Demandez à ma secrétaire !

Oui je sais, les secrétaires vous passionnent. Il n’y a qu’à voir le nombres recherches effectuées ici ou là et qui atterrissent sur des blogs où l’on en parle, le mien par exemple. Mais dites-moi, qu’est-ce qui vous attire le plus vers cette gentille dame? Le fait que vous l’imaginez couverte de dessous affriolants ou celui qui vous transforme en patron le temps d’une rêverie? Je ne sais pas, à vous de répondre. Personnellement, j’ai un tas de secrétaires qui tournent dans ma sphère professionnelle, avec qui je dois collaborer de temps à autre comme préposé à certaines tâches administratives. La réalité de la secrétaire d’aujourd’hui est sans doute plus terne. Peu de dames qui s’habillent avec des tenues qui nous laissent deviner une envolée de charmes aguicheurs cachés sous des robes ou des jupes qui ne demandent qu’à êtres enlevées par le supérieur hiérarchique. Ce peu laisse quand même entendre qu’elles existent. Je dois répondre oui, car j’en ai connu quand même une ou deux. Trois serait exact. Une avec qui j’ai abordé le sujet, de manière bien détournée, m’a carrément avoué qu’elle portait quelquefois des bas. Remarquez que je la soupçonnais d’en porter. Pas fou le mec, je prospectais ailleurs qu’en terrain miné. La seule chose dont je ne suis pas sûr, elle ne m’a pas dit qu’elle en portait au travail. Mais comme je sais que ses relations matrimoniales ne sont pas tout à fait sous un ciel que l’on pourrait considérer comme bleu, il y a quelques chances. Je l’ai vue très souvent en jupe, mais c’était avant ses aveux. Peu après, elle a migré ailleurs et je n’ai pas pu me lancer dans d’autres investigations. Le seconde était plutôt une demie secrétaire, très attachée à ses bas jarretières qu’elle réajustait à travers le tissu de sa robe de manière pas toujours très discrète, avec claquement de l’élastique à la clef. Une sorte de son et lumière version feu d’artifesse, car elle avait plutôt l’air allumée côté libido. Elle aussi, est partie vers d’autres lieux. La troisième, la meilleure, était une secrétaire de direction venue faire un remplacement. Elle portait des jupes assez serrées et nous n’avions pas trop de peine à voir les bosses de ses jarretelles à travers. Quand je dis nous, je me marre. J »observais mes collègues masculins qui regardaient discrètement, l’air de rien, quand elle se pointait à quelque part. Bien sûr, ils n’admiraient pas sa chevelure, je peux vous le certifier. Un peu timides les mecs. La question que je me posais, c’était de savoir si elle ne cherchait pas un poste fixe. Mais bon, elle a fait son temps et nous a quittés, soit la technique n’en était pas une où elle n’a pas marché, allez savoir.


Alors si vous vous deviez engager une secrétaire, comment la définiriez-vous? Belle, efficace, souriante, basse prétention de salaire, elle porte des bas au quotidien et accepte de venir dîner avec vous? Oui le secrétaire idéale, allez, rêvez! Bien sûr elle doit exister, mais si vous avez un commerce de visserie en gros, elle ne doit pas être ce qu’il vous faut, on peut imaginer que ce genre de personnel vise un poste plus en vue, genre direction générale d’une grande entreprise. A moins que vous ne soyez le mâle irrésistible que toute femme femme rêve de conquérir, je sais il y des prétentieux comme cela. Là, je dois encore jouer un peu les trouble-fête. Si ce genre de femme existe, il existe c’est certain, je crois pouvoir dire qu’elle ne sont pas une majorité. Votre charme réside peut-être ailleurs qu’à l’endroit où vous l’imaginez. Regardez un peu les couples dans votre entourage, et vous comprendrez certainement la justesse de mon propos.

Mais pour continuer et conclure cette petite dissertation, je m’imagine un peu ce qui se passait dans les maisons avec une lanterne rouge à l’entrée, époque révolue mais encore présente dans la mémoire du grand-père. D’après ce que j’ai lu sur le sujet, il y avait une offre pour toutes les spécialités du genre. De la dame vêtue en bébé, à celle qui abordait fièrement son fouet ou celle qui était dans le wagon de chemin de fer simulant le roulement du train, il devait y avoir ou il y a peut-être eu une autre dame. Cette dame, assise derrière un bureau ouvert, tapant à la machine à écrire, croisant et décroisant les jambes, offrant subrepticement une vision de la lisière de ses bas tenus par une jarretelle qui joue à cache-cache. Oui je sais, c’est celle-là que vous auriez choisie, n’est-ce pas?

 

Des bas années 60

Un avis mortuaire dans un journal, ça n’a rien à voir avec une paire de bas, et pourtant en le lisant l’autre matin, je suis remonté un sacré bout de temps en arrière, au temps de ma jeunesse. C’est toujours un peu triste d’apprendre que quelqu’un que l’on a connu et avec qui on a partagé des années d’école a soudain cessé d’exister. Cette personne ne pourrait être qu’un simple souvenir, mais elle fut un peu plus que cela, ce fut une des filles dont j’admirais discrètement les jambes d’un œil déjà connaisseur.

Elle s’appelait Sylvia et nous avions le même âge. Dans la petite école d’un village perdu et perché sur les flancs d’une vallée verdoyante, nous faisions partie de ces élèves qui n’ont pas trop de problèmes avec le pion chargé de nous inculquer l’équation à un tas d’inconnues et l’art de conjuguer le verbe, acheter un presse-purée, à tous les temps. Les années soixante s’écoulaient paisiblement au rythme des airs à la mode où la grande crise existentielle se résumait au bonheur de posséder un marteau, d’entendre siffler le train ou d’écouter les angoisses d’une idole des jeunes. Pour les filles, le nec le plus ultra consistait souvent à ajouter des années jusqu’à un certain âge, à charge d’en enlever plus tard pour un juste équilibre mathématique. Je n’ai jamais bien su ce que les filles se racontaient entre-elles pour se faire mousser, mais il est certain que l’apparition d’un peu de poitrine chez une suffisait à rendre les autres vertes de rage, surtout celles qui guettaient ce signe annonciateur du bonheur de voir sa poupée pisser pour de vrai dans un futur pas si lointain. Certainement plus facile, les premiers bas étaient un artifice qui laissait supposer que les chaussettes c’était désormais pour les gamines. Le collant n’était pas de mise, s’il existait c’était juste pour les danseuses qui pataugeaient dans  le Lac des Cygnes. Non, c’était le bas tel que nous le rêvons, celui que maman portait déjà depuis fort longtemps.


Un beau jour, elle apparût avec ce petit quelque chose en plus, une banale paire de bas, un pour chaque jambe. Je pense que toutes les filles de la classe remarquèrent cette nouveauté. En tant que garçon je fus, je pense, un des rares à noter le fait. Il est vrai que mes copains de classe en étaient encore à comparer les mérites du 22 long rifle en plastique véritable, plus léger, avec celui métallique de la décennie précédente, plus solide. Un statut de fils unique m’avait permis avec une certaine liberté, de m’intéresser au monde qui m’entoure d’une manière approfondie, par un tas de lectures, de films, qui n’étaient pas forcément destinées à la jeunesse, mais accessible sans problème. Il y avait Sherlock Holmes, le commissaire Maigret, et un film tv adapté d’un récit surréaliste peu connu de Charles Dickens, « The Mugby Junction », qui m’a ouvert le chemin vers la littérature fantastique. Dans ce monde alentour, la domaine de la réalité fantastique s’arrêtait souvent à un coup d’œil sous la jupe d’une fille, au porte-jarretelles qui séchait au vent de l’été sur un fil derrière la maison où j’habitais. L’apparition de cette copine, nouvelle tendance vestimentaire, mit un accélérateur à ma libido. Elle était assise devant moi en classe et je pouvais, l’air de rien, admirer à longueur de classe, le galbe de ses jambes. Très honnêtement, elle était rarement en pantalon et sauf pendant la saison chaude, elle portait toujours ses fameux bas. Elle mettait parfois même des bas à coutures, un air de dire à l’entourage, qu’elle avait de l’argent de poche. Car, là je vais peut-être apprendre quelque chose aux jeunes, les bas à coutures se payait sensiblement plus cher que le bas standard avec talons renforcés. Je me souviens même qu’elle a dû donner des explications à une copine qui n’avait jamais vu de tels bas et qui croyait sans doute à un défaut de fabrication. Il est vrai que la fille en question venait d’un coin très reculé de la campagne.

Si jupe il y avait, elle était toujours d’une sagesse remarquable, à hauteur de genou et presque exclusivement plissée. Vous imaginez bien qu’il était pratiquement impossible d’apercevoir une bosse de jarretelle ou la marque d’un élastique en relief. Le plus que l’on pouvait espérer pour en savoir plus, c’était de mettre derrière elle quand elle montait un escalier ou de guetter un coup de vent intempestif qui aurait mis un peu de désordre dans l’ordonnancement de ses vêtements. Point de cyclone aux prévisions de la météo et jamais le bon angle en montant les escaliers. Pourtant, sans en faire une fixation, c’était devenu pour moi un défi d’en savoir un peu plus. Patience, patience mon ami, ton tour viendra. En effet, mon tour est venu, grâce à un vélo. Un jour, alors que nous sortions de classe, elle a enfourché l’un des rares cycles en possession d’un enfant du village, un modèle féminin quand même. Elle prit un malin plaisir à pédaler dans les environs. Oui, elle était en jupe, oui elle portait des bas, non je n’ai pas regardé ailleurs. Evidemment selon la position de ses jambes sur le pédalier, surtout une jambe tout en haut et l’autre tout en bas, il y avait de quoi se rincer l’œil. Je n’étais pas toujours dans le meilleur angle de vue, mais j’ai quand même aperçu quelques fois, le haut de ses bas et un bout de jarretelle, indubitablement de couleur blanche. Je soupçonne encore aujourd’hui que son jeu n’était pas tout à fait innocent, mais à cette époque il n’y avait pas autour de ces accessoires, tout ce côté un peu sulfureux qui l’entoure maintenant. Si certaines femmes maintenant se font prier pour mettre des bas, jadis, il aurait presque fallu les prier pour qu’elles les enlèvent. L’anecdote suivante en est la parfaite illustration. Elle met d’ailleurs en scène la même personne. C’était un matin pendant les grandes vacances. L’idée d’un pique-nique fut lancée, destination la forêt environnante. Qui avec ses saucisses, qui avec ses côtelettes, il y aura des grillades à midi. Bien sûr, j’en étais et Sylvia aussi. Malgré un soleil resplendissant et une chaleur des plus respectable, la demoiselle avait quand même mis des bas. Au fur et à mesure que le temps passait, ce sacré thermomètre faisait du sport à sa manière. Ce jour là, il avait décidé de s’initier à l’escalade. La viande cuisait et Sylvia aussi, mais pas pour les mêmes raisons. Finalement, elle décida qu’il lui fallait absolument enlever ses bas. Mais voilà, pas la moindre cabine à l’horizon. Avec la complicité d’une copine, qui tenait une couverture tendue devant elle un peu plus loin, elle procéda à un strip-tease. Malheureusement invisible pour nous, mais dont nous devinions quand même un peu le déroulement. J’eus quand même ma petite récompense quand elle revint vers nous, avec une paire de bas à la main et une petite gaine blanche, bien sage. Si cela arriverait maintenant j’espérerais quand même un porte-jarretelles un peu coquin. Je dois bien avouer cela m’était indifférent au moment où j’ai vécu cette scène. J’avais percé un peu des secrets de cette fille et depuis, chaque fois que je l’ai vue, j’avais quand même une idée plus précise de ce que sa jupe pouvait cacher. J’ai volontairement choisi de parler d’elle plutôt que d’une autre, elle n’était pas la seule à porter des bas, j’ai vu d’autres scènes sans doute plus aguichantes, mais c’est une sorte d’hommage que je lui rend. L’hommage d’un adolescent silencieux, qui l’admirait pour ses jambes plutôt bien foutues, ses bas toujours attirants pour mon regard, sa petite jupe plissée qui cachait ce que j’aurais bien voulu voir. La vie ne nous a pas séparés, elle nous a éloignés. On s’apercevait de temps en temps, juste de quoi se dire un bref salut. Je sais que sa vie ne fut pas toujours un rêve, sans qu’elle se transforme en cauchemar. Quand je repense aux bancs de l’école, j’étais bien loin de m’imaginer qu’un jour je lirais son nom sur un avis mortuaire. Salut Sylvia, j’espère que tu ne m’en voudras pas de te raconter à ma manière, mais là-haut, je crois que ça n’a pas d’importance. Et peut-être que les anges portent des bas…