Bas nylon et hot spot

Ce que j’aime bien dans le cinéma américain, c’est qu’ils sont capables de planter un film n’importe où. Trois maisons et un bar peuvent devenir le plot d’un film en surtension. Ils ont l’avantage d’avoir un urbanisme très peu concentré en dehors des grandes cités. Du fait des grandes distances qui peuvent séparer deux petites villes ou villages, c’est encore un pays où il existe une certaine idée de l’aventure. Ce n’est plus la conquête de terres vierges, mais l’envie de prendre la température dans un lieu nouveau pour qui veut bien se donner la peine d’y pénétrer ou de s’y réfugier. Ces endroits vivant dans une certaine autarcie sont bien obligés d’offrir un minimum de confort pour les autochtones. On peut imaginer ce qui est nécessaire pour satisfaire la demande. Une banque, un garage, une église, quelques shops offrant tout et son contraire dans le même endroit, quelques bars et bistrots dont au moins un pas trop recommandable, et pour couronner le tout le bureau du shérif. 

Le film dont je vais vous parler se situe justement dans un de ces coins du Texas, entre le nord et le sud juste à côté de nulle part. On y trouve à peu près tout ce dont je vous ai parlé juste avant, la banque et le garage étant au centre du film. Il est réalisé par Dennis Hooper en 1989, un touche à tout aussi acteur, peintre, poète, grand consommateur d’alcool et de drogues. Il est surtout devenu célèbre depuis Easy Rider

Il commence par l’arrivée dans ce bled perdu de Harry Madox (Don Johnson, un des flics de Miami Vice) une sorte d’aventurier repris de justice plutôt bcbg. Il décroche rapidement un emploi de vendeur dans un garage local tenu par George Harshaw (Jerry Hardin, le contact récurrent dans X-Files). Il fait la connaissance de quelques personnages locaux, le voyou local (Charles Martin Smith, La Grenouille dans American Graffiti), le méfiant shérif qui l’a à l’oeil (Barry Corbin), mais surtout deux femmes auxquelles il s’intéresse plutôt de près la secrétaire du garage (Jennifer Connelley) et la plantureuse femme du patron, la pin-up du coin, Virginia Madsen. 

Madox s’aperçoit de son oeil expert que la banque du coin n’est pas très bien surveillée, il échafaude un braquage tout en tournant autour et de très près des deux femmes qui font en quelque sorte partie maintenant de son entourage. Mais tout ce qui semble facile ne l’est pas toujours. Certains penseront que c’est léger et convenu pour faire un film, eh bien qu’ils se détrompent, le bonne référence au film noir n’est pas très loin.  La suite sur l’écran…

Disons-le tout de suite, le film contient des scènes torrides, normal dans un endroit où les 30 degrés sont considérés comme des températures frisquettes, cela porte sur les nerfs de certains amateurs de sensation érotiques fortes. Bien évidemment la caméra s’arrête là où elle doit pour ne pas passer sous X, mais l’imagination peut faire le reste. Bien que considéré par les spectateurs comme un film dans un bonne moyenne supérieure, je lui mettrais plutôt 8/10. Simplement parce que j’aime ce genre d’histoires, de temps en temps de l’action, une belle étude de moeurs qui remplace avantageusement les films qui ont seulement l’action en point de mire, une forte pincée de poudre d’érotisme avec un actrice qui porte des bas et nous le fait savoir, mais là n’est du reste pas l’attrait principal du film, c’est une des composantes. Le film est aussi magnifié par une fantastique bande sonore originale. Pensez donc, la rencontre de John Lee Hooker, Miles Davis, Taj Mahal, de quoi ravir tous ceux qui adorent que le jazz rencontre le blues, et c’est plutôt bienvenu pour soutenir les scènes du film car même avec les films muets on se démerdait pour en joeur.

Bien joué Mr Hooper, je devine bien un peu de vous dans ce film et j’adore vous découvrir. Je crois surtout qu’il n’y a pas mieux qu’un ivrogne pour filmer une scène avec des alcooliques. C’est une image bien sûr, mais un film c’est justement un suite d’images.

Un extrait de la bande, sans jeu de mots, sonore…

 

4 réflexions sur “Bas nylon et hot spot

  1. Bonjour,
    Je ne connais pas du tout ce film, je vais le télécharger et le regarder, l’intrigue me plait bien
    Merci de nous faire découvrir ces petites perles.
    Bonne journée

  2. Bonjour Mr Boss,

    Merci de nous proposer ce film que je ne connaissais pas, moi non plus tout comme le nom de la majorité des artistes,
    Excepté bien sûr de Don Johnson, l’inspecteur Crockett de la célèbre série « Miami Vice » diffusée sur l’ancienne chaine LaCinq dès 1986, Flanqué de son co-équipier Tubbs, et de Castillo leur patron.
    Original son chien de garde sur son voilier : un alligator !!!
    L’affiche est une invite au voyage sur la mythique route 66…
    Bonne journée. Peter Pan.

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