Eclats de nylon et vieux papiers (13)

Eclats de nylon de jadis et tornades

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Les vieux papiers ou comment les journaux et autres nous donnent une vision de ce que furent la vie et l’actualité en d’autres temps.

Les phénomènes naturels ont toujours excité la curiosité des foules, surtout quand ils se produisent chez le voisin. Sous nos latitudes tempérées, ils sont rarement violents bien que depuis quelques années, il semble y avoir une palpable augmentation. Comme j’habite depuis très longtemps la même région, je l’ai constaté personnellement. Les orages d’aujourd’hui sont nettement plus violents que ceux d’autrefois, le vent en particulier, qui souffle avec une certaine fureur, alors que c’était rarement le cas quand j’étais enfant. Nul n’est prophète en son pays, je m’en suis rendu compte avec un copain météorologue de métier. Il m’a affirmé, et c’est vrai, qu’un phénomène nuageux qui se produit pendant les orages et que j’ai observé des centaines de fois, était un spectacle rare ailleurs et presque uniquement localisé au coin ou j’habite. Il a lui-même consacré une étude approfondie sur ce cas.

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Le phénomène météo le plus violent connu sur terre reste la tornade. Elles peuvent se produire n’importe où, mais les Etats-Unis connaissent de loin le plus grand nombre de cataclysmes de ce genre. C’est fortuitement que l’on a découvert comment cela fonctionnait, si l’on peut dire. Un observateur passant dans une région dévastée par une tornade constata que les arbres couchés avaient la pointe tournée vers le nord, alors que plus loin, elle était tournée vers le sud. Il en déduisit que cela avait été produit par quelque chose qui tournait comme une toupie, l’idée de tornade était née. Il est connu maintenant qu’il s’agit de vents contraires qui se rencontrent et s’enroulent sur eux-mêmes et provoquent une aspiration sur le sol, comparable à un aspirateur. La largeur d’une tornade peut aller de quelques dizaines de centimètres à des centaines de mètres. Par contre la tornade elle-même se déplace relativement lentement contrairement aux vents qui tournent dans son entonnoir à des vitesses de plus de plus de 400 kilomètres heure pour les plus violentes. La trajectoire d’une tornade est très fantaisiste, n’obéissant à aucune règle précise. Aux USA, les états situés au centre sont appelés « couloir des tornades », c’est l’endroit du pays ou le phénomène se produit le plus souvent. Il arrive aussi que cela se produise sur la surface de l’eau comme la mer ou un lac. Dans ce cas on parle d’une trombe marine. C’est le même principe, mais nettement moins dangereux, car il ne fait qu’aspirer de l’eau. Exceptionnellement  des bateaux qui pourraient se trouver sur son passage seraient en danger. 

Voir une tornade était quelque chose de plutôt rare et qui pouvait être dangereux. Jusqu’à récemment on devait se contenter de quelques photos et pire encore pour les documents filmés. Les témoignages photographiques des dégâts qu’elles peuvent causer étaient par contre très abondants. Depuis l’avènement des caméras vidéo portables, le spectacle est filmé assez fréquemment et on peut se faire une bonne idée à quoi cela ressemble.

La presse locale dans nos contrées se contentait de relayer quelques informations brutes venues principalement des Etats Unis. Tout au plus, le lecteur apprenait qu’il peut exister ailleurs des phénomènes atmosphériques dont il ne connaissait pas l’existence.

Sans plus de commentaires, une photographie montre les dégâts causés par une tornade.

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Un article parle d’une autre tornade. En réalité, l’article est sans doute mal rédigé ou mal informé. Il laisse penser que c’est une seule et même tornade qui a causé tous ces dommages. Dans la réalité, quand les conditions sont favorables, il peut y avoir simultanément plusieurs tornades. Dans les années 70, on en a recensé plus de 160 en une nuit sur plusieurs états. Il est aussi couramment admis que la vie d’une tornade n’excède pas une vingtaine de minutes pour les plus violentes.

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Comme je le disais plus haut, les tornades peuvent se produire n’importe où. Voici ce qui est arrivé à la ville de Cambrai en 1950. Notez que l’article parle d’une tornade, mais il ne fait pas mention du tourbillon visible propre à une vrai tornade. Le terme est sans doute un mot générique employé à tort. Ici on parle plus volontiers d’un cyclone ou d’un ouragan.

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Etre victime d’une tornade ne fait pas toujours perdre le sens de l’humour.

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Un truc qui ne date pas d’aujourd’hui – Sans doute avec-vous reçu une fois ou l’autre un mail qui faisait appel à vous pour récupérer une somme d’argent bloquée quelque part pour diverses raisons, moyennant une avance en espèces de votre part pour frais ou autres, somme que vous ne reverrez jamais, pas plus que la somme juteuse qui vous est promise en dédommagement. Un journal suisse, en 1922, fait part à ses lecteurs d’un truc qui ressemble fortement à ce genre d’arnaque. On a beau être en 1922 et ne pas avoir Internet, l’imagination est déjà là. 

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Eclats de nylon et vieux papiers (12)

Eclats de nylon de jadis suivi du monstre du Loch Ness

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Les vieux papiers ou comment les journaux et autres nous donnent une vision de ce que furent la vie et l’actualité en d’autres temps.

Aux temps où la presse tenait le haut du pavé en étant un moyen d’information populaire et accessible à tous, il existait dans celle-ci des phénomènes ponctuels et souvent montés en boucle. Le surnaturel et le fantastique n’étaient pas ignorés. Dans les années 30, un des ces cas bizarres alimenta les chroniques pendant plusieurs mois, celui du monstre du Loch Ness. La légende de ce monstre remonte bien avant son passage dans une sorte d’officialisation en 1933. Grâce à quelques témoignages, sérieux ou farfelus cela n’a jamais été vraiment la question principale, le monde entier apprend qu’un animal étrange pourrait se cacher dans les eaux de ce fameux lac. C’est le début d’une histoire qui fait encore quelques apparitions, bien réelles celles-là dans la presse aujourd’hui.   Je suppose que vous avez votre petite opinion sur la chose, comme moi j’ai la mienne. Mais que ceci ne nous empêche pas de savourer ces quelques articles vers la fin 1933, début 1934.

15 décembre 1933, premières apparitions officielles du monstre

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28 décembre 1933 – La dinde de Noël digérée et en attendant le dessert

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29 décembre 1933 – Un jour après pas le temps de souffler!

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02 janvier 1934 – Le monstre vous présente ses meilleurs voeux.

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09 janvier 1934 – Allez encore une petite parmi tant d’autres

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15 mai 1924 – Un journal local mentionne le passage dans ses murs de Kaatje van Dyk. Cela n’aurait rien d’exceptionnel si cette femme de 20 ans ne passait pas inaperçue avec sa taille de 2,40 m. Cette femme née en 1904, n’a jamais alimenté l’actualité autrement que par sa taille. Tant et si bien qu’on ne sait pas grand chose d’elle, même la date de sa mort est incertaine, 1968, pour certaines sources, 1980 pour d’autres. Par contre, on sait qu’elle se produisait dans des shows de variétés, qu’elle mangeait à peu près l’équivalent de trois repas d’une personne normale et qu’elle pouvait s’exprimer en 7 langues différentes. Elle a quand même figuré dans le fameux livre des records jusqu’en 1968 comme la femme la plus grande du monde, ce qui accréditerait sa mort en 1968. Plus besoin de lui demander ce qu’elle fera quand elle sera grande.

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25 février 1964 – La presse régionale ne s’intéresse que peu aux phénomène Beatles. En 1964, ils sont l’événement musical qui suscite le plus de passions depuis Elvis Presley. Contrairement à lui qui ne se produit pratiquement pas hors du territoire américain, ils tournent le monde entier suscitant des scènes pittoresques à chaque apparition. Voici la relation d’un de ces événements.24 041316 7 250264

01 février 1862 – Une question que l’on se posait, il y a 164 ans et qui fait sourire aujourd’hui. Heureusement elle a été résolue depuis, car on aurait manqué un monument.

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Nos disques mythiques (20)

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Le succès du fameux « Gloria » de Them a constitué pour les ventes en France une assez belle réussite. Il y a même eu un petit vent de panique chez Decca-France. En effet, la maison française a misé sur une première publication offrant le succès anglais « Baby Please Don’t Go », en fait la version française du EP sorti en Angleterre avec une pochette différente. Sur le simple publié en Angleterre figurait justement en face B le fameux « Gloria ». Le titre est complètement ignoré dans la publication française. Mais par un coup de baguette magique, c’est ce fameux titre qui devient un hit dans pratiquement partout ailleurs, y compris la France. Pour rattraper le coup, Decca ressort 4 titres où il figure cette fois en bonne place. Cette seconde publication est même sans en avoir l’air un sorte de « greatest hits », car elle reprend « Baby Please Don’t Go » avec « Here Comes The Night », le plus gros succès anglais en terme de classement (2 ème en 1965). Il fallait bien évidemment envisager une suite pour la discographie française. Il y avait deux choix possibles, coller à la suite de la discographie anglaise, mais les publications sont plus modestes question succès, ou alors proposer une sélection différente. C’est cette deuxième solution qui est adoptée et ce sera un coup d’éclat doublé d’un de ces mélange de pinceaux chers aux discographies françaises.

Originalement le choix était celui-ci…

Un titre récupéré dans le premier album « Mystic Eyes », et puiser dans les sessions du second album « Them Again » en retenant « Bring Em On In », « Call My Name », « I Can Only Give You Everything », choix excellent.

C’est normalement ce qui aurait dû se passer, mais dans un premier temps les premiers tirages comportent une erreur de titres. Si les premiers titres de chaque face sont corrects (« Bring ‘Em On In  – Mystic Eyes »), les seconds titres jouent « Something You Got – I Put A Spell On You » à la place des titres annoncés. L’erreur sera rectifiée par la suite, mais il existe pas mal de copies avec les mauvais titres en circulation et cela n’est apparent qu’à l’écoute. Encore une autre spécialité, plus sympathique celle-là, « Bring ‘Em On In » et « Call My Name » sont les versions de l’album « Them Again » plus intéressantes que celles sorties sur les 45 tours anglais. Notamment « Bring ‘Em On In » est plus élaboré, le vocal de Morrison plus hargneux, il bénéficie aussi du soutien la guitare de Jimmy Page avec un solo. L’influence du jazz est encore présente. Par la suite, les rééditions mélangeront assez joyeusement versions des albums et des 45 tours sans toutefois préciser lesquelles.

Mais voyons le reste du contenu en détail:

Mystic Eyes – C’est à mon avis un des deux ou trois titres phares de la discographie des Them originaux et je dois l’avouer, un de mes disques préférés toutes tendances confondues. Vocalement, c’est toute la splendeur d’un chanteur (et aussi compositeur) d’exception. Bien sûr les Them, c’est essentiellement Van Morrison, mais dans sa courte carrière, l’ensemble du groupe a laissé quelques souvenirs délectables, celui-ci en est un. A noter encore une particularité, le titre est vraiment plus intéressant dans sa version mono, il sonne mieux. La version stéréo, que l’on trouvera ensuite, hélas, dans la plupart des rééditions est plus fade. Il n’y a pas ce concentré sonore qui figure en monophonie.

Call My Name – Aussi un titre avec une ambiance assez spéciale, un peu insolite, mais combien délicieux. C’est une composition du fameux producteur Tommy Scott.

I Can Only Give You Everything – Je l’ai toujours dit et je le maintiens, sans jamais avoir été un succès, ce titre aux riffs ravageurs est un monument de la musique du 20ème siècle. A voir le nombre de reprises qu’il a enfantées, qui pourrait douter de ses capacités à plaire. C’est aussi une composition de Tommy Scott avec Phil Coulter, plus connu pour avoir composé « Un Petit Pantin » pour Sandie Shaw, mais c’est une toute autre histoire.

Ces quatre titres montrent à l’évidence que cette édition française est un must dans la discographie originale du groupe pour autant que l’on possède la version « correcte ». Il montre aussi que ce groupe est un peu plus qu’une météorite qui a passé dans un ciel orageux. La voix de Morrison lui aurait sans doute valu un séjour dans un asile de fous, s’il s’était mis à chanter cent ans auparavant. Heureusement, il est apparu au moment ou l’on cherchait des talents qui sortaient des sentiers battus. Il avait tout pour cela, avec assez de force pour se hisser parmi les grandes voix, celles qui confinent vers l’éternité avec ou sans Them.



N’ayant pas trouvé la version album sur YouTube, je vous propose ici celle du 45 tours ou le saxophone domine. Toutefois, je vous mets un lien sur Deezer ou vous trouverez la version album, si vous possédez un compte vous pourrez faire la différence ou du moins en écouter un extrait.

http://www.deezer.com/album/11848322?utm_source=deezer&utm_content=album-11848322&utm_term=8337609_1459540469&utm_medium=web

Eclats de nylon et vieux papiers (11)

Eclats de nylon de jadis

 

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Les vieux papiers ou comment les journaux et autres nous donnent une vision de ce que furent la vie et l’actualité en d’autres temps.

Au début du 20ème siècle, on se passionne pour un tas de choses qui se résument en une seule chose: le progrès. Si la voiture est déjà présente dans les villes et dans les campagnes, par contre le ciel est à peu près vierge d’engins volants. L’avion existe bel et bien, mais c’est plus un engin capricieux qui préfère rester au sol ou s’élever dans les airs sur des distances qui se comptent plus en mètres qu’en kilomètres. Il y a pourtant quelques hardis qui tentent de conjurer le sort en essayant de faire voler ces foutus appareils. Le plus populaire reste sans doute Louis Blériot. Même s’il n’a pas encore signé un grand exploit, il est déjà connu dans les milieux de l’aviation et déjà presque une vedette. La presse le suit assez fidèlement et narre ses débuts plutôt difficiles. C’est un peu comme 60 ans plus tard quand on suivra la conquête de la lune et le premier homme qui y posera son pied, à cinq jours près, exactement 60 ans après que Blériot traversa la Manche, exploit qui le rendra définitivement célèbre.

Lisons quelques uns de ces articles

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15 novembre 1906

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22 avril 1907 – Il passe peu de temps en l’air. L’article est suivi d’un fait divers d’un tout autre genre, dans lequel il faut se méfier des orages d’avril



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22 décembre 1907, en mètre je vous disais…

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26 juillet 1909 – C’est enfin réussi!26 041016 4 220407 260709

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Hubert Latham (1883-1912), l’un des autres pionniers de l’air et un rival de Blériot. Réputé pour son audace et les risques qu’il prend au commande de son appareil. Il mourut mystérieusement lors d’une expédition en Afrique, mais pas aux commandes d’un avion.

 25 mai 1885 – La mort de Victor Hugo et le gouvernement qui met la main au porte-monnaie

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12 décembre 1906 – Vous aimez les frites? Un joli texte trouvé à propos d’une histoire de frites. Si cette histoire est vraie, souhaitons qu’ils mangent des frites dans un improbable paradis!

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24 janvier 1900 – Le siècle commence à peine et pour les gens qui se sentent patraques, voici le remède miracle qui soigne aussi l’impuissance et même autre chose, paraît-il!

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Des dessous pour un siècle (22), suite et fin et quelques anecdotes…

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Comme j’ai vécu plutôt intensément les années 80, je peux en témoigner à la manière d’une sorte d’historien, tout au moins en ce qui concerne les histoires de dessous et plus spécialement le bas nylon. Dans mes fréquentations, le sujet sans être constant était abordé quelquefois. Les hommes en parlaient sans doute moins, pour eux c’était plutôt au niveau de la rêverie, juste quelques allusions ou regrets. Comme je possède quelques témoignages que j’ai recueillis en direct, souvent en glissant le mot bas sans avoir l’air de rien dans la conversation, je vais vous en narrer un ou deux. Disons-le tout de suite, deux clans se partagent la discussion, le pour et les majoritairement contre. On peut aussi les diviser en deux catégories, celles qui n’en ont jamais porté et celles qui l’on fait jadis, ici majoritaires.

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Pour les contre, les arguments sont toujours les mêmes, ça fait pute, c’est pas pratique, je ne me vois pas avec ces trucs (oui, oui, je l’ai entendu!), ou certaines qui traitent carrément leur partenaire ou mari d’obsédé. Je dois dire que parmi ces dames si sûres d’elles, j’aurais assez vite tendance à soupçonner que leur couple tournait de manière plutôt routinière, j’ai même souvent constaté quelques divorces ou séparations.  Je me souviens d’un cas particulier que nous appellerons Lise, qui n’attirait pas particulièrement ma sympathie au vu de sa personnalité, une de ces irréductibles qui faisaient presque le signe de croix quand le mot bas était prononcé et qui était mariée à un de mes bons copains. Un beau jour il l’a larguée. J’ai revu cette Lise bien des années plus tard, assise sur un banc en ville. Elle était complètement saoule et sa jupe plutôt remontée laissait deviner, ou plutôt ne cachait rien de ses jambes habillées avec de Dim Up. J’avais presque envie de lui demander si la prochaine étape c’était le porte-jarretelles. Comme quoi, il ne faut jamais dire fontaine je ne boirai pas de ton eau ou Dim je ne porterai jamais tes bas.

De l’autre côté, les favorables. Il y avait celles qui connaissaient la chose pour l’avoir pratiquée dans leur jeune âge. En fait, nous ne sommes éloignés que d’un jet de pierre de cet âge, il s’est écoulé presque trois fois plus de temps depuis ces années-là. Une l’avoue franchement, je la connais pour être une nana plutôt franche et libérée, elle ne portera plus jamais de bas pour une bonne raison. Elle a dû abandonner la pratique en étant adolescente, car les jarretelles lui donnaient de l’eczéma et elle a été passablement ennuyée avec cela. Je crois qu’on peut lui faire confiance, c’est en général des excuses que l’on invente pas sans les avoir vraiment vécues. Mais elle était tout à fait convaincue que c’était quelques chose de sensuel. Il y avait aussi Carine, qui elle avouait franchement porter des bas plus qu’occasionnellement. Elle a certainement formé avec son mari, l’un des couples pour lesquels les situations coquines passaient au premier plan parmi ceux que j’ai connus. A ma connaissance, elle a aussi entraîné quelques copines à franchir le pas, sans toutefois en convertir beaucoup de manière définitive.

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Une anecdote plus insolite, pour laquelle j’ai un peu payé de ma personne. Je connaissais une bistrotière que nous appellerons Evelyne (je ne vais pas chercher trop loin, je suis en train d’écouter Georges Chelon en écrivant ces lignes, les fans comprendront). Je sais qu’elle m’avait dans la peau comme on dit. Si j’avais été un souteneur, j’aurais pu en faire une gagneuse. Mais comme cet aspect de la condition féminine ne m’intéresse pas du tout, je ne l’ai jamais mise sur le trottoir. Elle était bien plus âgée que moi, une vingtaine d’années. A part ça, elle était charmante avec moi, toujours à mes petits soins. Je mangeais quelquefois dans son bistrot et j’avais toujours des assiettes plutôt bien garnies avec dessert le plus souvent offert. Je lui rendais des petit services, il y a des choses que les femmes ne sauront jamais faire, sauf pour quelques unes d’entre elles. Si je bois parfois de l’alcool, je ne me suis jamais saoulé la gueule, disons que j’ai l’alcool social. Je sais toujours doser, un peu lancé, mais pas très loin. Je peux traverser assez facilement une nuit sans dommages. Une fois que nous étions un peu parti en noce avec une équipe dont elle faisait partie, nous avons commencé à déconner un peu. Comme nous approchions des fêtes de fin d’année, nous avons fait quelques projets sur la manière de fêter ça dignement. Une chose était certaine, nous allions venir squatter son bistrot, à discuter comment était le sujet de la conversation. A un moment, en m’appelant par le surnom par lequel tout mes copains m’appelaient, elle me lança:

– Sur le coup de minuit de minuit, j’aimerais que tu fasse quelque chose moi…

– Ah oui quoi?

 – Que tu me roule une galoche à minuit!

Ah ben m… si je m’attendais à celle-là!

– Si tu mets des bas et des jarretelles, je te roule une galoche!

Ainsi fut décidé. Le fameux soir, elle portait de bas et moi je me suis exécuté, je lui ai roulé sa galoche. Je ne lui ai jamais demandé si elle avait acheté cela spécialement pour l’occasion où si elle avait cela dans un tiroir. D’après ce qu’elle m’a montré, c’est possible qu’il s’agisse d’un porte-jarretelles ancien. Elle aurait sans doute voulu aller plus loin. Mais ce ne fut pas le cas et c’est disons un peu de sa faute, en affirmant que je les roulais bien. Car celle que j’ai cité plus haut, celle dont les jarretelles lui donnaient de l’eczéma et qui évidemment n’en portait pas ce soir-là et qui a entendu l’affirmation a voulu « tester ». Je lui ai accordé le droit de satisfaire sa curiosité et nous avons fini la nuit ensemble, enfin ce qu’il en restait au petit matin. La morale de cette histoire, échangerais femme portant des bas de 50 ans contre une de 25 ans portant des collants!

Mais revenons un peu à la mode des dessous car elle continue…


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Depuis la fin des années 80, la libéralisation des moeurs continue de plus belle. Il n’est plus question de virer une présentatrice de la télévision pour avoir montré ses genoux. Il n’est certes pas encore permis de présenter le journal télévisé en étant nue, mais on assiste à des émissions plus légères. En 1986, débute le fameux « Sexy Folies » qui propose une émission nettement axée sur l’érotisme, on y parle même que de cela. Des reportages, même dans les émissions féminines de l’après-midi, sont diffusées. On peut y voir l’animateur, Patrick Lauret, du Club 50-60, venir nous parler des bas coutures. C’est aussi le première manifestation du revival du bas nylon authentique à travers ses membres. On le reverra dans un des rares documentaires dédiés au bas nylon « Nylon Blues » au tournant des années 90, également diffusé à la télévision. Un phénomène qui a aussi débuté dans les années 80, la location possible ou l’achat de cassettes érotiques ou pornographiques à travers les clubs vidéos. La télévision reliera l’offre aux heures tardives. Les pubs télévisés se permettent aussi la vente de lingerie de manière plus ou moins suggestive. La marque Scandale réussira un joli coup de rêve pour certains avec une dame nous affirmant qu’elle porte un ensemble 3 pièces avec un porte-jarretelles, et qu’il n’est pas question qu’elle nous les montre. La suggestion a toujours été un excitant érotique très fort.

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Une fiche sur Nylon Blues

La lingerie ne connaîtra pas de révolution pendant toutes ces années. C’est encore le marketing qui lance le bouchon aussi loin que possible. La plupart des marques traditionnelles, Aubade, Scandale, Dim et autres, sont conscientes que les femmes désirent toujours plaire et comme la nature n’a pas augmenté les zones sensuelles, il faut bien reprendre les mêmes et recommencer, ce sont souvent des adaptation de ce que l’on connaît déjà. En 1988, Dim met au point une nouvelle version de ses bas et collants en introduisant le Lycra, sous l’appellation Diam’s. Il donne une brillance aux bas et collants qui rejoint le reflet de l’authentique nylon sous la lumière, surtout dans sa version vintage non extensible. C’est encore un truc dont les anciens se souviennent mais qui a l’air d’une nouveauté pour les plus jeunes. La méthode sera adoptée par la plupart des fabricants, c’est très courant encore aujourd’hui.

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Le porte-jarretelles, après de timides réapparitions, devient un objet que l’on trouve dans la plupart des rayons de lingerie un peu étoffés. Le fait qu’il soit proposé constamment depuis des années, montre que malgré tout il se vend assez bien. Il est sûr qu’il figure de manière plus ou moins visible dans la garde-robe féminine, même s’il n’est qu’exceptionnellement porté. Il connaîtra un bon regain publicitaire quand Dim lancera son Sexy Kit dans les années 2000. Un bien vilain nom pour une si jolie chose, bien qu’encore une fois ce soit encore un objet inapproprié pour porter confortablement un paire de bas.

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Nous avons parcouru un siècle en sous-vêtements. Une soixantaine d’années où la femme faisait rêver grâce à des atouts et atours plus ou moins cachés. Une quarantaine d’années où tout à changé, pas forcément en bien pour son image sensuelle. Le monde a changé, tout va plus vite, conquérir une femme ou un homme est aussi un affaire de vitesse pour certains. Reste encore quelques vieux briscards comme moi, qui ne voient pas en chaque femme une citadelle à conquérir immédiatement, mais qui savent aussi la regarder comme on regarde une oeuvre d’art dans un musée. Pour qu’elle soit cette oeuvre, l’élégance et la sensualité doivent en faire partie. Malgré tout n’importe quelle femme qui porte des bas n’est pas forcément une femme élégante, il y a la manière. Cela peut s’apprendre, mais je crois surtout que c’est inné.

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Et après…

Bon gré, mal gré, nous avons bien entamé ce nouveau siècle. Force est de constater que la lingerie a gagné de nouveaux galons d’or. Quelques marques de lingerie ont pratiquement pignon sur rue, elles offrent à une clientèle nostalgique de quoi faire rêver les autres. Il y a Cervin, Sodibas, Secrets In Lace, What Katy Did, Agent Provocateur, Kiss Me Deadly, Touchable, qui ont saisi le goût de l’authentique et savent le reproduire à la perfection ou avec un certain bonheur.

Le burlesque a remis la pin up au goût du jour, elle est un pivot essentiel de la renaissance des soixante premières années du siècle passé transportées à aujourd’hui. Il ne faut pas crier victoire, je crois que l’âge d’or ne reviendra jamais, mais il presque sûr que chez certains et surtout certaines, ce retour en arrière est définitif. Elles ne sont pas la majorité, mais elles continueront de porter de la belle lingerie et surtout des bas pour que le bleu de notre ciel reste toujours bleu.

Et puis souvenez-vous que j’ai deux Ambassadrices qui portent des bas au quotidien…

Une visite s’impose…

Miss Nylon

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Miss Eva

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Modèle dans Nylon-Zine

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Eclats de nylon et vieux papiers (10)

Eclats de nylon de jadis

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Les vieux papiers ou comment les journaux et autres nous donnent une vision de ce que furent la vie et l’actualité en d’autres temps.

Le 30 janvier 1933, un événement se produit qui ne va pas empêcher quiconque de manger sa soupe, même qu’il ne fait pas spécialement la une de la presse francophone, Hitler est élu chancelier. Ce dernier a acquis en 1932, le status de fonctionnaire d’Etat, ce qui lui confère la nationalité allemande et lui permet de briguer un poste d’élu. Avant, il était encore autrichien, bien qu’interdit en Autriche. Il trouvera un autre moyen pour y retourner.

J’ai choisi de m’attarder cette semaine sur le début des années 30, la montée du nazisme. C’est une période qui pour moi est passionnante de mon point de vue d’historien amateur. Je n’ai aucune nostalgie du nazisme, loin s’en faut, mais les périodes troubles de l’histoire sont nettement plus riches d’études que celle où elle se contente de ronronner. Et celle-là est particulièrement trouble. C’est la première fois dans l’histoire de l’humanité, pas la dernière, que l’on assiste à la montée d’une dictature, on pourrait presque dire « en direct », pour laquelle on bénéficie de documents parmi les plus intéressants, c’est à dire la presse, qu’elle soit quotidienne ou autre.

Contrairement à ce que les gens peuvent penser, Hitler n’est pas élu par le peuple, mais par le président, non pas de l’Allemagne, mais de la République de Weimar. Ce président, c’est le maréchal Hindenburg, réélu en 1932 à 84 ans, battant son rival Adolf Hitler de 6 millions de voix. Dans la réalité, les choses ne sont pas aussi simples, le parti de Hitler malgré sa défaite à l’élection présidentielle est extrêmement puissant, c’est une force avec laquelle il faut compter. Pour se donner une idée du poste de chancelier, disons que cela correspond en gros à un poste de premier ministre. A la suite de diverses intrigues politiques trop longues à développer ici, fort de la puissance de son parti, Hitler devient chancelier, même si Hindenburg déteste Hitler. Il n’a pas encore tous les pouvoirs, c’est encore le président qui dirige, mais il a le champ libre pour préparer le terrain, ce qu’il fera avec toute sa maestria diabolique. Ce n’est qu’à la mort de Hindenburg, le 2 août 1934, que le chemin devient entièrement libre. Il est le maître suprême.

Dans la presse de l’époque, on relate ici et là, les changements qui interviennent en Allemagne. On ne trempe pas la plume dans l’acide, tout au plus dans le vinaigre pour certains. On informe comme c’est l’habitude, comme on le ferait aujourd’hui de la politique d’un pays voisin, même si on est pas d’accord on fait le plus souvent comme si…

26.02.1932 – Voilà une première manifestation, le loup entre dans la bergerie

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02.03.1933 – Plantation du décor

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10.04.1932 – Ce n’est as encore pour cette fois, mais on peut mesurer sa force, malgré un écart de voix considérable.

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11.04.1932 – Un article assez visionnaire pour la suite. Elections pièges à cons!

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31.01.1933 – Cette fois-ci, c’est bon, enfin presque, il y a encore un obstacle de 84 ans

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01.02.1933 – Autre son de cloche dans un journal socialiste, qui rapporte un commentaire soviétique, le conclusion de l’article est très prophétique, mais ne sont-ils experts en matière de dictature?On pourra toujours devenir une paire d’amis plus tard… 

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28.02.1933 – L’incendie du Reichstag. Une autre manière d’asseoir son pouvoir. Très probablement un mise en scène des copains à Hitler pour lui permettre d’entamer une répression qui supprimera peu à peu toutes les libertés individuelles. En tous cas, il exploitera l’événement à fond. Remarquez que le journal titre terrorisme. Dans certains contextes, on ne sait pas très bien de quel côté sont les terroristes.

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19.04.1933 – La toile se tisse. C’est la première fois que l’on parle de Oranienburg. Pour l’instant ce n’est qu’un petit camp, mais par la suite, il deviendra une administration centrale des camps de concentration

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09.08.1933 – Le climat de terreur continue de s’installer

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02.07.1934 – Vous l’avez bien compris, quand on veut installer une dictature, il faut avoir un pouvoir absolu et des serviteurs fidèles. Les serviteurs, il les a, mais il y a encore une ombre au tableau. Ce n’est pas le vieux maréchal Hindenburg qui se meurt, qui peut lui mettre les bâtons dans les roues. Il a une homme à ses côtés, un fidèle compagnon de route, Ernst Röhm. C’est un des très rares proches de Hitler qui le tutoie. En 1934, il est à la tête des S.A. un corps d’armée de 400 000 hommes, dite des chemises brunes, qui peut encore changer la donne et dont Hitler avait surtout besoin quand il n’était pas encore au sommet. C’était le service d’ordre chargé d’asticoter les opposants. Même si Röhm est un antisémite et aussi un homosexuel, il est certainement un peu plus proche du peuple et il ne manque pas de le faire savoir, à travers quelques prises de becs avec Hitler. L’entourage d’Hitler le persuade que c’est un conspirateur et ce dernier n’a pas trop besoin d’être poussé pour voir des conspirateurs partout. Il décide de décimer les S.A. en éliminant ses cadres, dont la plupart sont en vacances en ce début d’été 1934, vacances d’ailleurs commandées par Hitler. Nous en arrivons à cette fameuse Nuit des Longs Couteaux dans le nuit du 29 au 30 juin. De véritables opérations de commando ont lieu à travers l’Allemagne pour arrêter ou exécuter les chefs S.A., Röhm est arrêté et tué le 2 juillet.

Après cela, la voie sera définitivement libre. Mais n’oublions pas qu’un régime politique qui assassine ses opposants ou supposés tels, n’ira jamais vers une démocratie avec des gens à peu près heureux. Le suite le prouvera largement avec des millions de morts. 

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 03.07.1934 – Prenons maintenant un journal qui se veut très à gauche. Il relate les événements à sa manière et se veut moins complaisant et aussi plus cru. On fait ouvertement allusion à l’homosexualité de Röhm, ce qui est à lire entre les lignes dans la plupart des autres journaux. Hitler est au courant des particularités de son ami, le journal fait aussi allusion à des procès intentés à certains journaux qui faisaient mention de cela, quand Hitler cherchait le chemin du pouvoir absolu. Il conclut que la justice est une notion vague, interprétée selon le bord où l’on se trouve. 

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07.07.1934 – Un peu plus tard dans la semaine – On pourrait presque mettre le commentaire de l’article dans la rubrique humour. Mais d’une autre manière la vie continue, on se donne les apparences d’un gouvernement normal.

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 Même journal, même jour, un peu plus loin. Cette fois-ci c’est de l’humour mais… 1934!

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Léo coeur de nylon (80)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son statut de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. Après une enquête personnelle, il relance la piste sur le meurtre d’une de ses anciennes compagnes jamais élucidé. Il informe la police qui semble très intéressée. Avec son ami Marly et sa compagne, il continue son enquête personnelle au fil de ses souvenirs, tout en n’oubliant pas de raconter quelques anecdotes et situations cocasses où toutes ses anciennes conquêtes défilent en bas et en porte-jarretelles. Alors qu’il est en conversation avec ses amis, un inconnu entre dans le bistrot et l’informe qu’il est le demi-frère de son ancienne amie tuée. Apportant des informations inédites, il veut aussi éclaircir cette sombre histoire. Après bien des rebondissements, ils semble que les choses se précisent. Il est décidé d’entrer en action, avec les compétences d’un flic un peu particulier, Laverne. Le fameux jour où tout devrait s’éclaircir arrive enfin. Au fil de la conversation, Laverne apporte ses lumières sur cette histoire pas comme les autres

Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Léo sourit à Laverne, il ne pouvait que confirmer cette histoire de châteaux en Espagne, si l’on peut dire. Lui-même avait songé quelquefois, quand son portefeuille se portait bien, d’acheter un petit quelque chose au-delà des Pyrénées. Il est vrai que cette Espagne faisait un peu rêver par son climat au soleil généreux. Il n’avait jamais concrétisé ce petit rêve qui avait disparu avec sa carrière de chanteur de charme. Mais Laverne reprit le cours de son histoire.

– Cet événement anodin fut une particularité du repas. Je m’étonne encore que mes collègues d’alors n’aient pas exploré un peu plus cette piste, mais encore une fois, je crois que le silence du milieu a joué pour qu’il soit passé sous silence. La belle Gloria avait préparé un dessert maison, une spécialité de son pays, très courante aux USA, mais encore peu connue chez nous. Les Amerloques appellent cela un brownie, c’est une sorte de gâteau au chocolat. C’est Pedro qui m’a souligné cette histoire et en fouillant dans les procès-verbaux de l’enquête, je n’en ai pas trouvé trace. D’après ses souvenirs, le serveur du restaurant a apporté le gâteau à la fin du repas en précisant que c’était une spécialité américaine confectionnée par Gloria. D’après vous Léo, Lucienne aimait bien les sucreries ?

– Je peux affirmer que les desserts comptaient de manière assez prononcée dans ses repas, tout ce qui avait de la crème ou du chocolat l’intéressait. Plus que pour le fromage, elle gardait une place pour le dessert.

– Cela colle très bien avec ce que je pense. Donc, le gâteau est arrivé, Gloria a fait une petite présentation sur l’origine de la chose et c’est elle qui s’est mise à le couper. Pedro avait noté un autre détail. Répartis sur le gâteau, il y avait des petites pastilles décoratives de différentes couleurs, un peu comme pour marquer la limite des tranches. Gloria s’est mise à le découper en respectant chaque couleur. La première tranche a été servie à Lucienne, elle avait les pastilles de couleur rose. Pedro se souvient que ces décorations avaient une coquille en sucre assez dur, mais l’intérieur était fourré de chocolat.

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Marly sourit prit son papier et le retourna en le mettant sous les yeux de Laverne :

– Vous voyez, j’avais écrit Gloria comme nom de coupable

– Oui je me doutais bien que vous étiez sur la bonne piste. Je ne puis être complètent affirmatif sur sa culpabilité, mais le problème principal c’est que je n’en aurai jamais la confirmation de sa bouche.

Léo regarda Laverne avec étonnement :

– Comment cela, vous avez tous les atouts ?

– Oui j’ai des atouts, mais je manque de joueurs. Je sais par Singer que c’est bien lui qui lui a donné la recette du poison. L’a-t-elle mise en pratique, je le suppose très fortement, elle est la coupable idéale, elle veut mettre Monti dans son lit. Elle considère Lucienne comme une rivale, qui à ce moment-là n’a d’yeux que pour elle. Je crois qu’elle a quelques idées derrière la tête, former une sorte d’association tant au plumard que dans le milieu, elle ne veut pas se contenter d’un demi royaume. En France, elle est certainement une sorte de prêtresse de la drogue, mais ailleurs elle n’est pas grand-chose, elle a besoin d’un guide, d’un commanditaire qui pourra l’introduire auprès de gens sérieux. Peut-être rêve-t-elle d’une connexion avec l’Amérique, le syndicat international du crime.

Léo se gratta la tête, cela devenait un peu compliqué pour lui, il y avait tant de questions qui s’entrechoquaient dans sa binette. Il ne manqua pas de le faire savoir.

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– Je pige plus grand-chose. Je sais ce qui m’importait le plus, qui a supprimé Lucienne. C’est cette pétasse de Gloria qui en est la cause. Mais comment tout cela a continué, et Singer dans tout cela, et mes pompes, comment sont-elles arrivées sur les pieds d’Isabelle ? Je sais cela fait beaucoup de questions, mais vous allez sans doute me donner des réponses ?

– Revenons à Monti. Il a certainement été courtisé par Gloria, malgré la présence de son mari. Je ne dis pas qu’il ne se l’est pas envoyée quelquefois, mais se mettre en affaires avec elle, je crois que cela ne l’intéressait pas. J’imaginerais assez bien qu’il l’a soupçonnée d’avoir éliminée Lucienne. Dans le fond c’était un patriote, pour lui la truanderie était une affaire nationale. Il pouvait tolérer des Corses ou des Marseillais, ça il n’était pas contre. Mais se servir d’un flingue en bouffant des hamburgers, il ne voyait pas trop l’intérêt.

– C’est pas pour cela qu’il a été descendu ?

– Non Monti, a été victime d’un règlement de compte, c’est plus que probable, la bande à Gloria semble innocente sur ce point.

Marly fouilla sa mémoire et se rappela la conversation de la première rencontre avec Seiler. Il savait, lui, qui était le meurtrier de Monti. Il avait des preuves, il possédait même le flingue qui avait servi à buter Monti. C’était pour lui son certificat de longévité après avoir fréquenté par la tranche le milieu en étant le garde du corps d’un truand. Cela, Laverne, tout malin qu’il était ne le savait pas, du moins il n’en laissait rien paraître. Il estima à juste titre que la mort de Lucienne n’avait pas grand rapport avec la fin tragique de Monti. Ce n’est pas lui qui allait raconter cette histoire à Laverne. Même Léo, tout perdu dans cette histoire qu’il puisse paraître, semblait ne pas l’avoir oublié. Il avait posé une question qui était plutôt une affirmation. L’air de rien, il avait sans doute voulu tester les connaissances de Laverne. Pour lui, il avait l’essentiel de la réponse à la question qui l’avait tourmenté, le mot était sans doute un peu fort, disons ce qui avait titillé sa curiosité depuis que l’affaire du meurtre avait été relancée. Mais Marly avait encore d’autres points obscurs dans son résonnement. Il attendait la suite des révélations.

– Vous vous posez sans doute la question depuis longtemps, pourquoi Singer a-t-il fui en Espagne ?

A suivre

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