Des bas et des eaux

En 1910, les voyages de noces peuvent se faire à Paris, c’est plus près que Venise. L’ambiance y est, certaines rues de Paris se transforment en canaux et s’il n’y a pas de gondoles, les barques ne sont pas rares. Il ne manque plus que le chant des gondoliers. « O Sole Mio »…

Justement le soleil, c’est ce qui a le plus manqué en ce début d’année, pluvieuse à souhait. Tout le bassin de la Seine est touché, Paris reste toutefois le point de mire du phénomène. Ce n’est pas la première fois que la Seine n’en fait qu’à sa tête, Paris est dans une cuvette, mais c’est la première fois qu’une de ses colères est médiatisée sur une grande échelle avec les moyens qui existent alors, la photo reliée par la presse et aussi un peu le cinéma. Mais n’ayons pas la mémoire courte, en juin 2016, une crue de la Seine sans atteindre l’étendue de celle de 1910, a aussi fait parler d’elle. Perdue dans un fatras d’informations comme nous avons l’habitude d’en recevoir aujourd’hui, elle ne fut presque qu’un banal fait divers. Il est vrai que l’urbanisme parisien maîtrise mieux les colères de la rivière. Mais il n’empêchera pas la pluie de tomber…  

Ailleurs ce n’est pas la joie non plus, on peut considérer que la France est sous l’eau, du moins à les pieds dans l’eau dans certains coins et de l’eau jusqu’au épaules dans d’autres endroits. Ces événements sont abondamment reliés par les journaux et l’on peut dire que ces inondations ont fait couler autant d’encre que d’eau.

Quelques chiffres et faits

Le 28 janvier la crue atteint son niveau maximum, la Seine à Paris s’est élevée de près de 9 mètres plus haut que son niveau habituel, le célèbre Zouave de pont de l’Alma a de l’eau jusqu’aux épaules.

Il a fallu une dizaine de jours à la Seine pour atteindre ce niveau.

La niveau normal sera retrouvé plus d’un mois après.

A partir du 20 janvier, pour les gros bateaux il est interdit de naviguer, ils risquent de toucher la maçonnerie du pont en hauteur. 

Le 28 janvier, environ 22 000 caves et des centaines de rues sont inondées par une eau fortement polluée avec des déchets de toutes sortes et des carburants comme le pétrole. Il y a des menaces d’épidémies à cause de l’eau non potable.

Dans le bassin de la Seine plus de 30 000 maisons furent touchées par les inondations.

Un des seuls points positifs, on déplora peu de morts.

La moitié du réseau métropolitain est inondé, déplacements difficiles.

Mais regardons par l’image quelques témoignages saisis par les photographes. Je vous les montre en vrac, les habitués de Paris et des environs reconnaîtront certains endroits. Nous commencerons par un article publié le 21 janvier 1910 dans le Petit Parisien, c’est à dire au moment où la situations de vient critique. L’article démontre bien que le phénomène est étendu à une bonne partie de la France. En bas des photos, une vidéo de trois minutes qui résume très bien la situation.

Source Gallica, BNP, DP

4 réflexions sur “Des bas et des eaux

  1. Bonjour Mr Boss,

    Catastrophique !!!!
    Malgré tout son génie, l’Homme voit ses efforts anéantis en quelques heures.
    En 2010, pour le triste centenaire de ce tragédie, la presse avait évoqué ce phénomène, malgré tout naturel, dans notre belle Capitale.
    Ici, dans le grand Sud Ouest, il n’est pas rare de vivre cet évènement.
    Le matériel est remplaçable mais les hommes…
    Depuis la dramatique inondation de novembre 1953, nos voisins Néerlandais sont passés maîtres dans la prévision et la sécurité des crues fluviales.
    L’eau, tout comme le feu, est difficile à maitriser. Elle n’épargne ni hommes, ni bêtes.
    Cependant, elle peut devenir spectacle parfois.
    En Gironde, tous les ans, on se presse sur les bords de la Garonne, pour admirer ce phénomène assez rare que l’on appelle « le mascaret ». En réalité il s’agit de la remontée de l’eau, depuis l’Océan, dans le
    grand estuaire de la Garonne, à l’inverse du sens du courant habituel.
    Rien que les images diffusées à la TV montrent déjà l’ampleur du phénomène.
    Peter Pan.

    • Merci Peter,

      Je crois que cela ira en empirant, car on construit un peu n’importe où. C’est surtout la faute aux gens qui prennent des décisions et qui n’y connaissent rien. Seuls les gens qui habitent un endroit depuis longtemps peuvent avoir une idée de tous les phénomènes qui peuvent se produire, même rarement mais qui existent quand même. Danger…

      Bonne soirée

      • Bonsoir Mr Boss,

        C’est aussi, comme trop souvent, la cupidité qui guide les décisions.
        « Les conseilleurs ne sont pas les payeurs » dit-on.
        A Vaison-la-Romaine, lors de la crue de 1992, seul le pont romain a résisté aux assauts de l’eau alors que les constructions contemporaines se sont écroulées face à la fureur des flots !!!! Eh oui, les Anciens savaient construire solide et aux bons endroits.
        L’Océan a ses humeurs, lui aussi.
        Quant je vivais en Loire-Atlantique, mon père me racontait qu’aux marées de Septembre , il lui était arrivé de voir des bateaux de plaisance de quelques tonnes jetés par la forte houle d’équinoxe en travers de l’avenue du front de mer de la ville portuaire, ce qui occasionnait une bel embouteillage… Chaque année avait son lot de « lancé de navires » !!! C’est surprenant et extrêmement dangereux !!!
        Mais Dame Nature reste au final indomptable et imprévisible…
        Peter Pan.

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