Des bas nylons, une histoire piquante et des foules en délire

Les histoires de gendarmes et voleurs ont toujours fait partie du folklore de la société. La police court après les voleurs, c’est bien connu, et parfois les voleurs courent plus vite que la police. Après 1832, la police se trouva fort dépourvue, on ne marquait plus au fer rouge ceux qui avaient passé entre ses mains et condamnés à des peines lourdes, mais il fallait parfois peu de choses pour être condamné à la dite peine.

Pendant longtemps, ce fut un vide assez conséquent, mais peu à peu la police fit appel à la science pour tenter d’élucider les énigmes de tout poil. Un certain Monsieur Bertillon mit au point vers 1882, le signalement anthropométrique, je pense que vous savez ce que c’est.  Petit à petit, on inclut d’autres méthodes pour traquer le criminel. Avec l’apparition des brigades de police mobile dites Brigades du Tigre en 1907, on essaya avec un certain succès de faire jeu égal avec celui des bandits en mettant à disposition des policiers les derniers cris de la technique notamment des véhicules à moteur pour se déplacer.

Les moyens matériels étant une chose, on considéra également que la psychologie n’était pas inutile. Précéder le criminel en devinant ses intentions permettait de lutter encore plus efficacement contre le crime, Sherlock Holmes n’avait qu’à bien se tenir.

Parfois, les meilleurs spécialistes de la psychologie policière ont bien du fil à retordre, car toute un série de faits qui peuvent sembler sortir tout droit de l’imagination d’un maniaque répose uniquement sur le « on dit » et peuvent s’étendre à des foules entières, provoquant une hystérie collective et des paniques redoutables.

Voici un cas très intéressant rapporté par un médecin appartenant à la police et publié dans un rapport sur la police scientifique, rapport destiné à faire avancer la recherche en la matière et datant de 1921. On voit très bien qu’elle ne s’intéresse pas seulement à de banales histoires de voleurs et malfrats, on étudie aussi le comportement des foules.

C’est à lire et très instructif. Cette histoire s’est déroulée à Lorient en 1918 et elle s’intitule Le Piqueur Lorientais.

Comme vous le voyez, il ne s’est absolument rien passé de concret, le piqueur n’a existé dans l’imagination des gens, mais on s’était persuadé du contraire. On peut aussi se rapporter à la fameuse émission radiophonique d’Orson Welles en 1938 où il créa une panique en rendant très réaliste une adaptation de « La Guerre Des Mondes », de Wells, oui cette fameuse histoire où notre planète est envahie pas des extraterrestres.

Le Figaro, 1 novembre 1938

Un extrait de la fameuse émission

On peut encore se poser la question sur la fameuse « grippe espagnole » de 1918 qui fit des millions de morts. Sa mortalité fut tellement mise en évidence que l’on peut imaginer que certains malades atteints d’une grippe plus que banale passèrent à de vie à trépas, certains qu’ils avaient attrapé cette terrible maladie. L’autosuggestion est une chose encore bien mystérieuse, l’esprit une sorte de machine dont chacun ne connaît pas forcément le monde d’emploi.

Il n’y a qu’à se référer aux fameuses peurs comme celle du vide, de la foule ou des orages. Dans l’immense majorité des cas, ce sont des dangers complètement imaginaires. Mais notre corps est ainsi fait!

Souce Gallica, BNF, DP

3 réflexions sur “Des bas nylons, une histoire piquante et des foules en délire

  1. C’est fou ce que l’autosuggestion peut faire sur l’individu , on peut tous être victime de ça un jour.
    Merci pour ce bel article

    • Merci Cooldan,

      Je pense que personne n’est à l’abri. Je crois juste que certains y sont bien plus sensibles que d’autres. Il doit y avoir une différence d’instruction, mais de gens bien instruits dont la cerveau est un peu fêlé peuvent être tout aussi atteints.

      Bonne semaine

  2. Bonjour Cooldan,

    En effet, le phénomène de la rumeur remue les foules. Fondée ou non, elle ranime de vieilles peurs enfouies et que le modernisme n’efface jamais.
    Il y a la fameuse « rumeur d’Orléans » qui affirmait que des clientes disparaissaient au cours de leurs emplettes dans certains commerces et partaient pour des réseaux de proxénétisme à l’étranger.
    On s’approcherait de la célèbre série TV « Mentalist ».
    En tous cas les victimes sont essentiellement des personnes du Beau Sexe.
    En France, la région du Gévaudan, en Auvergne, a défrayé la chronique dans les années 1760 avec la fameuse « Bête du Gévaudan » au point que le Roi Louis XVI envoya son meilleur officier de Louveterie pour l’abattre…
    La encore, les pauvres victimes étaient toutes féminines. Mais cette tragédie a alimenté le mystère de leurs auteurs… Et il le demeure encore au fond. Animal dressé par les hommes ? Instrument de vengeance ?…
    Merci pour l’extrait de « La Guerre des Mondes ». Je crois que le sieur Eddy l’avait passé dans sa célèbre émission du mardi soir.
    J’imagine bien l’impact de la rumeur . Contexte de Guerre Froide et course à la conquête spatiale entre les deux Grands ont fait les beaux jours du cinéma américain. Les « méchants de l’Espace » viennent… du froid !!! Of course.
    Ou bien encore : « La Chose d’un Autre Monde » tourné à peu près à la même époque et même ambiance angoissante.
    Un autre bon classique du genre : « le jour où la Terre s’arrêta » avec Michael Rennie ( « Mr Klattu » – Et qui joua le rôle de St Pierre dans « La Tunique » (Mature/Hayward/Robinson). Le pouvoir de l’image…
    Peter Pan.

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