Bas nylon et humour

 

J’aime beaucoup l’humour. A découvrir ce que les autres ont fait pour le perpétuer, je me dis qu’il y a des milliards de situations à travers le monde où il peut être présent. Comme disait je ne sais plus qui, il est plus facile de faire pleurer que de faire rire. Ceux qui me connaissent me font parfois remarquer que je possède un certain sens pour trouver une belle formule rigolote. Quand j’ai pris ma retraite, mes collègues m’ont fait un cadeau accompagné d’une carte signée par mes collègues avec un commentaire. Celui qui m’a fait le plus plaisir était celui d’une de mes collègues qui disait : « personnage haut en couleurs, de par ta personnalité et tes t-shirts, ta voix, ta façon d’être et ton humour ». Voilà tout est dit, cela situe le personnage. Une de mes manies est d’essayer de trouver des citation drôles, chose que je pratique assez volontiers sur les forums où je passe parfois, Que l’on s’adresse à un ami où un « ennemi », la touche d’humour fera plaisir au premier et déconcertera ou fera enrager le second. Mettre les rieurs de son côté est une chose qui a son importance. Un de mes collègues de bénévolat, oui j’en fais dans l’humanitaire, est un de mes partenaires de rire. Quand nous nous retrouvons, c’est à celui qui trouvera l’humour le plus absurde ou le plus circonstancié. Tout en travaillant et selon ce que nous observons, on arrive très souvent à tirer notre épingle du jeu, ainsi le temps passe vite.

Je vais vous proposer un peu d’humour avec des histoires réelles qui ne manquent pas de piment et je vais commencer par quelques-unes qui sont de moi. J’espère qu’elles vous feront rire.

Détournements de mots concernant la connerie

concasser : casser la gueule à un con.
concave : dans le milieu, con vraiment très con.
concéder : donner raison à un con.
concentré : le con qui est au milieu.
concélébrer : fêter une grosse connerie.
concierge : pipelet qui tient la chandelle.
concessionnaire : représentant exclusif d’un genre précis de conneries.
condensation : vapeur de con.
concubin : con vivant à la colle.

Bien que n’étant pas macho, j’ai aussi quelques citations sur les femmes.

Quand on a une maîtresse, on devrait pouvoir déduire des impôts les frais qu’elles nous occasionnent.

Les femmes mettent plus de temps pour s’habiller que se déshabiller.

Quand on regarde la vidéo de son mariage, on a envie de passer le film à l’envers.

On peut regretter d’avoir aimé une femme, mais beaucoup moins d’en avoir aimé plusieurs.

Quand une femme me trace après, je ralentis pour qu’elle puisse me dépasser.

Sur tout et sur rien.

Les plus sincères discours politiques sont faits par les menteurs.

Si l’amour pouvait s’acheter, il serait assurément coté en bourse.

Etre pauvre en argent, c’est être riche avec tout ce qui ne s’achète pas

Quand je vois ce que sont devenues certaines femmes avec qui j’aurais pu faire ma vie , je ne regrette pas qu’un autre s’y soit collé.

Je préfère n’être rien ici que célèbre dans l’au-delà.

Des citations attribuées à des personnages célèbres.

Henry Bernstein, écrivain…

Au début de mon mariage, c’est ma femme qui m’apportait mes pantoufles et le chien qui aboyait. Maintenant c’est le contraire.

Alfred Capus, romancier et dramaturge…

Vous avez de la famille monsieur Capus ?

– Oui, j’ai une femme, si mes souvenirs sont exacts.

Groucho Marx, acteur, cinéaste…

– Madame, d’habitude je n’oublie jamais un visage. Vous me permettrez de faire une exception pour le vôtre.

Maréchal Pélissier, militaire sous le Second Empire…

Ayant épousé sur le tard une jeune fille et pas certain de ses capacités de mari déclara après son mariage :

– Si dans un an je n’ai pas d’enfant, je fous tous mes aides de camp à la porte.

Octave Mirbeau, écrivain…

Le célèbre auteur du Journal d’une femme de chambre, se maria en toute discrétion en 1887 et publia l’annonce suivante :

M . Octave Mirbeau fait part à ses amis qu’il a épousé Mlle Alice Regnault malgré ses 4 millions de dot.

Lucien Guitry assistait aux funérailles d’un ami. La procession suivait le corbillard sous une chaleur écrasante. Alors Guitry déclara à propos du défunt :

– Je commence à le regretter.

Tristan Bernard, écrivain…

A propos de l’occupation allemande :

– On disait : on les aura ! Eh bien ça y est, on les a !

 

 

Garage à louer

Vous commencez d’avoir l’habitude de mes goûts musicaux. Vous savez bien que j’aime beaucoup, entre des dizaines de styles, la musique psychédélique et le garage punk. Ce dernier est une extraordinaire mine de sons et de créations musicales venant d’artistes peu connus ou inconnus, opérant durant les sixties et principalement américains. Il y a quelquefois un petit côté amateur pas déplaisant. Souvent des disques publies à de très petits tirages sur des labels obscurs, ils furent pour la plupart exhumés par quelques chercheurs passionnés et publiés sur une multitude de compilations et je dois bien en avoir quelques centaines. Je ne résiste pas à vous en présenter une nouvelle sélection, je crois sans doublons de ma part. Ces pépites n’appellent pas de commentaires particuliers, sinon que je les aime tous. J’espère que certains vous plairont également. En musique, il n’est pas nécessaire de savoir qu’un disque s’est vendu à des millions d’exemplaires pour le trouver plaisant.

En avant la musique…

Bas nylon et une chanson contagieuse

Il y a des chansons qui deviennent immédiatement contagieuses. Chaque style musical possède l’un ou l’autre de ces airs qui circulent comme une épidémie de grippe et qui font des victimes. Le rock and roll n’y échappe pas et une des plus emblématiques reste le fameux « Be Bop A Lula » enregistré en 1956 par Gene Vincent. C’est l’une de ses rares chansons qui peut se targuer d’avoir été classé dans un hit parade à l’époque (7 US – 17 UK). Elle lui servira de support à toute sa carrière, mais jamais il ne retrouvera un succès qui se vendra à quelques millions d’exemplaires. Ceci dit, il ne faut pas jeter le reste de sa discographie, car il fut l’un des meilleurs rockers de la grande époque, ses nombreux albums sont là pour en témoigner, c’est de la grande classe. Il fut aussi un des seuls qui réussit a évoluer dans son style pour finalement suivre une certaine actualité musicale, comme son fameux « Bird Doggin' » en 1966 ou les albums sur Buddah vers la fin de sa carrière, qui tiennent plus de la musique pop que du rock and roll. En plus c’était un parfait vocaliste autant pour les titres rapides et chauffants que les chansons douces où il excelle avec sa voie sensuelle. J’ai même eu le bonheur de la voir sur scène en 1967, et ce n’est pas des chose que l’on oublie facilement. Sa carrière s’interrompit prématurément en 1971 à l’âge de 36 ans, mais il laisse un bel héritage.

Les origines de la chanson sont incertaines, bien que le crédit des auteurs soit Gene Vincent et son manager « Sheriff Tex » Davis. Selon certaines sources elle aurait été rachetée par Davis à un musicien de rue avec les droits pour 50 dollars. Passons, nous savons qu’elle existe. Le titre en lui-même ne veut rien dire, c’est une onomatopée plus qu’autre chose. On peut supposer qu’elle s’inspire du « Hey! Ba-Ba-Re-Bop » de Lionel Hampton. Davis étant devenu le manager de Vincent, il le fait passer à un show radio où  il la chante en même temps qu’une démo est enregistrée. Le phénomène Presley venant d’exploser, les disques Capitol sont à la recherche d’un chanteur dans le style et Vincent semble leur convenir. Il est convoqué pour enregistrer la chanson avec des musiciens de studio qui deviendront ses futurs Blue Caps avec le fameux Cliff Gallup qui sera une icône de la guitare rock and roll. Jeff Beck reconnaît en lui un de ses modèles. La chanson est enregistrée avec l’autre face « Woman Love ». Dans un premier temps, c’est ce titre qui est retenu pour la face principale et les premiers exemplaires pressés sont ainsi, recueillant peu de passages radio. Il est alors suggéré que l’autre ferait mieux l’affaire et un disque promotionnel est envoyé aux radios avec seulement ce titre. C’est alors que le succès démarre et devient le phénomène que l’on connaît.

Le style de la chanson a ses particularités. Ce n’est pas encore du rock and roll très sauvage et le son des guitares est partagé entre acoustique et électrique. La basse n’est pas électrique, c’est encore une bonne vieille contrebasse. En fin de compte, on est assez proche d’un disque de jazz auquel s’ajoutent quelques hurlements en arrière plan. Ils sont le fait du batteur, Dickie Harrell qui veut faire savoir à sa famille qu’il est présent dans l’enregistrement. Les légendes se construisent ainsi.

Le succès de la chanson vaudra à Gene Vincent est ses Blue Caps de figurer dans un des premiers films rock and roll « La Blonde Et Moi » (The Girl Can’t Help It) de Frank Tashlin. On y retrouve quelques nuages de la crème du rock and roll, Little Richard, Eddie Cochan, Gene Vincent et dans un registre plus calme, les Platters, Julie London, Fats Domino, Nino Tempo, les Treniers. Le rôle principal féminin est tenu par la pulpeuse Jayne Mansfield. Ce film sans prétention a l’avantage de présenter pour la premières fois des images que l’on peut considérer comme des documents en couleurs sur le rock and roll, De plus, le fait de présenter dans le même film des artistes Noirs qui côtoient des Blancs est un pas en avant dans une Amérique qui n’a de loin pas réglé ses problèmes de racismes. Le générique du film, interprété par Little Richard, a été composé par Bobby Troup, ainsi que le fameux « Cry Me A River » interprété dans le film par Julie London, sa future femme dans la vie civile. Il est aussi le compositeur du très célèbre « Route 66 » et un des pionniers de l’antiracisme, mélangeant allègrement les races dans son orchestre.

Le potentiel énorme de la chanson fait que les reprises ne se comptent plus, on devrait presque chercher qui ne l’a pas chantée. Les Beatles, ensemble ou séparément, pas mal de rockers de l’ancienne école, nombre d’artistes de variétés. En France, elle fut lancée par les Chaussettes Noires, dans une version assez quelconque. Heureusement, Eddy Mitchell se rattrapa en la réenregistrant d’une manière bien plus originale, voire excellente en 1963. Elle fut bien entendu reprise par Johnny Hallyday sur son premier album américain. Il la chantera plus tard en compagnie de Michel Sardou et… Mireille mathieu lors d’un show télévisé. A noter que Gene Vincent en fit un autre version assez plaisante en 1962, et encore une en 1969.

Playback de l’original dans le film « La Blonde Et Moi »

La version des Chaussettes Noires à titre d’exemple, a côté de l’original c’est essayé pas pu…

Eddy Mitchell en 1963, nettement plus original et musicalement supérieur

En 1962 la seconde version de Gene Vincent, bien dépoussiéré

Les faux Frères, ces Suisses s’inspirent de la version des Everly Brothers, première bonne reprise de ce titre entré dans l’histoire en 1958

Un belle et originale reprise par Olivier Despax, guitariste de renom

Pochette du disque de Despax, aux percussions tout à droite, un certain Claude François, alors membre des Gamblers

Bonne reprise et assez inspirée par le garage punk

La plus déjanté par le groupe de psychobilly Demented Are Go

Celle des Stary Cats, délicieuse