Bas nylon et une petite semaine en 1911

Feuilleter des vieux magazines est un plaisir auquel je ne saurais renoncer.

Il y a bien sûr le côté histoire qui me passionne toujours, mais aussi se plonger dans d’autres époques et ce qu’elles ont de charmant, de bizarre, ou carrément d’horrible. D’une manière générale, on remarque quand même que si le monde a évolué avec la technique, le citoyen de base n’est pas différent de celui d’aujourd’hui. Il y a ceux qui s’en sortent avec les honneurs et d’autres qui ont la poisse qui leur colle aux talons. L’argent, le besoin d’en avoir par tous les moyens même ceux qui sont peu recommandables, ont toujours été la préoccupation principale de l’être humain. La seule chose qui a changé, c’est le chemin pour y arriver. Aujourd’hui on peut devenir un délinquant en étant derrière un écran, tandis qu’autrefois il fallait imaginer d’autres scénarios, même si certains sont encore en vigueur maintenant. Juste après l’argent, les peines de coeur sont aussi une cause importante de préoccupation qui attise les idées de vengeance chez certains. Parfois les deux vont de paire, l’honnête citoyen qui devient malfrat pour entretenir une belle aux désirs inassouvissables. Le film de Renoir au début des années 30 « La Chienne » en est une parfaite illustration. Le progrès a aussi amené ses problèmes, on peut devenir justiciable en l’utilisant. Au temps de Louis XIV on avait peu de chances d’être écrasé par une voiture, et pas du tout celle de griller un feu rouge et de ramasser un prune, ou de subir les foudres de la loi en volant la recette d’un grand magasin.

A travers « La Semaine Illustré » dans des extraits datant de 1911, regardons de quoi parlait cet hebdomadaire qui se voulait à la fois distrayant, mais surtout une bonne source d’information pour les commérages des concierges qui sévissaient déjà quand la radio n’était pas encore dans tous les foyers.  

Commençons par un personnage qui deviendra très célèbre par la suite, Me Moro-Giafferi, qui fut notamment l’avocat de Landu, de Seznec. Vous allez voir comment il apparaît dans cette histoire.

Même à cette époque, la justice ne fait pas l’unanimité

Le journal adore les faits divers et les illustre

Il y a justiciable et justiciable

Un histoire à dormir couché

Le film n’était pas  en couleur, l’image oui..

En 1911, on inaugure les Archives de la parole, dont le but est de conserver sur support les documents sonores ayant trait aux discours et aux voix de célébrités comme des documents historiques. L’idée est une petite révolution que permet la technique d’alors et qui est la règle maintenant. Que seraient Fernandel, Sacha Guitry, Louis Jouvet, s’ils n’étaient accompagnée de leurs voix, à plus forte raison que l’on peut à la limite se passer de leur visage comme à l’écoute de Fernandel dans les Lettres de mon moulin où il récite les textes de Daudet. Imaginons la voix de Victor Hugo, de Napoléon, et pourquoi pas celle de Louis XIV, dont on ignore absolument tout de leur manière de parler et du son qu’elle produisait.

Voici un extrait du discours d’inauguration par Ferdinand Brunot, un célèbre linguiste. Remarquons la diction « Belle Epoque » et l’art de faire des belles phrases, même si elles ne sont que du vent, n’en sont pas moins très élégantes à l’oreille. Nous avons la chance de posséder une si belle langue…

Source Gallica, BNF, DP

5 réflexions sur “Bas nylon et une petite semaine en 1911

  1. Bonjour,
    Cette machine à remonter le temps dont vous nous faites profiter avec ces coupures d’articles sont très intéressantes et nous replacent dans le contexte actuel et d’en faire le parallèle est étonnant
    Bonne fin de semaine

    • Merci Cooldan,

      C’est aussi un plaisir pour moi de faire les recherches, parfois longues, mais c’est aussi une manière de se cultiver.

      Bonne semaine

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