Bas nylons et les nouvelles des vainqueurs

Il y a cent ans, le guerre 14-18 arrivait dans une phase décisive. Rien n’était encore joué, mais le général (pas encore maréchal) Pétain a encore de cartes à jouer dont une fut décisive au mois de juillet et qui sera le début de la déroute allemande. Nous savons tous que le fin de la guerre de manière officielle fut agendée le 11 novembre après la capitulation des Allemands. Les alliés se transforment alors en armée d’occupation sur le territoire allemand. Une tradition très ancrée dans l’armée fut l’édition de journaux dits de tranchés. Sorte d’organe plus ou moins sérieux destiné à maintenir le moral des troupes et mettre en évidence le moindre fait glorieux, même s’il ne consiste qu’au sauvetage d’un poulailler. Tout est bon et permis, du moment que ces journaux ne transmettent pas des informations d’ordre stratégique ou du domaine secret. Souvent ils paraissent avec des moyens disparates, le plus souvent archaïques, mais l’effort est présent. Tout soldat sachant manier un peu le français, quelquefois de véritables journalistes mobilisés, se mettre en quatre pour donner un semblant de vie à ces feuilles de choux. Quand l’armée française commence d’occuper l’Allemagne, il n’y a pas de raison de cesser cette tradition. Les forces d’occupation sont bien évidemment composées de soldats pour qui cette situation est un prolongement de la guerre, il sont encore loin de leur foyer, dans un des lieux qui manquent encore un peu tout. Voici quelques extraits du Bataillon désarmé, qui se réclame comme le premier journal français imprimé en Allemagne. A la fois sérieux, diable on a « gagné » la guerre, et un peu déconneur. Il résume assez bien l’ambiance de l’armistice, avant et après. Le numéro consulté a été publié le 11 décembre 1918.

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Source Gallica, BNP, DP

Musique sous la douche ou ailleurs

Entre 1966 et 1968 quelques trucs qu’il m’arrivait d’écouter dont certains que j’écoute encore maintenant. C’est ce que je classe plutôt avec l’étiquette commerciale, car la plupart ont été des succès ou découverts en face B de ces succès. Mais de temps en temps c’est plaisant à écouter. De toutes les façons possibles, ils font partie de ma collection et je ne vais pas les jeter à la poubelle.

 

Bas nylons et encore la bande des six nez

Je continue ma présentation dans ce que je considère comme des chef-d’oeuvres de la BD.

60 aventures de Modeste et Pompom – Collection du Lombard 1958. Valeur d’une édition originale 100-150 euros.

Franquin, qui dessine aussi Spirou, se fâche avec les éditions Dupuis qui publient son héros. Il est naturellement accueilli les bars ouverts par Tintin et signe un contrat de 5 ans. Entre-temps, il se réconcilie avec son éditeur et retourne chez Dupuis. Le voilà obligé de dessiner deux séries pour deux journaux différents. Pour Tintin il créé Modeste et Pompon, une histoire par page, série humoristique qui ne manque pas de pep. Pour mener de front ces deux séries, il s’adjoindra les services de Gosciny et Greg. Avec ce dernier, on trouvera quelques situations qu’il reprendra pour son héros Achille Talon qui’il créera un peu plus tard, notamment les conflits de voisinage. Un des charmes de Modeste et Pompon réside dans le fait que c’est un cliché de la vie à la fin des années 50. On y est déjà un peu matérialiste, on veut du superflu et on aime bien un certain confort. Dans les histoires, rien n’est vraiment clairement identifié au niveau du rôle joué par les personnages. Modeste est un peu mégalo, on ne sait pas trop comment il gagne sa vie, bien qu’il semble parfois chercher du travail. Sa compagne Pompon est encore plus ambiguë, elle semble être sa petite amie, mais elle est habillé comme une jeune fille, ou alors c’est une femme en minijupe bien avant son avènement. Le troisième personnage très présent est le fameux Félix, qui vend de tout et teste modeste comme premier client, en rusant parfois pour faire une affaire. On trouve aussi les trois petites pestes qui sont les neveux de Félix et qui ne manquent jamais l’occasion de faire des dégâts. On ne peut passer sous silence les voisins, Monsieur Ducrin, tantôt charmant mais les plus souvent irascible, Monsieur Dubruit, le voisin sans gêne. Les dessins de Franquin sont magnifiques, les décors imaginés dans un style très moderne, c’est Ikea avant l’heure. Et avant tout c’est drôle et savoureux. Libéré par Tintin après avoir dessiné plus de 180 pages de gags, la série sera reprise avec un certain charme par Dino Attanasio.

Les enquêtes du colonel Clifton – Collection Jeune Europe 1961.  Valeur d’une édition originale 50-75 euros.

Macherot a toujours été réputé pour son dessin animalier, mais il est aussi indécis sur la longévité de ses héros, il aime bien en changer. Abandonnant pour un temps Chlorophylle, il créé le colonel Clifton, par ailleurs aussi chef scout sous le nom de Héron Mélomane. Il dessinera trois aventures avant que la série soit reprise par d’autres. C’est un personnage bien humain dont les aventures se situent en Angleterre avec une ambiance très British, pluie, thé, héros qui fume la pipe. On peut aussi constater que l’humour à la Macherot est sans doute plus évident ici que dans les séries précédentes. Il est vrai que l’on aime assez bien rire des Anglais, surtout s’ils se comportent tout à fait comme ils ont l’habitude de la faire. Le dessin, quant à lui, est du pur Macherot, ambiance, détail, situations. Cette ouevre n’est est pas moins aussi importante que le reste de ses contributions à la BD. C’est différent, mais réussi et ça se lit avec une réel plaisir.

La Patrouille des Castors – Le hameau englouti – Dupuis 1961. Valeur d’une édition originale 50-75 euros.

Avoir dessiné une série d’albums avec des scouts peut semble aujourd’hui bizarre, mais dans les années 50, ce n’était pas plus étrange que de dessiner des aventures d’anticipation.. C’est encore un Belge qui en a eu l’idée, Michel Tack dit MiTack (1927-1992). Quand il décide de créer ses Castors, il a déjà un assez long passé de dessinateur derrière lui. La Patrouille des Castors sera son oeuvre en quelque sorte la plus immortelle. Des dessins magnifiques, des histoires bien ficelées, feront toute la saveur des ces aventures. J’ai choisi Le Hameau Englouti, car c’est celle où je suis resté le plus scotché, et la première que j’ai lue. L’intrigue autour d’un barrage en construction qui va inonder une vallée et un village dont une des maisons recèle un terrible secret, a de quoi tenir en haleine. L’apparition d’une sorte de vagabond un peu fou et d’un évadé accusé à tort de meurtre, vont aiguiller les Castors sur la piste de la vérité. C’est presque un polar et c’est aussi un peu documentaire, car la construction des barrages était assez fréquente après la guerre et des vallées disparaissaient sous les eaux. C’est un must comme on dit aujourd’hui.

Chaminou et le Khrompire – Dupuis 1964 . Valeur d’une édition originale 75-100 euros.

A son passage de Tintin vers Spirou, Macherot doit abandonner Chlorophylle et trouver un autre héros. Il se lance dans la création de Chaminou, un chat agent secret. Avec ce personnage, il parodie un peu ses créations précédentes et l’île de Coquefredouille dans laquelle son héros, Chlorophylle, a connu de nombreuses aventures. Ici on n’est plus dans une île ignorée des hommes, mais carrément sur une autre planète, la Zoolande. Bien évidemment, les animaux vivent comme les hommes, à la différence près qu’ici les carnassiers côtoient les herbivores, ce qui pose quelque problèmes. L’île est gouvernée par un roi, un lion bien évidemment, qui mange des pâtes et boit des bouillons de légumes, comme tous ses administrés. Manger ses semblables est un crime sévèrement puni par la loi. Justement pour cette première enquête, Chaminou aura la lourde tâche de démasquer une bande d’irréductibles mangeurs de viande, secondé de manière très inefficace par son écervelée de secrétaire, Zonzon, qui rêve de devenir une vedette. C’est sans nul doute un chef d’oeuvre de Macherot, qui reprend son dessin original très fouillé qu’il avait abandonné dans les dernières aventure de Chlorophylle. Le décor est résolument plus moderne qu’à Coquefredouille qui vivait encore un peu à l’ancienne, gratte-ciels, autoroutes, néons, apparaissent dans le décor. Chaminou conduit de superbes bagnoles qui pourraient être des Porsches, contrairement aux vieux tacots qu’empruntaient Chlorophylle. Malheureusement cet album fut assez décrié à sa publication, tout en récoltant des éloges par ses adorateurs. Il fallut un quart de siècle pour voir de nouvelle aventures de Chaminou, repris par Olivier Saive avec une collaboration partielle de Macherot pour les scénarios.


Johan et Pirlouit – La guerre des sept fontaines – Dupuis 1961. Valeur d’une édition originale 300-400 euros.

Pierre Culliford dit Peyo (1928-1992) restera comme un créateur très original dans la BD. Pas tellement par son dessin qui est assez classique parmi l’école belge dont il est issu, mais par les personnages qu’il a créés. On peut en noter deux qui sont à ranger dans un classement qui touche à l’imaginaire pur, Benoit Brisefer et bien sûr les Schtroumps. Johan et Pirlouit sont plus traditionnels bien que dans l’histoire des sept fontaines, ils rencontrent un véritable fantôme plutôt sympathique. L’aventure se passe au moyen-âge. Obligés de se réfugier dans un château en ruines, ils font la connaissance d’un ancien seigneur des lieux, condamné à sa mort à errer pour l’éternité dans son château, sauf s’il répare le mal qu’il a fait durant son règne. De son vivant, aimant trop le vin, il fait un pacte avec une sorcière pour que des sept fontaines de son royaume jaillisse du vin à la place de l’eau. Il pourra enfin se reposer lorsque l’eau jaillira à nouveau des fontaines. Avec l’aide des deux héros qui vont l’aider, aussi avec un coup de main des Schtroumps qui apparaissent dans cette aventure, il pourra enfin réparer sa faute et son âme se reposer définitivement. Je me souviens très bien de la première fois où j’ai découvert cette aventure, j’étais au bord de la mer en Italie, et j’ai adoré. Je dois dire que j’ai toujours aimé les histoire de fantômes et les lieux hantés, et celle-là est plutôt est sympa avec ce revenant qui ne manque pas d’un certain humour. C’est le genre d’albums que j’aime à relire.

Blake et Mortimer – SOS Météores – Collection du Lombard. Valeur d’une édition originale plus de 1000 euros. Edition Dargaud 50-75 euros.

Blake et Mortimer – Le piège diabolique – Collection du Lombard 1961. Valeur d’une édition originale 400-500 euros.

Il faut revenir à E.P. Jacobs, car il est certainement le dessinateur qui compte parmi les plus adulés. J’ai choisi de coupler deux albums, car le second est plus ou moins la suite du premier, bien qu’ils puissent se lire indépendamment. On peut considérer EP Jacobs comme un auteur et dessinateur de science fiction, mais avec lui, ce qu’il y a d’intéressant c’est que c’est souvent assez plausible et qui sait un jour cela deviendra en partie une réalité. Prenons les albums séparément.

SOS Météores est encore aujourd’hui pas mal d’actualité. On parle de changement climatique, avec cet album on est en plein dedans. Ici, ce n’est pas la nature qui se fâche par vengeance, mais sous l’impulsion d’un savant qui a trouvé le moyen de maîtriser la météorologie avec une machine qu’il a mise au point. Sans être dans les secrets gouvernementaux, je croirais bien volontiers que ce problème est ou a déjà été étudié. Quoi de mieux en effet que de mener une guerre invisible en envoyant sur un pays ou un continent toutes les catastrophes climatiques possibles. D’ailleurs Jacobs s’inspire d’événements météo inhabituels qui causèrent des dégâts sur l’Europe dans les années 50. Les discussions de comptoir n’hésitaient pas à avancer qu’une possible volonté humaine était derrière cela, on est justement en pleine guerre froide. Cet album est particulier, car il n’est fait que de déchaînements atmosphériques tout au long de l’histoire, pas le moindre rayon de soleil. Inondations, tornades, grêles, orages s’alternent sans arrêt. Bien sûr, les héros, surtout Mortimer, se doutent bien de quelque chose, et un série d’indices va les amener à découvrir qui est derrière cela et détruire ce laboratoire infernal capable de détraquer le temps. C’est absolument passionnant de bout en bout, les décors sont splendides et reproduisent certains lieux réels, sauf évidemment pour les faits qui s’y déroulent.

Comme je le disais en introduction, le second album est plus ou moins la suite du premier. Le savant qui avait imaginé la machine à dérégler le climat a survécu à la destruction de son labortoire. <complètement irradié psr des rayons mortels, il a encore le temps de mettre au point une autre invention avant de mourir, un machine à voyager dans le temps. Il la lègue par testament à Mortimer et celui-ci se rend sur les lieux où se trouve la machine. Par un enregistrement sonore, il explique le fonctionnement de cette machine et Mortimer la met en marche. Ce qu’il ne sait pas, c’est que c’est un vengeance du savant, et que si la machine peut réellement voyager dans le temps, il l’a piégée de manière à ce que Mortimer ne puisse jamais revenir au temps présent, condamné à errer dans les dédales du temps. Il va alors se promener dans le passé, quelques millions d’années avant l’apparition de l’homme et se trouve confronté à quelques sales bestioles qui veulent sa peau, des espèces de libellules à peine plus petites que des hélicoptères, des tyrano machins grands comme des immeubles de cinq étages et toutes sortes de créatures aussi paisibles qu’un crocodile auquel on aurait marché sur la queue. Bref ce n’est pas l’endroit pour faire du camping. Reparti dans sa machine, il séjourne brièvement au moyen-âge où il rencontre une charmante demoiselle à laquelle il donne un coup de main. Le voyage continue, mais cette fois dans le futur, et il finit par arriver en l’an 5060. Le monde que Jacobs imagine dans ce lointain futur n’est pas inintéressant et il n’est pas impossible qu’il aie vu juste pour certaines idées sortie de son imagination. D’autant plus que 60 ans après la création de son histoires, certains gadgets font déjà partie de notre vie quotidienne. Une montre sur laquelle apparaît un visage et qui donne des ordres, ça ne vous dit rien? Et ces espèces d’appareils qui sont capables d’envoyer des rayons mortels et de vous surveiller dans vos déplacements, ben oui des drones. Pour l’instant ils n’envoient pas encore de rayons mortels, mais on peut supposer qu’il ne faudra pas attendre 5060 pour que cela devienne une réalité. Il y a aussi une allusion au cinéma en trois dimensions. Au point de vue des dessins, c’est encore une fois une merveille. Quant Mortimer arrive dans le futur  et se trouve dans un endroit où tout est dévasté, un fouillis inextricable, avec des rames de métro dans le vide, des écritures bizarres sur les panneaux indicateurs et qui ressemblent à du français déformé, on vit vraiment un moment d’anthologie. Un superbe et passionnant voyage.

Ave Miss Eva !

Un numéro spécial exceptionnellement spécial vient de voir le jour pour vos beaux yeux qui ne manqueront pas d’être spécialement émerveillés.

Nylon-Zine le magazine qui nous annonce que l’été sera chaud, se fend d’un numéro spécial exclusivement consacré à Miss Eva et sa collection de  frous-frous qu’elle nous présente depuis une année dans la revue.

STOP

Succombez sous le charme de ses bas nylons qui vous attendent au carrefour de la sensualité dont tous les feux sont au rouge baiser… absolument!

 

Bas nylons et châtiments

 

C’est la fameuse histoire du cortège des cocus qui ne peut être organisé car il n’y aurait personne pour les regarder passer.

Il n’y a pas si longtemps l’adultère était encore un délit, il n’est dépénalisé que depuis 1975. Toutefois le délit existe toujours, mais il sert de base pour attribuer les torts à l’un ou à l’autre  quand cela peut poser des problèmes juridiques, notamment la garde des enfants s’il y en a. Selon les pays, la juridiction est plus ou moins large dans l’appréciation d’un adultère. De plus en plus de pays accordent un divorce sur simple consentement mutuel. L’Italie a longtemps tergiversé sur les cas de divorce suite à un adultère, ceci pour des questions religieuses, le catholicisme a encore de la peine à se faire à l’idée du divorce. Il peut arriver qu’un prête refuse un mariage si l’un des conjoint est divorcé. De même, un divorcé est en principe excommunié. Toutefois, ce principe a toujours été très élastique au fil de siècles, il n’y a qu’à regarder l’histoire des rois de France à travers l’adultère et les répudiations.

L’adultère est vieux comme le monde, du moins depuis que le mariage existe. Au temps des cavernes, je en sais pas ce qu’il en était vraiment des relations entre l’homme et la femme, mais on peut supposer que les écarts de conduite existaient déjà. Cette notion de fidélité est très vaste dans le domaine du vivant. Chez certaines espèces, l’accouplement ne sert qu’à la reproduction, chez d’autres on note une certaine longévité dans les couples, qui peuvent rester ensemble plusieurs années. Chez les oiseaux, le couple est pratiquement une nécessité, l’un doit chasser, l’autre couver. Chez l’homme, pendant des siècles et surtout chez les gens de moyenne ou petite condition, la famille a été le fondement principal pour perpétuer l’espèce avec des notions assez variables quant à la fidélité à travers ce couple. Pour la noblesse, on fait surtout des enfants pour asseoir sa position, pour que les biens restent dans la famille. Ce qui ne veut pas dire que l’on n’y trouve pas de couples fidèles, mais les cas d’infidélité sont certainement bien plus nombreux.

Dans les civilisations qui occupèrent la vielle Europe et les alentours, pendant très longtemps et notamment pour des questions religieuses, l’adultère a été réprimandé avec plus ou moins de rigueur. La religion avait son influence, mais les décisions des seigneurs ou rois sur le sujet pouvait s’écarter complètement des préceptes de l’église. En règle générale, les nobles s’affranchissent volontiers du péché d’adultère, c’est juste bon pour le peuple. On considère même que c’est un honneur si sa femme finit dans le lit du roi. On se souviendra du marquis de Montespan, dont sa marquise de femme était une des favorites de Louis XIV, qui fut un des rares à ne pas goûter à ce privilège. Il alla même jusqu’à copuler avec des prostituées en espérant qu’elles lui refilent quelques souvenirs encombrants afin qu’elle les transmette au roi soleil.

Un numéro de Détective de 1937, fait le point sur l’évolution des châtiments engendrés par l’adultère au cours des siècles, c’est même assez intéressant. Lors de sa parution, l’adultère était encore un délit, mais certains durent se dire qu’il l’avaient échappé belle…

 

Chant et son

Il m’arrive aussi d’écouter de la chanson française, mais je suis aussi dans ce domaine un peu décalé. Ce n’est pas forcément ce que tout le monde écoute toujours. Illustrations sonores…

Une dame avec qui j’ai de très bons souvenirs, pas seulement en l’écoutant mais autrement. La chanson française tendance folk, toute sa discographie est un régal.

Celle-là je l’ai toujours dans un coin de ma mémoire…

Une très belle voix et une très belle femme…

Une certaine Juliette et une chanson que même si on ne connaît pas l’auteur-compositeur, on le devine…

Une grande dame qui n’est pas tout à fait reconnue comme il le faudrait…

Une de ces chansons avec lesquelles il faut rêver…

Deux de Bourvil incontournables dont l’un est une musique de film, un grand monsieur…

Une des plus belles chanson sur la b…

Les Suisses ne sont pas mal non plus…

Mouloudji, une chanson peu connue

Un mec que j’adore depuis longtemps

Luc Arbogast dont je fus un des premiers à admirer le talent dans mon blog, si, si, vous pouvez chercher l’article existe encore, dommage qu’il a un peu abandonné sa liberté pour s’enfiler dans les couloirs du showbiz.

Bas nylons et un peu d’humanité

L`Humanité est un des journaux qui a le plus empêché le patronat de tourner en rond. Il est fondé en 1904 par Jean Jaurès, assassiné en 1914 et sans doute un des plus intègres politiciens que la France ait connu, si ce mot veut dire quelque chose en politique. D’obédience socialiste au départ, il adopta une ligne communiste après la première guerre mondiale. En comparant l’actualité pour un événement identique, on constate bien évidemment que la chose est traitée différemment s’il s’agit d’un journal de gauche ou de droite. Il faut bien admettre que l’information est traitée de manière plus détaillée dans un journal de gauche, surtout si un quelconque patron ou bourgeois peut être mis en cause. A l’inverse, un journal de droite sera plus succinct dans son information pour les mêmes raisons. On peut inverser la vapeur pour un fait dont la cause et l’effet relèverait de l’implication de personnes situées à gauche. C’est une guerre à coup de papier et d’imprimerie. Personnellement, j’ai toujours pensé que les politiciens sont tous plus ou moins tordus qu’ils soient de gauche ou de droite. Je crois que voter juste et pour ses intérêts relève plus d’un étude psychologique du candidat que de ses promesses électorales. C’est surtout là qu’il faut être vigilant et ne pas se laisser endormir par des belles paroles.  Pour le reste vous faites comme vous voulez…

J’ai choisi pour illustrer le propos, quelques extraits du L’Humanité du 23 mai 1908, donc sous la période Jean Jaurès. Un drame, une explosion, s’est produite à l’usine Say en plein Paris. Ce nom vous dira sans soute quelque chose, puisqu’il s’agitde la marque de sucre qui peut accompagner votre petit noir, plus connu après fusion sous le label Beghin-Say. Les journaux d’alors parlent de cette histoire, mais en se contentant souvent d’en tracer les grandes lignes, c’est la faute à pas de chance, circulez il n’y a plus rien à voir! En lisant l’article de L’Humanité, on apprend que ce n’est pas la première explosion et qu’il y a sans doute un problème récurrent dans la sécurité de l’usine et sans doute un immobilisme de la part du propriétaire. Plus loin, le journal stigmatise aussi l’attitude de la direction qui a ordonné de reprendre le travail peu après que le drame soit survenu. Ces faits ne sont pas mentionnés dans les autres journaux. Mais vu qu’il n’y a q’une victime et quelques blessés, pas de quoi en faire un fromage. L’article illustre bien par ailleurs ce que le journal pense de la condition ouvrière en 1908.

Quelques autres nouvelles diffusées par le journal

Pour ceux qui ne connaissent pas la céruse, c’est un composant que l’on employait notamment pour la fabrication de la peinture. Employé depuis des siècles, sa toxicité a été surtout mise en évidence à partir de 19ème siècle, car elle contient du plomb.  La présence de plomb dans l’organisme peut engendrer des maladies graves comme le saturnisme, nom dérivé de blanc de Saturne, autre appellation de la céruse. Il a fallu un long combat pour en limiter son utilisation et trouver des produit de substitution. C’est un peu l’amiante de l’époque.

Pour le reste, le journal se veut un journal comme les autres, avec la promotion de spectacles, de publicité. Il y a même les cours de la bourse, mais là c’est moins  à gauche.

Source Gallica, BNP, DP