Bas nylons et coup de foudre

Une chose qui a toujours attiré ma curiosité, ce sont les phénomènes naturels. J’imagine que pour moi habiter un pays où le ciel serait toujours bleu serait vite lassant. Au contraire, j’aime voir les nuages se balader dans le ciel, le ciel tourmenté, le ciel d’orage, rechercher les formes qui se cachent dans le glissement tranquille des nuages blancs…

Avec un peu de patience on peut voir de subtiles déclinaisons dans le mélange hasardeux des formes et des courants qui parcourent le ciel. Comme cette fois où j’avais en dessus de ma tête un gigantesque et massif nuage dont un côté était tel un mur qui se dressait dans le ciel pile à la verticale de mon regard. J’avais l’impression d’être au pied d’un mur qui mesurait des kilomètres de haut. J’envie les oiseaux qui peuvent aller voir cela de plus près.

Le phénomène par excellence et courant que l’on peut voir dans nos régions, c’est l’orage. Quel magnifique spectacle! Comme je n’en ai pas toujours à disposition, j’ai pris l’habitude d’aller les regarder via les nombreuses webcams qui sont une sorte de seconde vue. Je me connecte sur un site météo pour regarder où ils sont et s’il y en a, en avant le musique.

Allons un peu nous promener à travers ces moyens mis à notre disposition.

Tout d’abord, je voulais savoir la réalité entre un site météo qui indique un impact de foudre en direct et celle du terrain. Pour cela je me suis branché sur un site adéquat et une webcam en comparant l’un et l’autre et j’ai enregistré le tout. Vous verrez parfois la réaction quasiment en direct, d’autres fois il y a un décalage, mais on peut dire qu’en général la carte des impact réagit correctement. Il me fallait un orage pas trop remuant avec des éclairs espacés. Je me suis branché sur une webcam à Rome avec un orage dans le lointain, en direction de la mer. Quelquefois, sur la webcam la lueur de l’éclair est à peine perceptible, mais elle apparaît en tant qu’impact. A noter que les impacts nouveaux apparaissent en jaune vif et tournent vers l’orange et le rouge au fur et à mesure que le temps s’écoule. Il est aussi apparent qu’un éclair n’a pas toujours un seul arc, en général on le voit en exemplaire unique celui qui fait la liaison entre le sol et le nuage. Mais dans le nuage même, il a souvent plusieurs ramifications qui se rejoignent pour former un éclair unique, parfois oui, parfois non. C’est très visible sur la carte de impacts, il y a plusieurs impacts jaunes simultanés. A noter que vous pouvez agrandir les clips pour une vision plus détaillée.

 

Un orage assez tranquille sur le lac d’Iséo près de Bergame en Italie. Deux ou trois beaux impacts.

Un orage beaucoup plus violent, sur le lac de Côme. On ne voit pas le sillage des éclairs, mais ils sont continuels et la visibilité est réduite. 

Pour terminer, j’ai monté dans un court clip, deux éclairs spectaculaires en deux endroits différents situés dans les Dolomites. La première séquence montre un impact de foudre très proche, l’arc est brièvement visible sur la droite en haut de l’image, très proche de la caméra. Il cause toutefois des dégâts car il coupe net le fonctionnement de la webcam. Dans la deuxième partie, la caméra est celle d’un station de sports d’hiver en altitude. Un joli impact que nous analyserons en détail après la vision du clip, c’est assez instructif. 

D’après ce que l’on sait sur l’éclair, ce dernier ne descend pas du nuage, mais monte du sol vers le nuage. Eh bien décomposons le second éclair dans ses phases successives en quelques photos…

Sur la première, on voit le départ de l’éclair. Comme nous sommes sur une montagne, le tout premier balbutiement de l’éclair se trouve derrière l’horizon (zone entourée en rouge), on voit très bien qu’il part au fond de la vallée, que la lumière vient d’en bas. Gardez en mémoire que la succession d’images suivantes se déroule sur une fraction de seconde. 

Sur la deuxième, juste après, on aperçoit dans le nuage, une sorte de balai de ramifications de petits éclairs qui semblent fouiller le ciel à la recherche d’un voie de sortie.

La phase suivante, le big bang du nuage, l’explosion, le flash du photographe céleste. Cela ne dure qu’une fraction de seconde, mais imaginez que vous deviez supporter cette lueur longtemps, ce serait comme regarder le soleil directement sans protection. 

Voici l’éclair qui va faire descendre la tension, c’est en quelque sorte l’écoulement de la charge électrique, le ciel redevient sombre. Remarquez le renflement le long de l’éclair. En observant un orage, on arrive à remarquer que l’éclair dans le nuage peut traverser des dizaines de kilomètres avant d’établir le contact avec le sol. Mais tout cela va si vite qu’en fait on n’a qu’un aperçu de ce qui se passe.

Voici l’éclair à la fin. C’est général cette image là que l’on enregistre. Mais déjà la nuit regagne sa quiétude. Au suivant!

Dimanche 9 juillet sur cette carte de l’Europe, il y a plus de 72 000 impacts d’éclairs enregistrés en 120 minutes, soit 10 éclairs à la seconde. C’est le record absolu que j’ai observé depuis que je fréquente ce titre. 

Pour terminer, un petit jeu. Je vous disais en introduction que dans la forme des nuages on remarquait des représentations de choses connues, des moutons, des chiens. Eh bien dans les montagnes, c’est un peu la même chose, notamment des visages. Avec un peu d’imagination, essayez de les trouver dans les images suivantes.