Bas nylons, potins de pellicules et puritanisme

Ciné France fut une de ces nombreuses revues qui s’intéressa au cinéma durant les années 1930. Revue plutôt généraliste, mais qui ne dédaignait pas prendre en compte un cinéma plus intellectuel. Comme dans beaucoup de revues axées sur le cinéma, on y retrouve les petites histoires qui concernent les stars et aussi quelques potins dont tous les lecteurs sont friands, pour autant qu’une vedette en soit l’acteur. Je vous ai sélectionne quelques articles qui offrent une idée de son contenu. J’ai spécialement extrait un article qui concerne un film assez intéressant, mais un peu oublié aujourd’hui, « Le Puritain » de Jeff Musso, sorti en 1938. Ce film est adapté du même roman dont John Ford tira le scénario du « Mouchard » en 1935 avec Victor McLaglen. L’auteur du roman, l’Irlandais Liam O’Flaherty, lui-même cousin de John Ford, est venu sur le plateau du tournage et collabora en direct avec Musso.

L’histoire se déroule dans une ville qui n’est pas nommée et les protagonistes ont tous de noms irlandais, mais nous n’avons pas de peine à imaginer que cette ville c’est Paris, tellement la gouaille des dialogues font qu’il est difficile de se figurer qu’elle se déroule à Rome ou a Berlin.

Plot extrait de wikipédia: en apparence au nom du fanatisme catholique, un journaliste (Jean-Louis Barrault) assassine une femme aux mœurs légères et tente de faire accuser l’amant de celle-ci ; en vérité, il s’agit d’un crime passionnel motivé par un sentiment de dépit. Pierre Fresnay joue le rôle de l’inspecteur de police qui patiemment mène l’enquête. Le meurtrier se fait subtiliser un document compromettant par un fonctionnaire de police après avoir erré dans les rues chaudes de la ville, il avoue son crime avant de sombrer dans un état de démence.

Pour un film qui est un peu rentré dans l’ombre, on ne peut pas donner la faute à la distribution, car elle est assez admirable. Outre Pierre Fresnay déjà auréolé d’une certaine gloire, c’est surtout un des premiers rôles marquants pour Jean-Louis Barrault, parfait dans ce rôle d’hypocrite. Comme bien des acteurs essentiellement tournés vers le théâtre, il trouve un rôle à sa mesure dans ce film. On retrouve également la belle Viviane Romance et son mari d’alors, Georges Flamant, dont on se souvient comme le proxénète dans « La Chienne » de Jean Renoir. Il a bien évidemment un rôle de gars du milieu, sa spécialité, dont un critique avait dit qu’il n’avait pas trop besoin de se forcer pour jouer ce genre de rôle. A noter une apparition de la grande Fréhel et aussi celle de jean Tissier, un savoureux acteur aux rôles excentriques.

Le film obtint le pris Louis-Delluc à sa sortie. Par son histoire pas trop morale, elle choqua les Américains et le film fut interdit dans certains états. Sûrement que les flingues n’étaient pas de marque américaine, il n’en faut pas plus pour choquer certains esprits puritains, comme celui du film.

Une interview de Jean-Louis Barrault à propos de ce film.

http://www.ina.fr/video/I05005881

Extraits de Ciné France

 

Sources Gallica, BNP, DP