle se cantonnait dans un endroit plus ou moins limité, à la cour des rois de France par exemple. Avec les moyens de communications plus performants de cette fin de 19ème siècle, le relais l’avancement des travaux de la Tour constitue une sorte de feuilleton, on se passionne pour elle. Il s’en suit un marketing qui se développe en parallèle, chacun veut son morceau de tour selon ses moyens. On va la voir sur place, on y grimpe, mais les lointaines contrées se contentent d’une reproduction photographique ou d’un modèle réduit. Mr Eiffel n’est pas tout à fait absent de ce commerce lucratif, on apprend qu’il a même cédé des droits de reproduction exclusifs à un certain personnage. L’affaire fait pas mal de bruit et il doit revenir en arrière. On estime en haut lieu que la Tour appartient aux Parisiens, car construite en grande partie avec les deniers publics et que cela doit aussi profiter aux petits commerçants qui ont misé sur l’importance de l’événement pour en recueillir quelques retombées. On serait étonné de voir à des milliers de kilomètres, combien de cafés ont pris le nom de la désormais célèbre tour. Voici un article qui souligne le renoncement de Mr Eiffel. 

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31 mars 1904 – Cette fois il s’agit d’un sujet un peu particulier, mais dont on parle déjà sans que cela soit une notion bien précise pour le simple passant et lecteur, la Traite des blanches. En ce début de siècle où tout n’est pas rose pour le jeune fille de bonne famille, la tentation d’aller vers un pays plein de promesses comme l’Amérique peut en tenter plus d’une. Bien entendu l’on doit se fier à ce qui existe comme moyens d’y aller et de s’en faire une idée depuis l’endroit où l’on habite et souvent la tromperie qui peut se cacher derrière des promesses alléchantes devrait inciter à la prudence.  L’article, très complet et bien informé, nous montre ce que peut être cette réalité.

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22 juin 1904 – Une de ces nouvelles typiques qui n’amusera qu’une tranche de lecteurs. Encore faut-il que l’histoire soit vraie. La Lituanie c’est si loin.

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De l’humour 1927

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Nylon paparazzi (24)

Une  rubrique que je n’avais plus faite depuis longtemps. Mais oui rappelez-vous, cela consiste à se promener dans les journaux et à relever tout ce qui a un rapport avec  le bas nylon.

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Un fait divers en 1954. Un vol avec effraction a été commis au château des Hohenzollern en Allemagne. Cette famille n’est pas une obscure petite bourgeoisie, mais bel et bien celle qui régna sur l’Allemagne avant que l’histoire ne change la donne. Les descendants possèdent un tas de trucs et de machins qui viennent en direct de leurs ancêtres, et bien sûr quelques bijoux qui ne sont pas des imitations. La police enquête et parvient à retrouver quelques pièces volées. Notamment dans le cas mentionné ci-dessous et d’une bien étrange manière. Les dessous de l’affaire en quelque sorte…

Pour certains articles,cliquez pour une meilleure lecture…

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En 1955, un article présente quelques réflexions sur les dessous.

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Tours cette même année, jambes et bas sont au menu. Et l’on parle déjà de bas qui tiennent tous seuls, eh oui cela existait déjà.

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A propos de Marilyn Monroe

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Une publicité avec quelques explications « techniques »

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Bizarreries et système D

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Une pub pour Lou

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Toujours de la lingerie…

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Un fait divers sordide en 1962. Des promeneurs ont découvert le cadavre d’une femme assassinée qui porte des traces de blessures faites avec un objet solide à la tête. De plus elle était enceinte de 6 mois. Personne ne connaissant la victime, un avis de recherche est publié dans les journaux par la police. Si la plupart se contentent d’une description sommaire et de quelques détails, l’un d’entre eux donne une aperçu détaillé des vêtements qu’elle portait allant jusqu’à mentionner la lingerie. On peut se poser la question sur l’opportunité d’inclure ce genre de détails, sinon un voyeurisme mal placé. Malgré tout, le meurtrier fut découvert, il fut condamné à seulement 12 ans de prison, ce qui n’est pas cher payé


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Un moment de philosophie, journal australien 1962

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Les femmes payent un bon prix pour porter des bas qui laissent croire qu’elles n’en portent pas.

La libération de la femme, oui mais…

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Le bas à jarretière seconde…

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Eclats de nylon et vieux papiers (6)

Eclats de nylon

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Les vieux papiers ou comment les journaux et autres nous donnent une vision de ce que furent la vie et l’actualité en d’autres temps.

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En 1927, les Etats-Unis réussirent un exploit, faire quasiment l’unanimité contre eux, il s’agit bien sûr de l’exécution de Sacco et Vanzetti, deux émigrés italiens. A la suite de procès, le premier en 1920, qui ne sont pas la plus belles pages dont la justice peut s’honorer, ils sont condamnés à mort pour un braquage faisant deux morts avec 15 000 dollars à la clé. Selon toute vraisemblance, ce n’est pas eux qui ont fait le coup, un doute très fort plane, mais on fait surtout le procès de l’anarchie et du communisme et il faut des coupables. Les procès et leurs suites tiendront en haleine la presse mondiale entre les convaincus de leur culpabilité et ceux persuadés du contraire, de plus en plus nombreux au fil des ans. Les premiers mois de 1927, une marée internationale réclame la suspension de leur mise à mort, même un certain Mussolini. Des incidents éclatent dans plusieurs pays et les manifestations en leur faveur ne se comptent plus. 

Les développements de cette affaire montrent qu’en 1927, l’information mondiale commence à très bien circuler, on suit les événements presque minute par minute. L’exécution est prévue de devient effective aux premières minutes du 23 août selon l’heure locale de Boston, lieu de la sentence. Une fois la nouvelle connue, de multiples émeutes éclatent un peu partout en Europe et en Amérique. Quelques citoyens américains ne sont pas les derniers à protester contre la justice de leur pays. Grâce à un procès qui vise l’anarchie, on arrive à l’installer un peu partout pendant quelques temps. 

Retracer toute l’histoire est un travail de titan, il y a de multiples personnes, écrivains, cinéastes, chanteurs, qui l’on fait. Aussi je me borne à reprendre des extraits de journaux qui parlent de l’ambiance qui règne dans quelques endroits, juste avant ou après l’exécution.

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La haine que cette exécution engendra poussa des inconnus à placer des bombes dans les habitations des principaux accusateurs du procès, notamment celle du juge Webster Tayer, principal « vedette » de l’accusation. Il mourut en 1933 d’une commotion cérébrale assis sur les toilettes. Ce qui fit dire à un pince-sans rire que son âme est partie en tirant la chasse d’eau.

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Au début de 1923, on présente pour la première fois un certain agitateur allemand du nom de Hitler. L’article pas très révérencieux, le présente comme un simple soldat de la guerre 14-18, alors que la vérité historique est qu’il fut caporal et décoré de la croix de fer. Plus tard, on en fusillera pour moins que ça.

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Dans le même numéro, on parle d’une certaine comtesse Sborowski qui s’est fait piquer sa bimbeloterie dans un hôtel, pour une assez jolie somme d’ailleurs. Magie d’Internet, on peut en apprendre un peu plus sur elle et même trouver une photo. D’une recherche sur Hitler, on passe à une comtesse et on entre dans le monde de la bagnole de course. Elle fut la femme du comte Louis Sborowsky qui fut un assez célèbre coureur automobile. Comme tout bon coureur, il se tua dans un accident en 1924. Pauvre comtesse, elle se fait piquer ses bijoux en 1923 et en 1924, la mort lui vole son mari. Toutefois, la mort ne s’intéressa plus à elle jusqu’en 1953.

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Ce n’est pas souvent que l’on peut trouver un journal d’époque qui parle du décès d’un roi de France, ici Louis XIV. Un journal bi-hebdomadaire publié à Berne au 18ème siècle sous le titre « Nouvelles de divers endroits », en fait mention. Comme on peut le constater, la nouvelle a mis environ une dizaine de jours pour aller de Paris à Berne, par un moyen qu’on ignore mais que l’on peut supposer une estafette à cheval ou un courrier par diligence. Louis XIV est mort le premier septembre 1715, l’information est datée du 7 septembre, la publication du journal du 17 septembre. D’après la vérité historique, la mort des rois était toujours bien documentée suite aux nombreuses personnes présentes, l’article en parle assez fidèlement mais brièvement. Il est aussi fait mention d’une pratique qui consistait à enlever le coeur des rois. C’est bien sûr en vieux français. 

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Et pour terminer, un séquence humoristique mais qui a l’époque n’en était pas une. Une rubrique parue dans un journal local disparu et publié à Lausanne en 1867. Vous y constaterez que l’on tenait comme à la prunelle de ses yeux à des objets qui paraissent insignifiants pour nous aujourd’hui, mais qui a l’époque faisaient l’objet d’une annonce avec promesse de récompense pour la personne qui le rapporterait. Imaginez aujourd’hui que vous mettiez une annonce pour récupérer votre flacon de sirop pour la toux que vous oublié dans le métro.

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Eclats de nylon et vieux papiers (5)

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Froissons les vieux papiers…

En 1905, que pouvait représenter la Russie pour un citoyen de l’Europe occidentale?

Le premier mot qui pouvait venir à l’esprit est celui de tsar. Nous avions nos rois, eux ils avaient leurs tsars. En ce début de siècle, le dernier règne encore, Nicolas II. Il est à la tête d’un empire, l’un des plus étendus de la planète, le seul qui se situe géographiquement sur deux continents d’un seul bloc. On ne connaît alors la Russie que par bribes, quelques compositeurs classiques, des ballets russes, quelques écrivains, une langue, pas si vilaine que ça, que l’on peut parfois entendre en de rares occasions. 

Le meilleur moyen de s’en faire une idée est encore de lire Jules Verne et « Michel Strogoff », mais l’histoire se situe déjà dans le passé. Le présent, c’est 1905. On ne peut pas dire que le peuple de Russie vit dans l’opulence, le pouvoir, lui, vit confortablement, très confortablement. Le tsar a bien tenté quelques réformes pour répondre à la révolution industrielle. Malgré toutes les richesses du pays en matières premières, des plaines immenses propices à la culture, tous ses efforts ratent leur cibles. D’un côté, il n’appuie pas à fond sur la pédales des gaz, il se contente de quelques réformettes, des libéralisations qui ne sont suivies d’aucun véritable effet de mise en place.

Le mécontentement s’installe durablement et finira par fomenter de graves troubles dont le symbole le plus connu est le nom d’un bateau, le Potemkine. Une mutinerie éclate à son bord en octobre, elle sera le phare de tous les mouvements de revendication qui enflamment le pays à travers une grève générale. Historiquement, elle sera la première révolution que fera trembler le pouvoir d’alors sans le faire tomber. Elle se déroule en juin 1905, mais celle qui transfigurera le pays est celle de 1917, dite révolution d’octobre.

Les journaux occidentaux accorderont une place assez importante à cet événement, presque du direct pour certains en feuilleton quotidien. Si on s’y intéresse, ce n’est pas hasard. La Russie est quand même une grande puissance militaire et économique. C’est un océan dont les vagues, s’il s’agite un peu trop, peuvent atteindre nos rivages. 

En avril 1903, on ne parle pas encore de mutinerie, mais on peut en voir poindre une des causes et comprendre les origines du nom du bateau qui fera l’actualité deux ans plus tard.

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Jeudi 29 juin 1905, premier article sur le sujet, commenté en plusieurs endroits de l’édition. Si vous êtes attentifs, vous remarquerez que Varsovie est encore inclus sans l’empire russe, il en sera autrement après la guerre 14-18. 

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On y va carrément, on parle de guerre, tout en donnant des précisions sur ce qui s’est passé sur le bateau.

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Samedi 1 juillet 1905, plus de détails.18 022516 4

Samedi 3 juillet 1905, on voit assez bien toutes les fantaisies que peut entraîner un période trouble. Le Potemkine qui avait été annoncé comme arraisonné le jour avant semble encore bien en forme. Cela correspond à la vérité historique. La propagande, a beau jeu face aux moyens de communication rudimentaires.

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6 juillet 1905, le journal pourtant assez à droite semble soutenir les insurgés. Il emploie des mots assez durs tout en craignant une possible émergence des mouvements socialistes, bon faut quand même pas trop pousser. La révolution oui, le socialisme non.

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11 juillet 1905, le feuilleton qui alimente l’odyssée du cuirassé quotidiennement relate ce qu’il advient de lui. On apprend qu’il s’est arrêté dans un port de Roumanie, il a bien sûr quitté le port d’Odessa. Les membres de l’équipage connurent des fortunes diverses, condamnation à mort ou à des lourdes peines de prison pour ceux restés en Russie. D’autres restèrent en Roumanie, terre d’accueil, certains partirent en Amérique du sud. Le pouvoir russe survécut plutôt mal que bien à cette page de son histoire. Mais le ver était dans le fruit, l’idée de renverser le tsar ne fut pas pour autant abandonnée. Lénine et ses camarades y travaillèrent incessamment. Après la révolution de 1917, quelques anciens marins en exil rentrèrent en Russie et furent accueillis en héros. La révolte devint un symbole national pour les Communistes. Ils commandèrent à Sergueï Eisenstein son fameux film, le Cuirassé Potemkime, sorti en 1925, pour se rappeler de l’événement. Il est considéré comme un monument du cinéma mondial, par tellement pour les opinions politiques qu’il affiche, mais pour sa grandiose mise en scène. 

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Près de trois semaines après, on publie un témoignage qui raconte, selon la version du témoin, comment on est arrivé à la mutinerie.18 022516 9

Ne nous y trompons pas, cette révolte a façonnée l’Europe de manière durable. Sans elle, la révolution d’octobre n’aurait peut-être jamais eu lieu. Ce fut la fin du régime des tsars avec l’exécution de Nicolas II et d’une partie de sa famille en 1918. Une autre partie préféra partir en exil avant que la situation ne devienne trop dangereuse pour eux. On trouve encore aujourd’hui des prétendants au trône de Russie, dont la liste est soigneusement mise à jour par les descendants des tsars. J’en ai même rencontré un par hasard, alors que j’étais client dans un magasin lors d’un séjour à Genève.

Il était environ 18 heures, lorsqu’un monsieur, un octogénaire d’apparence encore alerte, entra et s’adressa au gérant:

– Vous permettez que je téléphone? Je suis attendu par des amis et ma voiture vient de tomber en panne.

Avec l’autorisation de patron des lieux, il se saisit du téléphone et compose un numéro:

– C’est le prince Romanov, je suis en panne avec ma voiture et j’arriverai un peu plus tard… non, non, je me débrouille tout seul, merci!

Evidemment ce n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd. J’ai fait ma petite enquête. Il s’agissait de Nicolas Romanov, arrière-arrière-petit-fils du tsar Nicolas I. Depuis 1992, selon la descendance, désigné par la famille et au cas où, il pouvait monter sur le trône de Russie. Honnêtement cela n’avait pas l’air de le préoccuper plus que cela. Il est décédé en 2014 à un âge très respectable. Vous voyez que je fréquente du beau monde…

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En 1905, quel pouvait être le prix d’un loyer et à quoi cela correspondait-il par rapport au coût de la vie?

Pour s’en faire une petite idée regardons cette offre qui fixe le prix d’un appartement de 3 pièces à 450 fr par an, soit 37,50 fr par mois. Remarquez que l’annonce précise dans maison d’ordre, on peut imaginer qu’il faut se tenir à carreau. Le journal, un quotidien, dans lequel est paru cette annonce annonce un prix d’abonnement de 10 fr par an. Comparez aujourd’hui votre loyer et un prix d’abonnement du même type au journal local. Ici, le prix du loyer est de 45 fois plus élevé que l’abonnement. Pour mon cas personnel, j’arrive à un calcul qui me dit que c’est à peu près la même chose maintenant, environ 42 fois, mais pour un appartement de plus haut standing et plus vaste. 

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Un divertissement, tel que l’on pouvait en trouver à l’époque où le cinéma et la radio étaient encore quelque chose de marginal dans un coin perdu de province. J’ai été intrigué par la vedette, Mathilde D’Antin, un nom qui sonne bien parisien et que l’on classe comme chanteur légère. Dans le langage de l’époque, c’est un autre terme pour chanteuse de variétés, non elle ne montre pas ses cuisses. A mon étonnement, j’ai retrouvé sa trace dans un journal cannois de la même année où elle se produisait au casino. Donc il semblerait qu’elle avait une certaine notoriété. 

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Dans ce même journal, deux entrefilets où l’on peut y voir une pointe d’humour.

Ca sent la m…

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Eh oui déjà…

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Et pour finir, un chauffard version 1905

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