Bas nylon et un une arrestation

Le 12 avril 1919 était un jour comme les autres. On se remettait petit à petit des suites de la guerre terminée depuis 5 mois. On y discute de la réparation, que l’Allemagne considérée comme responsable du conflit, devra payer. Cette dette sera en partie responsable de l’embrasement de l’Europe, une vingtaine d’années plus tard. On est en train de juger l’affaire Humbert, une histoire de conflits d’intérêts sur fond de journalisme, qui fait la une des journaux. Plus tôt dans la matinée sur le coup de 6 heures, on frappe à une porte au 76, rue de Rochechouart. Un homme vient ouvrir la porte, pour lui c’est un jour particulier, il fête ses 50 ans. Mais ce n’est pas pour lui souhaiter un bon anniversaire et lui donner des cadeaux que l’on vient de frapper à la porte : c’est pour l’arrêter.

Cet homme, peu de gens le connaissent à ce moment là, mais il va devenir célèbre, immensément célèbre, il s’appelle Henri Désiré Landru.

76, rue de Rochechouart hier et aujourd’hui

On a tous une fois ou l’autre entendu parler de lui, lu un livre, vu un film, il a toujours intéressé le passant. Même près de 100 ans après il continue de fasciner. Il a tout pour cela, il échappe complètement à l’image que l’on peut se faire d’un tueur en série. En psychiatrie, je ne suis pas docteur dans cette science, mais j’imagine que c’est le cas rêvé pour une étude. On retiendra de lui que c’est un personnage courtois, du moins dans la vie de tous les jours, méticuleux, calme, sans doute indifférent, et aussi que c’est le seul inculpé accusé de crimes multiples qui réussit à s’endormir pendant un interrogatoire. Même s’il n’est pas spécialement un prix de beauté, il parait, et les témoignages sont nombreux qui viennent des personnes directement concernées et encore vivantes, que c’est une sacré affaire au plumard.

Rappelons brièvement l’histoire…

Il est né en 1869 dans le quartier de Belleville. Il se mariera en 1892 et aura quatre enfants. C’est pendant la première guerre mondiale qu’il commence sa vraie vie de criminel. Il se fait passer pour un homme esseulé, disposant d’une certaine aisance, à la recherche d’une femme en vue du mariage. Les prétendantes ne manquent pas, la guerre fait des veuves à tour de bras, d’une certaine manière on peut dire que la France manque d’hommes disponibles, s’ils ne sont pas morts, il sont au front. Ce n’est pas un dragueur au sens admis du terme, il recrute principalement  ses victimes en mettant des petites annonces dans la presse, mais il peut aussi saisir les occasions qui se présentent autrement. Les réponses sont nombreuses, on prétend de source assez sure qu’il aurait contacté ou rencontré environ 280 femmes. Mais il est calculateur, il écarte d’emblée celles qui avouent n’avoir qu’un beau sourire à lui offrir, les préfère plutôt seules sans famille proche qui tourne autour. Il s’intéresse plus spécialement à celles qui affirment avoir quelques biens, sans pour autant placer la barre très haut. Feront l’affaire quelques meubles, quelques bibelots, les objets négociables pour des sommes le plus souvent négligeables, quelques petites économies.

Quelques unes des petites annonces publiées à la demande de Landru

La tactique est toujours la même : il les rencontre sous diverses identités, les séduit, et pour cela il est très très fort, leur fait miroiter mille merveilles. Il promet le mariage à ses victimes en leur signifiant toutefois que sa commune de résidence est dans la zone des conflits et que cela demandera quelques délais pour obtenir les papiers nécessaires. Mais en attendant on peut toujours aller séjourner dans une des maisons qu’il prétend posséder, mais qu’il loue, la plus célèbre se trouvant à Gambais. Fin baratineur, une fois les victimes sous son charme, il leur fait signer toutes sortes de procurations pour leurs comptes bancaires, si d’aventure elles en possèdent un.

Départ pour le séjour à la campagne. Là, il se débarrasse de ses victimes, et comme un corps c’est encombrant, il les découpe et les brûle dans sa fameuse cuisinière qui sera une pièce à conviction au procès, les enterre dans les bois voisins, les jette dans un étang. Tout cela on le suppose avec plus ou moins de certitude, mais dans une affaire criminelle de cette importance, on a rarement manqué autant de preuves irréfutables et surtout d’aveux. Jamais il ne fera de confidences, ni d’aveux.

La maison de Gambais

Son sens du méticuleux sera une des principales sources d’accusation lors de son procès et surtout sa perte. Il a un carnet où il note tout, le moindre centime dépensé pour un bonbon où le plus insignifiant ticket de métro acheté. Quand il part avec une de ses conquêtes, il achète un aller-retour et un aller simple, cela est inscrit dans le fameux carnet.  Il ne donnera une raison valable à cela.

Son manège s’étale quand même sur quelques années, cela peut paraître assez étonnant, mais c’est assez facilement explicable. Pour qu’un meurtre soit pris en considération, il faut un cadavre. Or dans le cas de Landru, il n’y en a pas puisqu’il les a fait disparaître. Certaines de ses victimes ont bien fait l’objet d’un signalement de disparition à la police. Mais des personnes qui disparaissent il y en a tous les jours, de plus ce sont des personnes majeures, libres d’aller où elles veulent sans donner d’explications. Ah si on avait retrouvé leurs cadavres, mais non.

Il faudra un concours de circonstances et un hasard, la voisine d’une des ses anciennes victimes chez qui la police a enquêté, qui le croise et le reconnaisse par hasard à la sortie d’un magasin. La suite est historique…

Lors de son procès, ce regard !

Plutôt que de refaire le procès de Landru, je m’en suis tenu pour les articles de presse aux débuts de l’affaire quand les journaux ont commencé d’en parler à travers le Petit Parisien. C’est trois jours après son arrestation que Landru commence sa carrière de vedette dans la presse. Il déchaînera les passions surtout pendant son procès, qui attira plus d’une star d’alors dans la salle, notamment Colette. Pour l’instant il n’est qu’un criminel comme tant d’autres, on est encore loin de lui coller 11 meurtres sur le dos, chiffre officiel.

Fernande Segret fut en quelque sorte la dernière compagne de Landru. Sans doute sauvée par le gong, c’est quand il était avec elle qu’il fut arrêté. Elle se suicida en 1968, le jour de l’anniversaire de la demande en mariage de Landru.

Ce phénomène de Landru qui reçut 800 demandes en mariage avant de passer sur la bascule à charlot. Ajhl’amour!!!

Source Galica, BNP, DP

 

Chansons que j’écoute de-ci de-là (7)

Encore un voyage dans les musiques que j’écoute de souvent à de temps en temps. Ce n’est qu’un reflet de ma passion pour tout ce qui est musique et un des mes buts c’est de faire découvrir aux autres ce qui n’est jamais diffusé dans les radios, la liberté commence par cela.

Dans tous les styles, il y des albums que l’on peut considérer comme des chefs-d’oeuvre et  il ne sont pas forcément très connus, sinon par une poignée d’initiés. C’est assurément le cas pour un groupe de Boston, Flat Earth Society qui le publia dans des circonstances particulières. Il fut enregistré tout à fait normalement dans un studio compétent si l’on en juge la qualité de l’enregistrement. Il ne fut pas commercialisé, mais remis en 1968 aux clients fidèles d’une marque de sucreries en échange de bons à collectionner et à envoyer avec une participation aux frais d’envoi. Composé de titres originaux à une exception près, c’est là leur seule aventure musicale. Malgré sa rareté, peu d’exemplaires survivent, il fait l’objet d’un culte parmi les collectionneurs qui peuvent aussi se procurer des rééditions pour jouir de cette perle. J’ai choisi deux titres aux ambiances différentes, l’un résolument psyché, l’autre plutôt sombre avec un piano dominant et un vocal plaintif.

Un autre groupe de Boston contemporain, oh combien délectable par sa musique qui frise le psychédélique de bon aloi et planant pour le titre que je vous ai choisi. Compter entre 5 et 600 euros pour une copie originale et entre 50 et 100 euros pour la réédition sur le label Fantazia.

Une autre perle, très, très, recherchée par les collectionneurs, une copie originale a dépassé 4000 euros sur Ebay. Groupe issu de rencontres dans une université de Los Angeles, avec deux femmes, l’une à la batterie, l’autre à la basse, piano, vocaux. Le groupe publia assez confidentiellement un album en 1969 pour un label local. Il a depuis conquis une aura qu’il mérite bien. Entre planant et speed, c’est très beau.

CA Quintet, un obscur band du Minnesota avec une particularité, il y a de la trompette dans leur musique psychédélique à la frontière du jazz. Plutôt rare mais un album plaisant.

Un truc qu’il m’a fallu galérer longtemps pour en dénicher une copie et pourtant c’est 100 % français. En 1967, un groupe assez connu dans l’Est, publie 4 titres originaux sur le label Young. C’est à mon avis un truc qui n’a pas à rougir du garage punk américains. Pour terminer, ajoutons qu’ils s’appelent les Falcons et ça vole assez haut.

Screamin Lord Sutch fut un de ces farfelus spécialiste de la provocation et tous genres qui s’inspira quelque peu de Screamin Jay Hawkins pour ses chansons nettement macabres ou envoûtés. En 1969, il réoriente un peu sa carrière en s’entourant, et sans doute en les payant, de musiciens prestigieux comme Jimmy Page, John Bonham, Jeff Beck, Noel Redding, Nicky Hopkins, une connexion Led Zeppelin, Jimi Hendrix, Jeff Beck Group. Il sortira deux albums avec des titres originaux accompagnés de ces musiciens sous le nom de Lord Sutch And Heavy Freinds, le premier étant le meilleur. C’est une assez belle illustration sonore de la pop au tournant des années 70. Plus que pour les qualités vocales de Sutch, les disques originaux sont recherchés pour les participants.

Ah un truc que j’aime toujours, les Danois de Savage Rose et la voix assez typée de sa chanteuse Annisette Hansen. Ce n’est pas tout à fait sans rappeler Jefferson Airplane et Grace Slick. Drôle parfois comme parfois certaines chansons vous collent après plus les autres.

La label Europa, basé en Allemagne, avait la spécialité de proposer des albums en prix budget pour quelques francs. La spécialité de la maison était les compilations avec des reprises de succès du moment ou ciblés sur un style précis. Néanmoins la qualité de ces enregistrements était excellente. Souvent c’était des groupes très peu connus qui se prêtaient à ce jeu, peu connus ne veut pas forcément dire mauvais. Il arrivait aussi parfois que ces artistes composent des titres originaux qui étaient intercalés entre les reprises. L’un de ces groupes, Electric Food à l’origine les German Bonds, proposa justement deux ou trois de ces titres originaux. En voici un pas piqué des hannetons « Tavern ». Pour la petite histoire. ce groupe devint par la suite une référence dans le hard rock sous le nom de Lucifer’s Friend.

Dans les années 60, la Suisse n’est pas complètement absente sur le marché international. Quelques groupes ou artistes réussissent à voir leurs titres publiés à l’étranger. C’est le cas pour ce quatre titres publié en France par Columbia en 1966, mais enregistré en Suisse. Les Dynamites, originaires de Bâle, apparaissent comme plutôt bons dans les imitations du style anglais. Notamment un surprenant titre « Don’T Leave Me Behind » qui aurait pu être enregistré par les Them. Imaginons la voix de Van Morrison à la place de celle du chanteur des Dynamites et l’illusion sera parfaite!

Restons en Suisse avec un groupe d’une exceptionnelle aura parmi les collectionneurs, il s’agit des Slaves. Une mélange de musiciens Suisses et Autrichiens, produisant une musique brute assez inspirée des fameux Pretty Things. Ils publièrent trois 45 tours en 1966 pour le compte de Philips/Suisse. La moindre de ces pépites se vend entre 300 et 500 euros. Même les rééditions limitées d’il y a une dizaine d’années montent à 50 euros. Mon préféré : « Panic ».

Encore la Suisse, mais cette fois un groupe pop à la réputation bien implantée. Mélange de musique pop, indienne, psyché, le premier album est un must. Les collectionneurs ne s’y trompent pas, ils peuvent monter à plus de 1000 euros pour une copie originale. Mon titre préféré de l’album reste celui-ci…

Cette année, Noël tombe le 25 décembre

JOYEUX NOEL

 

Noël, c’est la fête. C’est aussi le période où les contes circulent de bouche à oreille. Les enfants en raffolent, parfois les adultes s’y laissent prendre avec encore plus de rêves que ceux auxquels il sont destinés. Connaissez-vous beaucoup de contes de Noël destinés à de plus grands enfants? Pas des tas à ce qu’il me semble. Il en fallait au moins un afin que que l’on puisse dire qu’on en connait un. Je l’ai cherché, je ne l’ai pas trouvé, alors je l’ai écrit. C’est bien un conte de Noël, le père spirituel de ce fameux jour y paraît, mais sans barbe blanche pour qu’on ne le reconnaisse pas. Il a dans sa hotte autre chose que des jouets…

La neige tombait en flocons épars sur un jour de décembre qui aurait pu sembler pareil à un autre.  Mais la grande fête de Noël n’attendait que la nuit pour allumer ses feux, illuminant le ravissement des enfants et les sourire des adultes. Dans la foule empressée, riche pour un jour, l’indifférence au bonheur des autres semblait la règle. Seul son propre bonheur comptait. Il était fait de ces petits riens qui donnaient l’apparence de la recette parfaite, celle dont chacun se persuadait d’en être le seul et unique détenteur.
A la devanture d’un magasin de lingerie, une jeune fille rêvait. Pauvrement vêtue, elle contemplait les richesses étalées dans la vitrine. Entre les culottes friponnes, les porte-jarretelles aguicheurs, les guêpières voluptueuses et les bas soyeux, ses yeux n’avaient pas besoin du reflet des néons pour étinceler.
Près de là, un vieux monsieur la regardait l’air intéressé. Sobrement appuyé sur une canne, il avait l’air de s’en servir plus comme une coquetterie que comme un ustensile indispensable. Ses habits paraissent de belle coupe, son chapeau d’un élégance certaine. Son visage affichait les restes d’une beauté fanée, une beauté qui avait sûrement constitué une jolie carte de visite auprès des dames. Il s’approcha de la jeune fille.
– Excusez-moi, je vous observe depuis un moment, vous semblez ne pas vouloir détacher les yeux de cette vitrine, cela vous plait-il?
– Oh monsieur, si vous saviez comme j’aimerais me parer de toutes ces merveilles, je me sentirais plus heureuse qu’une reine.
– Qui vous fait croire que les reines sont heureuses?
– Je ne le sais pas, je l’imagine, mais je suis certaine que ces parures sont dans leur garde-robe.
– Et vous n’avez vous point de garde-robe aussi bien achalandée?
– Si elle l’était, je ne serais pas ici!
– Et si le Père Noël vous apportait toutes ces choses ce soir?
– Il se fout bien de moi, d’ailleurs j’ai passé l’âge d’y croire!
– N’avez-vous pas de famille, d’amis, un amoureux?
– Non j’habite seule, dans un appartement vétuste, mais j’ai un amoureux qui viendra ce soir!
– Ah, et que dirait-il s’il vous trouvait revêtue de quelques unes des belles choses que vous voyez dans la vitrine?
– Il serait fou de joie sans doute.
– Eh bien je vais faire quelque chose pour vous, vous allez entrer dans ce magasin et choisir ce qui vous plait, je vous l’offre sans regarder à la dépense.
– Et quel sera le prix que je devrai vous payer, car vous n’allez pas faire cela à bien plaire?
– Vous savez, j’ai passé l’âge de tenter de conquérir les jeunes filles avec des artifices. De l’argent, j’en ai presque à ne plus savoir qu’en faire, je deviens vieux, je n’ai pas d’héritiers, je ne vais sans doute pas l’emporter avec moi. Ce que je dépenserai pour vous, sera autant que les vautours qui tournent autour de moi n’auront pas. Je pourrais aller ce soir dépenser mon argent dans un endroit sordide, là-bas les femmes feraient semblant d’avoir les yeux qui brillent de plaisir en ma compagnie, mais c’est un plaisir fade. Avec vous, je suis sûr que vos yeux auront les lueurs de la vérité, ils s’allumaient déjà avant que je vienne vers vous. Ce sera ma récompense et peut-être il y en aura une autre, qui sait ce que la chance me réserve? Etes-vous d’accord avec ma proposition ?
– Eh bien soit j’accepte!
– Alors entrez et choisissez, vous n’aurez même pas à souffrir de ma présence. Ne regardez surtout pas à la dépense. Je vous attends au petit café à côté, quand vous aurez fini venez me chercher et je passerai payer. D’accord?
– D’accord
La fille entra dans le magasin, s’attendant au regard méfiant  de la vendeuse jaugeant son allure. Mais elle n’en laissa rien paraître et se fendit d’un sourire accueillant.
– Que puis-je pour vous mademoiselle?
– Je voudrais essayer des tenues pour ce soir.
– Quel genre de tenues, sages ou plutôt sexys?
– J’aimerais un ensemble avec un porte-jarretelles et aussi une guêpière.
– Quel couleurs?
– Noir, rouge pour la guêpière, vous avez cela dans ma taille?
– Bien sûr, j’ai un magnifique trois pièces, soutien-gorge, porte-jarretelles, petite culotte un rien transparente, dans un très beau noir, comme sur ce mannequin.
– Bien, je vais essayer.
La vendeuse jaugea d’un coup d’oeil la taille de la fille et choisit dans les tiroirs du comptoir les trois pièces désirées.
– Ceci devrait vous aller, voulez-vous passer dans la cabine?
– Il me faudrait aussi des bas pour essayer.
– Aussi en noir?
– Si vous en avez avec une couture, j’aimerais bien.


– Bien sûr, nous avons cela, je crois que 10 1/2 sera la bonne taille. En voici une paire que je garde pour les essais. Si c’est la bonne dimension, je vous en fournirai des neufs dans la même taille.
Elle se dirigea vers la cabine en tira le rideau et commença à se déshabiller en retirant ses pauvres frusques. La première chose qu’elle enfila fut le porte-jarretelles. Elle avait souvent rêvé de ceindre sa taille avec cette pièce de lingerie. Maintenant que c’était fait, elle en savoura la pleine réalité. Elle fit glisser un bas le long de sa jambe, lentement, et le fixa aux jarretelles. Elle se mira dans la glace et tourna sur elle-même, lentement, en savourant la vision qui lui renvoyait le miroir. Le noir contrastait merveilleusement avec la blancheur de sa peau. Satisfaite du résultat, elle enfila le deuxième et recommença son manège. Les miroirs ne savent pas mentir, pensa-t-elle. C’était d’autant plus vrai, qu’elle fut prise d’une bouffée de satisfaction en s’imaginant que ce soir, des yeux la contempleraient pour de vrai. La tête penchée en arrière, elle suivait des yeux la couture de ses bas qui semblaient monter vers la haut de son corps pour s’arrêter là ou son envie de désir était la plus forte. Elle esquissa un geste, qu’elle retint en luttant contre ses sens. Non pas question, elle garderait le feu qui brûlait en elle pour plus tard. Elle enfila le soutien-gorge et la culotte, une nouvelle fois le miroir refléta ses yeux qui balayaient sa surface en une ronde d’ivresse.
– Cela vous convient? questionna la vendeuse sans se douter qu’elle venait de briser une douce rêverie.
– Oui c’est parfait, répondit la fille avec un regret dans la voix.
– Voulez-vous essayer la guêpière maintenant, je vous la passe.


Revenue à la réalité, le fille se sentit soudain impatiente de changer de tenue. Elle détacha ses bas, les laissa pendre sur ses jambes sans les enlever. Elle ôta les autres pièces et se saisit de la guêpière qu’elle dans la quelle elle glissa son corps.
– Voulez.vous m’aider à attacher le dos, je n’arriverai pas seule.
– Je vois que vous n’avez pas l’habitude, mais les plus expertes se débrouillent seules avec un peu d’entraînement. Les hommes adorent aussi vous donner un coup de main pour le faire. Jamais il ne se plaindront que vous n’ayez point la main habile.


La vendeuse s’éclipsa et la laissa toute à sa nouvelle découverte. Le rouge du tissu lui donna un nouvelle image de son corps. Une fois les bas fixés, offrant un subtil mariage entre le noir et le rouge, elle en frémit d’un nouveau plaisir. Il lui sembla qu’elle avait une nouvelle enveloppe charnelle, différente de la précédente, mais tout aussi merveilleuse. Elle se serait encore volontiers perdue dans son nouveau monde de sensualité, mais elle pensa soudain au vieux monsieur qui devait l’attendre dans le café. Certes, il n’avait pas l’air pressé, mais sans lui rien de deviendrait réalité. Pourvu qu’il soit encore là. Après s’être déshabillée à regret et retrouvé ses pauvres habits, elle se glissa hors de la cabine. Elle choisit encore plusieurs paires de bas, de diverses teintes. Elle demanda à la vendeuse de lui préparer ses achats et lui signifiant qu’elle allait revenir dans quelques minutes régler sa note.
La vendeuse ne fit pas de commentaire et commença d’emballer les effets. La fille se dirigea vers le café. Le vieil homme était devant la porte. Il l’accueillit avec un sourire et l’accompagna à la boutique en lui demandant de rester au dehors. Il entra et en ressortit peu après. Il tendit un sac à la fille.
– Voilà, ceci est pour vous, tous ce que vous avez désiré, maintenant filez-vite sans me remercier.
Un peu étonnée, la fille prit le sac, le gratifia d’un sourire et s’en alla.
La vendeuse sortit sur le pas-de-porte et s’approcha du vieillard.
– Alors, monsieur Paul, toujours satisfaite de mes services?
– Mais oui ma chère, ce miroir sans tain est une pure merveille. Cette jeune fille avait un corps merveilleux. Et ma foi, elle sait très bien choisir sa lingerie. Il m’en coûte de l’argent, mais je suis le seul à jouir du spectacle. Elle aura sans doute un Noël qui sort de l’ordinaire dans son innocence. Mais comme elle ne saura jamais qu’elle fut aussi mon cadeau de Noël. Joyeux Noël à vous!
– Joyeux Noël à vous aussi, j’espère vous voir très bientôt!

N’oublions pas les zenfants

Noël pour tous, merci Reiser pour l’inspiration

Miss Eva en son boudoir

Je me suis laissé dire de source bien informée que Miss Eva boudait, mais pas n’importe comment, dans son boudoir du côté de…

Elle présentera dans chaque numéro  une rubrique nommée « Frou Frou » en vous dévoilant en exclusivité quelques pièces de sa collection. Cela commence tout de suite et maintenant dans le numéro 7. Oui je sais, c’est une revue payante, mais que voulez-vous on peut pas tout avoir à l’oeil, mais au moins ici vous pourrez vous le rincer…

Un clic pour une claque!

Je ne résiste pas au plaisir de vous présenter une de ces vieilles chansons qui faisait baver nos ancêtres et qui avait le même nom que la rubrique. Une ode à la lingerie des années 1930 assez prémonitoire, par contre ça c’est gratuit!

Chansons que j’écoute de-ci de-là (6)

Comment oublier complètement cela ? Sans doute parce que c’est inoubliable !

En remontant aux sources de quelques titres qui sont bien plus connus par les autres que par le créateur, on peut parfois se dire que l’orignal n’est pas si mal et même très bien. Celui-ci est merveilleux!

Il m’arrive de ressortir ma collection de Cream et de me réchauffer quelques titres. Il y en a plusieurs, mais j’aime bien celui-là.

Il faut parfois revisiter les classiques, Ted Nudgent le faisait très bien en 1966 déjà…

Un album de blues un peu oublié et combien superbe a été enregistré en 1962 aux Trois Mailletz à Paris. Il y a Memphis Slim au piano, Willie Dixon à la contrebasse, Philippe Combelle à la batterie. Ca boogie woogie à tout va. Superbe !

Les chansons gentilles que j’ai adorées jadis et dont j’ai une certaine peine à me passer…

Une de ces chansons qui échappent passablement à ce que j’écoute habituellement. J’aime sans trop savoir pourquoi, sans doute les vocaux de Paul Jones, mais au fil des ans je remarque que je l’ai pas mal écoutée.

Je pourrais dire la même chose de cette chanson de Tom Jones, par ailleurs un chanteur très respectable au niveau de sa voix, j’aime bien cette histoire d’amour véritable surtout par l’ambiance. Par contre j’aime moins la version d’Eric Burdon et les Animals.

Il y a quelques chansons, et je ne suis pas le seul, qui rappellent une fille que l’on a bien aimée. C’est le cas de cette version de « Angelica » par les Sandpipers qui me ramènent à Palavas-les-Flots en été 1967, elle s’appelait France.

Il n’y a pas tellement de chansons qui sont capables de faire passer les grandes émotions, celle-ci en est une et cela vaut bien une écoute de temps en temps.

Les Mamas and Papas sont connus pour quelques hits incontournables. Mais il y a des chansons qui se cachent dans le discographie qui valent aussi leur pesant d’or. Celle-ci par exemple… c’est parfait !

Dans les années 50 à la maison on n’avait que la radio, mais elle marchait pratiquement à longueur de journée. Il était difficile d’échapper aux chansons de Dalida. Je n’ai jamais vraiment réussi, pour autant que j’en ai eu envie, à me passer d’elle. Alors de temps en temps, je ressors une de ses  galettes pour l’écouter, un peu comme un bon bourgeois irait se dévergonder dans un bal populaire. Il y en a au moins une vingtaine que j’aime bien. J’ai choisi un clip où elle est non seulement chanteuse, mais  très bonne actrice en enjôleuse.

Cela peut vous étonner mais j’ai une intégrale d’Edith Piaf dans laquelle on trouvait un enregistrement « sauvé » d’une chanson qui n’existait qu’en maquette. Je dois avouer que j’ai un faible pour cette mélodie de la grande chanteuse qui restera irremplaçable.

 

Lundi en nylon sans avoir la trouille

Cinéma

La Grande Frousse, plus tard La Cité de l’indicible peur est un film de Jean-Pierre Mocky en noir et blanc, réalisé en 1964. Il est inspiré du roman de Jean Ray,  La Cité de l’indicible peur écrit pendant la guerre. Jean Ray (1887-1964) est le plus important auteur fantastique belge du siècle passé. Connu pour nombres de romans d’obédience noires et d’épouvante, il écrivit aussi la suite des enquêtes d’Harry Dickson.

Mocky raconte qu’on lui avait suggéré de réaliser un film fantastique, ce genre étant peu couru dans le cinéma français, sans toutefois recourir à Dracula ou à Frankenstein. C’est ainsi que le roman de Jean Ray finit par être adopté. Dans l’histoire originale, la trame se situe dans une ville anglaise, Ingersham. C’est une assez belle étude de moeurs sur quelques citoyens résidents, chacun ayant ses petits secrets et mesquineries, mais s’intéressant en premier lieu à ce que fait le voisin. Une ambiance sinistre et la peur semble régner sur la cité, mais personne ne saurait dire au juste pourquoi. On craint sans trop savoir ce qu’il y a à craindre, sinon  un fantôme ou un monstre dont on suppose qu’il existe dans quelque coin caché guettant sa proie. Mythe ou réalité, c’est ce que devra découvrir le personnage central du roman.

Mocky transpose son déroulement en France en Auvergne, à Barges mais en réalité Salers, tout en s’inspirant assez librement de l’histoire originale. Il garde néanmoins les personnages quelquefois savoureux de l’histoire, tout en les francisant tant pour le nom que pour le caractère. Un des grandes forces du film pour les cinéphiles, c’est l’apparition d’une multitude d’acteurs de renom dans des séquences plus ou moins brèves, se caricaturant eux-mêmes avec un certain plaisir. Le rôle principal est tenu par Bourvil, et ma foi on le sent très à l’aise dans ce rôle, c’est même un l’un des se très bons rôles. Le terme de comédie fantastique convient assez bien à la classification du film, on se prête à rire et à sourire tout au long de l’histoire.

Le plot du film

L’inspecteur Triquet (Bourvil), un farfelu pistonné par son oncle chef de la police, réussit bien malgré-lui l’arrestation de Mickey le bénédictin, un redoutable criminel et faux-monnayeur. Sur le point d’être guillotiné, il parvient  à s’enfuir. En se basant sur la théorie que l’assassin revient toujours sur les lieux de son crime, Triquet et son collègue Virgus (Marcel Pérès) se lancent à sa poursuite en se partageant les villes où il a commis ses méfaits. C’est ainsi que Triquet arrive à Barges et commence une enquête qui se voudrait discrète en questionnant les gens sur un chauve frileux qui déteste la cassoulet et qui séjournerait le village, ce qui correspond à la personnalité de Mickey le bénédictin. On le suit dans ses pérégrinations et sa rencontre avec les habitants pittoresques et souvent un peu fêlés de Barges. Bien vite son rôle de flic est découvert, mais la population qui se méprend sur ses capacités d’enquêteur, lui demande d’arrêter la bête maléfique qui hante le village et ses alentours. Il y parvient toujours sans faire vraiment exprès et on découvre qu’il s’agit d’un notable du coin. Il est fêté par la population, mais peu après commence une série de meurtres véritables, et la c’est beaucoup plus difficile pour Triquet et son flair proverbial.

Distribution

  • Bourvil : L’inspecteur Simon Triquet
  • Véronique Nordey : Livina, la secrétaire du maire
  • Francis Blanche : M. Franqui
  • Jean-Louis Barrault : M. Douve, employé de mairie
  • Jacques Dufilho : M. Gosseran, le jardinier
  • Victor Francen : M. Clabert, le docteur alcoolique
  • René-Louis Lafforgue : Le boucher
  • Roger Legris : M. Paul, le pharmacien
  • Jean Poiret : Le brigadier Loupiac
  • Raymond Rouleau : M. Chabriant, le maire
  • Marcel Pérès : L’inspecteur Virgus
  • Joë Davray : Mickey le bénédictin
  • Jenny Orléans : Mme Gosseran
  • Fred Pasquali : Le chef de la police et oncle de Simon
  • Rudy Lenoir : Le patron du café et le coiffeur
  • Jean-Claude Remoleux : L’homme à l’imperméable
  • Pierre Durou : Le chef de gare de Barges
  • Virginie Valois : Dorothée, la sœur de Livina
  • Léonce Corne : Antoine, le brigadier
  • Claude Mansard : Le bourreau décapité
  • Lisette Lebon : Une employée au bordel
  • Michel Duplaix : Le contrôleur bègue
  • Pierre Raffo : Un cavalier noir
  • Gérard Hoffmann : Un cavalier noir
  • Jo Labarrère : Un cavalier noir
  • Dominique Zardi : L’infirmier du commissariat
  • Philippe Castelli : Le photographe
  • Max Desrau : Le petit journaliste
  • Maria-Rosa Rodriguez : Gilda
  • François Cadet : L’adjoint du bourreau
  • Michel Nastorg
  • Luc Andrieux
  • Maritin
  • André Muletin
  • César Torrès
  • Avec le concours de la population locale de Salers.

Je suis arrivé à ce film justement parce que j’avais lu le roman de Jean Ray quand j’étais adolescent, j’ai commencé à lire du fantastique vers l’âge de 13 ans et j’avais Ray en point de mire, j’avais adoré. l’histoire. Je suis pratiquement toujours déçu quand je vois un film tiré d’un roman, la dissonance entre le récit de Ray et le film m’a fait buter sur le même  phénomène. Mais pour une fois, j’ai réussi à faire abstraction et j’ai fini par trouver le film délectable. Sans doute la maestria de Mocky y est pour quelque chose, il se pose quand même comme un cinéaste de premier plan et le choix des acteurs est idéal pour faire tourner le carrousel des acteurs qui passent sous vos yeux.

A propos du film.

René-Louis Lafforgue qui joue le rôle du boucher chante aussi la chanson du générique dont Mocky a écrit les parole.

A sa sortie le film ne connut qu’un succès mitigé dans son titre original imposé par la production, ce qui fâcha Mocky. Mais il connut une seconde vague d’intérêt en 1972 sous le titre original du roman. De manière générale la critique considère ce film comme une oeuvre majeure dans la filmographie de Mocky.