Eclats de nylon et vieux papiers (35)

Eclats de nylon et une maison d’apparence bien banale

 

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Les vieux papiers ou comment les journaux et autres nous donnent une vision de ce que furent la vie et l’actualité en d’autres temps

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Henri Lafont et Pierre Bonny

Dans toutes les époques de l’histoire, il y a des sinistres personnages qui surgissent. La période de l’occupation 1940-1944 n’en fut pas exempte. Les plus férus d’entre vous savent très bien ce qui se cachait sur la désignation de La Carlinge, rien de moins que la Gestapo française, sise au 93 rue Lauriston dans le 16ème arrondissement. L’endroit n’avait rien d’une caserne, une simple maison d’apparence banale quand on passe à côté. Pourtant combien de hurlements retentirent dans cette maison où on torturait assassinait presque par plaisir?

Son histoire est pour toujours liée à deux personnages, Henri Lafont et Pierre Bony, le chef et le sous- chef. Deux sinistres crapules qui profitèrent de l’air du temps pour accumuler un symbole relatif de puissance et finir dans les poubelles de l’histoire.

A la décharge de Lafont, de son vrai nom Henri Chamberlin, on ne peut pas dire que les fées se sont penchées sur son berceau. Né en 1902, il est très vitre confronté aux duretés de la vie et livré à lui-même dès l’âge de 11 ans. Nul doute qu’il dut subir plus d’une fois les aléas d’une société qui ne lui lissait guère le choix de penser qu’elle pouvait lui offrir un minimum de sourires. Devenu rapidement un délinquant, pas toujours condamné à bon escient, il risque d’être envoyé au bagne et il doit se cacher, il s’appellera désormais Lafont. De petits coup d’éclats en coups montés, quand l’occupation arrive, il finit par être engagé dans les rangs de l’Abwehr, le redoutable service de renseignements allemand pas toujours très regardant sur le passé de ses collaborateurs, terme qui aurait pu faire fortune en droit d’auteur durant cette période trouble. Il y devient vite un personnage puissant, redouté et redoutable. Nul doute qu’il tient là sa revanche sur la vie, il est quelqu’un et dispose d’une carte blanche qui sera vite teintée de sang. A l’instar des pratiques allemandes dans les camps de concentration, il s’entourera d’une équipe de lieutenants issus des rangs des droits communs, qu’il fera sortir de la prison de Fresnes avec la célèbre phrase qu’on lui attribue: tu es libre, mais tu m’appelleras patron!

Son principal adjoint est un ancien flic, Pierre Bonny, né en 1895. Il est déjà célèbre à sa manière, il a tenu des rôles plus ou moins troubles dans différentes affaires retentissantes, Seznec, Stavisky, Prince. Révoqué de la police et condamné pour corruption en 1935, on le retrouvera quelques années plus tard en compagnie de Lafont. A vrai dire le personnage est assez insaisissable, ambigu, peut-être vénal. Il semble avoir été un homme politiquement à gauche durant des années, alors comment peut-il se retrouver dans les rangs de la Gestapo. Une des explication données, il a toujours considéré sa destitution de la police comme une injustice. Si Lafont agit toujours avec un certain panache, Bonny est plutôt son contraire. Il est vrai que malgré les tonnes de livres qui lui sont consacrés, on a jamais très bien su quel personnage il était réellement, lui-même le savait-il?

Malgré son côté sinistre, le 93 de la rue Lauriston va devenir le centre d’intérêt de bien des personnages. Si on y torture quasiment sans relâche, c’est aussi un gigantesque centre de toutes sortes de trafics où tout peut s’acheter ou se vendre, même la liberté. Tout dépend de l’humeur du patron, il peut avoir une faiblesse pour un crime impardonnable selon les moeurs de l’époque, ou alors devenir un sadique pour une peccadille. Sans aucun doute, il sera pendant quelques années, une des personnalités de Paris. D’un clin d’oeil, il peut s’approprier de tout ce dont il en a envie, mais il peut vous décrocher la lune moyennant une valise de billets. Il mène grande vie, c’est un combinard, des personnages importants viennent le solliciter, disons pour une affaire les concernant. Il est aussi sur un plan plus militaire, il a le grade de capitaine SS, un fervent chasseur sans pitié de partisans.

Evidemment, cette sorte de paradis terrestre pour lui prendra fin brutalement en 1944. Alors que les collaborationnistes bien en vue fuient en Allemagne, il reste ainsi que Bonny, sans doute confiants en leur mauvaise étoile. Planqués dans une ferme, ils espèrent passer en Espagne, mais sont arrêtés le 30 août 1944.

Une fois les autres membres de la Gestapo encore « disponibles » mis hors circuit, un procès qui commencera en décembre 44 amènera les coupables devant la justice de l’épuration. On peut s’étonner de la rapidité de sa mise en route, l’est de la France n’est pas encore libéré. Comme tout ce qui touche à la politique est sensible, il ne faut pas se laisser les langues se délier. On peut très bien imaginer que certains personnages ne gagneraient pas à être connus. Ceux qui entrèrent dans la résistance à 23 h 59, ne seront pas les derniers à condamner cette pourriture dont ils se targuaient d’être les amis une année avant, oui c’était avant et il vaut mieux que cela ne se sache pas.
Ce procès a été quelque peu mené au pas de charge, il aurait dû se dérouler sur des mois, faire apparaître tous le tenants et les aboutissants. Il n’aurait blanchi en rien les principaux accusés, mais il en aurait noirci bien des autres, sans doute tout aussi coupables envers la justice qui devait moralement être rendue à tous ceux qui ont souffert à cause d’eux. Mais ça c’est une autre histoire, que l’histoire n’avait pas envie qu’elle figure plus tard dans ses livres.

Bien évidemment ce procès fut repris et commenté par la presse pour l’essentiel. Voici, sur la dizaine de jours qu’il dura, ce qu’en résume au jour le jour le journal Ce Soir, l’un des quotidiens de la libération. Assez minimaliste, il ne contient qu’une feuille imprimée des deux côtés, le papier est rare, aussi rare que les vrais résistants.

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Pour ceux qui ne le sauraient pas, Geneviève de Gaulle, est la nièce du fameux général. Résistante, elle fut déportée à Ravensbruck, camp d’extermination des femmes. Elle en revint et mourut en 2002. 

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Source Gallica, BND, DP

Eclats de nylon et vieux papiers (34)

Eclats de nylon et une bagnole avec 1300 passagers

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Les vieux papiers ou comment les journaux et autres nous donnent une vision de ce que furent la vie et l’actualité en d’autres temps.

A la Belle Epoque posséder une voiture était encore l’apanage des gens fortunés, les rues de Paris bien loin des embouteillages d’aujourd’hui. On pouvait apercevoir, sous le regard curieux des passants, quelques véhicules munis d’un moteur. La diligence avec ses chevaux, pas fiscaux mais bien vivants, étaient encore bien présente dans les rues. Petit à petit le métro, première ligne en 1900, pas encore très développé, aspirait peu à peu les candidats au déplacement dans la capitale.

En 1903, la France a produit plus de 30000 automobiles, c’est trois fois plus qu’aux USA. Par rapport à la population, cela fait une voiture pour 1300 habitants. Les grandes marques, Peugeot, Renault, sont déjà modestement en piste. En vitesse, on dépasse déjà le 100 à l’heure.

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Le métro aérien vers Barbès, on peut jouer à la pétanque sur la route

La presse dédiée à l’automobile était encore rare, mais pas inexistante. Pour sûr, les tirages restaient dans une certaine confidentialité, s’adressant plutôt à une élite qui pouvait désirer en acheter une, ou changer de modèle. A défaut d’être l’heureux propriétaire d’un véhicule à essence, la curiosité du passant pouvait être attirée par les courses qui gentiment devenaient populaires.

Feuilletons une de ces revues datant de 1907, Le Monde Automobile, qui traite le sujet de manière tantôt sérieuse, tantôt humoristique. Pour une meilleure vision, certaines images sont cliquables.

La couverture, la bagnole à la conquête du monde

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Publicité humoristique

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Publicité « élégante »

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Lettres de noblesse de la voiture

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Si le moteur tousse, pas les passagers

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Avec Sigma, ça va!

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Des kilomètres au compteur

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Quand la justice s’en mêle

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Des voitures et des dames

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Conte pris en compte

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La Targa Florio était une course « vintage »de bagnoles qui avait lieu en Sicile

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Sources Gallica, BNF, DP

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Saviez-vous que le véritable bas à couture a été sauvé en 1998?

Un homme Monsieur Yves Riquet, noyé comme tant d’autres sous un déluge de collants qu’il détestait comme on déteste tout ce qui n’est que fonctionnel, passait par là. Quand il apprit que la société Gerbe abandonnait la fabrication de ses fameux authentiques bas à couture, l’un des derniers vestiges de cette belle manière de concevoir la beauté, son sang ne fit qu’un tour. A l’instar de Noé, il arma son arche, pour sauver le dernier métier à tisser à l’ancienne et le mener à bon port sous une mer de nylon agitée par des vagues de collants. Ainsi naquit Sodibas. 

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Un bas, ce mot magique, ce sésame du beau, s’accommode bien de tous les mots qui soulignent  son pouvoir de séduction à nul autre pareil. Le champagne laisse éclater ses mille bulles à notre palais charmé, un bas en enfante mille autres qui pétillent devant nos yeux charmés. Voici le bas!

Sodibas, qui allie la passion et la maestria des grands metteurs en scène qui ont leur étoile sur le boulevard du nylon, vous propose les accords de sa gamme sensuelle qui joue la passion en Gerbe sur les octaves supérieures de l’élégance.

Désormais, la teinte de ce fameux bas ne se conjuguera plus qu’en noir dans sa fabrication par Gerbe, les autres versions sont encore disponibles chez Sodibasparis. Quelque soit la teinte, il y a de quoi satisfaire son goût pour une certaine et très forte idée de la sensualité d’exception. Le show et la vente continue!!!

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mail infos et ventes

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Eclats de nylon et vieux papiers (32)

Eclats de nylon et un enfer pavé de mauvaises intentions

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Regards sur quelques bouts de livres et une viste en enfer

L’enfer ont peut l’imaginer n’importe où, par croyance ou en le liant à une certaine réalité personnelle. On imagine surtout celui que l’on ne connaît pas, car s’il existe dans un au-delà auquel chacun peut croire ou non, personne n’est venu nous dire comment il était fait. L’enfer c’est un vieux truc des religions, car il fallait bien trouver une imagerie pour fanatiser les croyants. Les lois divines, tout autant que les voix du Seigneur sont réputées impénétrables. Pendant des siècles, on s’est basé sur ce qu’en disaient les livres saints à son propos. Au 13ème siècle, Dante Alighieri posa dans ses écrits de La Divine Comédie, les bases d’une vision de l’enfer, à travers un supposé voyage dans ces lieux peu attirants. C’est bien sûr une histoire imaginaire, même si certains personnages célèbres apparaissent, un conte fantastique s’appuyant sur une croyance religieuse. C’est un peu la même chose que Bram Stocker, s’inspirant notamment de la légende rattachée à Vlad Tepes, pour créer son fameux Dracula. Cette oeuvre à base de mysticisme chrétien, une trilogie qui regroupe l’enfer, le purgatoire, le paradis, fit d’Alighieri et de son ouvrage de référence dans l’histoire littéraire de l’humanité. On parle volontiers de l’Enfer de Dante. Pendant six siècles, on en resta surtout à l’imagination que les mots peuvent suggérer concernant ce voyage. Le célèbre Gustave Doré, à la fois peintre, graveur, sculpteur et aussi un des pionniers de la bande dessinée, mit en images au 19ème siècle la fameuse histoire, lui conférant un attrait nouveau et une saveur toute particulière. J’ai choisi de vous présenter une sélection de ces images dans le livre qui raconte le voyage en enfer. Les paysages, les lieux, les personnages sont absolument époustouflants. Imaginez-vous, vous, pauvre âme condamnée à errer et à rencontrer ces démons et autres damnés dans ces paysages où le ciel est noir, la pluie muée en flammes, les eaux brûlantes, les gouffres infranchissables. Et ceci pour l’éternité! Bon vous savez, ce que j’en dis, c’est pour votre bien comme dirait l’autre…

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Source Gallica, BNF, DP