Vendredi en nylon (10)

Citations

La plus belle justice est celle qui n’est pas régie par des lois

Le bien est l’ancêtre du mal et son descendant le plus indigne

Les personnes qui défendent les fastfoods  devraient manger de la m… pour prouver leur sincérité 

Chansons que j’écoute et pochettes que je regarde depuis au moins 50 ans.

C’était il y a juste 50 ans, le tube de l’été. Un tube planétaire par un groupe qui avait la dimension de l’univers. Un mélodie quelque peu empruntée à la musique classique, Bach en l’occurrence.

L’un de mes chanteurs américains préférés…

En 1965, on savait faire des tubes. Toute la magnificence d’un des producteurs les plus géniaux de l’histoire de la musique, Phil Spector. Personnage fantasque, mais génial!

Du même producteur, mais un peu plus tôt. Un de ces trucs que j’aime bien écouter de temps en temps, comme boire un verre de bon vin.

Voilà justement un échappé de chez Phil Spector, Sonny Bono, ici en duo avec la fameuse Cher. Un de leurs plus fameux titres…

Un grand monsieur, j’aime pas de titres de lui, mais j’ai une affection particulière pour celui-ci

La première fois que j’ai entendu cette chanson, c’était à la radio, un matin. Je me souviens très bien que j’étais en train de lire « Tintin au pays l’or noir ». Ca tombait bien, il y a un fond de musique orientale dans cette histoire de gitane qui ne se fume pas.

Eric Burdon et ses Animals qui commençait à renifler les vapeurs psychédéliques.

Je m’envole depuis 50 ans  8 miles plus haut. Merci les Byrds!

Ah oui Jimi Hendrix bien sûr

Bas nylon et sable chaud

Cinéma

La Légion Etrangère a souvent représenté représenté une sorte de fascination pour les aventuriers de tous poils, du moins jusqu’à la fin des années 50. Dans une moindre mesure, cette fascination existe encore, mais on s’y engage aujourd’hui pour des raisons sans doute différentes. Dans les années 30, époque dans laquelle se situe le film dont nous allons parler, on pouvait y ajouter le goût d’une certaine aventure qui se résumait à découvrir des régions qui apparaissaient alors plutôt lointains comme le Moyen Orient et plus tard l’Indochine. A l’heure où l’on peut, à la seconde près, entrer en relation avec un correspondant à l’autre bout du monde cela peut faire sourire. Mais supposons un pays comme l’Algérie où la connaissance de l’endroit se résumait à un chameau avec un Bédoin sur une carte postale, l’imagination devait en travailler quelques uns, surtout ceux sans le sou. La Légion offrait alors un passeport et un transport tous frais payés pour aller humer l’odeur du sable chaud.

L’une des forces de cet organe, fondé par Louis-Philippe en 1831 rappelons-le, est aussi d’offrir une sorte de nouvelle virginité à l’engagé, faisant table rase de son passé, du moins pendant son temps de service. C’est une sorte d’armée dans l’armée obéissant à ses propres règles et surtout ouverte aux nationalités étrangères. Ce sont en quelque sorte des soldats professionnels qui seraient des mercenaires sous d’autres cieux. Voilà pour quelques repères, car mon propos ici n’est pas de retracer l’histoire de la légion, mais bien de planter le décor d’un film. Ce dernier se déroule en fait dans la Légion espagnole, un pendant de sa cousine française, fondée plus tardivement par Franco au début des années 20. L’appellation espagnole donne le titre du film.

« La Bandera » est un film de Julien Duvivier, déjà presque un vétéran du cinéma lors de sa sortie en 1934. Il s’inspire d’un roman de Pierre Mac Orlan dont Duvivier a racheté les droits après une discussion avec Jean Gabin lors du tournage de son précédent film, l’excellent « Golgotha », dans lequel il tenait le rôle de Ponce Pilate, tous deux sont passionnés par cette histoire. Gabin n’est pas encore tout à fait une star, mais il commence à être très connu, son rôle dans le film va faire monter la pression d’un cran. Pour Duvivier ce sera aussi un atout de plus vers sa renommée. On est un peu dans les histoires de famille, car Duvivier confie aussi un rôle à sa vedette de Golgotha, Robert Le Vigan. Pour le reste, les rôles principaux sont attribués à quelques noms connus ou vedettes en devenir de l’époque, Annabella, Margo Lion, Viviane Romance, Raymond Aimos, l’incontournable Gaston Modot et Pierre Renoir, le frère de Jean. 

Le plot

PIerre Gilieth a commis un meurtre à Paris et est recherché par la police qui offre une jolie prime pour sa capture. Il se réfugie en Espagne, à Barcelone, et tente de se refaire une santé. Il y rencontre une femme légère (Vivianne Romance) qui tente de le consoler alors qu’il se fait dérober son argent et ses papiers. Sans moyens d’existence, il a recours à un engagement dans la Légion ce qui a au moins a l’avantage de lui fournir une prime d’engagement pour parer au plus pressé. Il finira par partir dans le Rif combattre sous drapeau espagnol, dans une guerre qui est la première guerre vraiment anticoloniale. Il tombera follement amoureux d’une indigène (Annabella) qui donnera une couleur particulière à sa vie de légionnaire. Ce qu’il ne sait pas, parmi les légionnaires, il y a un indicateur de police et intrigant chasseur de primes (Robert Le Vigan) qui va tenter de percer son secret et encaisser la prime. 

Le film est avant tout un témoignage sur la vie des légionnaires, sans doute très impartial dans sa manière de présenter la vérité pour mieux la dénoncer. Il fait abstraction de toute considération politique, on se bat contre un ennemi sans savoir qui a tort ou raison. Duvivier se plait à inverser les clichés, Gabin qui est un assassin en devient sympathique, tandis que le Vigan, à la solde de la police est antipathique à souhait. Les indigènes apparaissent sous un jour serein, des victimes de la colonisation qui sont sans doute moins méchants que les envahisseurs. Assez étonnamment on peut apercevoir une danseuse avec les seins nus dans une scène du film. Même 80 ans après son tournage, il n’a pas pris de rides et conserve la saveur qui lui fit obtenir un grand succès lors de sa sortie. 

En résumé c’est un film qui mérite le détour, il a une certaine valeur de documentaire. On peut le mettre en parallèle avec un autre film de la même année « Le Grand Jeu » de Jacques Feyder interprété par Pierre Richard-Willm, Charles Vanel, Françoise Rosay, Georges Pitoëff. Ce film traite aussi de la vie des légionnaires, mais plus en toile de fond. Les années 30 auront quand même été une décennie remarquable pour le cinéma français. 

Interprétation

  • Jean Gabin (Pierre Gilieth, meurtrier légionnaire)
  • Annabella (Aïscha, la Slaoui)
  • Margo Lion (Planche-à-Pain)
  • Viviane Romance (La fille de Barcelone)
  • Génia Vaury (La fille du restaurant)
  • Claude May (La femme ivre)
  • Robert Le Vigan (Fernando Lucas, le mouchard)
  • Pierre Renoir (Le capitaine Weller)
  • Gaston Modot (Le soldat Muller)
  • Raymond Aimos (Marcel Mulot)
  • Charles Granval (Le Ségovien)
  • Robert Ozanne (Le tatoué)
  • Maurice Lagrenée (Siméon)
  • Louis Florencie (Gorlier)
  • Noël Roquevert (Le sergent dans le train)
  • Marcel Lupovici (Un légionnaire dans le fortin)
  • Robert Ancelin (Le lieutenant)
  • Raphaël Médina (Un légionnaire du fortin)
  • Pitouto (Le garçon d’étage)
  • Paul Demange (Le plaisantin)
  • Raymond Blot (Le patron de la maison de danse)
  • Eugène Stuber (Le voleur)
  • Robert Moor (Un légionnaire)
  • Jésus Castro-Blanco (Le sergent)
  • Reine Paulet (Rosita)
  • Little Jacky (Weber)
  • Philippe Janvier
  • José Casado

Autour du film

A l’origine le film était dédié à Franco, la mention sera supprimé lors de la guerre civile espagnole où il apparut comme un dictateur.

Dans les années 30, la télévision qui existait déjà de manière très confidentielle, avait fait des repérages pour une future diffusion de films à travers ce moyen. Un liste de plus de 200 films « télévisionnables » fut établie. Le film de Duvivier y figurait.

Après la guerre les affiches du film font abstraction du nom de Robert Le Vigan. Ce dernier a été condamné à 10 ans de prison pour faits de collaboration, de propagande, de positions violemment antisémites. Il fut un proche de Céline. Il s’exila en Argentine où il mourut en 1972 après avoir vécu chichement.

En dehors de toute polémique, il faut laisser à Le Vigan l’étoffe d’un très grand acteur. Il avait sans doute un grain de folie en lui, c’est parfois perceptible à travers ses rôles. Celui de Jésus dans « Golgotha » est absolument époustouflant. Mais dans le cinéma comme ailleurs, le grain de folie peut se ressentir comme une vertu. Où en serait l’humanité si quelques unes de ses légendes n’avaient pas eu ce grain de folie ?

Colette dit, après l’avoir vu jouer, que Le Vigan est un acteur « saisissant, immatériel, sans artifice, quasi céleste »

Vendredi en nylon (9)

 

Petites définitions

L’adolescence est le passage de l’âge de raison à celui de déraison 

Bien que l’adultère se consomme à deux, il est indispensable d’être au moins trois pour qu’il puisse avoir lieu

La météo est l’art de prédire le temps qu’il fera en lisant l’horoscope

La paix est un moyen de donner du travail à ceux qui préparent la prochaine guerre

Chansons que j’écoute et pochettes que regarde depuis au moins 50 ans

Je l’ai toujours considérée comme une des meilleures chanteuses françaises, jolie voix, bon répertoire, je suis tombé sous le charme de pas mal de ses titres, celui-ci n’est pas le moindre.

En musique l’une de mes facultés, c’est de pouvoir aimer un tas de trucs dans des styles complètement différents. En puriste je peux aimer Janis Joplin, Bille Holiday, Peggy Lee, et avoir une réelle admiration pour une chanteuse que l’on peut ranger dans la variété. C’est le cas pour Pétula Clark et quelques uns de ses titres. Une grande dame étonnante de longévité et de classe, presque 80 ans de carrière et toujours là. Chapeau! Sans doute mon meilleur souvenir d’elle ces cinquante dernières années.

Un autre de ces grandes dames pour laquelle j’ai un certain culte, Dalida. Il y a chez elle quelque chose que les autres n’ont pas. Je ressens comme un certain goût d’exotisme, exotisme un peu pacotille. Quand j’étais encore tout petit il était impossible de ne pas l’entendre à travers la radio. La première chanson dont je me souviens était « Bambino ». Quand on y regarde d’un peu plus près, sa discographie contient de belles et grandes chansons, pas forcément celles que tout le monde connaît. Et puis si je vous disais que que quand j’ai rencontré ma femme, elle ressemblait  à Dalida, me croirez-vous ?  Une de ses chansons pour laquelle je ne compte plus les écoutes…

Une parfum rose que l’on respire une fois et toujours.

A l’époque j’avais acheté son fameux « Ballade En Novembre ». Sur le même disque il y avait une autre chanson qui me plaisait « Les Enfants Tristes », que j’adorais aussi et que je ressors de temps en temps, en écoutant aussi quelques autres que j’aime bien. Cette chanson m’a marquée pour la vie, je crois que j’ai fait mon possible pour qu’il y ait le moins possible d’enfants tristes. Pour moi Anne Vanderlove est une grande dame de la chanson teintée de folk.

L’apparition de mecs comme Michel Polnareff a créé un souffle frais dans la chanson française. On passe du classicisme  de bon aloi de leurs grands interprètes à quelque chose de plus moderne, plus proche des jeunes et plus tourné vers une musique pop qui commençait à naître. J’ai toujours bien aimé son répertoire ou le disque suivant ne ressemble pas au précédent. Pour moi son chef d’oeuvre, c’est celle-ci

Que dire de Serge Gainsbourg… Eh bien en 1966,  il était musicalement en avance sur tout ou presque dans ce qui se faisait en France, même si ses disques se vendaient plutôt mal.

Bien qu’il s’agisse d’un titre anglais et d’un chanteur du même métal, le disque est une production typiquement française. En 1965, Barclay tente de redonner une seconde chance à son idole déchue, Vince Taylor. Il est prévu l’enregistrement d’un album avec quelques reprises. On recrute des musiciens assez connus dans les milieux rocks, des Anglais émigrés en France en fait, dont le fameux batteur des anciens Playboys de Taylor, Bobbie Clarke. Ils forment dans le but de l’enregistrement le Bobbie Clarke Noise, avec Johnny Taylor et Alan Bugby, transfuges de Johnny Taylor et les Strangers. Disons-le, Vince Taylor n’est pas au mieux de sa forme psychiquement, il se prend parfois pour Dieu ou un de ses prophètes. L’album sort accompagné d’un faux bruit de public soi-disant pour couvrir la mauvaise qualité de l’enregistrement selon certains, bien que la pratique ne soit pas rare à l’époque. En écoutant attentivement les titres, on est un peu décontenancé. Si l’on s’attend à trouver du rock and roll traditionnel, c’est clair, c’est décevant. Mais en étant un peu plus attentif, on peut déceler que c’est du rock progressif pour certains titres, un sorte de punk avec 10 ans d’avance. La folie de Taylor se retrouve dans ses vocaux complètement hallucinés. On peut gager que David Bowie quand il s’est inspiré de lui pour Ziggy Stardust, a sans doute écouté cet album. Justement à ce moment là, il avait séjourné en France, de passage en France à la Locomotive, si je me souviens bien. J’ai gardé pour l’écoute « My Baby Left Me », on est bien loin de la tranquille version de Presley!

J’ai été et je suis encore fan de ces instrumentaux style Shadows. J’aime ce son typique années 60. Il y en a quelques dizaines qui reviennent régulièrement quand j’ai envie d’en écouter et quelques uns très régulièrement dont celui-ci…

Eh oui encore et toujours Georges Chelon

 

Mon garage est punk

Il y a certaines chansons que j’écoute depuis 50 ans, d’autres que je pourrais écouter depuis le même laps de temps, mais dont je n’ai pu mettre ces écoutes en pratiques.

La raison en est bien simple, au moment de leur publication je n’ai pas pu en avoir connaissance et éventuellement les découvrir par l’écoute. Une grande partie de ces disques sont sortis dans un relatif ou total anonymat, publiés par des labels n’ayant qu’ne renommée locale ou un peu perdus parmi ceux des plus grandes compagnies. En faire un succès et en vendre des milliers de copies se heurtait à un grand principe, celui des charts ou hit parades qui reflétaient les parutions et les ventes et surtout la renommée d’un titre. Aux USA pour les 45 tours deux références faisaient la pluie et le beau temps, le Cashbox et le Billboard publiés hebdomadairement sous forme de journal avec 100 titres classés chaque semaine. Le Cashbox représentait plutôt la côte est  et le Billboard la côte ouest. Le Cashbox avait aussi des sous-classements  propres à certains styles de musique, comme la country ou le rythm’n blues. Un titre classé no 1 dans un de ces sous-classements pouvait n’atteindre qu’une place d’estime dans le classement général, ce n’est pas une règle absolue, mais un cas de figure assez courant. De plus, un titre pouvait être très bien classé dans l’un des charts national et plus mal dans l’autre. A la lecture de ces données on imagine assez facilement la difficulté de pénétrer dans un de ces classements, d’autant qu’un titre pouvait y figurer plusieurs semaines, la durée moyenne de leur présence étant d’environ deux mois pour les titres à grand succès. Environ une vingtaine de titres nouveaux remplaçaient ceux sortis. Sur une année il ne pouvait y avoir au maximum 52 no 1 en théorie, car certains succès pouvaient rester plusieurs semaines à la première place, voilà pour l’essentiel.

Ces deux journaux étaient lus dans le monde entier et servaient de référence, car il est évident qu’un gros succès là-bas pouvait aussi en devenir un ailleurs, ce qui pouvait pousser les labels ayant une stature internationale à les publier localement ou sous licence pour les labels de moindre importance. Par exemple en France, Vogue, Barclay, Decca, Emi, Philips, avaient la représentation exclusive d’un grand nombre de labels étrangers.

En Angleterre, le système était un peu le même, le New Musical Express, le Melody Maker, établissaient les classements de référence, mais limités à 30 places. En France, c’est un peu particulier, il n’y a jamais eu de classements officiels, mais on peut admettre que le hit parade de Salut les Copains servit de référence pour toutes les années 60.

Les USA avaient une autre particularité dans les années 50 et 60, celle d’avoir des stations de radios locales, une voire plusieurs dans tout les coins d’une certaine importance. Elles établissaient aussi un hit parade local, et quelques artistes locaux qui enregistraient sur un label du même cru pouvaient avoir la chance d’y figurer. Certains professionnels étaient attentifs à ces classements et pouvaient décider de récupérer un artiste local pour le propulser nationalement. Le cas le plus connu est Elvis Presley.

En tenant compte qu’ils existait à travers le monde des milliers de petit labels qui avaient publiés des disques sous forme de microsillons, il apparut à certains spécialistes qu’ils pouvaient contenir des trucs intéressants qui n’avaient jamais bénéficié d’une quelconque mise en lumière. Ces archéologues de la musiques errèrent à la recherche de cet Eldorado.

Le tout premier truc du genre vit le jour assez vite en 1972. Il est dû à l’initiative de Lenny Kaye futur guitariste de Patti Smith. Les artistes qui y figurent ne sont pas à proprement parler des inconnus, la plupart ont une discographie conséquente et on eu pour certains un bref moment de gloire dans la seconde moitié des années 60. Mais l’idée était là, rassembler en un double album paru chez Elektra, des titres plus ou moins connus et les mettre en lumière sous le nomination « d’artefacts originaux de la première ère psychédélique ».

Un des personnages qui figurent justement dans cette compilation, Sky Saxon chanteur des Seeds, fut un des initiateurs de la suite en déclarant qu’il allait « trouver des disques qui étaient au moins aussi bons que ceux des Beatles ». Il ne fut pas le seul, mais un des initiateurs. Ce titres regroupés en compilations commencèrent à voir le jour vers la fin des années 70. Les premières furent la série « Pebbles », 28 volumes, et sa petite soeur « High In Mid Sixties », 22 volumes. A elles deux, cela fait une récolte de plus de 500 titres. Ils sont interprétés par des artistes obscurs pour l’immense majorité, principalement américains, mais on y trouve aussi quelques interprétations venues du vieux continent. Certains auraient pu faire des no 1 sans sans problèmes !

La phénomène gagna de l’ampleur et une multitude de trucs du genre virent le jour les années suivantes, « Mindrocker », « Boulders », Chocolate Soup For Diabetics », « Acid Visions ». Je dois en avoir personnellement plus de 200. En général, parmi les collectionneurs, on désigne ce style sous le nom de garage punk, mais cela peut aussi concerner des titres plus ou moins psychédéliques. Leur point commun est d’avoir été enregistrés dans les années 60 et être pour la plupart le fait de petit labels locaux ou les fonds de tiroirs d’une maison de disque plus conséquente.

Le deuxième depuis la droite est un personnage devenu connu, Iggy Pop

Au fur et à mesure que j’ai découvert ces compilations, bien des découvertes m’apparurent comme si je les écoutais en direct du paradis. Aujourd’hui, 35 ans plus tard, bon nombre sont devenus des classiques de mes écoutes. Et justement, si je ne les écoute pas depuis au moins 50 ans, ce n’est pas vraiment de ma faute. Mais du moment que c’est éternel…

En voici un fleuron sans ordre précis et sans commentaires…

Des bas et des eaux

En 1910, les voyages de noces peuvent se faire à Paris, c’est plus près que Venise. L’ambiance y est, certaines rues de Paris se transforment en canaux et s’il n’y a pas de gondoles, les barques ne sont pas rares. Il ne manque plus que le chant des gondoliers. « O Sole Mio »…

Justement le soleil, c’est ce qui a le plus manqué en ce début d’année, pluvieuse à souhait. Tout le bassin de la Seine est touché, Paris reste toutefois le point de mire du phénomène. Ce n’est pas la première fois que la Seine n’en fait qu’à sa tête, Paris est dans une cuvette, mais c’est la première fois qu’une de ses colères est médiatisée sur une grande échelle avec les moyens qui existent alors, la photo reliée par la presse et aussi un peu le cinéma. Mais n’ayons pas la mémoire courte, en juin 2016, une crue de la Seine sans atteindre l’étendue de celle de 1910, a aussi fait parler d’elle. Perdue dans un fatras d’informations comme nous avons l’habitude d’en recevoir aujourd’hui, elle ne fut presque qu’un banal fait divers. Il est vrai que l’urbanisme parisien maîtrise mieux les colères de la rivière. Mais il n’empêchera pas la pluie de tomber…  

Ailleurs ce n’est pas la joie non plus, on peut considérer que la France est sous l’eau, du moins à les pieds dans l’eau dans certains coins et de l’eau jusqu’au épaules dans d’autres endroits. Ces événements sont abondamment reliés par les journaux et l’on peut dire que ces inondations ont fait couler autant d’encre que d’eau.

Quelques chiffres et faits

Le 28 janvier la crue atteint son niveau maximum, la Seine à Paris s’est élevée de près de 9 mètres plus haut que son niveau habituel, le célèbre Zouave de pont de l’Alma a de l’eau jusqu’aux épaules.

Il a fallu une dizaine de jours à la Seine pour atteindre ce niveau.

La niveau normal sera retrouvé plus d’un mois après.

A partir du 20 janvier, pour les gros bateaux il est interdit de naviguer, ils risquent de toucher la maçonnerie du pont en hauteur. 

Le 28 janvier, environ 22 000 caves et des centaines de rues sont inondées par une eau fortement polluée avec des déchets de toutes sortes et des carburants comme le pétrole. Il y a des menaces d’épidémies à cause de l’eau non potable.

Dans le bassin de la Seine plus de 30 000 maisons furent touchées par les inondations.

Un des seuls points positifs, on déplora peu de morts.

La moitié du réseau métropolitain est inondé, déplacements difficiles.

Mais regardons par l’image quelques témoignages saisis par les photographes. Je vous les montre en vrac, les habitués de Paris et des environs reconnaîtront certains endroits. Nous commencerons par un article publié le 21 janvier 1910 dans le Petit Parisien, c’est à dire au moment où la situations de vient critique. L’article démontre bien que le phénomène est étendu à une bonne partie de la France. En bas des photos, une vidéo de trois minutes qui résume très bien la situation.

Source Gallica, BNP, DP

Vendredi en nylon (8)

Citations 

L’infini et l’éternité sont les deux mots les plus grands et les plus longs de la langue française

Le poète est le porte-parole de l’invisible

Les politiciens sont capables de faire deux choses en même temps, mentir et sourire

Chansons que j’écoute depuis au moins 50 ans

J’ai assez peu présenté des trucs français, il y en a quand même quelques uns qui font partie de ce demi-siècle d’écoutes. Alors un spécial France, mais vous verrez je ne m’écarte pas tellement de la ligne anglo-saxonne. Bien évidemment je pourrais mettre Richard Anthony et bien d’autres, mais ce serait malhonnête de prétendre que je les écoute depuis 50 ans. Je cite seulement ceux qui collent à la définition. 

Pour moi un des meilleurs trucs enregistrés dans les années 60, « made in France », un de ceux qui peut sans hésiter faire la pige aux Anglais. Des milliers de passages sur ma platine…

Sans doute un des chanteurs français que j’ai le plus écouté. J’ai sa discographie années 60 en entier et je puise ici et là un titre ou l’autre de temps en temps, il n’y a rien à jeter. La chose n’est pas si courante que cela pour le souligner, mais il sait vraiment chanter et possède une belle voix. J’ai même eu l’occasion de blaguer une demi-heure avec lui. Parmi la pléthore de titres de lui que j’écoute, j’ai choisi un de mes préférées, l’adaptation d’un titre des Zombies, adaptation qui n’a rien à envier à l’original. Un grand bonhomme.

L’indispensable Ronnie Bird et un titre qui avait non plus rien à envier aux productions anglaises, bien que les compositeurs en soient justement deux, Micky Jones (futur Foreigner/urgent) et Tommy Brown. Une parmi les 5 ou 6 de lui que j’écoute régulièrement. 

Alors là je vais sans doute vous étonner, et pourtant je ne résiste pas au plaisir de réécouter cette chanson très régulièrement, c’est un disque que je pourrais mettre dans la bibliothèque rose de mes écoutes. Elle avait juste 15 ans quand elle a enregistré ce titre, pour moi elle les a toujours et moi aussi en l’écoutant. Aujourd’hui, elle s’occupe avec passion de la protection des animaux. 

Dick Rivers, un bonhomme que j’ai suivi assez longtemps et qui savait produire de temps en temps des bons titres. Un bel original de 1966, toujours dans mes favoris. Le son de cette vidéo est un peu merdique mais on a l’image.

Cette chanteuse passa un peu comme un météore avec son « 7 heures du matin », plaisante chanson qui fut son seul succès, bien inspiré des productions anglaises. Ses disques d’époque atteignent des sommes folles aux enchères. Perso j’aime toujours.

Dans certains de ses titres France Gall se révélait une chanteuse assez originale par rapport à ses collègues. Si j’aime moins sa période Berger, par contre la plupart de son répertoire sixties ne m’est pas inconnu, j’y ai puisé quelques trucs qui tournent de temps en temps. J’ai bien celle-ci par exemple.

Mon premier contact avec celle qui deviendra l’une de mes chanteuses favorites à travers les groupe Alpes. Quand j’écoute leurs chansons, je remets souvent celle-là sur la platine. Charmant!

Un grand farfelu à l’humour décadent, un personnage comme on dit, le surréaliste du yéyé français. Musicalement c’est pas mal foutu, même si la titre est emprunté au fameux Screamin’ Jay Hawkins.

Un disque dont je me demande encore pourquoi il n’a pas été censuré. Une adorable intrusion dans les paradis artificiels à la sauce française. Je trouve cela nettement supérieur à ce que faisait Sheila à la même époque, dit-il dans un éclat de rire!

Et pour terminer un peu de chanson française, mais oui j’en écoute aussi. J’ai commencé timidement par en acheter quelques disques avant de m’y consacrer plus largement dans les années 70. Un de mes premiers de typés chansons françaises et que j’ai vraiment adoré était celui-ci. Je le considère comme un monument.