Eclats de nylon et vieux papiers (31)

Eclats de nylon et jeux pas interdits

Attardons-nous quelques instants sur quelques couvertures de magazines vintage où le nylon était roi

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Regards sur quelques bouts de papiers et photos qui rappellent les saveurs de l’enfance et l’adolescence dans les années 60

Vivre sa jeunesse dans les années 60 représentait quelque chose de bien différent de ce que peuvent ressentir les jeunes d’aujourd’hui. C’était, à mon avis, beaucoup plus jouissif que ce que peut ressentir n’importe quel écolier maintenant.

Il me faut un peu parler de moi, car je ne connais pas de meilleur témoin pour vous résumer ce que j’ai vécu ou observé. Sans doute, cette période a été vécue de manière identique par des millions de mes contemporains. Le domaines des loisirs est essentiel à mes yeux, c’est de cette manière que l’on peut trouver distraction et qualité de vie. Cela rappellera certaines choses à certains et ils penseront comme moi que c’était une époque magique.

Des jouets, des jeux, il y en avait, mais de manière beaucoup plus pondérée. Techniquement, c’était aussi un sorte de préhistoire. Les trains étaient déjà électriques bien sûr, les poupées ne pissaient pas et ne criaient pas encore maman ou si peu. J’ai vu l’apparition de ce qui était le premier jeu de courses de voitures électriques, cela s’appelait Scalextrix, et cela s’appelle encore ainsi, mais c’était très rudimentaire et très fragile, cela coûtait un max. De l’argent, on en avait, mais un peu. Pour les amateurs de trains miniatures, le référence était Marklin, un boîte de jouets allemande qui était alors déjà centenaire. La référence ultime était une locomotive, la fameuse « Crocodile », locomotive électrique mise en service dans les années 20 par les chemins de fer suisses pour franchir les rampes du Saint Gothard avec des trains de marchandises. Elle fut un temps la plus puissante locomotive du monde, mesurant 20 mètres de long et pesant 130 tonnes. Vu sa longueur, elle était scindée en trois parties distinctes pour lui permettre d’aborder les courbes, ce qui lui donna son nom, car elle pouvait se tordre sur les rails un peu à la manière de l’amphibien. En matière de modélisme, sa reproduction était aussi la plus chère, il fallait compter quasiment un quart de salaire mensuel moyen de l’époque pour se la payer. Elle faisait surtout partie des rêves.

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Voilà la locomotive Lacoste

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Le modèle Marklin dans les années 60

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Si je n’avais pas la Croco, j’avais celle-là, un des plus gros modèles à vapeur. J’ai toujours préféré les trains à vapeur, c’est plus beau et plus vivant dans la réalité, je crois qu’elles ont une âme.

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Dans les wagons, je suis sûr d’avoir eu celui-là, un wagon foudre que ça s’appelait, je dois en avoir gardé un certain goût pour le bon pinard. 

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Une image typique, certains magasins mettaient en vue une maquette de modéliste, on bavait devant en la regardant.

La BD était aussi un moyen de distraction très apprécié et plus à porté de toutes les bourses. D’autant plus que l’impression, notamment au niveau des couleurs était fabuleuse. J’en ai souvent parlé avec des spécialistes, on est d’accord pour dire qu’aujourd’hui c’est nettement moins bon. C’est bien pour cela qu’on recherche des éditions originales d’époque. 

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Trois BD qui m’ont marqué à jamais. Guy Lefranc et L’ouragan de feu, justement une de ces aventures qui est à lire en édition originale pour les merveilleuses couleurs de la mer en feu. Et puis c’est une histoire bien conçue, une vraie série noire dans son genre. Ma génération flashe volontiers sur les Blake et Mortimer. L’épisode de La marque jaune est une référence absolue pour cette aventure fantastique qui se déroule dans les brouillards de Londres. Mes préférences vont toujours au petit Chlorophylle créé par le génial Raymond Macherot. C’est le seul dessinateur de BD dont je possède toutes les éditions originales, en ce qui concerne Chlorophylle et Sibyline, deux de ses créations. Je possède une sérigraphie de lui signée et tirée à 20 exemplaires, qui accueille les visiteurs chez moi. Aux enchères, une de ces copies s’est vendue récemment 360 euros. C’est un bon placement, plus de 3 fois le prix que je l’ai payé!

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Bien sûr, il y avait aussi les bouquins pour la jeunesse. C’était encore plus abordable, quelques francs pour un livre de la Bibliothèque Rose. Enid Blyton était l’auteur la plus lue dans ce style. Le Club des cinq avait de loin les faveurs. Mais je préférais ceux édités dans la série Mystère avec la fameux Toufou, l’un des meilleurs personnages créés par Blyton. Dans l’Idéal Bibliothèque, ma série adorée, celle avec Les 5 détectives. A l’inverse des autres, les histoires se déroulent dans le contexte original, en Angleterre puisque l’auteure est Anglaise. C’est assez marrant de voir tous les moyens employés pour faire tourner en bourrique le policeman du bled, Mr Groody, lui souffler tous les mystères à éclaircir, et surtout les résoudre. L’humour des histoires de Blyton est assez convenu, du moins dans les traductions françaises, mais ici cela décolle un peu plus. C’est un comique de situation, pas de phrases humoristiques. Cette série est dans son édition originale illustrée par de très belles images. Et puis, il y a la fameuse Fantômette, l’une des plus originales créations dans le domaine de la littérature pour jeunes en France. C’est assez en avance sur son époque, où il était de bon ton que les jeunes jouent encore à la poupée, à la place de chasser les bandits. De plus, l’auteur Georges Chaulet est un des rares à manier l’humour dans la littérature pour jeunes, il existe beaucoup plus dans la BD. Bien sûr cet humour peut sembler un peu désuet aujourd’hui. 

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Avoir un électrophone était aussi un must. Pour Noël, j’en ai reçu un et en avant la musique! Quand j’avais un peu d’argent, j’investissais dans l’achat d’un disque. En voici quelques uns qui firent partie des tous premiers que j’ai achetés. Les Yardbirds y sont bien représentés, c’est normal, cela a toujours été mon groupe préféré. J’ai une collection exhaustive avec des éditions qui viennent des quatre coins du monde. J’ai même un pressage iranien, c’est vous dire. Je n’imaginais pas qu’un jour, j’allais être étroitement lié avec ce groupe de manière personnelle et les rencontrer maintes fois. Je peux dire que c’est un rêve d’adolescent devenu réalité. C’est quand même un des dix groupes les plus innovateurs des années 60. 

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Parmi les jeux, le billard électrique était un de mes favoris, j’étais même un très bon joueur. J’ai joué sur tellement de modèles différents, que je ne me rappelle pas vraiment d’un en particulier, sauf que je suis sûr d’avoir joué avec le Merry Widow. Les compteurs étaient encore mécaniques et les nombres pour atteindre la partie gratuite très petits, quelques petites centaines seulement. Le Monopoly faisait aussi partie de mes jeux préférés. Même encore aujourd’hui, je connais les règles par coeur. Quand j’étais sans partenaires, je jouais alternativement tous les rôles, ainsi j’étais sûr de gagner une fois et de perdre pour les autres. Adolescent, j’ai commencé à pratiquer les échecs, devenu petit à petit mon jeu d’élection. Pendant des vacances en Italie, j’ai joué contre un ambassadeur, un vrai passionné. Il m’a d’ailleurs battu, mais m’a offert un verre au bar de l’hôtel. Je n’ai jamais vraiment brillé dans ce jeu, sans être le dernier des con. J’ai deux petits titres à mon palmarès. Je suis le premier à avoir battu une forteresse imprenable qui faisait partie d’un club avec lequel on faisait une rencontre amicale. J’ai aussi terminé à la onzième place d’un tournoi régional en six rencontres. J’ai gagné trois fois, deux nuls, une défaite. Celui qui m’a battu était un gamin de douze ans qui a brillé par la suite dans les championnats d’Europe. C’est un des rares jeu qui a aujourd’hui droit de cité sur mon portable. C’est excellent pour entraîner la mémoire.

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Et puis la télé, une télévision, en noir et blanc bien sûr, coûtait des milliers de francs, pour regarder des programmes plutôt rares. La télévision n’émettait vraiment qu’en début de soirée, sauf le weekend. Les chaînes de télévision pouvaient se compter sur les doigts de la main d’un scieur qui aurait laissé par mégarde trois doigts lors d’un accident de travail. A vrai dire je n’étais pas un fan de télé, je trouvais les émissions un peu bêtes, je préférais nettement écouter de la musique dans ma piaule. Seules les émissions musicales m’intéressaient, celle de référence restera pour moi Bouton Rouge, vers 1968. On y a vu les Yardbirds, Pink Floyd, Ten Years After, Jimi Hendrix, choses qui m’intéressaient bien plus que la variété pure. 

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Pour terminer, ce qui restera sans doute le must absolu de ces années-là, aller écouter un concert. Soulignons une chose essentielle, les médias étaient plutôt discrets, peu de séquences filmées. Les photos de vedettes, c’était ce que l’on trouvait dans la presse, et si par malheur votre idole n’en avait pas les faveurs, il fallait se contenter des pochettes de disques. Alors voir une star en vrai, c’était quelque chose qui confinait au merveilleux. Sur une image fixe, difficile de saisir la gestuelle d’une personne. Il y avait de quoi être étonné quand elle arrivait sur scène. J’ai vu trois concerts en 1967 et 1968, dans l’ordre: Vince Taylor, Gene Vincent, et les Pretty Things, que j’ai revus 45 ans plus tard, c’est à dire assez récemment. Je me souviens surtout de Gene Vincent, souriant, un peu bidonnant, pour nous c’était déjà un vieux, il n’avait pourtant que 32 ans! Il nous a bien sûr interprété son fameux « Be Bop A Lula », une chanson que j’au toujours trouvé un peu bébête, mais on s’en foutait royalement, le rocker était là, nous aussi, on en demandait pas plus. Musicalement, des trois concerts c’était quand même les Pretty Things les plus en avance, ils peaufinaient déjà sur scène leur musique progressive. Aujourd’hui, je les écoute et les vénère d’une certaine matière.

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Presque 50 ans séparent ces photos

Un petit montage avec votre serviteur en compagnie de Dick Taylor, guitariste soliste des Pretty Things et Phil May, chanteur du même groupe. Le dessin que je tiens dans la main est un dessin de May qu’il m’a dédicacé. Le fait que je me sois présenté comme un ami des Yardbirds a grandement facilité le contact. Ils m’ont accordé la faveur de poser pour une photo avec moi. Les deux membres et le batteur des Yardbirds ont sorti un album en commun, du bon vieux blues!  

Au temps où le nylon était roi (2)

Photos jaillies d’un temps où la contemplation d’une dame en bas nylon équivalait au plus fin des plaisirs. Les temps ont changés, ont ils évolués? Je n’en suis pas si sûr. Heureusement, il nous reste les photos pour nous rappeler que hier est peut-être le futur que l’on espère, celui où la sensualité était la porte du paradis.

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Eclats de nylon et vieux papiers (30)

Eclats de nylon et une histoire de fou

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Les vieux papiers ou coment les journaux et autres nous donnent une vision de ce que furent la vie et l’actualité en d’autres temps.

Rien de plus fascinant qu’un tueur, la meilleure preuve de cette affirmation est de simplement regarder la curiosité qu’ils peuvent susciter. Depuis l’apparition de la presse, c’est devenu un phénomène récurrent. Si Landru avait commis ses meurtres un ou deux siècles avant, il serait sans doute perdu dans les oubliettes de l’histoire. La grande médiatisation de son procès, et aussi le fait qu’il avait tout pour devenir une sorte d’icône du meurtre, a fini par le rendre célèbre pour longtemps. Les élections qui se déroulèrent au plus fort de sa célébrité, virent quand même 4000 mille citoyens voter pour lui, bien qu’il ne fut absolument pas candidat. Gageons qu’à part ses « petites manies », Landru eut fait un politicien pas plus tordu que les autres. Fascination quand tu nous tiens!

Une vingtaine d’années plus tôt, une autre affaire défia la chronique, le procès d’un des premiers serial killers des temps que l’on pourrait qualifier de modernes, Joseph Vacher dit le « tueur de bergers ».

Son parcours, de sa naissance à celui d’assassin est aussi le reflet de l’ambiguïté que l’on peut trouver dans certaines familles nombreuses, il a une quinzaine de frères et soeurs, entre une mère très dévote et un père qui est plutôt rangé du côté des tyrans alcoolisés. La famille vit à Beaufort dans l’Isère et lui est né en 1869. Elle semble plutôt respectée, sûrement très honnête, mais le terme de respectable est une appréciation très élastique selon qui considère quoi. On s’accorde à dire que le petit Joseph a tous les attributs de garnement, violent, brutal, une vraie petite peste. Une série d’événements feront que peut-être il deviendra ce qu’il est devenu. Jeune, il a pu être en contact avec un chien enragé, maladie qui alors est irréversible selon la gravité de l’atteinte. Ce n’est qu’une probabilité pas une certitude. A quatorze ans, à la mort de sa mère, il commence à travailler. A-t-il déjà le diable en lui? On le suppose encore, en se référant à une série de meurtres pas vraiment élucidés qui a lieu dans le département à partir de 1884. A seize ans, il entre chez les Frère maristes près de Lyon. Il y reste deux ans, soupçonné d’avoir eu des comportements douteux avec des élèves, il est viré. Rentré dans son village, il est accusé d’avoir voulu abuser d’un garçon de douze ans. Il va à Grenoble chez une de ses soeurs qui est devenue tenancière de bordel. Il a sûrement quelques faveurs dans l’endroit, mais contracte une maladie vénérienne. Il doit subir l’ablation d’une partie d’un testicule, ce qui semble l’avoir profondément marqué et lui donne l’impression d’être diminué.

En 1890, il est rattrapé par l’armée qui l’envoie en garnison à Besançon dans l’infanterie. Après quelques aléas sur son comportement, il finit par devenir sergent. Il est tombé amoureux d’une cantinière qu’il demande en mariage en 1893. Devant son refus, il n’est pas impensable que sa personnalité soit à l’origine de ce refus, il tente de la tuer et se tire deux balles dans la tête. Les deux survivront, mais Vacher est salement atteint, une paralysie faciale et une atteinte à l’ouïe, laisseront des séquelles sur son visage qu’il cachera en se laissant pousser la barbe. Réformé de l’armée, il est reconnu comme fou et on l’envoie dans un asile à Dôle. Il s’évade, est rattrapé et envoyé dans un autre asile dont il sort définitivement en 1894, moins d’une année après sa tentative de meurtre. Assez bizarrement il est considéré comme complètement guéri.

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A partir de ce moment, commence ou se poursuit son hallucinant parcours meurtrier, jalonné de cadavres. On ne sait pas exactement combien de fois il a tué, il reconnaîtra 11 meurtres au cours de l’enquête, mais il sera finalement condamné que pour un seul. C’est une manière pour la justice de ne pas trop s’emmêler les pinceaux, de cacher les responsabilités de son manque d’efficacité, devant la cinquantaine de cas auxquels il pourrait être mêlé. D’autant plus que ces crimes sont du genre abominables, cadavres mutilés, violés, de quoi ne pas trop étaler les faits au public. Et ce sont dans la plupart des cas, de jeunes garçons et filles à l’age de la puberté ou juste avant, proches des milieux campagnards, raison de plus de ne pas en dire trop. A côté, les crimes de Landru font presque partie de la Bibliothèque Rose. Landru est un personnage, élégant, courtois en société, froid, peu démonstratif, il agit par intérêt. Vacher apparaît comme une bête sanguinaire, un détraqué sexuel, un vampire, un fou. Folie dont il essayera de faire admettre la réalité lors de son procès, seule petite lueur d’espoir pour sauver sa peau.

On peut s’étonner qu’il aie pu commettre autant de meurtres avant de se faire arrêter. Même s’il est fou, il est malin. Il sait très bien que la police n’est pas partout. Les villages vivent en autarcie, s’il faut les gendarmes, il faut aller les chercher au loin. Les routes sont parfois mauvaises, presque inexistantes. On règle les petits cas en famille, le maire est encore un personnage important qui arbitre les cas bénins. Vacher se déplace constamment, des dizaines de kilomètres par jour, en faisant des petits boulots ici et là. Il sévit principalement dans la région Rhône-Alpes et c’est grand. Quand un meurtre est découvert, il est déjà à des lieues de là. Et qui a vu quelque chose? On peut aussi imaginer que quelques personnages en ont profité pour régler quelques comptes personnels, un tueur en série c’est parfois bien pratique. Il faudra un concours de circonstances et le flair d’un juge pour mettre Vacher hors d’état de nuire. Il est arrêté en 1897.

Son procès ne sera pas tout à fait inutile, il prendra en considération pour l’avenir les cas de criminels dont la folie est le fil conducteur, les cas de crimes relevant juste d’un moment de folie. Le nuance existe depuis le Code pénal mis en place par Napoléon en 1810. Tout ceci n’excusera en rien l’atrocité de certains d’entre eux. Mais essayons de nous mettre à la place de Vacher, qu’a-t-il vraiment pu contrôler de ses impulsions criminelles? Pouvait-il faire quelque chose? Est-il une victime de la folie? En tirait-il joie ou souffrance après avoir tué? Des questions sans réponses. La seule certitude, c’est que ce genre de personnage ne peut pas circuler librement dans la société. Il a été exécuté le 31 décembre 1898, malgré une demande de grâce qui fut rejetée par Félix Faure. Je crois qu’il était difficile pour lui de faire autrement.

Passons aux documents (cliquer pour agrandir). Trois chroniques sur le procès qui dura trois jours. A noter que celui de la première journée est signée par Gaston Leroux, le célèbre écrivain, mais aussi journaliste. Bien que d’un grand retentissement à l’époque, le procès fut un peu occulté par des rebondissements dans l’affaire Dreyfus, Emile Zola ayant passé par là.

On saisit mieux le personnage de Vacher. On sent la démonstration de la folie dans son attitude. Simulation ou réalité, c’est là toute la question.

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Vacher fut un des premiers à prendre la presse à témoin. Voici une lettre qui fut écrite par lui et publiée dans Le Petit Journal, le 16 octobre 1897. L’orthographe et le français est respecté. Ce n’est pas un chef d’oeuvre littéraire, mais pour un homme qui a peu fréquenté l’école, ce n’est pas si mal

Belley le 7 octobre 1897,

A la France,

« Tampis pour vous si vous me croyez responsable…. Votre seule manière d’agir me fait prendre pitié pour vous… Si j’ai conservé le secret de mes malheurs, c’est que je le croyais dans l’intérêt général mais vu que peut-être je me trompe je viens vous faire savoir toute la vérité : Oui c’est moi qui est comis tous les crimes que vous m’avez reprochés… et cela dans des moments de rage. Comme je l’ai déjà dit à Mr le Docteur chargé du service médical de la prison de Belfort, j’ai été mordu par un chien enragé vers l’âge de 7 ou 8 ans mais dont je ne suis pas sûr moi-même bien que cependant je me souviens très bien d’avoir pris des remèdes pour cet effet. Mes parents seuls peuvent vous assurer des morsures, pour moi j’ai toujours cru depuis que j’ai du réfléchir à cet événement que ce sont les remèdes qui m’ont vicié le sang a moins que réellement ce chien m’est mordu. »

« Voilà, messieurs, ce qui est pour moi à cette heure mon impérieux devoir de vous faire savoir bien que me condamnerier vous encore innocent… Si je me suis cru coupable par moments ; c’est que je n’avais pas encore refléchi sur ces évènements, et si dans mon instruction j’ai dit plusieurs fois ce mot : C’est malheur, c’est au sujet du souvenir de ces évènements.

« Il faut que je vous dise aussi que les abominalités que j’ai vu se dérouler sous mes yeux à l’asile d’aliénés de Dôle ont certainement accentués ma maladie ou plus tôt ma rage. Je craignais aussi que le méchant monde ne fassent retomber ces fautes sur mes pauvres parents qui ont du tant souffrir d’un pareille silence depuis que je traverse la France comme un enragé me guidant sur le soleil seul…
Que ceux qui croient pleurer sur moi, pleurent donc sur eux. Il vaudrait mieux peut-être pour eux être à ma place…
Aidez-vous, Dieu qui permet tout et dont nul humain en connaient ses vues vous aideroi.

Signé Vacher Jh »

Le film Le juge et l’assassin de Bertrand Tavernier est inspiré directement de l’histoire de Vacher.

Sources. BNF, Gallica; DP

Eclats de nylon et vieux papiers (29)

Eclats de nylon et choses glauques 

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Les vieux papiers ou comment les journaux et autres nous donnent une vision de ce que furent la vie et l’actualité en d’autres temps.

Etes-vous sûrs que quand on vous enterrera ou incinérera vous serez bien morts?

Pas mal d’histoires circulent sur les enterrés vivants. Voici un cas qui a eu lieu en France en 1889 et qui est rapporté par un journal, une histoire parmi tant d’autres de ce genre. La seule question que l’on peut vraiment se poser. Que sait-on exactement de la mort?

Avouez que c’est plus effrayant que n’importe quel film d’épouvante, car là un jour, on sera directement concerné…

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Dans une année, on « fêtera » le centenaire de l’exécution de la célèbre Mata-Hari. Bien des zones obscures restent cette affaire. La chose à peu près partagée par tous les historien, c’est que son rôle d’espionne, s’il est réel, fut de moindre importance. Il a servi probablement d’exemple, car à la même époque de nombreuses mutineries éclataient sur le front. Si on lit l’article paru dans Le Petit Parisien au lendemain de son exécution, elle en remontra beaucoup du point de vue courage à tous ces galonnés planqués derrière les lignes.

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La disgrâce physique est une calamité qui peut frapper chacun d’entre nous. Mais certains la vivent plutôt bien, Grace McDaniels (1888-1958), surnommée « la femme à tête de mule », s’en tira avec les honneurs. Née normalement, elle fut atteinte d’une maladie dégénérescente qui lui attaqua le visage. Elle gagna sa vie, plutôt bien, dans un de ces freaks shows qui sillonnaient les foires ou faisaient partie de cirques. Assez bizarrement, elle refusa plusieurs demandes en mariage, mais eut cependant un fils que l’on peut voir à côté d’elle sur la photo ci-dessous avec une gueule à la Robert Mitchum. Elle avait la réputation d’être généreuse et la personne la plus aimable et polie du monde.

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Toujours sur le même sujet, on ne peut que se remémorer l’un des plus beaux films de l’histoire du cinéma, le fabuleux Freaks de Tod Browning, sorti en 1932. Pour ceux qui ne connaissent pas, le cinéaste avait choisi quelques uns de ces « plus ou moins monstres », principalement ceux de Barnum, qu’il fit tourner aux côtés d’acteurs parfaitement « normaux ». Par son contenu le film créa un scandale à l’époque de sa sortie, et fut descendu en flèche par la critique. Mais la force de ce film fait qu’il devint par la suite un filme culte avec un grand C. C’est là qu’on voit que le jugement du public, s’il n’est pas toujours avisé, finit par remettre bien des pendules à l’heure. J’ai cherché dans la presse française de l’époque, s’il avait fait l’objet de quelques lignes. J’ai trouvé quelque chose, tout en rappelant que c’est un film à voir absolument, les « monstres » ne sont pas toujours ceux que l’on croit…

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Paru dans L’Homme Libre en 1932

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Lui vous le connaissez? Si vous réagissez à cette boutade, c’est que vous avez certainement lu un tas de San-Antonio. Personnellement, c’est je crois l’auteur que j’ai le plus bouquiné, pas vraiment en nombre d’heures, mais en nombre de livres différents. Sa manière d’écrire, son humour, ne pouvaient que venir à ma rencontre. J’avais d’ailleurs dans un ancien post, « promenade à lisière des bas », contrefait avec plus ou moins de bonheur, le style SA. Avant d’aller plus loin, je vous le mets en rappel, et vous verrez qu’il y a du second degré, pas toujours évident à la première lecture. C’est comme les histoires drôles sans paroles, c’est à crever de rire quand on a compris, mais l’absence de paroles n’en facilite pas la compréhension. 

Alors mes chauds de la rétine quand vous (échec) et matez une paire de guitares avec les cordes en nylon, ne me téléphonez pas qu’il ne transforment derechef vos périscopes en bouton de jarretelles, non? D’aventures en aventures comme on chante à la devanture d’une lamaserie, votre regard hagard où glande-t-il en crime time, comme dirait Béru? Comme je vous connais, vous flageolez de la cornée en vous posant en catastrophe sur l’étalon (Béru dixit), là ou le long Nil en nylon se jette à l’embouchure de la mère. Mais je sens que vos sens prennent de l’essence et comme vous avez la peau tellement tendue, quand une partie monte, le reste essuie.  Comme je sais que vous avez pris un billet avec correspondance à Sainte Prude, vous descendez à la station Dugenou pour voir si votre facteur n’a pas déposé un pli. Moi, rapide comme l’éclair (de notaires) je suis déjà en dessous de la ligne de flottaison, station Lisière. Là, je suis curieux comme Pinaud qui aurait trouvé un mégot intact sous le sapin de Noël, je décide le coup de la panne, pour une fois sans ma tire. Si c’est un collant, je pars sous les sunlights des tropiques faire l’ascension d’une forêt vierge. Mais si c’est des bas, priez pour moi mes biches, je cours acheter un futal (pluriel: des futaux) quelques tailles au-dessus histoire d’être à l’aise dans mes contemplations. Y’a pas à dire, on peut aimer le coucher de soleil sur les Alpes, mais la vue d’une jarretelle sous le crépuscule d’une jupe, doit autrement motiver les Japonais à jouer de la pellicule. Tiens t’as remarqué, ils sont partout ceux-là, à croire que plutôt que d’aller chez l’opticien, ils vont chez le photographe. Ils doivent se faire greffer des mirettes avec grand angle incorporé, doubleur de focale et flash automatique. Il paraît même qu’ils sont en train de mettre au point un objectif en forme de doigt pour aller oeiller sous les jupes. L’autre jour, Béru a descendu son froc face arrière à un fils de l’empire du soleil levant, Nikon ni con, en lui disant que son seul objectif, c’était que son cul reste du poulet. Brèfle comme dirait l’énorme, une paire de bas sur les jambes d’une donzelle dont la lisière tutoie le regard, quand tu joues aux dames, t’as forcément envie d’envoyer ton pion en faire une, si t’as le jeu pour…

J’espère que vous avez ri au moins une fois. A part cela, puisque nous sommes dans le bizarreries et les choses pas toujours ragoûtantes, dans la série des enquêtes du commissaire, il y en a un que j’adore et qui se démarque passablement du reste par l’histoire racontée. Cela commence par une histoire de fantômes et la suite est assez surprenante parce qu’il découvre. C’est plutôt un truc à la Maigret, une enquête dans laquelle il est un flic plutôt traditionnel. Il n’arbore pas dans Faut Etre Logique, son personnage rompu à tous les 400 coups, levant toutes les jolies femmes qu’il rencontre. Pour une fois, il a un visage plus humain, et c’est vrai que cette histoire paraît assez sordide sur ce point précis. Si vous n’en avez jamais lu un seul, c’est peut-être par celui-là qu’il faut commencer. Et bien sûr, l’humour n’est jamais loin, sinon ce ne serait pas vraiment du San-Antonio.

Sources: Gallica, BNF, DP

Eclats de nylon et vieux papiers (28)

Eclats de nylon et revue légère

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Les vieux papiers ou comment les journaux et autres nous donnent une vision de ce que furent la vie et l’actualité en d’autres temps.

Les journaux humoristiques existent pratiquement depuis que la presse a eu droit de cité. L’humouer est un genre assez difficile, c’est bien connu il plus facile de faire pleurer que de faire rire. La politique a toujours été un sujet qui prêtait à rire, sauf dans les dictatures. Mais on peut trouver à rire dans presque n’importe qu’elle situation, même tragique. C’est une question personnelle qui parfois peut aller à l’encontre de la moralité. Une des grandes tendances du rire est, et à toujours été, la blague à connotation sexuelle. Elle doit même figurer dans le haut du classement, sinon à la première place. Dans les blagues en petit comité, on peut dire à peu près n’importe quoi sur le sexe, entre gens du même bord bien entendu. Dans les journaux, c’est un peu plus difficile, surtout si l’on remonte un siècle en arrière. Le rire est un moyen de faire passer le message au second plan. C’est l’histoire, l’image, que seul un adulte, en principe, peut comprendre. En 1925, un journal humoristique hebdomadaire est déjà presque octogénaire, Le Journal Amusant. Il cessera de paraître en 1933. C’est un journal qui pour l’époque est assez coquin. Pas de photos provocantes, ni de photos tout court, des dessins et des caricatures. Mais on ne peut nier qu’il n’est pas à mettre entre toutes les mains dans les années 20. Il y a bien sûr l’histoire drôle traditionnelle, mais assez souvent, on y trouve quelques sous-entendus un peu plus grivois, c’est là qu’il est fait appel à l’imagination des « connaisseurs ». Même si on pourrait presque le lire dans les écoles aujourd’hui, n’oublions pas que nous sommes en 1925, que le puritanisme n’est pas mort, que l’adultère est encore contraire à la morale, et que le crime, même sans tuer quiconque pouvait vous mener au bagne.

Voici quelques extraits d’un seul et même numéro, tendance soft et un peu plus épicé…

La couverture, on peut y voir ce que l’on veut!

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Ce n’est pas très moral, mais c’est une blague…

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Difficile de faire passer ce genre de médication dans le bulletin paroissial…

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Un combat pas toujours égal, le libération est encore une vue de l’esprit pour certains…

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Evidemment au temps de Louis XIV, difficile de voir ce genre de spectacle…

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Il y en vait déjé qui avaient envie de changer de voiture ou de temps en temps en essayer une autre…

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La blague qu’en principe les enfants ne comprendront pas…

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Un excellent texte que l’on peut lire de différentes manières…

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Tiens les femmes sont très observatrices… 

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C’est bien sûr une blague politique… 

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Les femme est parfois son pire ennemi

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Ici aussi

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Mais que fait la police?

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Impossible n’est pas français, mais ce n’est pas encore tout à fait le cas en 1925… à lire attentivement, pour une affirmation qui peut concerner nos amis visiteurs… 

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Quelques petites annonces qui reflètent l’époque, apparemment la photo la photo de famille n’est pas le seul usage que l’on peut en faire… il y en a une qui se glisse même deux fois dans la page, un effet du hoquet sans doute… 

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