Eclats de nylon et vieux papiers (13)

Eclats de nylon de jadis et tornades

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Les vieux papiers ou comment les journaux et autres nous donnent une vision de ce que furent la vie et l’actualité en d’autres temps.

Les phénomènes naturels ont toujours excité la curiosité des foules, surtout quand ils se produisent chez le voisin. Sous nos latitudes tempérées, ils sont rarement violents bien que depuis quelques années, il semble y avoir une palpable augmentation. Comme j’habite depuis très longtemps la même région, je l’ai constaté personnellement. Les orages d’aujourd’hui sont nettement plus violents que ceux d’autrefois, le vent en particulier, qui souffle avec une certaine fureur, alors que c’était rarement le cas quand j’étais enfant. Nul n’est prophète en son pays, je m’en suis rendu compte avec un copain météorologue de métier. Il m’a affirmé, et c’est vrai, qu’un phénomène nuageux qui se produit pendant les orages et que j’ai observé des centaines de fois, était un spectacle rare ailleurs et presque uniquement localisé au coin ou j’habite. Il a lui-même consacré une étude approfondie sur ce cas.

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Le phénomène météo le plus violent connu sur terre reste la tornade. Elles peuvent se produire n’importe où, mais les Etats-Unis connaissent de loin le plus grand nombre de cataclysmes de ce genre. C’est fortuitement que l’on a découvert comment cela fonctionnait, si l’on peut dire. Un observateur passant dans une région dévastée par une tornade constata que les arbres couchés avaient la pointe tournée vers le nord, alors que plus loin, elle était tournée vers le sud. Il en déduisit que cela avait été produit par quelque chose qui tournait comme une toupie, l’idée de tornade était née. Il est connu maintenant qu’il s’agit de vents contraires qui se rencontrent et s’enroulent sur eux-mêmes et provoquent une aspiration sur le sol, comparable à un aspirateur. La largeur d’une tornade peut aller de quelques dizaines de centimètres à des centaines de mètres. Par contre la tornade elle-même se déplace relativement lentement contrairement aux vents qui tournent dans son entonnoir à des vitesses de plus de plus de 400 kilomètres heure pour les plus violentes. La trajectoire d’une tornade est très fantaisiste, n’obéissant à aucune règle précise. Aux USA, les états situés au centre sont appelés « couloir des tornades », c’est l’endroit du pays ou le phénomène se produit le plus souvent. Il arrive aussi que cela se produise sur la surface de l’eau comme la mer ou un lac. Dans ce cas on parle d’une trombe marine. C’est le même principe, mais nettement moins dangereux, car il ne fait qu’aspirer de l’eau. Exceptionnellement  des bateaux qui pourraient se trouver sur son passage seraient en danger. 

Voir une tornade était quelque chose de plutôt rare et qui pouvait être dangereux. Jusqu’à récemment on devait se contenter de quelques photos et pire encore pour les documents filmés. Les témoignages photographiques des dégâts qu’elles peuvent causer étaient par contre très abondants. Depuis l’avènement des caméras vidéo portables, le spectacle est filmé assez fréquemment et on peut se faire une bonne idée à quoi cela ressemble.

La presse locale dans nos contrées se contentait de relayer quelques informations brutes venues principalement des Etats Unis. Tout au plus, le lecteur apprenait qu’il peut exister ailleurs des phénomènes atmosphériques dont il ne connaissait pas l’existence.

Sans plus de commentaires, une photographie montre les dégâts causés par une tornade.

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Un article parle d’une autre tornade. En réalité, l’article est sans doute mal rédigé ou mal informé. Il laisse penser que c’est une seule et même tornade qui a causé tous ces dommages. Dans la réalité, quand les conditions sont favorables, il peut y avoir simultanément plusieurs tornades. Dans les années 70, on en a recensé plus de 160 en une nuit sur plusieurs états. Il est aussi couramment admis que la vie d’une tornade n’excède pas une vingtaine de minutes pour les plus violentes.

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Comme je le disais plus haut, les tornades peuvent se produire n’importe où. Voici ce qui est arrivé à la ville de Cambrai en 1950. Notez que l’article parle d’une tornade, mais il ne fait pas mention du tourbillon visible propre à une vrai tornade. Le terme est sans doute un mot générique employé à tort. Ici on parle plus volontiers d’un cyclone ou d’un ouragan.

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Etre victime d’une tornade ne fait pas toujours perdre le sens de l’humour.

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Un truc qui ne date pas d’aujourd’hui – Sans doute avec-vous reçu une fois ou l’autre un mail qui faisait appel à vous pour récupérer une somme d’argent bloquée quelque part pour diverses raisons, moyennant une avance en espèces de votre part pour frais ou autres, somme que vous ne reverrez jamais, pas plus que la somme juteuse qui vous est promise en dédommagement. Un journal suisse, en 1922, fait part à ses lecteurs d’un truc qui ressemble fortement à ce genre d’arnaque. On a beau être en 1922 et ne pas avoir Internet, l’imagination est déjà là. 

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Eclats de nylon et vieux papiers (12)

Eclats de nylon de jadis suivi du monstre du Loch Ness

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Les vieux papiers ou comment les journaux et autres nous donnent une vision de ce que furent la vie et l’actualité en d’autres temps.

Aux temps où la presse tenait le haut du pavé en étant un moyen d’information populaire et accessible à tous, il existait dans celle-ci des phénomènes ponctuels et souvent montés en boucle. Le surnaturel et le fantastique n’étaient pas ignorés. Dans les années 30, un des ces cas bizarres alimenta les chroniques pendant plusieurs mois, celui du monstre du Loch Ness. La légende de ce monstre remonte bien avant son passage dans une sorte d’officialisation en 1933. Grâce à quelques témoignages, sérieux ou farfelus cela n’a jamais été vraiment la question principale, le monde entier apprend qu’un animal étrange pourrait se cacher dans les eaux de ce fameux lac. C’est le début d’une histoire qui fait encore quelques apparitions, bien réelles celles-là dans la presse aujourd’hui.   Je suppose que vous avez votre petite opinion sur la chose, comme moi j’ai la mienne. Mais que ceci ne nous empêche pas de savourer ces quelques articles vers la fin 1933, début 1934.

15 décembre 1933, premières apparitions officielles du monstre

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28 décembre 1933 – La dinde de Noël digérée et en attendant le dessert

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29 décembre 1933 – Un jour après pas le temps de souffler!

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02 janvier 1934 – Le monstre vous présente ses meilleurs voeux.

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09 janvier 1934 – Allez encore une petite parmi tant d’autres

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15 mai 1924 – Un journal local mentionne le passage dans ses murs de Kaatje van Dyk. Cela n’aurait rien d’exceptionnel si cette femme de 20 ans ne passait pas inaperçue avec sa taille de 2,40 m. Cette femme née en 1904, n’a jamais alimenté l’actualité autrement que par sa taille. Tant et si bien qu’on ne sait pas grand chose d’elle, même la date de sa mort est incertaine, 1968, pour certaines sources, 1980 pour d’autres. Par contre, on sait qu’elle se produisait dans des shows de variétés, qu’elle mangeait à peu près l’équivalent de trois repas d’une personne normale et qu’elle pouvait s’exprimer en 7 langues différentes. Elle a quand même figuré dans le fameux livre des records jusqu’en 1968 comme la femme la plus grande du monde, ce qui accréditerait sa mort en 1968. Plus besoin de lui demander ce qu’elle fera quand elle sera grande.

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25 février 1964 – La presse régionale ne s’intéresse que peu aux phénomène Beatles. En 1964, ils sont l’événement musical qui suscite le plus de passions depuis Elvis Presley. Contrairement à lui qui ne se produit pratiquement pas hors du territoire américain, ils tournent le monde entier suscitant des scènes pittoresques à chaque apparition. Voici la relation d’un de ces événements.24 041316 7 250264

01 février 1862 – Une question que l’on se posait, il y a 164 ans et qui fait sourire aujourd’hui. Heureusement elle a été résolue depuis, car on aurait manqué un monument.

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Nos disques mythiques (20)

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Le succès du fameux « Gloria » de Them a constitué pour les ventes en France une assez belle réussite. Il y a même eu un petit vent de panique chez Decca-France. En effet, la maison française a misé sur une première publication offrant le succès anglais « Baby Please Don’t Go », en fait la version française du EP sorti en Angleterre avec une pochette différente. Sur le simple publié en Angleterre figurait justement en face B le fameux « Gloria ». Le titre est complètement ignoré dans la publication française. Mais par un coup de baguette magique, c’est ce fameux titre qui devient un hit dans pratiquement partout ailleurs, y compris la France. Pour rattraper le coup, Decca ressort 4 titres où il figure cette fois en bonne place. Cette seconde publication est même sans en avoir l’air un sorte de « greatest hits », car elle reprend « Baby Please Don’t Go » avec « Here Comes The Night », le plus gros succès anglais en terme de classement (2 ème en 1965). Il fallait bien évidemment envisager une suite pour la discographie française. Il y avait deux choix possibles, coller à la suite de la discographie anglaise, mais les publications sont plus modestes question succès, ou alors proposer une sélection différente. C’est cette deuxième solution qui est adoptée et ce sera un coup d’éclat doublé d’un de ces mélange de pinceaux chers aux discographies françaises.

Originalement le choix était celui-ci…

Un titre récupéré dans le premier album « Mystic Eyes », et puiser dans les sessions du second album « Them Again » en retenant « Bring Em On In », « Call My Name », « I Can Only Give You Everything », choix excellent.

C’est normalement ce qui aurait dû se passer, mais dans un premier temps les premiers tirages comportent une erreur de titres. Si les premiers titres de chaque face sont corrects (« Bring ‘Em On In  – Mystic Eyes »), les seconds titres jouent « Something You Got – I Put A Spell On You » à la place des titres annoncés. L’erreur sera rectifiée par la suite, mais il existe pas mal de copies avec les mauvais titres en circulation et cela n’est apparent qu’à l’écoute. Encore une autre spécialité, plus sympathique celle-là, « Bring ‘Em On In » et « Call My Name » sont les versions de l’album « Them Again » plus intéressantes que celles sorties sur les 45 tours anglais. Notamment « Bring ‘Em On In » est plus élaboré, le vocal de Morrison plus hargneux, il bénéficie aussi du soutien la guitare de Jimmy Page avec un solo. L’influence du jazz est encore présente. Par la suite, les rééditions mélangeront assez joyeusement versions des albums et des 45 tours sans toutefois préciser lesquelles.

Mais voyons le reste du contenu en détail:

Mystic Eyes – C’est à mon avis un des deux ou trois titres phares de la discographie des Them originaux et je dois l’avouer, un de mes disques préférés toutes tendances confondues. Vocalement, c’est toute la splendeur d’un chanteur (et aussi compositeur) d’exception. Bien sûr les Them, c’est essentiellement Van Morrison, mais dans sa courte carrière, l’ensemble du groupe a laissé quelques souvenirs délectables, celui-ci en est un. A noter encore une particularité, le titre est vraiment plus intéressant dans sa version mono, il sonne mieux. La version stéréo, que l’on trouvera ensuite, hélas, dans la plupart des rééditions est plus fade. Il n’y a pas ce concentré sonore qui figure en monophonie.

Call My Name – Aussi un titre avec une ambiance assez spéciale, un peu insolite, mais combien délicieux. C’est une composition du fameux producteur Tommy Scott.

I Can Only Give You Everything – Je l’ai toujours dit et je le maintiens, sans jamais avoir été un succès, ce titre aux riffs ravageurs est un monument de la musique du 20ème siècle. A voir le nombre de reprises qu’il a enfantées, qui pourrait douter de ses capacités à plaire. C’est aussi une composition de Tommy Scott avec Phil Coulter, plus connu pour avoir composé « Un Petit Pantin » pour Sandie Shaw, mais c’est une toute autre histoire.

Ces quatre titres montrent à l’évidence que cette édition française est un must dans la discographie originale du groupe pour autant que l’on possède la version « correcte ». Il montre aussi que ce groupe est un peu plus qu’une météorite qui a passé dans un ciel orageux. La voix de Morrison lui aurait sans doute valu un séjour dans un asile de fous, s’il s’était mis à chanter cent ans auparavant. Heureusement, il est apparu au moment ou l’on cherchait des talents qui sortaient des sentiers battus. Il avait tout pour cela, avec assez de force pour se hisser parmi les grandes voix, celles qui confinent vers l’éternité avec ou sans Them.



N’ayant pas trouvé la version album sur YouTube, je vous propose ici celle du 45 tours ou le saxophone domine. Toutefois, je vous mets un lien sur Deezer ou vous trouverez la version album, si vous possédez un compte vous pourrez faire la différence ou du moins en écouter un extrait.

http://www.deezer.com/album/11848322?utm_source=deezer&utm_content=album-11848322&utm_term=8337609_1459540469&utm_medium=web