Bas nylon et anglaises

A l’époque de sa sortie en 1976, il existait très peu de films consacrés à la jeunesse des années 50 vue sous l’angle français. Pour bien illustrer le sujet, « A Nous Les Petites Anglaises » a même dû les emmener en Angletterre, un pays plus rock and roll du point de vue musical.  Il est certain que les jeunes français passionnés de rock n’avaient pas grand chose à se mettre sous la dent, quelques disques publiés localement dont pratiquement aucun artiste national, il faudra attendre le début des années 60 pour que cela change. Ceux qui ont vu le film à sa sortie, nés vers 1940 ont sans doute bien aimé le film car ils pouvaient se remémorer grâce à la bande sonore d’autres souvenirs comme l’ont fait les Américains avec « American Graffiti » un peu plus tôt.

L’histoire est quelque peu inspirée des souvenirs personnels du réalisateur, Michel Lang. Une bande de jeunes Français qui ne se connaissaient pas, se retrouvent en Angleterre sur décision des parents soucieux d’améliorer leur pratique de la langue de Shakespeare. Mais bien vite la langue parlée passe au second plan, la langue fourrée devenant l’objet de leur principale préoccupation. Pour un adolescent des années 50, le sexe est encore une chose assez mystérieuse. Même si l’on a quelques connaissances sur le sujet, c’est plutôt en théorie qu’en pratique. Avant la guerre, il était relativement courant, bien qu’il faille employer le mot courant avec toutes les précautions, qu’on amène un jeune au bordel pour le déniaiser. Ils sont bien obligés de se débrouiller depuis la fermeture des maisons accueillantes.

Bien que les Anglaises aient alors la réputation d’être accueillantes, du moins c’est ce que les garçons de l’histoire affirment, c’est quand même bien entre compatriotes que l’on suivra quelques uns de ces adolescents à la recherche de leurs premières expériences amoureuses. Le film est plaisant, surtout pas trop sérieux, les Français en quelque sorte envahissent l’Angleterre à coup de gags et d’un comportement déluré propres aux Latins, on va leur montrer à ces bouffeurs de pudding!

Les acteurs sont presque tous des débutants et cela apporte sans doute de la fraîcheur au film. Certains feront un carrière plus ou moins grande, plus ou moins longue. Remi Laurent, l’un des acteurs principaux, est décédé du sida en 1989.

La musique a une part très importante dans le film, c’est Mort Shuman, l’un des compositeurs les plus titrés du siècle passé qui s’y colle. Une des chansons extraites de la bande sonore « Sorrow » sera un grand tube encore dans toutes les mémoires. Ce que l’on peut regretter c’est le côté un peu trop moderne du son, la technique ayant évidemment fait des progrès. On y retrouve assez peu de titres datant vraiment de l’époque du film sinon « Lollipop » (Chordettes), « Twilight Time » (Platters) et l’on peut entendre dans le film « Only You » de ces mêmes Platters, ainsi qu’un pompage de « Bye Bye Love » des Everly Brothers devenu « Bye Bye Cry Baby ». Il n’y a pas de chansons en versions originales d’époque, mais l’ambiance est résolument et musicalement rétro fifties.

C’est un film sans trop de prétentions, dans lequel il ne faut pas chercher le chef d’oeuvre d’un cinéaste, on peut le classer comme récréatif si l’on a pas vécu cet époque et nostalgique dans le cas contraire. Le cinéma est aussi une distraction et celle-ci est plutôt plaisante.

Dans les films qui reconstituent une certaine époque, je m’amuse toujours à chercher les anachronismes, encore plus si j’ai vécu cette époque. Il y en a un dans le film, bien visible.

Un des acteurs arbore un t shirt avec cette illustration. C’est un extrait du livre « Rock Dreams » de Guy Peellaert, célèbre dessinateur belge, paru en 1974. Elle n’existait donc pas à l’époque où se déroule le film. Je le sais d’autant mieux que j’avais le même, acheté à Londres en 1976.

Acteurs

Rémi Laurent Alain
Stéphane Hillel Jean-Pierre
Véronique Delbourg Claudie
Sophie Barjac Veronique
Julie Neubert Carol
Rynagh O’Grady Doreen
Aïna Walle Britt
Brigitte Bellac Mireille
Michel Melki Pierrot
Béatrice Saint-Marc  
Marc Chouppart  
Pierre Pradinas  
Frédéric Pieretti  
Eric Deacon Mike
David Morris Dave

La France est bien connue pour posséder un nombre incalculable de revues, journaux, qui paraissent de manière officielle et plus ou moins confidentiels à des dates plus ou moins régulières. C’est un signe de santé pour un état démocratique, la diversité de la presse montre la diversité des opinions. A côté d’une presse dite d’opinion qui concerne de manière large les faits politiques ou de société, il en existe une faite de bric et de broc et qui s’adresse à un clientèle ciblée. Vous avez sans doute tous vu ou entendu parler d’un bulletin paroissial, d’une revue qui parle de la préservation d’un patrimoine ou en souvenir d’un personnage célèbre ou encore une presse professionnelle. Il en existe une, par exemple, réservée aux membres du  club qui préserve la mémoire de San-Antonio. Alors on ne s’étonnera pas trop d’en trouver une qui concerne la justice, indépendante des avis officiels.

On peut imaginer quelque chose de très sérieux, de quelque chose « raide comme la justice ». Et pourtant il existe dans chaque domaine, aussi sérieux soit-il, une place pour l’humour. Cela dépend bien entendu de la répartie que peut posséder tel ou tel personnage. Il suffit parfois d’un mot bien placé pour entrer dans l’histoire, ce n’est pas le général Cambronne qui me contredira.

Dans un numéro de la revue La France judiciaire datant de 1931, on y trouve un article qui prouve bien que les gens de loi ne sont pas dépourvus d’humour.

Source Gallica, BNF, DP