Eclats de nylon et vieux papiers (31)

Eclats de nylon et jeux pas interdits

Attardons-nous quelques instants sur quelques couvertures de magazines vintage où le nylon était roi

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Regards sur quelques bouts de papiers et photos qui rappellent les saveurs de l’enfance et l’adolescence dans les années 60

Vivre sa jeunesse dans les années 60 représentait quelque chose de bien différent de ce que peuvent ressentir les jeunes d’aujourd’hui. C’était, à mon avis, beaucoup plus jouissif que ce que peut ressentir n’importe quel écolier maintenant.

Il me faut un peu parler de moi, car je ne connais pas de meilleur témoin pour vous résumer ce que j’ai vécu ou observé. Sans doute, cette période a été vécue de manière identique par des millions de mes contemporains. Le domaines des loisirs est essentiel à mes yeux, c’est de cette manière que l’on peut trouver distraction et qualité de vie. Cela rappellera certaines choses à certains et ils penseront comme moi que c’était une époque magique.

Des jouets, des jeux, il y en avait, mais de manière beaucoup plus pondérée. Techniquement, c’était aussi un sorte de préhistoire. Les trains étaient déjà électriques bien sûr, les poupées ne pissaient pas et ne criaient pas encore maman ou si peu. J’ai vu l’apparition de ce qui était le premier jeu de courses de voitures électriques, cela s’appelait Scalextrix, et cela s’appelle encore ainsi, mais c’était très rudimentaire et très fragile, cela coûtait un max. De l’argent, on en avait, mais un peu. Pour les amateurs de trains miniatures, le référence était Marklin, un boîte de jouets allemande qui était alors déjà centenaire. La référence ultime était une locomotive, la fameuse « Crocodile », locomotive électrique mise en service dans les années 20 par les chemins de fer suisses pour franchir les rampes du Saint Gothard avec des trains de marchandises. Elle fut un temps la plus puissante locomotive du monde, mesurant 20 mètres de long et pesant 130 tonnes. Vu sa longueur, elle était scindée en trois parties distinctes pour lui permettre d’aborder les courbes, ce qui lui donna son nom, car elle pouvait se tordre sur les rails un peu à la manière de l’amphibien. En matière de modélisme, sa reproduction était aussi la plus chère, il fallait compter quasiment un quart de salaire mensuel moyen de l’époque pour se la payer. Elle faisait surtout partie des rêves.

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Voilà la locomotive Lacoste

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Le modèle Marklin dans les années 60

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Si je n’avais pas la Croco, j’avais celle-là, un des plus gros modèles à vapeur. J’ai toujours préféré les trains à vapeur, c’est plus beau et plus vivant dans la réalité, je crois qu’elles ont une âme.

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Dans les wagons, je suis sûr d’avoir eu celui-là, un wagon foudre que ça s’appelait, je dois en avoir gardé un certain goût pour le bon pinard. 

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Une image typique, certains magasins mettaient en vue une maquette de modéliste, on bavait devant en la regardant.

La BD était aussi un moyen de distraction très apprécié et plus à porté de toutes les bourses. D’autant plus que l’impression, notamment au niveau des couleurs était fabuleuse. J’en ai souvent parlé avec des spécialistes, on est d’accord pour dire qu’aujourd’hui c’est nettement moins bon. C’est bien pour cela qu’on recherche des éditions originales d’époque. 

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Trois BD qui m’ont marqué à jamais. Guy Lefranc et L’ouragan de feu, justement une de ces aventures qui est à lire en édition originale pour les merveilleuses couleurs de la mer en feu. Et puis c’est une histoire bien conçue, une vraie série noire dans son genre. Ma génération flashe volontiers sur les Blake et Mortimer. L’épisode de La marque jaune est une référence absolue pour cette aventure fantastique qui se déroule dans les brouillards de Londres. Mes préférences vont toujours au petit Chlorophylle créé par le génial Raymond Macherot. C’est le seul dessinateur de BD dont je possède toutes les éditions originales, en ce qui concerne Chlorophylle et Sibyline, deux de ses créations. Je possède une sérigraphie de lui signée et tirée à 20 exemplaires, qui accueille les visiteurs chez moi. Aux enchères, une de ces copies s’est vendue récemment 360 euros. C’est un bon placement, plus de 3 fois le prix que je l’ai payé!

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Bien sûr, il y avait aussi les bouquins pour la jeunesse. C’était encore plus abordable, quelques francs pour un livre de la Bibliothèque Rose. Enid Blyton était l’auteur la plus lue dans ce style. Le Club des cinq avait de loin les faveurs. Mais je préférais ceux édités dans la série Mystère avec la fameux Toufou, l’un des meilleurs personnages créés par Blyton. Dans l’Idéal Bibliothèque, ma série adorée, celle avec Les 5 détectives. A l’inverse des autres, les histoires se déroulent dans le contexte original, en Angleterre puisque l’auteure est Anglaise. C’est assez marrant de voir tous les moyens employés pour faire tourner en bourrique le policeman du bled, Mr Groody, lui souffler tous les mystères à éclaircir, et surtout les résoudre. L’humour des histoires de Blyton est assez convenu, du moins dans les traductions françaises, mais ici cela décolle un peu plus. C’est un comique de situation, pas de phrases humoristiques. Cette série est dans son édition originale illustrée par de très belles images. Et puis, il y a la fameuse Fantômette, l’une des plus originales créations dans le domaine de la littérature pour jeunes en France. C’est assez en avance sur son époque, où il était de bon ton que les jeunes jouent encore à la poupée, à la place de chasser les bandits. De plus, l’auteur Georges Chaulet est un des rares à manier l’humour dans la littérature pour jeunes, il existe beaucoup plus dans la BD. Bien sûr cet humour peut sembler un peu désuet aujourd’hui. 

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Avoir un électrophone était aussi un must. Pour Noël, j’en ai reçu un et en avant la musique! Quand j’avais un peu d’argent, j’investissais dans l’achat d’un disque. En voici quelques uns qui firent partie des tous premiers que j’ai achetés. Les Yardbirds y sont bien représentés, c’est normal, cela a toujours été mon groupe préféré. J’ai une collection exhaustive avec des éditions qui viennent des quatre coins du monde. J’ai même un pressage iranien, c’est vous dire. Je n’imaginais pas qu’un jour, j’allais être étroitement lié avec ce groupe de manière personnelle et les rencontrer maintes fois. Je peux dire que c’est un rêve d’adolescent devenu réalité. C’est quand même un des dix groupes les plus innovateurs des années 60. 

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Parmi les jeux, le billard électrique était un de mes favoris, j’étais même un très bon joueur. J’ai joué sur tellement de modèles différents, que je ne me rappelle pas vraiment d’un en particulier, sauf que je suis sûr d’avoir joué avec le Merry Widow. Les compteurs étaient encore mécaniques et les nombres pour atteindre la partie gratuite très petits, quelques petites centaines seulement. Le Monopoly faisait aussi partie de mes jeux préférés. Même encore aujourd’hui, je connais les règles par coeur. Quand j’étais sans partenaires, je jouais alternativement tous les rôles, ainsi j’étais sûr de gagner une fois et de perdre pour les autres. Adolescent, j’ai commencé à pratiquer les échecs, devenu petit à petit mon jeu d’élection. Pendant des vacances en Italie, j’ai joué contre un ambassadeur, un vrai passionné. Il m’a d’ailleurs battu, mais m’a offert un verre au bar de l’hôtel. Je n’ai jamais vraiment brillé dans ce jeu, sans être le dernier des con. J’ai deux petits titres à mon palmarès. Je suis le premier à avoir battu une forteresse imprenable qui faisait partie d’un club avec lequel on faisait une rencontre amicale. J’ai aussi terminé à la onzième place d’un tournoi régional en six rencontres. J’ai gagné trois fois, deux nuls, une défaite. Celui qui m’a battu était un gamin de douze ans qui a brillé par la suite dans les championnats d’Europe. C’est un des rares jeu qui a aujourd’hui droit de cité sur mon portable. C’est excellent pour entraîner la mémoire.

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Et puis la télé, une télévision, en noir et blanc bien sûr, coûtait des milliers de francs, pour regarder des programmes plutôt rares. La télévision n’émettait vraiment qu’en début de soirée, sauf le weekend. Les chaînes de télévision pouvaient se compter sur les doigts de la main d’un scieur qui aurait laissé par mégarde trois doigts lors d’un accident de travail. A vrai dire je n’étais pas un fan de télé, je trouvais les émissions un peu bêtes, je préférais nettement écouter de la musique dans ma piaule. Seules les émissions musicales m’intéressaient, celle de référence restera pour moi Bouton Rouge, vers 1968. On y a vu les Yardbirds, Pink Floyd, Ten Years After, Jimi Hendrix, choses qui m’intéressaient bien plus que la variété pure. 

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Pour terminer, ce qui restera sans doute le must absolu de ces années-là, aller écouter un concert. Soulignons une chose essentielle, les médias étaient plutôt discrets, peu de séquences filmées. Les photos de vedettes, c’était ce que l’on trouvait dans la presse, et si par malheur votre idole n’en avait pas les faveurs, il fallait se contenter des pochettes de disques. Alors voir une star en vrai, c’était quelque chose qui confinait au merveilleux. Sur une image fixe, difficile de saisir la gestuelle d’une personne. Il y avait de quoi être étonné quand elle arrivait sur scène. J’ai vu trois concerts en 1967 et 1968, dans l’ordre: Vince Taylor, Gene Vincent, et les Pretty Things, que j’ai revus 45 ans plus tard, c’est à dire assez récemment. Je me souviens surtout de Gene Vincent, souriant, un peu bidonnant, pour nous c’était déjà un vieux, il n’avait pourtant que 32 ans! Il nous a bien sûr interprété son fameux « Be Bop A Lula », une chanson que j’au toujours trouvé un peu bébête, mais on s’en foutait royalement, le rocker était là, nous aussi, on en demandait pas plus. Musicalement, des trois concerts c’était quand même les Pretty Things les plus en avance, ils peaufinaient déjà sur scène leur musique progressive. Aujourd’hui, je les écoute et les vénère d’une certaine matière.

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Presque 50 ans séparent ces photos

Un petit montage avec votre serviteur en compagnie de Dick Taylor, guitariste soliste des Pretty Things et Phil May, chanteur du même groupe. Le dessin que je tiens dans la main est un dessin de May qu’il m’a dédicacé. Le fait que je me sois présenté comme un ami des Yardbirds a grandement facilité le contact. Ils m’ont accordé la faveur de poser pour une photo avec moi. Les deux membres et le batteur des Yardbirds ont sorti un album en commun, du bon vieux blues!  

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