Bas nylon, devine qui vient dîner ce soir ?

Les procès criminels ont toujours passionné les foules, encore plus s’ils ont comme accusés des criminels qui sont des vedettes ou le deviennent. Dans la première séquence, je reviens sur un procès qui concerne un personnage devenu célènre, Henri Charrière dit Papillon. C’est bien entendu l’auteur du fameux roman à succès qui paraîtra presque 40 ans plus tard. Si le livre est remarquable par l’écriture, il l’est moins pour la véracité des faits, l’auteur empruntant à d’autres des aventures dont il s’attribue la paternité. La relation des procès dans la presse est sans doute un des sources journalistiques les plus véridiques, on ne peut guère extrapoler sur des faits imaginaires ou en inventer, la justice veille. On peut tout au plus prendre fait et cause en étant pour ou contre un accusé et mettre en doute la véracité des témoins d’un procès ou l’impartialité de la cour. C’est dans cette marge de manoeuvre que le journaliste peut agir dans un état de droit et la liberté d’opinion. La presse sous l’occupation fut bien différente de celle d’avant et d’après.

Em 1931, lors de son procès, il est encore loin d’être une vedette, c’est ce que l’on peut appeler un moyen délinquant, fréquentant le milieu et flirtant avec la prostitution. Il n’a pas trop l’air de vivre de son travail comme salarié dans une entreprise de la place. Ses fréquentations ne parleront pas en sa faveur quand il se retrouvera en cour d’assises pour un meurtre qu’il n’avouera jamais et qu’il n’a peut être pas commis, un doute est permis tant l’accusation est ténue. Il fut quand même condamné au bagne à perpétuité.

Le récit du procès que je vous propose est issu de Détective, une des sources des quelques journaux qui font mention de ce procès. Soulignons encore une fois que ce n’est pas un procès à sensation, mais juste un fait criminel comme tant d’autres, qui ne passionna pas les foules. La gloire viendra plus tard et assez brièvement, vu qu’il mourut 4 ans après le début de sa célébrité.

Une autre procès, la même année, qui fut beaucoup plus pathétique. On y remarque que la justice n’est pas invariablement une machine à écraser l’être humain et pas toujours au profit du plus riche. J’ai choisi de vous le présenter, car il comporte un fait assez exceptionnel pour l’époque, l’avocat de la défense est une femme, certainement plus à même de défendre une femme accusée d’infanticide.

Après ces histoires de procès il est temps de passer à table, vous avez sans doute faim. Tout d’abord, voyons un peu comme on traitait la pomme frite vers 1920. Un plat devenu international depuis et aussi une des pires sources d’alimentation dans sa version moderne, tant par le goût que pour la santé.

Les origines de ce plat sont assez obscures et remontent sans doute assez loin. Chez nous, ce n’est qu’à l’apparition de cette plante ramenée par les Conquistadors au 16ème siècle qu’on la connaît. Elle fut d’abord plutôt considérée comme un remède plus que tout autre utilisation, sans doute les Péruviens qui la cultivaient en faisaient ainsi usage. Quand on la considéra comme un plat à part entière, on peut imaginer qu’un obscur cuisinier eut l’idée de la faire cuire dans de l’huile bouillante et lui donner ainsi l’une des multiples manières de l’apprêter. Malgré tout et pendant longtemps, la frite fut plutôt un plat destiné à la petite bourgeoisie car l’huile nécessaire à sa cuisson n’était pas spécialement accessible à toutes les bourses, on préférait l’utiliser avec parcimonie. Néanmoins à la Belle Epoque, elle figure au menu dans bien des brasseries de Paris.

Depuis elle est devenue incontournable, mais s’est complètement dégradée en qualité et en goût depuis qu’on a eu la mauvaise idée de la congeler après l’avoir précuite. Personnellement je n’en mange pas ou très rarement, par contre la frite maison fait partie des trucs que je mange de temps en temps. et je suis très capable de faire la différence entre frais et congelé. Je connais heureusement encore un ou deux restaurants qui ont gardé la tradition.

Voici datant de 1921, quelques réflexions sur l’art de faire les frites, sujet d’angoisse pour la ménagère qui ne connaît pas trop le sujet. Par contre la frite à la graisse de mouton, quelle horreur !

Pour la séquence suivante, nous allons nous inviter à la table d’un roi, celle de George V en visite officielle à Paris en avril 1914, alors que des nuages sombres s’amassaient sur le ciel d’Europe. Le président de la République est alors Raymond Poincarré. Le repas servi fut tout à fait dans la tradition de la gastronomie farnçaise, diable on allait montrer à ces bouffeurs de pudding ce dont on était capable. Il n’est pas fait mention des vins servis en accompagnement, mais on peut supposer que l’eau du robinet servit uniquement à faire la vaisselle.

Souce Galliva, BNF, DP