De House Of The Rising Sun au Pénitencier

Cette chanson fit des ravages dans les années 60 et elle en fait encore aujourd’hui. C’est une chanson de folklore dont l’origine remonte probablement après le milieu du 19ème siècle, la mélodie pourrait être encore beaucoup plus ancienne et d’origine anglaise. Les paroles ont certainement changé au fil des ans. Dans les anciennes versions c’est une femme qui chante ou qui le fait à travers la voix d’un homme, une fille qui retourne à la Nouvelle Orléans dans une maison qui se nomme « La maison du soleil levant », probablement une maison close. C’est le titre de la chanson en anglais.

Diverses sources tentent de donner une origine historique à cette chanson et à son titre. L’une d’elles suppose qu’il y avait un bordel tenu par une dame qui avait un nom français Marianne LeSoleil Levant, c’est ce qui aurait donné le titre anglais de la chanson. Pour une autre, c’était une maison pour malades et non pas un bordel avec la même personne aux commandes. L’origine du nom français est possible, car la Nouvelle Orléans et la Louisiane étaient des endroits avec une population d’origine française assez nombreuse, assez pour en faire un langage local, le cajun qui se parle encore aujourd’hui. L’endroit supposé où elle se trouvait était la rue St Louis. Elle aurait existé vers 1862 et fut fermée assez rapidement durant la guerre de Sécession. Dans une certaine mesure et avec prudence on peut affirmer qu’il y a eu un endroit semblable qui a inspiré le créateur des paroles.

D’après certaines sources ce serait à cet endroit là.

La version la plus vieille connue enregistrée semble remonter après 1930. Le fait n’est absolument par certain, il peut en exister sur d’obscurs 78 tours qui ont disparu de la circulation. Sur les premiers enregistrement connus, elle est présentée comme une chanson de folklore tendance blues avec un simple accompagnement de guitare. Elle a figuré au répertoire de presque tous les grands chanteurs de folk, Woody Guthrie, Pete Seeger, Leadbelly, Joan Baez. De nombreux bluesmen l’ont aussi mise en évidence. Le renouveau de cette chanson est un peu le fait de Bob Dylan qui le mit sur son premier album en 1962. Ce n’est pas encore la forme définitive, mais on s’en approche. Deux ans plus tard, le groupe anglais des Animals, grands admirateurs de Dylan avaient déjà travaillé une première chanson de lui, « Baby Let Me Follow You Down » qui avait fait l’objet de leur premier disque rebaptisé « Baby Let Me Take You Home ». Pour leur second disque ils décident de s’attaquer à « House Of The Rising Sun », qu’ils arrangent sous la forme que l’on connaît. Le disque ne faillit jamais sortir, car pour la maison de disques il était jugé trop long. Plus de 4 minutes, c’était assez exceptionnel pour l’époque. Enfin, il sortit quand même et le disque connut rapidement un monstre succès, une des meilleures ventes de la décennie. Dans un de ses livres, Antoine, le chanteur-navigateur en parle. Il était justement aux USA, quand le disque est sorti. On l’entendait partout et sans cesse, d’après ses dires.

L’évolution et la différence des paroles pour les versions modernes, dont on peut considérer que la version des Animals est définitive vont comme suit : ce n’est plus une fille qui raconte mais un garçon (toujours une fille dans la version de Dylan), la mère est couturière. Le père (son amoureux dans la version de Dylan) est un joueur et un ivrogne. Un couplet n’existe pas dans la version des Animals qui parle de l’enfer du jeu et de l’errance des joueurs. « Oh mères dites à vous enfants de ne pas faire comme moi » s’adresse à la petite soeur chez Dylan. Le garçon retourne en train à New Orleans enfiler ses boulets et ses chaines, la fille y retourne car sa course est pratiquement terminée et va là-bas finir sa vie. Les paroles féminines  font indirectement penser à une maison close, les versions masculines à un endroit peu recommandable. Dans les deux cas c’est une maison qui se trouve à la Nouvelle Orléans et les gens l’appellent la maison du soleil levant. La présence du train dans la chanson fait pencher fortement la balance pour des paroles modernes, postérieures à l’existence supposée de la maison.

Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de tenir une petite conversation avec deux membres des Animals qui firent partie de l’enregistrement, Hilton Valentine le guitariste et John Steel le batteur. Ce dernier confirme ce que l’on sait sait avec quelques précisions. La chanson fut rodée lors des concerts. L’arrangement attribué à l’organiste Alan Price est plutôt le fait de tous, chacun a fait sa partie, mais pour des raisons pratiques d’attribution de crédits, seul le nom de Price est mentionné. L’enregistrement s’est fait en une seule prise et en mono. C’est le producteur Mickie Most qui insista pour que le disque soit publié malgré sa longueur. Par contre une chose qui j’ai complètement oublié de leur demander, c’est l’endroit où a été prise la photo qui figure sur le 4 titres titres publié en France, photo qui ne figure sur aucun autre disque. Il me semble avoir lu quelque part que cette photo doit être celle d’un pub en Angleterre ou celle d’un hôtel De toute manière à l’époque où elle a été prise, les Animals n’avaient pas encore débarqué aux USA et à plus forte raison à la Nouvelle Orléans.

Une petit souvenir personnel signé par les membres lors de cette rencontre, les Animals version 1998 avec les deux membres originaux John Steel tout à gauche et Hilton Valentine quatrième depuis la gauche. Le chanteur était alors Robert Kane qui est maintenant avec Dr Feelgood. J’ai aussi des photos perso avec Steel et Valentine, mais ça je les garde pour moi. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut poser avec des légendes.

La France ne resta pas en plan. Le titre fut retenu par les Players, qui en firent une version sur des paroles de Hugues Aufray et Vline Buggy. Mais ils durent s’effacer face au succès de Johnny Hallyday, alors au service militaire, qui l’enregistra pour en faire un de ses deux ou trois titres les plus demandés. Elle fut enregistrée dans bien des langues, Hallyday l’enregistrant lui-même en allemand et plus tard en espagnol. Depuis elle est régulièrement reprise, il en existe des milliers de versions, c’est d’autant plus facile que la chanson appartient au domaine public. En 1970, le groupe américain Frijid Pink en refit un gros succès dans une version très pop. Sept ans plus tard, elle s’introduit dans le monde du disco via la version de Santa Esmeralda. Plus récemment le groupe Muse, la remit en lumière dans une version plus actuelle.
Cette chanson est un grand classique de la musique contemporaine, une de ces chansons qui plaisent indifféremment à tous les âges. Elle figure chez de nombreuses personnes comme chanson préférée, ou juste après. Il y a quelques mélodies qui restent plus facilement dans la mémoire des gens, et qui ne sont pas juste un truc à la mode. Celle-ci en est un des plus beaux exemples.

Toutes les versions ne se valent pas, celle des Animals reste incontournable, Eric Burdon le chanteur a une voix  fabuleuse et apporte une dimension tragique à la chanson. Le jeu de Valentine à la guitare n’est non plus pas étranger à sa réussite, cette manière d’accompagner n’existe que depuis leur version et sera reprise quasiment par tous les suivants, elle permet d’identifier immédiatement la chanson. Avant ce sont plutôt des versions dérivées du folk avec un simple accompagnement de guitare.

En nombre cumulés de vues sur YouTube, la version des Animals s’approche des 200 millions! Des dizaines de milliers de commentaires. Même les Beatles ou les Rolling Stones ont de la peine à trouver un titre pour concurrencer.

Je vous en présente quelques versions.

Celle des Animals, la meilleure

Celle de Johnny, un arrangement assez original, très joli vocal aussi.

Celle de Frijid Pink, la meilleure après la meilleure! La voix du chanteur est parfaite et les arrangements pop sont délicieux. Elle circule aussi sur YouTube attribuée à Pink Floyd ou Deep Purple, mais c’est bien Frijid Pink.

Le meilleure versions instrumentale que je connaisse par Billy Strange. C’est un guitariste et arrangeur très réputé. Il a beaucoup travaillé avec Nancy Sinatra. Il fait très bien monter la tension au fil du morceau.

Assez bien réussi aussi, Geordie avec Brian Johnson au vocal avant de devenir le chanteur d’ACDC.

Une vieille version des année 30, juste pour vous faire une idée de ce à quoi ça ressemblait au départ.

La version de Bob Dylan, on s’approche…

Avant celle de Dylan, celle de Joan Baez, l’une des plus belles en folk, qu’elle voix!

Quelques versions exotiques

En croate

En japonais par… Marie Laforêt

Encore plus exotique un chanteur cambodgien, après ça on arrête, sinon on va finir sur Mars…

Bas nylon et ciné 45 (2)

Nous avons vu et feuilleté dans un précédent post la revue Ciné-Miroir dans sa version almanach de 1945. Continuons dans cette deuxième partie de nous y intéresser en la parcourant à nouveau.

Les premières pages étaient plutôt axées sur le cinéma français, c’était aussi l’occasion de faire le point sur les acteurs qui pouvaient envisager les temps de paix comme un début ou une suite de leur carrière, n’ayant pas de comptes à rendre aux comités d’épuration à la libération.

En 1945, on fête aussi le cinquantenaire du cinéma, la revue s’y attarde un peu en consacrant quelques pages à son évolution depuis les débuts. On y évoque surtout le cinéma américain qui a vite pris le dessus, malgré quelques films français qui méritent le détour comme le Napoléon d’Abel Gance ou les premiers et historiques films de Georges Méliès. Durant toute cette période quelques films qui n’ont rien d’américain parviendront à se glisser en belle place dans l’histoire du cinéma. Dans ce genre les Allemands font très fort avec l’expressionnisme, en qualité et en exercice de style ils n’ont rien à envier aux Américains. Lang, Pabst, Murnau, sont des références absolues. Pour la Russie Eisenstein et pour la Suède Sjöströem ne sont pas à négliger. On ne peut passer sous silence la France et celui qui fut sans doute le premier réalisateur à devenir connu internationalement, Max Linder. Avec ses films humoristiques qui en inspirèrent certainement d’autres un peu plus tard, Chaplin lui doit bien un peu de sa magie, il fut assez vite victime de son succès avec une vie personnelle désordonnée.  Durant la période du muet quelques réalisateurs firent leur premières armes pour devenir plus tard des noms de premier plan, Jean Renoir, René Clair, Jacques Feyder, Marcel L’Herbier. 

L’Amérique a surtout le charme de ses films comiques pour le spectateur d’un autre pays, il n’a pas besoin de se casser la tête, les gags sont bien visibles et drôles. Keaton, Lloyd, sans oublier le génie de Chaplin qui s’affirmera encore plus avec le parlant, sont des stars. Le cinéma américains a tout de suite pris une dimension à la hauteur de ses ambitions. Il offre des films à grand spectacle, même s’il est encore muet. Il peut aussi se développer en toute liberté, la première guerre mondiale marqua un temps d’arrêt pour la production européenne, chose qui ne toucha que très peu, sinon les USA, du moins le territoire américain. Il fut aussi le premier à produire des icônes qui suscitèrent un engouement capable de porter les foules à l’émeute, certaines d’entre elles ne dépassant pas l’âge d’or du muet comme Pearl White ou Mary Pickford.  On peut se souvenir de la mort de Rudolf Valentino et de l’immense retentissement de son décès qui rendra folles de désespoir les dames de la belle société et aussi celles de plus humble extraction. Assez significatif pour un acteur dont on a jamais entendu la voix à l’écran, puisqu’il ne tourna que des films muets. L’époque parvint à imposer malgré tout des acteurs beaucoup plus durables qui traversèrent facilement la frontière du parlant, pour des carrières de plus ou moins grande envergure, Joan Crawford, Greta Garbo, Gloria Swanson, Louise Brooks, Pola Negri, Lilian Gish et chez les hommes John et Lionel Barrymore, Wallace Beery, Ramon Novarro, John Gilbert, Stan Laurel et Oliver Hardy. 

Voici les images sélectionnées par la revue pour ce résumé succinct de 50 ans de cinéma.

Pearl White et Ramon Novarro, Albert Dieudonné dans le film Napoléon d’Abel Gance, Chaplin et Tom Murray dans La Ruée vers L’Or.

Greta Garbo, Rudolf Valentino, Fernand Ledoux et Marie Déa, Walt Disney, Clarl Gable et Vivian Leigh dans leurs succès respectifs.

Pendant l’occupation un blackout quasi total régna sur les productions du cinéma américain, on imagine l’effet qu’aurait produit la projection du Dictateur de Chaplin. Alors la revue se devait de condenser cinq ans de silence, faire le point sur les nouveaux ou ceux que l’on connaissait déjà.

Devenu une star américaine par la force des choses puisqu’il tourna dans le premier Hitchcock de sa période US, Rebecca.

Retour sur un film dont on a beaucoup parlé en France mais que peu ont vu puisque qu’en 1945 il n’a pas encore été projeté dans les salles françaises Autant En Emporte Le Vent. C’est un succès colossal à sa sortie, qui offrira à ses acteurs une autoroute vers la gloire, ce n’est pas Clark Gable qui dira le contraire. C’est le type même de film qui emballe le spectateur, en quelque sorte un succès de la critique populaire.

Maureen O’Hara tirera aussi tous le jus nécessaire à sa carrière en apparaissant dans le fameux Quelle Etait Verte Ma Vallée de John Ford, un très beau film sur la condition ouvrière, ici les mineurs. Le jeune Roddy McDowall dans le rôle de l’enfant en récoltera aussi pas mal de bénéfices pour la suite de sa carrière.

Shirlew Temple fut aussi une des enfants stars du cinéma. Elle cessera d’elle-même sa carrière d’actrice en devenant adulte à la fin des années 40 et se tourna vers la politique.

Gary Cooper a de belles années devant lui. Joan Leslie fut aussi une actrice en vue pendant 20 ans. Femme sans doute très honorable, elle abandonna plus ou moins sa carrière pour élever ses enfants et fut une de celles qui ne divorça jamais de son seul et unique mari. Elle servit aussi toute sa vie comme bénévole dans une maternité.

Clark Gable avec le sourire

Chaplin savait bien compris qu’il fallait mettre les rieurs de son côté. Il savait aussi qu’il était préférable de faire des millions de morts de rire que de morts tout court.  Avec Le Dictateur il parodie qui vous savez de manière féroce. C’est un exemple je crois unique dans l’histoire du cinéma qu’un réalisateur se gausse pareillement d’un homme politique en exercice au moment de son tournage. Je ne sais pas si l’intéressé l’a vu, mais on a dû lui raconter. Il doit en avoir bouffé sa croix gammée! Au point de vue inventif le film est bourré de grandes scènes, celle du discours est un moment d’anthologie. Non seulement le film raconte une histoire mais il dévie de sa ligne pour y glisser des moments qui caricaturent le personnage central ou ceux qui sont à sa botte. On avait bien conseillé à Chaplin de ne pas le tourner, il passa outre et le réalisa avec ses propres deniers pour mettre tout le monde d’accord. C’est un de mes films préférés, je l’ai vu je ne sais pas combien de fois et je ne m’en lasse pas. 

Deux actrices ayant tourné avec Hitchcock qui s’affirme de plus en plus comme le maître du suspense. Teresa Wright qui figure dans L’Ombre D’un Doute et Joan Fontaine dans Rebecca. 

Il y a aussi des disparus chez les Américains. La pulpeuse Carole Lombard tuée dans un accident d’avion. Tom Mix le cowboy aux 300 apparitions à l’écran principalement au temps du muet, tué dans un accident d’automobile. Conrad Veidt, l’une des légendes du cinéma allemand des années 20, assez pour qu’Hollywood le remarque. Il aura ensuite une carrière plus internationale, tournant aussi en France et retournant en Allemagne. Ayant épousé une Juive il fuit définitivement ce pays. Il ne fut pas toujours employé à sa juste valeur. Signe des temps l’excellent groupe français de new vawe Marquis de Sade lui rendra hommage dans une chanson qui porte son nom.

Quelques réalisateurs et acteurs français s’expatrièrent et eurent des aventures et fortunes diverses sous d’autres cieux. La revue mentionne quelques noms. Tout d’abord Gabin à Hollywood où il tournera deux films en manquant une belle occasion de tourner avec Fritz Lang. Pour le film Moontide (La Péniche De L’Amour), il est sous la direction d’Archie Mayo, mais initialement c’est justement Fritz Lang qui tourna les premières séquences. Il ne perd pas tout dans l’aventure puisque la vedette féminine est Ida Lupino, une pulpeuse actrice qui se tournera après la guerre vers la réalisation avec une certain bonheur et fut la première femme à diriger un film noir. Pour le second, Gabin retrouve Julien Duvivier dans L’imposteur. De sa brève carrière américaine, on retient surtout sa liaison avec Marlène Dietrich et la revue annonce même leur mariage prochain, toutefois quand Dietrich sera divorcée, car elle est mariée depuis plus de 20 ans et à une fille Maria qui est toujours vivante. On connaît la suite Dietrich ne divorcera jamais et Gabin orientera sa vie sentimentale vers d’autres conquêtes. Sa carrière aura un temps mort pendant quelques années, il est trop âgé pour jouer les jeunes premiers et trop jeune pour jouer les vieux bougons, rôles lui seyant à merveille.

Michèle Morgan aura aussi une courte carrière américaine plutôt décevante. Il est assez difficile pour les Français d’obtenir de vrais rôles du fait qu’il ne parlent pas l’anglais couramment. Elle eut surtout l’occasion de se marier avec avec l’acteur William Marshall et donne le jour à un fils Mike Marshall, que l’on verra plus tard dans La Grande Vadrouille. A son retour en France elle n’eut aucun mal à redémarrer une carrière prometteuse. 

Marcel Dalio se débrouilla plutôt bien à Hollywood. Quittant la France car il est juif, sa photographie servit même à la propagande de Vichy comme portrait type de Juif, il tourne des petits rôles dans de bons films, une vingtaine dont le célèbre Casablanca avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman. Ayant appris et parlant couramment l’anglais avec un accent typique, il sera rappelé à Hollywood très souvent après la guerre pour y tenir des rôles de Français, tout en faisant de nombreuse apparitions sur les écrans français.

A cette époque, il y a un acteur français qui est déjà célèbre à Hollywood, Charles Boyer. Avec Louis Jourdan un peu plus tard, ils seront vraiment de grosse vedettes en Amérique avec une filmographie essentiellement américaine. 

La revue propose aussi la possibilité d’acheter par correspondance des photos de vedettes. Cela nous permet de faire le point sur ceux qui étaient considérées comme un produit censé intéresser les fans. Cela vous permettra aussi de faire le point sur vos connaissances en cinéma d’avant guerre. Lisez les noms et vous verrez bien ceux qui vous disent quelque chose. A l’évidence il manque quelques noms déjà célèbres ou en vue, mais on peut penser qu’ils ne figurent pas dans les ventes pour des raisons de droit. 

Toute revue qui se respecte doit avoir ses publicités pour faire marcher l’affaire. Même en 1945 où c’est encore une période de disette, la publicité se pose pour attirer le client. Il est sans doute plus facile de se procurer une litre de gnôle qu’une livre d’épinards. Ce sont surtout les villes qui subissent la pénurie, dans les campagnes on se débrouille plus facilement. On peut discrètement aller braconner ou attraper du poisson au filet. Dans toutes les époques de l’histoire, quoi qu’il arrive, il y aura toujours des gens qui ne connaissent pas de pénurie matérielle ou d’argent. Alors, il ne faut pas s’étonner si certaines de ces publicités s’adressent plutôt à ceux qui peuvent voir venir.

Des parfums et un métier disparu, le remaillage de bas. 

Ces fameux métiers appris par correspondance, bien évidemment payants. On mise sur l’électricité, il est vrai quelque chose qui avait des perspectives d’avenir en 1945. 

Une pub bien présentée et avec un certain humour en employant un vocabulaire désuet. Remarquez que cette très réputée marque existe toujours. On fabrique même des coquilles pour iPhone et autres.avec le nom de la marque. Comme disait mon père, le vrai Coganc il vient de Cognac!

Une pub à prendre avec prudence, même s’il s’agit d’un produit « miracle ». Ah Mesdames, si vous avez la poitrine qui ne correspond pas à celles de vos rêves, voilà de quoi remédier à cet embarras. Cette Mme Duroy a déjà mis quelques annonces avant la guerre avec des méthodes similaires mais pas exactement les mêmes. En 1945 les dames qui avaient lla poitrine opulente devaient sans doute avoir traversé la guerre en mangeant autre chose que des rutabagas…

Souce Gallica, BNF, DP

Vacances en nylon (2)

Citation de l’été 

Si les politiciens pouvaient penser avant de panser

-Ah c’est pour cela que tu as appelé d’urgence le docteur?

-A voir le monde qu’il y a ce soir il doit y avoir un match de foot à la télé!

-Un instant chéri, il y a un os dans ma chatte!

-J’ai eu zéro en éducation sexuelle aujourd’hui, le prof veut te voir!

-Non chef, elle n’a pas d’armes au sens de la loi!

-Pour ta sécurité, dis que nous ne sommes pas mariés!

-Quoi que vous vendiez, j’en prends deux!

-Je crois qu’il est temps pour le roi d’enlever sa couronne!

Musiques – Disques que j’écoute depuis au moins depuis 50 ans

 

Bas nylon et ciné 45

Il est assez étonnant à la sortie d’une guerre de voir les gens faire comme si de rien ne s’était passé. En 1945, on ne peut pas dire que tous les souvenirs de guerre sont enterrés. On en est encore loin, le territoire français n’est entièrement libéré que depuis le début de l’année. Les comptes se règlent toujours, les rescapés de la déportation sont encore sous le choc, la vie de tous les jours n’est pas encore réglée comme un horloge. On essaye de se distraire comme on peut si on a l’âme en paix. 

Bien qu’elles ne le disent pas ouvertement, les autorités ont bien compris que le cinéma est un moyen très efficace de changer les idées et un véhicule de propagande important, il semble que l’on a un peu étudié la biographie de Goebbels, efficace ministre de la propagande nazie. 

On tourne passablement, on se débrouille pour que la pellicule soit disponible en abondance et que la presse spécialisée puisse s’imprimer sans trop économiser sur le papier. On parle même de faire un festival à Cannes…

La revue Ciné-Miroir reparaît après son interruption durant la guerre. Ce n’est pas une revue intellectuelle destinée au cinéaste accompli, elle s’adresse plutôt à ceux qui rêvent sur le cinéma, genre je veux moi aussi devenir une star. En paraissant relativement près de la fin de la guerre, elle permet de faire le point sur la situation de cinéma français, un cinéma qui a pas mal de comptes à rendre auprès des libérateurs, surtout les acteurs dont certains ont un peu trop fréquenté les autorités d’occupation. C’est du moins l’avis de quelques uns qui profitent aussi pour régler quelques comptes qui n’ont qu’un rapport lointain avec le cinéma.

On va quelque parcourir ce magazine dans sa version almanach, voir son ambiance, et l’on pourra penser à plus ou moins juste titre que les acteurs ou cinéastes cités sont ceux qui sortirent la tête haute à la libération. Du moins, s’ils ne firent pas tout juste, ils le firent plus discrètement que les autres. 

La couverture est dédié à Edwige Feuillère, déjà célèbre avant la guerre, elle poursuivra une longue carrière au cinéma et ensuite à la télévision, jusqu’à sa mort à l’âge de 91 ans en 1998. 

Présentation d’un film Falbalas de Jean Becker avec Micheline Presle, toujours parmi nous et encore toute pétillante. Elle est à ce moment là une vedette qui monte et Raymond Rouleau, un acteur à la réputation de perfectionniste.  Ce n’est pas un film majeur de l’histoire du cinéma français. Becker fera des films plus significatifs par la suite, Casque d’Or et Le Trou.

Un petit article sur Edwige Feuillère et un Caricature de Jean Marais tout auréolé de son rôle dans L’Eternel Retour. Il est une star en devenir après des débuts assez timides.

Pierre Blanchar est déjà une vedette confirmée depuis les années 30. Il a tourné dans Les Croix de Bois de Raymond Bernard en 1932, certainement un des films de guerre les plus significatifs de l’histoire du cinéma toutes périodes confondues. Mais il va encore faire très fort avec Michèle Morgan dans La Symphonie Pastorale, première Palme d’Or du festival de Cannes en 1946.

Dans le séquence suivante, vous y verrez des acteurs débutants ou encore inconnus. C’est ce que propose la revue en mettant l’accent sur le fait qu’ils sont de possibles futures vedettes. Nous retombons dans ce que je disais au début, le cinéma et sa gloire qui fait rêver. Mais jouez le jeu, combien de ces noms vous disent encore quelque chose aujourd’hui. Pour le plus connus, j’ai repris le texte d’accompagnement, pour les autres seulement la photo. Certaines images sont cliquables pour une meilleure lecture.

Comme vous avez pu le voir, le temps et le vedettariat ont fait leur sélection. Le cas de Raymond Bussières est un peu particulier. Il eut un statut entre la vedette et un très important second rôle. Apparaissant dans de nombreux films qui feront date, il est aussi apprécié pour sa diction avec son accent parisien. Même si on ne se rappelle pas de son nom, sa silhouette est dans la mémoire de milliers de cinéphiles.

Deux vedettes de l’époque, surtout Blanchette Brunoy qui fut la partenaire de Gabin dans La Bête Humaine, le genre de film dans lequel il faut avoir tourné.

Un page humour avec une caricature d’André Luguet, l’un de ces savoureux acteurs à la filmographie impressionnante, il tourna déjà une quarantaine de films au temps du muet.  Quelques histoires avec quelques vedettes.

Hommage aux disparus pendant la guerre : Harry Baur, l’un des plus grands acteurs d’avant guerre, véritable monstre sacré, Gabin avant Gabin, victime de la connerie nazie. Fernand Charpin, un des acteurs de l’équipe à Pagnol, un mémorable Panisse dans la trilogie. Raymond Aimos, l’un des seconds rôles populaires, on se rappelle de lui dans La Bandera avec Gabin en 1934 et La Belle Equipe, deux films de Julien Duvivier, dans lequel apparaît également Charpin pour le second. Il est tué lors d’une fusillade pendant la libération de Paris alors qu’il fait partie de FFI.

Retour sur Les Enfants Du Paradis, le plus inoubliable film tourné lors de l’occupation. 

Viviane Romance, la vamp par excellence du cinéma français. Une carrière quelle ne maîtrisa pas toujours bien, surtout en imposant l’un de ses maris et acteur moyen, Georges Flamant, dans plusieurs de ses films entre 1937 et 1942. L’après guerre lui fut moins souriante.

Nous poursuivrons dans un autre post l’exploration de ce journal

Source Gallica, BNF, DP