Elémentaire mon cher Nylon

Film

Conal Doyle a été de multiples fois adapté à l’écran, les premières remontent pratiquement à l’avènement du cinéma. Tous les films tournés d’après ses histoires sont assez inégaux. Bien entendu son personnage central, Sherlock Holmes, reste le plus célèbre. Quelques acteurs se sont fait une spécialité de l’interpréter. On peut retenir Basil Rathbone, Peter Cushing, et celui qui me semble avoir le mieux incarné le héros, Jeremy Brett dans les années 80. Ce dernier a donné à Holmes, une dimension un peu hypnotique, hallucinée. Il est vrai que dans ses enquêtes le détective a presque un pouvoir surnaturel de déduction.

Mais remontons un peu dans le temps avec celui qui fut un des bons interprètes du personnage, Peter Cushing. Il a l’avantage d’être un Anglais, plus Anglais que n’importe lequel de ses concitoyens. Il est évident que les histoires sont bien anglaises, le domicile du héros est un « home sweet home » dans la plus pure tradition.

Dans les années 50, une petite compagnie anglaise fondée vingt ans plus tôt, Hammer Film Productions, veut redonner à l’épouvante et au fantastique ses lettres de noblesse à l’écran. Après une certaine popularité au début des années 30, Dracula, Frankenstein, sont un peu retournés dans la tombe. Elle y parvient plutôt bien, en donnant à Dracula une nouvelle dimension, il devient sexy avec les interprétations de Christopher Lee, qui grâce à ce rôle va se construire une carrière de premier plan pendant plus de 50 ans. Celui qui lutte contre le vampire est justement Peter Cushing, compère de Lee à l’écran et aussi à la ville. Dans de nombreux films de la Hammer, ils partageront la vedette. C’est justement pour l’un d’entre eux qu’ils se retrouvent, cette fois pour une adaptation de « Chien Des Baskerville », l’une des histoires les plus célèbres de Doyle. C’est plus une histoire d’aventures que d’épouvante ou de fantastique, bien que le fameux chien a dans l’histoire une petite réputation de surnaturel.

Peter Cushing interprète de rôle de Sherlock Holmes, tandis que Christopher Lee a un rôle tout à fait « normal », il est Sir Henry de Baskerville, l’un des notables d’un petit bled perdu dans la campagne anglaise. Toutefois, l’un de ses ancêtres selon une légende, a été tué par un chien monstrueux. Et il semble que ce chien a été ressuscité et en veut à la vie du dernier de la lignée des Baskerville. De quoi amener Holmes et son compère Watson à bénéficier de l’hospitalité du châtelain pour élucider l’histoire.

Une chose que la Hammer saura rondement mener, c’est l’importance des seconds rôles en recrutant de bons acteurs. Le plus savoureux d’entre eux fut Miles Malleson qui incarne le rôle du pasteur, amateur de sherry et expert distrait en sciences naturelles. Le docteur Watson est tenu par André Morell, qui est aussi connu pour être le mari de la plantureuse Joan Greenwood. On retrouve également dans la distribution John Le Mesurier, qui est le serviteur de Baskerville. C’est un acteur très populaire, il tourna dans une pléiade de films dont certains de premier plan. Vous ne le savez sans doute pas, mais c’est le père de Robin Le Mesurier depuis plus de 20 ans le guitariste attitré de Johnny Hallyday.

Le film est sorti en 1959 et réalisé par Terence Fisher qui devient ainsi l’un des personnages clés des fameux studios en tournant une longue série de films dans le même genre. Sa version de roman de Doyle est impeccablement réalisée, tout en prenant des libertés avec l’histoire originale. Son apport à la légende de la Hammer n’est pas négligeable. Il y a en fin de compte peu de studios qui ont ce statut et qui passionnent les cinéphiles sans jamais avoir tourné l’ombre de ce qui pourrait ressembler à un chef d’oeuvre.

Anecdotes autour du film.

Sherlock Holmes n’est presque pas concevable sans une pipe à la bouche. Malheureusement Peter Cushing n’était pas un fumeur, mais bien obligé de se soumettre aux exigences du rôle. Alors chaque fois qu’il devait le faire, il se rinçait la bouche en buvant du lait qu’il avait toujours à proximité.

Si ma mémoire est bonne et je crois qu’elle l’est, il y a dans un épisode du fameux jeu télévisé des années 80 « La Chasse Au Trésor » avec Philippe de Dieuleveult, il y a une scène qui a un lointain rapport avec ce film. Quand la vedette fait la chasse aux trésors qu’il doit découvrir, il tombe tout à fait pas hasard sur Christopher Lee en train de tourner un film. Je cois que c’était un chasse qui se déroulait en Inde, ou sinon dans un pays oriental. Peut-être un visiteur pourra confirmer la fidélité de ma mémoire.

Bande annonce du film

Un extrait avec Miles Malleson